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Poésie

Posts Tagged ‘voyage’

Errance (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022



Errance

Sans cesse je vais
Sous des ciels mouillés
Sur des eaux où flottent
Voyages et rêves

Je vais où fleurit
La rose des vents
Sur la mer où voguent
Les pêcheurs de lunes.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Les pierres (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2022




    
Les pierres
sont des oiseaux migrateurs qui se
reposent d’un long voyage
dans l’espace.

(Werner Lambersy)

Recueil: Plumes de poèmes
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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En voyage (Danielle Sallenave)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2022


voyage

En voyage,
on est toujours
au centre

(Danielle Sallenave)

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En voyage (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2022


train

Dans le train
Je regarde par la fenêtre.

Ce n’est pas moi
Qui pars, c’est le pays.

Et toutes les choses
Me font signe.

(Mohammed Dib)

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Seul (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2022




    
Seul

Seul debout.
Seul assis.
Seul couché.
Seul sur the gril.
Seul écartelé par les chevaux de labour
dont il ne voyait que les croupes.
Seul pendu et son sperme devint mandragore.
Seul dans la vitesse qui n’est pas,
dans la minute qui n’est pas,
dans l’espace qui n’est pas,
dans le temps qui n’est pas,
dans l’éternité qui n’est pas,
dans l rien qui ne l’est pas,
dans le vide plein de boue.

Seul dans un bloc de quartz ignoble,
dans un iceberg en voyage.
Seul avec la solitude qui n’en est pas une.
Avec la lune qui fut sans être.
Avec ses pas qui n’en sont pas.
Avec ce tison qui se croûte et qui brûle au milieu
et se croûte et brûle dans un songe qui n’est même pas un songe.
Seul avec le sommeil du condamné à mort.

***

Alone

Alone standing.
Alone sitting.
Alone lying down.
Alone on the grille.
Alone drawn and quartered by workhorses,
seeing only their rumps.
Alone hanging, ejaculating a mandrake.
Alone in the quickness that isn’t,
in the minute that isn’t,
in the space that isn’t,
in time that isn’t,
in eternity that isn’t,
in the nothing that isn’t,
in an emptiness full of mud.
Alone in a corrupted chunk of quartz,
in an iceberg floating by.
Alone in solitude that isn’t.
With a moon that was without being.
With his footsteps that aren’t footsteps.
With this ember that crusts over and burns at its center,
and crusts and burns in a dream that isn’t even a dream.
Alone in the sleep of the condemned to death

Translated by Mary-Sherman Willis

(Jean Cocteau)

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CHUTE (Samar Abdel Jaber)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2022




    
CHUTE

Mais les consignes de sécurité,
celles que vous répétez à chaque voyage
ne me concernent pas.

Celles que vous répétez avec beaucoup de soin
comme si c’était le premier voyage,
comme si c’était le dernier voyage.

Je m’en fiche.
Car mon âme est déjà tombée
depuis longtemps.

Elle est tombée dans ce voyage
quand je suis partie de Beyrouth
pour la première fois.

Elle est tombée
sans trouver de gilet de sauvetage
ni de masque à oxygène :

mon âme qui est en chute libre
jusqu’à maintenant.

(Samar Abdel Jaber)

 

Recueil: Anthologie des femmes poètes du monde arabe
Traduction: Maram al-Masri
Editions: Le Temps des Cerises

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Jean-Daniel (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2022



Illustration: Marfa Indoukaeva
    
Jean-Daniel

I

Ce jour-là, quand je t’ai vue,
j’étais comme quand on regarde le soleil;
j’avais un grand feu dans la tête,
je ne savais plus ce que je faisais,
j’allais tout de travers comme un qui a trop bu,
et mes mains tremblaient.

Je suis allé tout seul par le sentier des bois,
je croyais te voir marcher devant moi,
et je te parlais,
mais tu ne me répondais pas.

J’avais peur de te voir, j’avais peur de t’entendre,
j’avais peur du bruit de tes pieds dans l’herbe,
j’avais peur de ton rire dans les branches;
Et je me disais: «Tu es fou,
ah! si on te voyait, comme on se moquerait de toi! »
Ça ne servait à rien du tout.

Et, quand je suis rentré, c’était minuit passé,
mais je n’ai pas pu m’endormir.
Et le lendemain, en soignant mes bêtes,
je répétais ton nom, je disais: « Marianne… »
Les bêtes tournaient la tête pour entendre;
je me fâchais, je leur criais: « Ça vous regarde?
allons, tranquilles, eh! Comtesse, eh! la Rousse… »
et je les prenais par les cornes.

Ça a duré ainsi trois jours
et puis je n’ai plus eu la force.
Il a fallu que je la revoie.
Elle est venue, elle a passé,
elle n’a pas pris garde à moi.

II

Les amoureux, c’est pour les filles
comme un écureuil dans un arbre;
elles s’amusent à le voir grimper:
sitôt qu’il est loin, il est oublié.
Elles ne pensent qu’à des bagues,
à des chapeaux, à des colliers;
qu’est-ce que çа leur fait qu’on souffre?
sitôt qu’on est loin, on est oublié.

C’est des miroirs à alouettes,
ça brille à distance, mais, quand on est près,
ça n’est plus rien que des morceaux de verre.
Il faut être bien fou pour leur courir après.

Ces filles, c’est comme des poupées
faites avec des ficelles et du carton;
ça a des joues en porcelaine,
ça a le ventre plein de son.

Mais on a beau dire et beau faire,
on n’y peut rien:
quand on est pris, c’est qu’on l’est bien.

III

Je lui demandé pardon dans mes pensées
de l’avoir ainsi méprisée.
Je sais qu’elle est douce et qu’elle a bon coeur.

