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Poésie

Posts Tagged ‘buisson’

Sonnet de printemps (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Sonnet de printemps

Avril met aux buissons leurs robes de printemps
Et brode aux boutons d’or de fines collerettes,
La mouche d’eau sous l’oeil paisible des rainettes,
Patine en zig-zags fous aux moires des étangs.

Narguant d’un air frileux le souffle des autans
Le liseron s’enroule étoilé de clochettes
Aux volets peints en vert des blanches maisonnettes,
L’air caresse chargé de parfums excitants.

Tout aime, tout convie aux amoureuses fièvres,
Seul j’erre à travers tout le dégoût sur les lèvres.
Ah! l’Illusion morte, on devrait s’en aller.

Hélas! j’attends toujours toujours l’heure sereine,
Où pour la grande nuit dans un coffre de chêne,
Le Destin ce farceur voudra bien m’emballer.

(Jules Laforgue)


Illustration: Vladimir Kush

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Nous nous enfonçons (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2018




    
Nous nous enfonçons dans la mort de ceux que nous aimons
comme un buisson épineux, traversé mains tendues.
Nous sortons de l’autre côté merveilleusement écorchés.

(Christian Bobin)

 

Recueil: Carnet du soleil
Traduction:
Editions: Lettres Vives

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Que la route est longue (Herbert Zbigniew)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



    

Que la route est longue
du dernier soupir
à l’éternité la plus proche

Et lourdes sont les épines de la rose, le long du chemin tracé :

Saint Ignace
blanc et flamboyant
passant près d’une rose
se jeta sur le buisson
et meurtrit sa chair

avec la cloche de son habit noir
il voulait assourdir
la beauté du monde
jaillissant de la terre comme d’une blessure

gisant au fond
du berceau de piquants
il vit
le sang couler de son front
se figer sur ses cils
en forme de rose

et sa main aveugle
cherchant les épines
fut percée
du doux toucher des pétales

le saint dupé pleurait
au milieu des moqueries des fleurs

épines et roses
roses et épines
nous cherchons le bonheur

(Herbert Zbigniew)

 

Recueil: Corde de lumières oeuvres poétiques complètes
Traduction: Brigitte Gautier
Editions: LE BRUIT DU TEMPS

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LE VOYAGE INTÉRIEUR (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration
    
LE VOYAGE INTÉRIEUR

Franchis la peau
la chair
longe le sang.

Ecarte le buisson de nerfs
les branches d’os
les assassins.

Force la nuit
ses pièges ses
tambours.

Garde-toi
si tu trébuches.
Si tu t’égares
interroge.

Un fil rêvé te guide dans l’obscur.

Rejoins, perdu, le centre du vertige,
le feu caché
l’irréductible point.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Longue promenade (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Annette Poupard  (60)

Longue promenade.
Collines avec la mer au fond.
Et le soleil délicat.
Dans tous les buissons, des églantines blanches.
Grosses fleurs sirupeuses, aux pétales violets.
Retour aussi, douceur de l’amitié des femmes.
Visages graves et souriants de jeunes femmes.
Sourires, plaisanteries et projets.

On rentre dans le jeu.
Et, sans y croire, tout le monde sourit aux apparences
et feint de s’y soumettre.
Pas de fausses notes.

Je tiens au monde par tous mes gestes,
aux hommes par toute ma reconnaissance.

Du haut des collines
on voyait renaître sous la pression du soleil
des brumes laissées par les dernières pluies.
Même en descendant à travers bois,
en m’enfonçant dans cette ouate,
le soleil se devinant au-dessus et cette miraculeuse journée
dans laquelle les arbres se dessinaient.

Confiance et amitié,
soleil et maisons blanches,
nuances à peine entendues,
oh ! mes bonheurs intacts qui dérivent déjà
et qui ne me délivrent plus dans la mélancolie du soir
qu’un sourire de jeune femme
ou le regard intelligent d’une amitié qui se sait comprise.

(Albert Camus)

 Illustration: Annette Poupard 

 

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AUSCHWITZ (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



 

    

AUSCHWITZ

Au pays de la mort, nous déambulons,
voyant se succéder derrière les vitres
collines de valises, buissons de lunettes,
plaines de cheveux gris : un aquarium
sec. Nous ne pouvons pas descendre si bas,
plongeurs vite asphyxiés. Nous flottons sur la terre
en levant les yeux vers Celui qui garde
les noms effacés, l’étoile de chacun.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Figure humaine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu regardes un caillou (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018




    
Tu regardes un caillou ramassé par hasard
A l’abri d’un buisson

Et puis tu t’aperçois
Que plus tu le regardes
Et plus sa force est grande.

(Eugène Guillevic)

 

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QÂF (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



QÂF

L’attente s’achève.

Marche vers le mur
de l’horizon
traverse le mur
en aveugle
écartant les branches
de tes mains qui rôdent

pendant que lentement
s’élève
derrière toute vision
comme un buisson d’aigles
au-dessus du couchant

la montagne d’émeraude.

(Jean Mambrino)

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ROSES DANS LA NUIT (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
ROSES DANS LA NUIT

Dès que la nuit monte au ciel, le monde est à nous, et aux dieux.
Nous allons des champs à la source, des bois obscurs aux clairières,
où nous mènent nos pieds nus.

Les petites étoiles brillent assez pour les petites ombres que nous sommes.
Quelquefois, sous les branches basses, nous trouvons des biches endormies.

Mais plus charmant la nuit que toute autre chose,
il est un lieu connu de nous seuls et qui nous attire à travers la forêt :
un buisson de roses mystérieuses.

Car rien n’est divin sur la terre à l’égal du parfum des roses dans la nuit.
Comment se fait-il qu’au temps où j’étais seule je ne m’en sentais pas enivrée?

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Oubli (Catulle Mendès)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration
    
Oubli

Allez, vieilles amours, chimères,
Caresses qui m’avez meurtri,
Tourments heureux, douceurs amères,
Abandonnez ce coeur flétri !

Sous l’azur sombre, à tire-d’ailes,
Dans l’espoir d’un gîte meilleur,
Fuyez, plaintives hirondelles,
Le nid désormais sans chaleur !

Tout s’éteint, grâce aux jours moroses,
Dans un tiède et terne unisson.
Où sont les épines des roses ?
Où sont les roses du buisson ?

Après l’angoisse et la folie,
Comme la nuit après le soir,
L’oubli m’est venu. Car j’oublie !
Et c’est mon dernier désespoir.

Et mon âme aux vagues pensées
N’a pas même su retenir
De toutes ses douleurs passées
La douleur de s’en souvenir.

(Catulle Mendès)

 

 

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