Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘étang’

Il y a là un prince poisson accompagné de sa princesse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Dans cette maison, il est agréable,
Le parfum des fleurs et des objets sans vie.
Des légumes de toutes les couleurs
Sont entassés sur la terre noire.

Il y a encore des courants d’air froid,
Mais on a retiré les paillis des serres;
Il y a là un étang, un étang
Où la vase ressemble à du brocart.

Un gamin m’a dit (il avait peur),
Tout doucement, très ému,
Qu’il y a là un prince poisson
Accompagné de sa princesse.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

MOISSON (Maria Do Sameiro Barosso)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019



Illustration: Vincent Van Gogh
    
MOISSON

Je passerai par d’autres portes,
quand la lumière afflue
et que le matin la rosée scintille
sur les boutons de rose et l’écume de la mer.
Telle la première syllabe de la nuit tranquille
je parlerai
d’ombres et d’anges bleus.
Ainsi était ma vie.
Je suis une étincelle,
un instant,
un crâne blanc,
un crépuscule,
un petit poisson dans l’étang.
Je nage dans l’eau
et dans le vin savoureux
d’une moisson d’or.

***

ERNTE

Ich werde durch andere Türen eintreten,
wenn das Licht mich drängt
und der Tau am Morgen glänzt
in Rosenblüten und Meerschaum.
Wie die erste Silbe der stillen Nacht
werde ich reden,
von Schatten und blauen Engeln.
So war mein Leben.
Ich bin ein Funke, ein Augenblick,
ein weißer Schädel,
eine Dämmerung,
ein kleiner Fisch in einem Teich.
Ich schwimme in Wasser, Duft
und im süßen alten Wein
einer goldenen Ernte.

***

COLHEITA

Por outras portas entrarei,
quando a luz me compelir
e o rocio da manhã luzir
em flores de rosa e espuma do mar.
Como a primeira sílaba da noite silenciosa falarei,
de sombras e de anjos azuis.
Assim foi a minha vida.
Sou um clarão, um instante,
um crânio branco,
um crepúsculo,
um pequeno peixe num lago.
Nado em água, aroma
e vinho doce
de uma antiga colheita dourada.

***

收 获

我要穿过其它的门,
当光明推我的时候
当玫瑰花瓣上的露珠
和大海泡沫的水珠
在早晨闪闪发光时。
就像寂静夜晚的第一个音节,
我会谈
到阴影和蓝色天使。
我的生命同样如此。
我是火花,瞬间,
白色头盖骨,
黄昏,
池塘里的小鱼。
我在水里游,在芬芳中游,
在金色老人的
庄稼的甜酒里游泳。

***

HARVEST

I’ll pass through other doors,
when the light pushes me
and the dew shines in the morning
on rose petals and the foam of the sea.
Just like the first syllable of the silent night,
I will talk
about shadows and blue angels.
So was my life.
I am a spark, a moment,
a white skull,
a twilight,
a small fish in a pond.
I swim in water, in fragrance,
and in the sweet wine
of an golden-aged crop.

***

COSECHA

Entraré por otras puertas,
cuando la luz me empuje
y el rocío de la mañana brille
en flores color de rosa y espuma de mar.
omo la primera sílaba de la noche silenciosa hablaré
de sombras y de ángeles azules.
Esa era mi vida.
Soy una chispa, un instante,
una calavera blanca,
un amanecer,
un pequeño pez en un estanque.
Nado en el agua, en olores
y en el dulce vino
de una vieja cosecha dorada.

***

OOGST

Ik zal door andere deuren gaan,
als het licht aandringt
en de dauw ’s ochtends glinstert
op rozenbloesems en zeeschuim.
Zoals de eerste lettergreep van de stille nacht
zal ik spreken
over schaduwen en blauwe engelen.
Zo was mijn leven.
Ik ben een vonk,
een ogenblik,
een witte schedel,
een deemstering,
een kleine vis in een vijver.
Ik zwem in het water
en in de zoete wijn
van een gouden oogst.

***

RECOLTĂ

Eu voi veni pe alte uși,
cu bolduri de lumină,
iar roua zorilor de zi,
prin roze și marină spumă va licări.
Prima silabă-n noaptea mută
o voi rosti tot eu
printre umbre și îngeri bleu.
Astfel a mea viață se va vedea-n adins
ca o scânteie sau o clipă,
un creștet nins
sau întuneric greu,
un pește mic în eleșteu.
Înot înconjurat de o mireasmă
de dulce și vechi vin înnobilat
dintr-o recoltă aurie.

(Maria Do Sameiro Barosso)

 

Recueil: ITHACA 574
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Original en Allemand puis Portugais Maria Do Sameiro Barosso / Chinois William Zhou / Anglais Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Espagnol Rafael Carcelén / Néerlandais Français Germain Droogenbroodt / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg /
Editions: POINT

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui rêve à qui? (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Qui rêve à qui?

Si je dors longtemps à l’ombre
du grand saule droit au bord de l’étang
le rêve de l’arbre entrera dans mon rêve
Mon corps feuillu frémira pour chasser
un pic-vert en train de marteler mon écorce
pendant que je retourne à l’école
en tablier noir afin d’apprendre à lire
et que la maîtresse ressemble à l’infirmière
dont je ne vois que les yeux
derrière le masque bleu
Est-ce le saule qui se rêve écolier dans la classe enfantine?
Est-ce moi qui me fais tronc branches feuilles agitées?
Ou bien la vie vivante qui mélange nos rêves?