Je sais qu’elle ne me connaît pas
et qu’il serait bien étonnant
qu’elle eût fait attention à moi
puisqu’elle ne me connaît pas.

Seulement il est dur d’être seul quand on aime.
On est comme fou, on se met en colère,
on pleure, on rit, sans savoir pourquoi.
On n’est pas juste quelquefois,
tant on a mal au coeur qui aime.

Mon coeur a mal, et moi je suis
comme un oiseau qui s’est envolé
et qui ne peut plus se poser,
et qui se sent bien fatigué
loin de son nid.

IV

Elle vit avec sa mère qui est vieille.
Elle l’aide à tenir le ménage.
Elle lave la vaisselle,
elle fait le dîner et les savonnages,
elle travaille du matin au soir:
il n’y a pas beaucoup de filles
qui font comme elle leur devoir.

Quand elle coud, ses doigts vont vite
comme au jeu de pigeon vole,
sa tête se penche sous la lampe,
sous la lampe sa tête se penche,
elle est appliquée et vaillante.

Elle laisse passer les jours
sans regret du temps qui s’en va,
ayant bien employé ses heures.
Le temps s’en va, elle demeure;
et sa vie est comme un ruisseau
qui coule d’un cours bien régulier,
sous les frênes et les noisetiers,
avec les oiseaux qui viennent y boire
et l’ombre errante vers le soir
des arbres noirs sur le ciel rose.

Et les mois et les mois viendront:
quand sera-t-elle comme elle est,
bonne et gaie, à coudre et à faire la cuisine,
dans une maison qui serait à nous,
dans une maison qui serait notre maison?

V

Car, moi, je suis pauvre et sa mère est riche.
Elle a une ferme et des champs,
elle a de l’argent
tout plein son armoire.

Elle a des chevaux, des boeufs et des vaches,
deux domestiques toute l’année,
des ouvriers quand l’ouvrage est pressant;
sa grange est pleine, ses étames de même;
et elle veut un gendre qui soit riche comme elle.

Il faudrait sans doute qu’on vienne
et qu’on lui dise: «Donnez-moi
votre fille, j’ai du bien
autant que vous;
j’ai comme vous des prés, des vaches et des bois,
alors c’est à égalité, n’est-ce pas ? »
Mais qu’on aime sa fille, elle n’y pense même pas.

Elle aura pour gendre un coureur d’auberges,
une espèce de beau parleur
qui fait briller ses écus
pour qu’on sache qu’il a de quoi…
Et je n’ai que mon amour, moi.

Seulement aussi amenez-m’en un
qui travaille davantage,
qui boude moins à l’ouvrage,
qui se lève de plus grand matin.

Je dis que des bons bras, c’est de l’argent comptant;
et je porterais des montagnes,
si on me disait: C’est pour Marianne.

VI

Quand le jour est mort, une lampe brille.
C’est la lampe, la petite lampe
que tu as à ta fenêtre,
Marianne, par les temps noirs,
pour les pauvres gens qui sont sur les routes.

On n’a plus peur; on voit de loin la lampe, on dit:
« C’est la lampe de Marianne,
elle est à coudre dans sa chambre avec sa mère »;
et on va vers la lumière,
parce qu’on sait que la porte s’ouvrira.

C’est comme une étoile, celle
qui guidait les bergers dans la nuit de Noël
et ils ont été amenés par elle
dans l’étable chaude où était la crèche
entre le boeuf et l’âne.

Là où la lampe brille, là aussi il fait chaud.
Celui qui vient pousse la porte et dit bonsoir.
On ne voit pas ses yeux sous son grand chapeau.
Sa moustache est givrée, il se fait déjà tard,
et il tient à la main un gros bâton d’épine.

Moi, je suis comme un papillon de nuit
qui tourne autour de la lumière.
Je me glisse le long des murs comme un voleur
pour te voir par la fenêtre.

Je n’ose pas entrer; je n’ose pas heurter;
je regarde de loin
le linge que tu tiens.
Je reste ainsi longtemps sans bouger de mon coin,
les yeux tendus vers toi,
mais c’est mon coeur qui va pour moi.

Il va vers toi, il se tient bien tranquille;
il est dans l’ombre de tes rideaux
il est dans l’aiguille qui brille,
il est dans le fil que tu casses
de temps en temps entre tes dents.

A quoi songes-tu? Sais-tu que je suis là?
Quand je te vois rêver, je pense que c’est à moi;
je ris ensuite de ma sottise.
Mais j’attends quand même
et sans savoir quoi,
jusqu’à ce que ta lampe s’éteigne.

VII

Le dimanche matin, elle va à l’église.
Le clocher a l’air d’un peu se pencher
pour mieux voir les fleurs dans les prés
comme ferait une petite fille
qui cueille un bouquet en chantant;
et la cloche dans le clocher
sonne d’abord un long moment.

Les femmes passent deux par deux;
elles sont en noir par respect pour le bon Dieu,
elles ont leur psautier dans la main.

Les hommes attendent qu’elles soient entrées
devant le porche en causant du beau temps,
du prix du bétail, des travaux des champs;
et il y a tant d’oiseaux dans les haies
que les branches se balancent
comme quand il fait du vent.

Alors, elle aussi, elle vient, elle a des gants blancs,
une robe bleue, un chapeau de paille;
elle traverse la place,
elle entre, je ne la vois plus.

La cloche se tait, le sonneur descend,
ses gros souliers dans l’escalier
font un bruit comme quand on bat en grange;
les gens dans l’église attendent en silence;
le pasteur, avec sa robe noire,
son chapeau de soie et son rabat blanc,
approche d’un air grave dans l’ombre des arbres.
Et je me sens si seul que je voudrais pleurer…

Je serais sur le banc, assis à côté d’elle;
quand elle chanterait, j’écouterais sa voix
et elle pencherait la tête pour prier.

