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Poésie

Posts Tagged ‘revenir’

Rien (André du Bouchet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018


desert

rien ne manque quand tout a disparu.
choses, lorsqu’elles reviennent,
quelque chose déjà commence à manquer.

(André du Bouchet)

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LE RETOUR (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LE RETOUR

Je revenais de la guerre en grand vainqueur,
et de sa fenêtre elle devait me jeter la rose rouge.
Vingt batailles de gagnées, douze blessures,
deux pays conquis, des trésors, des drapeaux.
Elle a gardé la rose rouge â son corsage.
Ce ne serait pas pour cette jambe de bois quand même !

(Norge)

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La lune aux yeux bleus (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

La lune aux yeux bleus

La nuit, les chevelures des femmes et les branches
des saules se confondent. Je marchais au bord de l’eau.
Tout à coup, j’entendis chanter : alors seulement
je reconnus qu’il y avait là des jeunes filles.

Je leur dis : «Que chantez-vous ?» Elles répondirent :
«Ceux qui reviennent». L’une attendait son père
et l’autre son frère ; mais celle qui attendait son fiancé
était la plus impatiente.

Elles avaient tressé pour eux des couronnes
et des guirlandes, coupé des palmes aux palmiers
et tiré des lotus de l’eau. Elles se tenaient par le cou
et chantaient l’une après l’autre.

Je m’en allai le long du fleuve, tristement, et toute seule,
mais en regardant autour de moi, je vis que derrière
les grands arbres la lune aux yeux bleus me reconduisait.

(Pierre Louÿs)

Illustration

 

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LA CHATTE MÉTAMORPHOSÉE EN FEMME (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



 

LA CHATTE MÉTAMORPHOSÉE EN FEMME

Un homme chérissait éperdument sa chatte ;
Il la trouvait mignonne, et belle, et délicate,
Qui miaulait d’un ton fort doux.
Il était plus fou que les fous.
Cet Homme donc, par prières, par larmes,
Par sortilèges et par charmes,
Fait tant qu’il obtient du destin
Que sa chatte en un beau matin
Devient femme, et le matin même,
Maître sot en fait sa moitié.
Le voilà fou d’amour extrême,
De fou qu’il était d’amitié.
Jamais la Dame la plus belle
Ne charma tant son favori
Que fait cette épouse nouvelle
Son hypocondre de mari.
Il l’amadoue, elle le flatte ;
Il n’y trouve plus rien de chatte,
Et poussant l’erreur jusqu’au bout,
La croit femme en tout et partout,
Lorsque quelques souris qui rongeaient de la natte
Troublèrent le plaisir des nouveaux mariés.
Aussitôt la femme est sur pieds :
Elle manqua son aventure.
Souris de revenir, femme d’être en posture.
Pour cette fois elle accourut à point :
Car ayant changé de figure,
Les souris ne la craignaient point.
Ce lui fut toujours une amorce,
Tant le naturel a de force.
Il se moque de tout, certain âge accompli :
Le vase est imbibé, l’étoffe a pris son pli.
En vain de son train ordinaire
On le veut désaccoutumer.
Quelque chose qu’on puisse faire,
On ne saurait le réformer.
Coups de fourche ni d’étrivières
Ne lui font changer de manières ;
Et, fussiez-vous embâtonnés,
Jamais vous n’en serez les maîtres.
Qu’on lui ferme la porte au nez,
Il reviendra par les fenêtres.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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NERFS D’AUTOMNE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



NERFS D’AUTOMNE

C’est l’automne, tout bruit, on a sommeil,
Et les arbres soupirent dans la rue ;
Toux et pleurs et un vide sans pareil…
Il fait froid, il pleut à perte de vue.

Les amants, plus tristes à leur réveil,
Plus malades, ont d’étranges manières,
Et les feuilles dormant de leur sommeil
Éternel, tombent lourdes sur la terre.

Je reste là et m’en vais et reviens
Et les amants m’emplissent de tristesse.
J’ai envie, oui, de rire pour un rien,
Il fait froid, il pleut encor et sans cesse.

(George Bacovia)

Illustration

 

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RENCONTRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



Annibale Carracci christ_carrying_the_cross _512

RENCONTRE

Je t’ai rencontré sur le sentier de ta mort,
Et c’est tout à fait par hasard
Que j’avais pris ce chemin,
Ne sachant pas que tu te rendais là.

Quand j’entendis la populace hurlante
Je voulus revenir,
Cependant par curiosité je restai
Sur son passage.

Dans la clameur
Soudain je me sentis faiblir
Mais je ne m’en retournai pas.

La meute hurlait si fort, pourtant elle était si faible
Semblable à un océan malade et sourd.
Sur ta tête tu portais des épines aiguës,
Tu ne me regardais pas.

Et sur ton dos,
Tu portais
Toute ma misère.

(Langston Hughes)

Illustration: Annibale Carracci

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Retour (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2018



Si Jamais tu reviens en terre natale
A pas lents comme un cheval dont le soir accroît la fatigue
Oh va dans ce jardin
Retrouver la rose méconnaissable
Le chrysanthème à la crinière de lion
– D’immenses araignées volent avec des papillons
Comme dans les fièvres de l’enfance
Souris ou pleure mais ne crains rien
C’est l’ombre qui remue avant d’être nuit claire.

(Georges Schehadé)

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La pierre (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
la pierre fut plus douce que l’ombre

la langue descendit dans la gorge
elle n’en revint pas

ils cherchèrent le nom du pain
le nom de l’eau

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Avant de partir (Gilles Guilleron)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2018



Avant de partir
il faut oublier quelque chose
pour revenir

(Gilles Guilleron)


Illustration: Folon

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LA ROUTE QUE JE N’AI PAS PRISE (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018


 


Auguste Macke  fields

LA ROUTE QUE JE N’AI PAS PRISE

Deux routes divergeaient dans un bois jaune;
Triste de ne pouvoir les prendre toutes deux,
Et de n’être qu’un seul voyageur, j’en suivis
L’une aussi loin que je pus du regard
Jusqu’à sa courbe du sous-bois.

Puis je pris l’autre, qui me parut aussi belle,
Offrant peut-être l’avantage
D’une herbe qu’on pouvait fouler,
Bien qu’en ce lieu, vraiment, l’état en fût le même,
Et que ce matin-là elles fussent pareilles,

Toutes deux sous des feuilles qu’aucun pas
N’avait noircies. Oh, je gardais
Pour une autre fois la première!
Mais comme je savais qu’à la route s’ajoutent
Les routes, je doutais de jamais revenir.

Je conterai ceci en soupirant,
D’ici des siècles et des siècles, quelque part :
Deux routes divergeaient dans un bois; quant à moi,
J’ai suivi la moins fréquentée
Et c’est cela qui changea tout.

(Robert Frost)

Illustration: Auguste Macke

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