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Poésie

Posts Tagged ‘buisson’

Couleurs simples (Sylvie Schenk)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



Fagnes  [800x600]

Couleurs simples

Ce dimanche ils avaient garé leurs voitures
A la lisière des Fagnes stoïques
Multicolores comme les pions d’un jeu d’aventure
Ils sautaient sur les passerelles un pied dans les sphaignes
Les rossolis dormaient encore et les pommes de pins anciennes
Et les bruyères des bouquets secs où se fourraient microscopiques
Des survivants anonymes
L’eau ruisselait sous la glace éclatée
Très bleu le ciel dans les buissons nus
Loin les bouleaux sauvaient leur peau
Les Fagnes avaient des cheveux blancs
Et tous ces gens les joues en feu
Sur la tourbe séculaire

(Sylvie Schenk)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Mouvements (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Mouvements

Je passe
Une nuit légère et vaporeuse
Après un jour pesant
Sous un soleil de feu

Je me promène
Dans une aube timide
Comme une fille nubile
Et respire des odeurs vivantes

Je vibre
Dans un exil de luxe
Quand le soleil
Chauffe le ciel à petit feu
Et me réchauffe à peine
Dans le sentier griffé
De buissons épineux
Et piqué d’orties

Je gravis les hauteurs
Jusqu’à l’épanouissement
Voluptueux des eaux
Et j’y rencontre le silence
Quand le couchant colore
De rose l’horizon
Que toutes les vitres rutilent
Et que le village flamboie

J’éprouve le frisson
Du soir sur mon épaule
Une lune maussade brille
Sur une mer anxieuse
Et sous les nuages fissurés
La terre s’allonge sous le ciel

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Vous adorez les roses (George Eliot)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



Vous adorez les roses – moi aussi.
Je voudrais que le ciel fasse pleuvoir des roses,
Comme elles pleuvent du buisson secoué par le vent.
Pourquoi cela ne serait-il pas ?

Alors toute la vallée serait rose et blanche
Et si douce au pas du marcheur: Elles tomberaient aussi légères
Que les feuilles, dans une douce odeur: et ce serait
Comme dormir et s’éveiller tout ensemble.

(George Eliot)

 

 

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Bonheur, étouffe-moi pendant une seconde (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



Illustration
    
Bonheur, étouffe-moi pendant une seconde

Bonheur, cause entendue,
Cause perdue,
J’aimerai le premier visage,
Je vous appellerai ma sœur,
Passante, mettez-vous entre le monde et moi,
Je tomberai de rue en rue,
Cueilli dans les filets
Qui me retiendront tout le soir ;
Et dans le buisson des lumières,
Couteaux aigus visant au cœur,
Je dormirai peut-être sur les pierres,
Je dormirai peut-être sur le vide
Je dormirai aux portes du matin,
Une épaule nue glisse avec la nuit,
Est-ce la vague qui se creuse
Et se soulève et prend un corps
Qui doit mourir ?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si dans quelque vallée allant au soir (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Janie Richard
    
Si dans quelque vallée allant au soir enfin
Madame je découvre une source secrète
Ne vous étonnez de la soif du pèlerin
Qui plonge sa figure à la soyeuse fête

Quand dans cette vallée au dam des séraphins
Et des oiseaux musiciens du crépuscule
Un pèlerin s’abreuve au cours d’un ruisseau fin
Sous le buisson bouclé où la nuit ne recule

Alors ne vous fâchez
Madame à ce beau zèle
Si ce voyageur assoiffé de votre eau claire
S’enivre à sa fraîcheur ardente entre vos ailes

Mais la paix lui donnez, le songe avec l’appât
Pour que la nuit vous noue en une heureuse paire
La mort vous jalousant et ne se montrant pas

(Jacques Chessex)

 

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En mai, l’un fleurit d’aubépine (Henri Druart)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2019



Côte à côté l’hiver
Deux buissons de fils barbelés;
En mai, l’un fleurit d’aubépine.

(Henri Druart)

Illustration

 

 

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Des points blancs (René Maublanc)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



 

cristaux de neige

Des points blancs dans un buisson noir.
Est-ce encore de la neige,
Ou déjà des fleurs?

23 Février 1919.

(René Maublanc)

Illustration

 

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Le poème c’est notre ville sainte (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2019




    
Le poème c’est notre ville sainte
Notre buisson d’enfance
Notre forêt bénie que le feu ne consume
Notre porte sacrée
Notre livre aux étoiles
Notre temple sans mur
Notre chant aux mains nues
Notre nuit aux semailles
Notre fleuve silencieux
Notre Bethléem endormie
Notre origine sauve

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Laisse entrer le vent (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2018




Laisse entrer le vent
Laisse entrer la pluie
Laisse entrer la lande cette nuit,

L’orage bat contre ma vitre,
La nuit se dresse au pied de mon lit,
Laisse entrer la peur,
Laisse entrer la douleur,
Laisse entrer les arbres qui se tordent et gémissent,
Laisse entrer le nord cette nuit.