VIII

Comme tu es jolie sur le petit sentier,
où tu vas, portant ton panier
avec le pain et le café
pour les quatre-heures.
L’ombre des cerisiers glisse sur tes épaules,
il fait chaud, les gens se reposent,
assis dans l’herbe, tout en causant,
et, te voyant venir, ils disent:

« Voilà Marianne avec son panier. »
Ils sont contents, parce qu’ils ont faim,
ayant travaillé qu’ils n’en peuvent plus
et le foin qui sèche sent fort au soleil.

Ils te disent: «Vous avez fait
la paresseuse! »
Tu dis: « Mais non, il n’est pas quatre heures. »
Un des ouvriers regarde à sa montre,
il dit: « Que si! il est quatre heures et cinq! »
Et tout le monde
éclate de rire sans savoir pourquoi.

C’est peut-être que le café
est meilleur quand tu le verses.
Tu fais plaisir à regarder
avec ton gros jupon d’indienne;
tu fais plaisir avec cette façon que tu as
de sourire en tendant la miche
et d’avoir soin qu’on soit toujours servi.

IX

Elle est venue un soir pour la première fois.
Il faisait nuit, elle est venue sans bruit.
Je regardais partout, je ne voyais personne
et j’entendais mon coeur battre dans le silence.
Mais, quand je l’ai vue, j’ai eu presque peur
et j’aurais voulu me sauver.

Elle venait entre les saules,
elle allait lentement, est-ce qu’elle avait peur aussi ?
Ou bien est-ce que c’était de l’ombre ?

Je suis allé vers elle, je lui ai dit bonjour.
« Alors, comme ça, ça va bien? »
« Oui, merci. » Nous n’avons plus su que dire.
Il y avait un arbre, l’étang était tout près,
le vent a passé dans les roseaux
et j’ai senti sa main trembler.
« Écoute, est-ce qu’on fait un petit tour? »
« On nous verrait, non, j’aime mieux… »
« On pourrait s’asseoir. » « Ce n’est pas la peine. »
J’ai voulu parler, mais je n’ai pas pu
et elle était déjà partie.

X

Elle m’a dit: «J’ai bien senti
tout de suite
que tu serais mon bon ami
N’est-ce pas? la première fois
qu’on se voit,
on ne s’aime pas,
pour bien dire, encore,
mais çа vient tout tranquillement
avec le temps.
Parce que, tu sais, ma mère est bien bonne
et je l’aime bien aussi,
mais ce n’est pas tout dans la vie.
On peut travailler du matin au soir
et être bien sage, çа n’empêche pas
qu’on pense parfois à des choses.

On se dit: «Il y en a qui ont des enfants,
il y en a qui se sont fait
des trousseaux d’une beauté
qu’on ne peut pas s’imaginer,
et on rêve à se marier
quand même. »

Elle m’a dit: «Je t’aime tellement
qu’il me faudrait bien venir à cent ans
pour t’aimer jusqu’au bout
et que je ne sais pas si j’y arriverais. »
Elle m’a dit: «Et toi, est-ce que tu m’aimes autant? »
« Ah! lui ai-je dit, qu’est-ce que tu penses? »
Et je lui ai serré la main
tellement fort qu’elle a crié.

XI

J’ai été au soleil et je pensais à toi.
Tu es toujours avec moi,
comme avant, mais avec un sourire,
à présent que je sais que, moi aussi, je vais
à tes côtés dans ta pensée.

Des oiseaux tombaient des branches,
l’herbe était fleurie, les foins mûrissaient;
j’avais ma faux, j’ai fauché,
ma faux allait toute seule.

Je suis revenu chercher la charrette,
j’ai chargé mon herbe; la roue grinçait
comme quand tu chantes pour le plaisir
ou pour te tenir compagnie.

Et puis le soir venu, j’ai pensé : « Que fait-elle? »
Je m’étais assis sur un banc,
j’avais mis mes mains dans mes poches;
je fumais ma pipe, je te voyais venir;
et tu étais dans la fumée
comme un de ces anges avec des ailes bleues
qui sont dans les livres.

XII

Je ne sais pas pourquoi
d’autres fois je suis triste
et je n’ai de coeur à rien faire.
Il faudrait faucher, il faudrait semer,
mais je dis: «Tant pis!» qu’il pleuve ou qu’il grêle,
ça m’est bien égal.
C’est ainsi quelquefois sans raison,
à cause d’une manière qu’elle a eue de me parler,
à cause d’un air qu’elle a eu de me regarder,
à cause de son rire,
à cause de sa voix qui était changée et de ses yeux
qui se sont baissés devant les miens,
comme si elle me cachait quelque chose.

Et pourtant je suis heureux quand même.
Je l’accuse à tort parce que je l’aime.
C’est pour me faire mal, et puis je me repens.
J’ai honte de moi, je me dis: «Tout va bien»;
et le bonheur me revient
comme quand la lune sort
de derrière un gros nuage.

XIII

Si ta mère savait pourtant que nous nous aimons,
et que le soir je viens t’accompagner
jusque tout près de la maison,
si elle savait que nous nous fréquentons
et que, cette fois, c’est pour de bon,
que dirait-elle ?

Elle qui a un front ridé,
des mains noires toutes tremblantes,
elle qui ne se souvient plus
de sa jeunesse;
elle qui a oublié le temps où elle allait danser,
et qui ne sait plus ce que c’est
tout le bonheur qu’on a d’aimer,
ta mère, qu’est-ce qu’elle penserait?

