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Poésie

Posts Tagged ‘buisson’

Comme le chant… (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




    
Comme le chant…

Comme le chant du ciel
Partant du toit de ta maison

Comme l’ivre saveur du fruit
Coulant le long de ta mémoire

Comme une voix de femme
Sortant du buisson des nuages

Comme le geste esquissé
Par la vitre du train qui s’éloigne

La nuit mauve habille l’amertume
De tes solitudes souveraines

Viens étouffer tes désespoirs d’antan
Au frisson d’eau qui s’enroule

Presque amoureusement
Sous le saule endormi

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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Plaisir de retourner sur la montagne (Hanshan Deqing)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2022



Illustration: Hokusaï
    
Plaisir de retourner sur la montagne

Fuir et quitter le monde n’est pas si difficile,
Habiter en montagne ne cause aucun souci.
Les nuages traversent le beau temps et la pluie,
Les rocs des pics éprouvent l’obscurité du soir.
La biche qui allaite dort au sein des buissons,
Les corbeaux qui reviennent au soir perchent sur l’arbre.
Au-dessus du sommet descend la pleine lune
Qui éclaire mon coeur et le sens de la vie.

(Hanshan Deqing)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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Faites votre propre sentier (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2022



Illustration: ArbreaPhotos
    
Faites votre propre sentier,
cherchez derrière les buissons,
soulevez les pierres, perdez-vous,
prenez des raccourcis si ça vous chante.
C’est là qu’il faut cultiver sa paresse:
il faut savoir flâner, bader, traîner les pieds,
s’asseoir à tout bout de champ,
s’arrêter au drôle de petit détail
et, si d’un coup la pente devient trop forte,
faites un détour.

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Aïe un poète
Traduction:
Editions: Seuil

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Vagues (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    

Vagues

J’ai vu un Dieu minuscule
Assis
sous un parapluie bleu vif
Qui avait des glands blancs
Et des baleines d’or fourchues.
Au-dessous de lui
Son petit monde
S’expose au soleil.
L’ombre de Son chapeau
S’étale sur la ville.
Quand il étire Son bras
Un lac devient un sombre tremblement.
Quand il donne un coup de pied
Il fait nuit sur les cols des montagnes.
Mais tu es petit !
Il y a des dieux bien plus grands que toi ;
Ils s’élèvent et chutent,
Les dieux de la mer dévalant.
Ton coeur peut-il avoir de tels soupirs,
De tels cris sauvages et vains,
Un tel souffle venteux,
Une telle mort gémissante ?
Et ton bras peut-il envelopper
Le vieux,
Le froid,
L’immuable et épouvantable lieu
Où les hordes
De monstres de mer cornus
Et où les oiseaux hurlant
Se réunissent?
De ces hommes silencieux
Qui gisent dans
Nos prisons nacrées,
Peux-tu en faire ta proie?

Comme nous peux-tu rester
Attendant ton heure,
Et alors t’élever comme une tour
Et t’écraser et te fracasser?
Il n’y a ni arbres ni buissons
Dans mon pays,
Dit le Dieu minuscule.
Mais il y a des ruisseaux
Et des cascades
Et des pics montagneux
Couverts de jolies herbes.
Il y a de petites côtes et des ports sûrs,
Des grottes pour la fraîcheur et des plaines pour le soleil et le vent.
Joli est le son des rivières,
Jolie l’éclatante lumière
Des pics jolis.
Je suis satisfait.

Mais Ton royaume est petit,
Dit le Dieu de la Mer.
Ton royaume va choir,
Je ne peux te tolérer.
Tu es fier!
Avec un bruyant
Carillon de rires,
Il s’est redressé et a recouvert
Le pays du Dieu minuscule
De l’extrémité de sa main,
De la pointe de son doigt: Et après —

Le Dieu minuscule
Se mit à pleurer.

***

Waves

I saw a tiny God
Sitting
Under a bright blue Umbrella
That had white tassels
And forked ribs of gold.
Below him His little world
Lay open to the sun.
The shadow of His hat
Lay upon a city.
When he stretched forth His hand
A lake became a dark tremble.
When he kicked up His foot
It became night in the mountain passes.
But thou art small!
There are gods fargreater than thou;
They rise and fall
The tumbling gods of the sea.
Can thy heart heave such sighs,
Such hollow savage cries,
Such windy breath,
Such groaning death?
And can thy arm enfold
The o1d
The cold
The changeless dreadful place
Where the herds
Of horned sea-monsters
And the screaming birds
Gather together.
From those silent men That lie in the pen
Of our pearly prisons,
Canst thou hunt thy prey?
Like us cant thou stay
Awaiting thine hour,
And then rise like a tower
And crash and shatter?

There are neither trees nor bushes
In my country,
Said the tiny God
But there are streams
And waterfalls
And mountain peaks
Covered with lovely weed
There are little shores and safe harbours,
Caves for cool and plains for sun and wind.
Lovely is the sound of the rivers,
Lovely the flashing brightness
Of the lovely peaks.
I am content.