Laisse entrer la puissance sans nom et sans forme
Qui frappe à la porte,
Laisse entrer la glace, laisse entrer la neige,
La fée funeste qui hurle sur- la lande,
Le buisson de fougère sur la colline déserte,
Laisse entrer les morts cette nuit.

Le fantôme qui siffle derrière le muret de pierres,
Les morts qui pourrissent dans la fondrière,
Laisse entrer la foule des ancêtres,
Le désir inassouvi,
Laisse entrer le spectre du seigneur mort,
Laisse entrer les jamais nés cette nuit.

Laisse entrer
Laisse entrer
Laisse entrer
le froid,
l’humide,
la solitude,
les vivants,
les morts,
les ciels inhabités.

Oh comment les doigts vierges peuvent-ils tisser
Une couverture pour le vide ?
Mon coeur craintif concevoir
La gigantesque solitude ?
Une si petite maison contenir
Une assemblée si nombreuse ?
Laisse entrer les morts,
Laisse entrer l’obscurité,
Laisse entrer ton amour cette nuit.

Laisse entrer la neige qui engourdit la tombe,
Laisse entrer le chêne,
Le torrent de montagne et la pierre de montagne,
Laisse entrer la mer amère.

Craintif mon coeur vierge,
Frêle mon corps vierge,
Et dois-je alors avoir pitié
De la furie de l’orage
Qui s’est levé du grand abîme
Avant que la terre soit créée,
Qui verse des cataractes d’étoiles
Et secoue ce monde violent ?

Laisse entrer le feu,
Laisse entrer la puissance,
Laisse entrer la force envahissante.

Que doux soient mes doigts,
Mon coeur plein de pitié,
Puisque je dois lier dans une forme humaine
Une puissance de vie si grande,
Un grand élan de vie sauvage
Qui crie autour de ma maison
Avec tout le désir violent
Ne désirant que ma paix.

Plein de pitié mon coeur doit maintenir
Les étoiles solitaires au repos,
Avoir pitié du cri du corbeau,
Du torrent, des ailes de l’aigle,
De l’eau glacée du petit lac
Et du vent mordant.

Laisse entrer la blessure,
Laisse entrer la douleur,
Laisse entrer ton enfant cette nuit.

***

Let in the wind
Let in the rain
Let in the moors tonight,

The storm beats on my window-pane,
Night stands at my bed-foot,
Let in the fear,
Let in the pain,
Let in the trees that toss and groan,
Let in the north tonight.

Let in the nameless formless power
That beats upon my door,
Let in the ice, let in the snow,
The banshee howling on the moor,
The bracken-bush on the bleak hillside,
Let in the dead tonight.

The whistling ghost behind the dyke,
The dead that rot in mire,
Let in the thronging ancestors
The unfulfilled desire,
Let in the wraith of the dead earl,
Let in the unborn tonight.

Let in the cold,
Let in the wet,
Let in the loneliness,
Let in the quick,
Let in the dead,
Let in the un peopled skies.

Oh how can virgin fingers weave
A covering for the void,
How can my fearful heart conceive
Gigantic solitude ?
How can a house so small contain
.A company so great ?
Let in the dark,
Let in the dead,
Let in your love tonight.

Let in the snow that numbs the grave,
Let in the acorn-tree,
The moutain stream and mountain stone,
Let in the bitter sea.

Fearful is my virgin heart
And frail my virgin form,
And must I then take pity on
The raging of the storm
That rose up from the great abyss
Before the earth was made,
That pours the stars in cataracts
And shakes this violent world?

Let in the fire,
Let in the power,
Let in the invading might.

Gentle must my fingers be
And pitiful my heart
Since I must bind in human form
A living power so great,
A living impulse great and wild
That cries about my house
With all the violence of desire
Desiring this my peace.

Pitiful my heart must hold
The lonely stars at rest,
Have pity on the raven’s cry
The torrent and the eagle’s wing,
The icy water of the tarn
And on the biting blast.

Let in the wound,
Let in the pain,
Let in your child tonight.

(Kathleen Raine)

Illustration: William Blake

 

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Il aimait à la voir (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



blanche
Il aimait à la voir, avec ses jupes blanches,
Courir tout au travers du feuillage et des branches,
Gauche et pleine de grâce, alors qu’elle cachait
Sa jambe, si la robe aux buissons s’accrochait.

(Baudelaire)

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