Nous ne parlons pas de ces choses
pour ne pas gâter notre bonheur;
nous nous regardons seulement
pour nous redonner du courage.
Car nous ne faisons rien de mal,
n’est-ce pas? il est naturel
d’être amoureux comme nous sommes;
ils ont tous été comme nous.
Et je dis: «Vois-tu, il faudra s’aimer d’autant plus,
d’autant plus fort, d’autant plus doux;
alors peut-être que ta mère aura pitié,
et elle nous laissera nous aimer. »

XIV

Marianne a pleuré, il faisait du soleil,
la cuisine était rose.
Ses larmes coulaient sur ses joues.
Elle a pris son mouchoir, elle a pleuré dedans,
elle s’est assise, n’ayant plus de force.

«Est-ce que c’est vrai que tu l’aimes tant? »
Marianne n’a rien répondu.
«J’aurais voulu pour toi quelqu’un d’autre. »

Marianne a secoué la tête.
«J’ai la raison que tu n’as pas,
j’ai connu la vie, je suis vieille.
Il n’y a pas que l’amour,
l’amour est beau, mais l’amour passe,
tandis que l’argent, ça dure une vie
et qu’on en laisse à ses enfants.»

Marianne a pleuré si fort
qu’on l’entendait depuis dehors.

« Mais maintenant que je t’ai dit ce que je pensais,
je ne voudrais pas te faire de la peine.
Prends ton amoureux si tu l’aimes… »

Marianne a levé la tête
et elle a cessé de pleurer.
« Je crois que c’est un bon garçon,
il aura soin de la maison,
il ne boit pas, il est sérieux,
eh bien, puisque tu le veux,
mariez-vous et soyez heureux. »

Elle a embrassé sa mère sur le front,
elle l’a prise par le cou:
«Tu permettras que je te l’amène?…
Tu verras que j’avais raison. »

XV

Le jour de notre noce, j’y pense tout le temps,
il fera un soleil comme on n’a jamais vu;
il fera bon aller en char
à cause du vent frais qui vous souffle au visage,
quand la bonne jument va trottant sur la route
et qu’on claque du fouet pour qu’elle aille plus fort.
On lui donnera de l’avoine,
en veux-tu, en voilà;
on l’étrillera bien qu’elle ait l’air d’un cheval
comme ceux de la ville;
et trotte! et tu auras ton voile qui s’envole,

et tu souriras au travers
parce qu’il aura l’air
de faire signe aux arbres
comme quand on agite un mouchoir au départ.

On se regardera, on dira: « On s’en va,
on commence le grand voyage;
heureusement qu’il n’y a pas
des océans à traverser. »
Et quand nous serons arrivés,
la cloche sonnera, la porte s’ouvrira,
l’orgue se mettra à jouer;
tu diras oui, je dirai oui;
et nos voix trembleront un peu
et hésiteront à cause du monde
et parce qu’on n’aime à se dire ces choses
que tout doucement à l’oreille.

XVI

Notre maison est blanche, elle est sous les noyers,
ta mère tricote près de la fenêtre;
iI fait chaud, on va moissonner,
mais, comme les foins sont rentrés,
on a un moment pour se reposer.

Tu mets les verres sur la table pour le dîner.
Du rucher, je te vois passer dans la cuisine,
et ta chanson me vient parmi
le bourdonnement des abeilles.

Ta mère s’est levée, elle a mis son tricot
et ses aiguilles dans la corbeille;
elle a l’air heureux de vivre avec nous,
nous sommes heureux de vivre avec elle.

Ne sommes-nous pas heureux de nous aimer,
d’être ensemble, de travailler,
de voir mûrir les foins, les moissons se dorer,
et, plus tard, vers l’automne,
les arbres plus lourds du poids de leurs fruits
jusqu’à terre se pencher?

Tu vas dans la maison, faisant un petit bruit,
et, du matin au soir, c’est toi qui veilles à tout;
pendant que, moi, je vais faucher
et que les chars rentrent grinçants,
hauts et carrés,
comme des petites maisons roulantes.

VII

Un jour je te verrai venir un peu plus lasse
et lourde d’un fardeau que tu n’as pas connu,
tandis que s’épaissit ta taille,
marchant dans le jardin où les roses fleurissent
et je t’aimerai encore un peu plus.

Je songe que tu portes deux vies
et qu’il me faut donc t’aimer doublement
pour toi-même et puis pour celui
qui va naître de tes souffrances.

Je sens que j’ai grandi vers de nouveaux aspects
d’où le monde paraît avec des tristesses,
mais missi avec des joies accrues en nombre;

et, quand je sens ta main s’appuyer sur mon bras,
et l’ombre de ton front se poser sur ma joue,
il me semble avancer sûrement avec toi
vers la réalisation d’une promesse.

XVIII

L’enfant que nous aurons ne nous quittera pas.
Il grandira dans la campagne.
Il sera paysan comme nous.
Il portera la blouse comme son père a fait,
et, comme son père, il traira les vaches;
il fera les moissons, il fera les regains,
il fauchera les foins;
il étendra peu à peu son domaine;
et, lorsque nous serons trop vieux,
quand l’heure du repos sera pour nous venue,
il nous remplacera, maître de la maison.

Il aimera comme nous avons aimé;
les jeux de nos petits-enfants
entoureront notre vieillesse.

Ce sera une après-midi de beau temps;
je serai assis au soleil,
j’aurai joint les mains sur ma canne,
il fera clair sur la campagne;
et toi, utile encore avec tes vieilles mains,
tu iras et viendras, tout près, dans le jardin,
nous acheminant ainsi ensemble
vers l’autre repos, qui est sans fin.

Nos derniers jours seront paisibles,
nous aurons fait ce que nous devions faire;
il y a une tranquillité qui vient,
une grande paix descend sur la terre.

