Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘jardin’

Il restera de toi… (anonyme?)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018




    
Il restera de toi
ce que tu as donné.
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.

Il restera de toi de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.
Ce que tu as donné
En d’autres fleurira.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Il restera de toi ce que tu as offert
Entre les bras ouverts un matin au soleil.
Il restera de toi ce que tu as perdu
Que tu as attendu plus loin que les réveils,
Ce que tu as souffert
En d’autres revivra.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton coeur.
Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé
En d’autres germera.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

(anonyme)

 

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Comme deux orphelines (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



 

Alexander Sulimov (3)

Comme deux orphelines nous allons déjeuner
nous prenons le thé nous donnons des baisers.
On dirait un jardin d’enfants, une colonie de vacances
mais on ne se distrait jamais assez
pour oublier son gros cul de maman.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Alexander Sulimov

 

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Le parc (André Gide)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



 

Le parc

Quand nous avons vu que la petite porte était fermée,
Nous sommes restés longtemps à pleurer ;
Quand nous avons compris que ça ne servait pas à grand’chose,
Nous avons repris lentement le chemin.

Tout le jour, nous avons longé le mur du jardin,
D’où parfois nous venaient des bruits de voix et de rires ;
Nos pensions qu’il y avait peut-être des fêtes sur l’herbe,
Et cette idée-là nous faisait mélancoliques.

Le soleil vers le soir a rougi les murs du parc ;
Nous ne savions pas ce qui s’y passait, car on ne voyait
Rien que des branches qui, par-dessus le mur, s’agitaient
Et qui laissaient de temps en temps tomber des feuilles.

(André Gide)

 

 

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Nuit de la Saint-Jean (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




Nuit de la Saint-Jean par-delà le mur de mon jardin.
De ce côté-ci, moi sans nuit de la Saint-Jean.
Parce que Saint-Jean il y a là où on le fête.
Pour moi il y a l’ombre d’une lueur de feux dans la nuit,
Un bruit lointain d’éclats de rire, le choc étouffé des sauts,
Et la clameur fortuite de qui ne sait pas que j’existe.

(Fernando Pessoa)

 

 

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Elle se souvient (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
Elle se souvient de toutes ses premières fois :
la première fois en mer, la première fois sous terre,
la première fois qui dure et le premier échec.
Elle dit se souvenir de la première stupeur et du premier bonheur.
Elle ne raconte pas : elle est bien trop pudique.
Elle se souvient des hommes, elle se souvient des bras,
— elle se souvient des sexes, elle se souvient des bouches —
Elle en parle de si près que des haleines embuent les verres de ses lunettes.
Elle dit « de cette mémoire, je n’ai pas de mérite
je compte vingt mille jours
et comme j’ai peu vécu, mes souvenirs
sont des jardins en pente faciles à entretenir ».

(Karel Logist)

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

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Qu’est-ce qui vaut le mieux (Vladimir Jankélévitch)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
Qu’est-ce qui vaut le mieux :
une éphémère fleur fraîche dans un jardin
ou une éternelle fleur séchée dans un herbier ?

(Vladimir Jankélévitch)

 

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TOI (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Marcio Melo
    
TOI

Mon livre doré sur tranches que je veux lire de bout en bout.
Mon gâteau d’anniversaire qui n’a pas besoin de bougies pour être illuminé.
Mon alcool qui enivre sans nausée ni mal de tête.
Mon établi pour une espèce immatérielle de menuiserie.
Mon bateau de plaisance toujours prêt à prendre la mer.
Mon violon qui se fait mélodie dès que ma main effleure ses cordes.
Mon arme de précision que ne salit aucune piqûre de rouille.
Mon aube sur les jardins verts et sur les tas de charbon.
Mon sentier de forêt tout jalonné de cailloux blancs.
Ma fable trop merveilleuse pour comporter le post-scriptum d’une moralité.
Mon château à multiples tourelles, évanoui alors que son pont-levis vient à peine de s’abaisser.
Mon unité, dans la présence et dans l’absence.
Mon alphabet — d’arc-en-ciel à zodiaque — aux vignettes peintes des tons les plus acides et, aussi bien, les plus doux.
Ma déchirure et ce qui la recoud.
Ma preuve par neuf.
Ma partie et mon tout.
Ma panacée.
Ma chance.
Ma raison et ma déraison.
Ma fraîcheur et ma fièvre.

(Michel Leiris)

 

Recueil: Haut Mal suivi de Autres lancers
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’ABSENCE (Ewa Lipska)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Illustration: Rafal Olbinski
    
L’ABSENCE

Ton Absence fleurit.
Un avion de reconnaissance sans pilote
tournoie au-dessus de moi.

Un mixer bat la mousse des nuages.
Parfum épique de la rose à cent feuilles
après quoi n’est restée que la confiture.

D’un vol d’oiseau naît une chanson d’amour.
Tu me remets au bon soin de la vie
je te confie au jardin d’Eden.

(Ewa Lipska)

 

Recueil: Moi ailleurs l’écharde
Traduction: Isabelle Macor-Filarska et Irena Gudaniec-Barbier
Editions: Grèges

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MUR (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
MUR

Les respirations du ciel
sur l’étendue des jardins.
Les nuages sur les maisons
comme des toitures.

Une ondée soudaine suffit
à tendre en l’air l’arc-en-ciel.

Le brasier solaire
se rallume sur le pays.
L’arbre sur le mur
laisse luire son feuillage.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fatigue des noms (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration: Henri Matisse    
    
Fatigue des noms

Si nous pouvions revenir au bois d’amour
où tous les noms s’oubliaient
ou pour le moins au jardin de nudités
où les noms s’inventèrent,
sûrement nous trouverions
un autre lieu pour les signes.

Ou si peut-être nous retournions
là où il n’y avait
ni substance ni nom pour rien,
prendrait fin cette fatigue inutile de tenter de
peindre l’infini.

Ici seulement nous pouvons
ne pas appeler les choses par leur nom
et appendre à les appeler
avec les gestes qui sortent des choses.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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