But Thy kingdom is small
Said the God of the Sea.
Thy kingdom shall fall,
I shall not let thee be.
Thou art proud
With a loud
Pealing of laughter,
He rose and covered
The tiny God’s land
With the tip of his hand
With the curl of his fingers:
And after—

The tiny God
Began to cry.

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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Boire à la bouteille (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2022



 Illustration: Joan Miro  
    
Boire à la bouteille
je sais plus où dans
le haut d’un champ
fait chaud les
jambes çа tient bon
ça fait du bien par
où qu’ça passe.

Bouteille qu’on sort de
quel souvenir buisson
braguette ou quoi d’autre
poème pour on voudrait
rien désir ou tendresse
donner boire
t’en veux ?

(James Sacré)

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (Comme)
Traduction:
Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

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Tous les arbres couleurs (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2022



Illustration: Danielle Rannou
    
Tous les arbres couleurs les érables surtout
un jour d’automne pourtant gris
que dedans c’est comme on pourrait pleurer
parce que la solitude et rien
çа fait quand même ces feuillages
des sortes de verreries comme à la fois simples
et curieusement compliquées
on les aurait disposées
dans les buissons sur le pré dehors
dedans c’est comme on pourrait sourire
la solitude en couleurs quand même rien.

(James Sacré)

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (Comme)
Traduction:
Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

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La terre penchée (Franck Bouysse)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2022




    
La terre penchée

C’est un drôle de pays
Où tout semble courbé
Les herbes les buissons
Les roches et les arbres
Et même les maisons
Sous leurs chapeaux d’ardoises
Se penchent
Vers cette terre noire
Que des femmes et des hommes
Écorchent vainement
Et qu’ils creusent un jour
Pour enfouir un semblable

(Franck Bouysse)

Recueil: Fenêtre sur Terre
Traduction:
Editions: Phébus

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Comme la douce souvenance d’une source (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2021


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Comme la douce souvenance d’une source
Toutes les fleurs se penchent sur ton épaule
Lorsque tu dors
Et le soleil se hâte dans sa course
Pour rattraper vivant ton regard qui s’enfuit
Et les poissons qui glissent sous le lys de tes paupières
Peuplent ton rêve de fuites argentées
Au mouvement de la mer
Ton sommeil prisonnier dans un buisson d’abeilles
Porte le poids secret de dangereux parfums
Qui demeurent en mes veilles
Comme une habitude de lampes
Toutes les fleurs d’été visitent ton souffle d’innocence
Et je suis toutes tes poses avec des gestes ensablés
Tu connaîtras l’éveil dans la cage du matin
Avec les graines des oiseaux
Sous le bonjour des ailes
Ou dans le ventre des moissons
Je te ferai captive de ma lyre
Derrière le dernier feuillage de mon poème
Et la gymnastique savante de mes mots
Te couronnera de fables en habits musiciens
Je te protègerai de mes mains innombrables
Qui se posent sur toi en bouquets allumés
Et déposent tes rêves dans l’ordre de la terre
Et je tisserai dans le ciel de ma poitrine
Une toile tintante de miel
Où ton coeur se prendra.

(Georges Drano)

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UN PETIT GARÇON (Louise Debrakel)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021




Un petit garçon court dans la forêt
Le matin est beau, il n’y aura pas d’école.
Un petit garçon court dans la forêt
Sous les arbres bleus et parmi les herbes folles.

Le chien s’est enfui en brisant sa chaîne
Sa petite soeur ne dit pas un mot
Sa mère est couchée à l’ombre d’un chêne
Sur un lit de mousse au bord du ruisseau

Un petit garçon court dans la forêt
Dans les buissons verts et parmi les boutons d’or
Un petit garçon court dans la forêt
Sa mère qui dort ne l’appelle pas encor.

Un petit garçon court dans la forêt
Tout droit devant lui dans le sable et les ornières
Un petit garçon court dans la forêt
Le souffle coupé par la peur et la poussière

Il ne reste plus du village en flammes
Que des murs noircis qui fument un peu
On n’entend plus rien après le vacarme
Des oiseaux d’acier qui crachaient le feu.

Un petit garçon court dans la forêt
Depuis très longtemps et jusqu’à l’éternité
Un petit garçon court dans la forêt
Sa mère qui dort ne l’appellera jamais.

(Louise Debrakel)

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BLANCS RÉVEILS… (Georges Nicole)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2021



BLANCS RÉVEILS…

Blancs réveils de la nuit
Beaux cygnes sur l’eau douce
Vols, calmes éclairs,
et souffle dans les arbres,
est-ce déjà
les premiers corps du paradis ?
Ah ! qu’une voix
qu’un visage apparaisse
dans ce buisson de flammes blanches
et dise le mot qui dira tout :
dira que le printemps
n’est plus une saison,
que plus ne quittera
nos yeux vaincus
le beau regard des fleurs.

(Georges Nicole)

Illustration: Andrew Murray 

 

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