Nous nous parlerons du passé:
te souviens-tu du jour où tu avais pleuré,
te souviens-tu du jour de nos noces?
on avait sonné les deux cloches
qu’on voyait bouger en haut du clocher.

Te souviens-tu du temps des cerises
et on se faisait avec des boucles d’oreilles,
et du vieux prunier qu’on secouait
pour en faire tomber les prunes?

Le cadet des garçons arrive alors et dit:
«Grand’mère, la poule chante,
elle a fait l’oeuf. »
«Va voir dans la paille, mon ami.»
Et nous sourions de le voir qui court
tant qu’il peut, à travers la cour,
sur ses grosses jambes trop courtes.

(Charles-Ferdinand Ramuz)

Recueil: Le Petit Village
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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APRÈS UN LONG VOYAGE (Fabián Casas)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2022



Illustration: Albert Marquet    
Poem in French, English, Spanish, Dutch and in Arabic, Armenian, Bangla, Catalan, Chinese, Farsi, German, Greek, Hebrew, Hindi, Icelandic, Indonesian, Irish (Gaelic), Italian, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Macedonian, Malay, Polish, Portuguese, Romanian, Russian, Serbian, Sicilian, Tamil

    
Poem of the Week Ithaca nr, “AFTER A LONG JOURNEY”,
FABIÁN CASAS, Argentina, 1965

from “La voz del otro lado – De stem aan de andere kant”
Poesía moderna argentina – POINT – Boekenplan 2021

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

APRÈS UN LONG VOYAGE

Je me mets au balcon pour regarder la nuit.
Ma mère me disait que cela ne valait pas la peine
d’être abattu.

Remue-toi, fais quelque chose, me criait-elle.
Mais je n’ai jamais eu beaucoup d’aptitude pour le bonheur.

Ma mère et moi étions très différents,
et nous n’avons jamais pu nous comprendre.

Pourtant il y a une chose que j’aimerais pouvoir raconter:
parfois, quand elle me manque beaucoup,
j’ouvre la garde-robe où pendent ses vêtements
et comme si j’étais de retour d’un long voyage,
j’y pénètre.

Cela paraît absurde: mais dans le noir et avec cette odeur
je suis certain que rien ne nous sépare

(Fabián Casas)
, Argentine, 1965
Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

AFTER A LONG JOURNEY

I sit down on the balcony to watch the night.
My mother told me it was senseless to be depressed.

“Move, do something!” she shouted at me.
But I was never very gifted at being happy.
My mother and I were different,
and we never managed to understand each other.
However, there is something I would like to tell:
Sometimes, when I miss her very much,
I open the wardrobe where her clothes are,
and as if arriving at a place
after a long journey,
I go inside.
It seems absurd: But in the dark and with that smell,
I feel sure that nothing separates us.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Translation Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan

***

DESPUÉS DE LARGO VIAJE

Me siento en el balcón a mirar la noche.
Mi madre me decía que no valía la pena
estar abatido.
Movete, hacé algo, me gritaba.
Pero yo nunca fui muy dotado para ser feliz.
Mi madre y yo éramos diferentes
y jamás llegamos a comprendernos.
Sin embargo, hay algo que quisiera contar:
a veces, cuando la extraño mucho,
abro el ropero donde están sus vestidos
y como si llegara a un lugar
después de largo viaje
me meto adentro.

Parece absurdo: pero a oscuras y con ese olor
tengo la certeza de que nada nos separa.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965

***

NA EEN LANGE REIS

Ik ga zitten op het balkon om te kijken naar de nacht.
Mijn moeder zei me dat het de moeite niet loonde
om neerslachtig te zijn.
Beweeg je, doe iets, schreeuwde ze me toe.
Maar ik heb nooit veel talent gehad om gelukkig te zijn.
Mijn moeder en ik waren heel verschillend,
en we hebben elkaar nooit kunnen begrijpen.
Toch is er iets wat ik graag zou willen vertellen:
soms, wanneer ik haar erg mis,
open ik de kleerkast waarin haar kleren hangen
en alsof ik terugkom van een lange reis,
kruip ik erin.

Het lijkt absurd: maar in het donker en met die geur
weet ik zeker dat niets ons scheidt.

FABIÁN CASAS, Argentinië, 1965
Vertaling Germain Droogenbroodt

***

بعد رحلة طويلة

أُطِلُّ عَلَى الشّرفة لِأُشَاهِدَ الليلَة
قَالَتْ لِي أُمِي
لَا تَكْتَئِب فَالأَمْرُ لَا يَسْتَحِقُ ذَلِك
صَرَخَتْ فِي وَجْهِي
 » تَحَرَّكْ .. اِفْعَل شَيئًا »
لَكِنَّنِي لمَ أَمْتَلِكِ الموهِبَةَ بَعْد لِأُصْبِحَ سَعِيدًا
أَنَا وَأُمِي مُخْتَلِفَان
لَمْ نَصِلْ أَبَدًا إِلَى أَيَّ اتِّفَاقٍ بَيْنَنَا
وَمَعَ ذَلِكَ لَدَيَّ مَا أَقُولْ:
أَحْيَانًا عِنْدَمَا اشْتَاقُ إِليهَا كَثِيرًا
أَفْتَحُ خِزَانَةَ المَلابِسِ حَيثُ كَانَتْ مَلَابِسُهَا
فَأشْعُرُ وَكَأنَّنِي وَصَلْتُ بَعدَ رِحْلَةٍ طَويِلةٍ
أَذْهَبُ إِلى الدَّاخِل
يَبْدُو الأَمْرَ سخِيفًا: لَكِن فِي الظَّلَامِ وَرائِحَتِهَا الزَّكِية