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES ILLUSIONS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2019



Illustration: Laurent Gorris
    
LES ILLUSIONS

II croyait
Qu’il errait, qu’il errait
Et même qu’il vagabondait :
Il aimait, il aimait
Jany

Il croyait
Qu’il murmurait, qu’il promurmurait
Et même qu’il démurmurait;
ll disait, se disait qu’il aimait
Jany.

Il croyait
Qu’il oubliait, qu’il oubliait
Et même qu’il désoubliait;
Il se souvenait qu’il aimait
Jany.

Il croyait
Qu’il écoutait, écoutait
Les rues, les étangs, les forêt;
ll entendait, il entendait
Jany.

Il croyait
Qu’il vieillissait, vieillissait,
Qu’il passait, qu’il passait, qu’il passait;
Son jeune âge toujours là c’était
Jany.

ll croyait
Qu’il pleurait, qu’il pleurait,
Que nuit et jour il se désolait;
Nuit et jour il était heureux d’aimer
Jany.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MARAIS DE YEUN ELEZ (Xavier Grall)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



 

MARAIS DE YEUN ELEZ

MARAIS DE YEUN ELEZ

Parmi les chiens bleus
je partirai sans dire rien
dans les marais de Yeun Elez

Je laisserai glisser toute chair
dans la terre triste de Botmeur
les larmes lisseront pierres

Je partirai sans maudire rien
muet, inutile, sans paupières
dans l’inutilité des tourbes

Lasses sont les âmes
de trop aimer sans recevoir
fourbues les pluies de féconder rien

Peuple errant des maudits
crapauds clabaudant aux étangs
sonnent les glas à Brennilis

Passion selon l’Ankou
les poètes aux enfers descendent
fous les vents sur les collines

Dans les marais de Yeun Elez
l’archange ne répond pas aux mourants
crient les landes à minuit

Plaisirs mauvais qui me crucifient
c’est fini, je m’en vais aux marais
traînant ma plainte et ma légende

(Xavier Grall)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 7 Comments »

Qui ne quitte jamais son étang (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



Illustration
    
Qui ne quitte jamais son étang,
son coeur s’envase.

***

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Le Livre des petits étonnements du sage Tao Li Fu
Traduction: Meng Ming
Editions: Cheyne

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Le crépuscule est triste et doux comme un adieu (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

Charles Guilloux  x

Le crépuscule est triste et doux comme un adieu.
A l’orient déjà, dans le ciel sombre et bleu
Où lentement la nuit qui monte étend ses voiles,
De timides clartés, vagues espoirs d’étoiles,
Contemplent l’occident clair encore, y cherchant
Le rose souvenir d’un beau soleil couchant.
Le vent du soir se tait. Nulle feuille ne tremble,
Même dans le frisson harmonieux du tremble ;
Et l’immobilité se fait dans les roseaux
Que l’étang réfléchit au miroir de ses eaux.
En un parfum ému chaque fleur s’évapore
Pure, et les rossignols ne chantent pas encore.

Pour échanger tout bas nos éternels aveux,
Chère, nous choisirons cette heure, si tu veux.
Nous prendrons le chemin tournant de la colline.
Mon front se penchera vers ton front qui s’incline ;
Et nos baisers feront des concerts infinis,
Si doux que les oiseaux, réveillés dans leurs nids,
Trouveront la musique, à cette heure, indiscrète
Et se demanderont quelle bergeronnette
Ou quel chardonneret est assez débauché
Pour faire l’amour quand le soleil s’est couché.

(François Coppée)

Illustration: Charles Guilloux

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dis-lui (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Dis-lui que les balcons ici sont fleuris,
Qu’elle se baignera dans des étangs sans fièvre,
Mais que je voudrais voir dans ses yeux assombris
Le sauvage secret qui se meurt sur ses lèvres,

L’énigme d’un regard de pure connaissance
Et qui brille parfois d’un fascinant éclair
Des grands initiés aux jeux de connaissance
Et des coureurs du large, sous les cieux déserts.

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: Odilon Redon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Devant l’étang Le Loup (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Devant l’étang Le Loup

corbeaux sur les bouleaux
crapauds proches coassent
bouche bée, j’écoute
devant les eaux vertes

(Alain Jean-André)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Dedans – peint le Dehors – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Magritte - Attempting The Impossible

Le Dehors – du Dedans
Tire son Ampleur –
Duc, ou Nain, c’est selon
L’Intime Humeur –

Cet Axe subtil – immuable –
Qui règle l’allure de la Roue –
Bien que les Rayons – virent – plus visibles
Et projettent – de la boue.

Le Dedans – peint le Dehors –
Le Pinceau sans la Main –
En publie le Portrait – précis –
Comme la Marque interne –

Sur la Veineuse – transparente Toile –
Une Joue – un Front peut-être –
Dans l’Etang – tout le Secret de l’Etoile –
Que l’oeil ne devait pas connaître.

(Emily Dickinson)

Illustration: René Magritte

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 2 Comments »