اَعْتَقِدُ اَنَّهُ لَا أَحَدٌ يَسْتَطِيعُ التَّفْرِيقَ بَينَنَا
فابيان كاساس (FABIÁN CASAS)، الأرجنتين، 1965
ترجمة للعربية: عبد القادر كشيدة
Translated into Arab by Mesaoud Abdelkader

***

ԵՐԿԱՐ ՃԱՄՓՈՐԴՈՒԹՅՈՒՆԻՑ ՀԵՏՈ

Նստում եմ պատշգամբում՝ գիշերը դիտելու:
Մայրս ասում էր՝ անմտություն է ճնշված լինելը:
՛՛Շարժվի՛ր, արա՛ ինչ-որ բան՛՛,-գոռում էր վրաս:
Բայց ես երբեք չունեի երջանիկ լինելու ընդունակություն:
Մայրս ու ես տարբեր էինք
և մեզ երբեք չհաջողվեց հասկանալ իրար:
Ինչևէ, կա մի բան, որ կուզեի ասել.
Երբեմն, երբ նրան շատ եմ կարոտում,
Բացում եմ նրա զգեստների պահարանը
և ասես երկար ճամփորդությունից վերադարձածի պես
ընկղմվում այնտեղ:
Թվում է զարմանալի, բայց մթության և այդ հոտի մեջ,
Ես վստահ զգում եմ, որ մեզ ոչինչ չի բաժանում:

ՖԱԲԻԱՆ ԿԱՍԱՍ, Արգենտինա,1965
Թարգմանությունը Գերման Դրոգենբրոդտի և Սթեյնլի Բարքանի
Հայերեն թարգմանությունը Արմենուհի Սիսյանի
Translated into Armenian Armenuhi Sisyan

***

দীর্ঘ সফরের পর

আমি বসে থাকি অলিন্দের উপর রাতকে উপভোগ করতে ।
আমার মা বলেছিলেন বিষণ্নতায় ভোগা ছিল
জ্ঞান-বুদ্ধিহীন ব্যাপার ।
“চলো, করো কিছু!” আমার মা উচ্চস্বরে আমায় বলেছিলেন ।
কিন্তু আমি কখনোই সুখী হওয়াতে ভাগ্যবান ছিলাম না ।
আমার মা এবং আমি ছিলাম সম্পূর্ণ ভিন্ন,
আর আমরা কখনই একে অপরকে বুঝতে
পারতাম না ।
তারপরও, আছে কিছু বলার যা আমি বলতে
চাই:
যখন মাঝে মাঝে আমি তার অনুপস্থিতি অনুভব করি,
আমি খুলি তার আলমারি যেখানে থাকে তার পোশাক,
আর ঠিক যেন পৌঁছে যাই একটি জায়গায়
দীর্ঘ সফরের পর,
আমি প্রবেশ করি অভ্যন্তরে ।
খুব অবাস্তব মনে হয়: কিন্তু অন্ধকারে আর সাথে নিয়ে
সেই গন্ধ,
আমি নিশ্চিত হই যে কোন কিছুই আমাদের পৃথক করতে পারবে না ।

ফ্যাবিয়ান ক্যাসাস, আর্জেন্টিনা, ১৯৬৫
Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

DESPRÉS D´UN LLARG VIATGE

Em sento al balcó a mirar la nit.
La meva mare em deia que no valia la pena
estar abatut.
Mou-te, fes alguna cosa, em cridava.
Però jo mai no vaig estar gaire dotat per ser feliç.
La meva mare i jo érem diferents
i mai no vàrem arribar a comprendre’ns.
Tanmateix, hi ha alguna cosa que voldria explicar:
de vegades, quan l’estranyo molt,
obro el rober on hi ha els seus vestits
i com si arribés a un lloc
després d´un llarg viatge
em fico dins.
Sembla absurd: però a les fosques i amb aquesta olor
tinc la certesa que res no ens separa.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Traducció al català de: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

长途旅行后

我坐在阳台上看夜景。
我母亲告诉我,沮丧是没有意义的
“动起来,干点事,”她对我喊道。
但在快乐方面我从来不是很有天赋。
我母亲和我是不同的
且我们从来没能努力相互理解。
不过,有些事我想告诉大家:
有时,当我非常想念她的时候,
我就打开她装衣服的衣柜
仿佛我经历一个长途
旅行后正到达一个
我进入的地方
这似乎荒谬:但黑暗中闻着那股气味
我确信没有什么能分开我们。

原作:阿根廷 法比安·卡萨斯 1965年
英译:杰曼·卓根布鲁特-斯坦利·巴坎
汉译:中 国 周道模 2022-1-16
Translated into Chinese by Willam Zhou

***

پس از سفری طولانی
من در بالکن می‌نشینم تا شب را تماشا کنم.
مادرم گفته بود افسرده شدن احمقانه‌‌ست.
بر سرم فریاد کشید«حرکت کن، کاری انجام بده»!
اما من هرگز استعداد شاد بودن را نداشتم.
و ما هرگز همدیگر را درک نکردیم.
اگر چت چیزی هست که می‌خواهم بگویم:
گاهی، وقتی دلم خیلی برایش تنگ می‌شد،
در گنجه‌یی که لباسهایش در آنست را باز می‌کنم،
و مانند کسی که از سفری طولانی
به خانه بازگشته،
داخل می‌شوم.
به نظر مهمل می‌آید: اما در تاریکی با آن بو،
احساس می‌کنم چیزی ما را از هم جدا نمی‌کند.

فابیان کاساس، آرژانتین، ۱۹۶۵
ترجمه: سپیده زمانی
Translated into Farsi by Sepideh Zamani

***

NACH EINER LANGEN REISE

Ich setze mich auf den Balkon und schaue in die Nacht.
Meine Mutter sagte mir, dass es sich nicht lohnt,
deprimiert zu sein.

Beweg dich, tu etwas, schrie sie mich an.
Aber ich war nie sehr begabt, glücklich zu sein.

Meine Mutter und ich waren verschieden,
und es gelang uns nie, einander zu verstehen.

Es gibt jedoch etwas, das ich erzählen möchte:
manchmal, wenn ich sie sehr vermisse,
öffne ich den Schrank in dem ihre Kleider sind,
und als ob sie an einem Ort angekommen wäre
nach einer langen Reise,
setze ich mich hinein.

Es scheint absurd: aber in der Dunkelheit und bei diesem Geruch
Habe ich die Sicherheit, dass uns nichts voneinander trennt.

FABIÁN CASAS, Argentinien, 1965
Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

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ΜΕΤΑ ΤΟ ΜΑΚΡΥ ΤΑΞΙΔΙ

Κάθομαι στο μπαλκόνι και παρατηρώ τη νύχτα.
Η μητέρα μου είπε ότι είναι άσκοπο να αγχώνομαι.
«Κουνήσου, κάνε κάτι» μου φώναξε.
Αλλά ποτέ δεν γνώριζα πως να `μαι ευτυχισμένος.
Η μητέρα μου κι εγώ ποτέ δεν μοιάσαμε
και ποτέ δεν καταλάβαμε ο ένας τον άλλο.
Αλλά θα `θελα να σας πω κάτι:
Κάθε φορά που μου λείπει πολύ
ανοίγω τη ντουλάπα της
σαν να γυρίζω από ταξίδι μακρινό
και μπαίνω μέσα.
Ίσως να φαίνεται παράλογο: Αλλά μέσα στη σκοτεινιά
και στη μυρωδιά των ρούχων
νιώθω ότι τίποτα δεν μας χωρίζει.

FABIAN CASAS, Argentina, 1965
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη//Translated by Manolis Aligizakis

***

אחרי נסיעה ארוכה / פביאן קסס
FABIÁN CASAS, Argentina, 1965

אֲנִי יוֹשֵׁב עַל הַמִּרְפֶּסֶת לְהִתְבּוֹנֵן בַּלַּיְלָה.
אִמִּי אָמְרָה לִי שֶׁזֶּה חֲסַר טַעַם לִהְיוֹת מְדֻכָּא.
« זוּז, עֲשֵׂה מַשֶּׁהוּ! » הִיא צָעֲקָה עָלַי.
אֲבָל מֵעוֹלָם לֹא בֹּרַכְתִּי בַּכֹּשֶׁר לִהְיוֹת מְאֻשָּׁר.
אִמִּי וַאֲנִי הָיִינוּ שׁוֹנִים,
וּמֵעוֹלָם לֹא הִצְלַחְנוּ לְהָבִין זֶה אֶת זֶה.
עִם זֹאת, יֵשׁ מַשֶּׁהוּ שֶׁאֲנִי רוֹצֶה לְסַפֵּר:
לִפְעָמִים, כְּשֶׁהִיא חֲסֵרָה לִי מְאוֹד,
אֲנִי פּוֹתֵחַ אֶת חֲדַר הָאֲרוֹנוֹת הֵיכָן שֶׁבְּגָדֶיהָ נִמְצָאִים,
וּכְאִילּוּ מַגִּיעִים לְמָקוֹם
אַחֲרֵי נְסִיעָה אֲרֻכָּה,
אֲנִי נִכְנָס.
זֶה לֹא נִרְאֶה הֶגְיוֹנִי: אֲבָל בַּחֹשֶׁךְ וְעִם אוֹתוֹ הָרֵיחַ,
אֲנִי בָּטוּחַ שֶׁאֵין דָּבָר שֶׁמַּפְרִיד בֵּינֵינוּ.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translated into Hebrew by Dorit Weisman

***

एक लंबी यात्रा के बाद

मैं रात को देखने के लिए बालकनी पर बैठ जाता हूं।
मेरी माँ ने मुझसे कहा कि उदास होना बेमानी है
हटो, कुछ करो, वह मुझ पर चिल्लाई।
लेकिन मैं कभी भी खुश रहने में
बहुत प्रतिभाशाली नहीं था।
मेरी माँ और मैं अलग थे
और हम कभी एक दूसरे को समझ नहीं पाए।
हालाँकि, कुछ ऐसा है जो मैं बताना चाहूंगा:
कभी-कभी, जब वह मुझे याद आती है
मैं अलमारी खोलता हूँ जहाँ उसके कपड़े हैं
और मानो किसी स्थान पर पहुंच रहे हों
लंबी यात्रा के बाद
मैं अंदर जाता हूँ।
यह बेतुका लगता है: लेकिन अंधेरे में और उस गंध के साथ
मुझे यकीन है कि कुछ भी हमें अलग नहीं करता है।
फैबियन कास, अर्जेंटीना, 1965 l

ज्योतिर्मय ठाकुर का हिन्दी अनुवाद l
Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

EFTIR LANGA FERÐ

Ég fæ mér sæti á svölunum og horfi á nóttina.
Móðir mín sagði að það væri ekkert vit í þunglyndi.
“Hreyfðu þig, gerðu eitthvað!” hrópaði hún til mín.
En ég var aldrei mjög fær í að vera hamingjusamur.
Við móðir mín vorum mjög ólík,
og gátum aldrei skilið hvort annað.
Samt langar mig að segja frá einu:
Stundum, þegar ég sakna hennar mjög mikið,
opna ég klæðaskápinn með fötunum hennar,
og eins og ég sé að koma á leiðarenda
eftir langa ferð,
fer ég inn.
Það virðist fráleitt: En í myrkrinu og lyktinni
er ég viss um að ekkert skilur okkur að.

FABIÁN CASAS, Argentínu, 1965
Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Germains Droogenbroodt og Stanleys Barkan
Translated into Icelandic by Thor Stefansson

***

SETELAH PERJALANAN PANJANG

Di serambi atas aku termangu merenung malam.
Ibu berujar, tak ada manfaat untuk berduka
“Bangkit, lakukan sesuatu !” ibu memekik
Tapi aku merasa sukar untuk bahagia.
Aku dan ibuku berbeda,
kami tidak berhasil saling memahami.
Namun, akan kukatakan sesuatu:
Adakalanya, aku sangat rindu,
Aku buka lemari di mana pakaiannya berada,
Seolah-olah tiba di suatu tempat
Setelah perjalanan yang panjang,
Aku masuk ke dalam.
Tampaknya tidak masuk akal, tapi dalam gelap mengendus aromanya
aku yakin tak ada yang bisa memisahkan kami.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Translation Lily Siti Multatuliana (Indonesia)

***

THÉIS TURAS FADA

Suím ar an mbalcóin ag faire na hoíche.
Deireadh mó mháthair liom gur anabaí a bheith in ísle brí.

“Corraigh, déan rud éigin!” a scairteadh sí.
Ach níor rugadh mise don ghníomh.
Ar an dóigh sin, níor chosúil mé féin agus í,
Níor éirigh linn ariamh réiteach le chéile.
Tá rud éigin gur mhaith liom a admháil, áfach:
Scaití, nuair a airím go mór uaim í,
Osclaím an vardrús ina bhfuil a cuid éadaí crochta,
Agus amhail taistealaí ag filleadh
Théis turas fada,
Isteach an doras liom.
Nach ait an rud é, ach ansin sa dorchadas,
Ní mhothaím go bhfuil aon rud idir mé agus í.

FABIÁN CASAS, an Airgintín, 1965
Arna aistriú go Gaeilge ag Rua Breathnach
Translated into Irish (Gaelic) by Rua Breathnach

***

DOPO UN LUNGO VIAGGIO

Mi siedo sul balcone a guardare la notte.
Essere depressi è privo di senso mi ha detto mia madre.
“Muoviti, fa qualcosa” mi ha gridato.

Ma non sono mai stato molto dotato per essere felice.
Mia madre ed io eravamo diversi,
e non siamo mai riusciti veramente a capirci.

Comunque c’è una cosa che vorrei dire:
a volte quando mi manca così tanto,
apro l’armadio dove ci sono i suoi vestiti,
ed è come se fossi arrivato in un posto
dopo un lungo viaggio,
entro dentro.

Sembra assundo: ma al buio e con quell’odore,
sono sicuro che nulla ci separa.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Traduzione di Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan –
Luca Benassi

***

長い旅の後で

バルコニーに出て夜を見つめる
落ち込むなんて意味のないことだと母は言った
「身体を動かして何かしなさい」母は怒鳴った
でも私は楽しくなんて振る舞えないたちなのだ
私は母とは違う
私たちは決してお互いを理解しようとはしなかった
しかし、一つだけ言いたいことがある
時々、母のことが恋しくなる時
私は彼女のクロゼットを開ける
そして中に入る
まるで長旅から帰ってくる場所のように
馬鹿げて見えるかもしれない
しかし、暗闇の中
その匂いとともに
たしかに私たちは一つであると感じるのだ

ファビアン・カサス(1965-, アルゼンチン)
Translated into Japanese by Manabu Kitawaki

***

BAADA YA SAFARI NDEFU

Nakaa kwenye makao ya veranda katika gorofa nikitazama usiku.
Mama yangu aliniambia hakuna haja kusumbuliwa na akili.
“Songa, fanya kitu!” akanipigia kelele.

Lakini sikuwa na baraka nyingi za kuwa na furaha.
Mama yangu na mimi tulikuwa tofauti,
na hatukuwahi kuelewana.
Hata hivyo, kuna kitu ningependa kusema:
Wakati mwingine ninapo mtamani sana,
nafungua kabati lililo na nguo zake,
na kama nikifika mahali baada ya safari ndefu, naingia ndani.

Inaonekana kama ni upuzi: Lakini katika giza na kwa harufu hiyo, ninahisi hakika kwamba, hakuna kitu kinachotutenganisha.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Shairi limetafsiriwa na Bob Mwangi Kihara
Translated into Kiswahili by Bob Mwangi Kihara

***

PIŞTÎ GEŞTEKE DIRÊJ

Ez li ser berbanê rûniştim û min zîrevaniya şevê dikir.
Dayîka min bi min re got, ne hêja ye
mera weha xemgîn be.
Xwe hinekê bilivîne, bi ser min de kir qêr.
Lê ez ne weha behredar im, ku bextewer bim.
Ez û dayîka xwe cudaray bûn
lema jî me nikanî em ji hevdi têbigîhnin.
Tiştek heye ez dixwazin biçêlînim:
Carna gava ez wê nebînim,
ez xizêna kincên wê vedikim,
weha ji min ve dixuye ku tibê ew piştî geşteke dirêj
gihêştiye ciyekî
û ez li wê derê rûdinim.
Weha dixuye ku gewcîtî ye: Lê di tarîtiyê de
û bi bîhnkirina wê bîhnê
ez hest bi ewlekariyê dikim ku tiştek nikane me ji hev dûrbixe.

FABIAN CASAS, 1965, Ercentîn
Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

ПО ДОЛГО ПАТУВАЊЕ

Седнувам на балконот за да ја набљудувам ноќта.
Мајка ми ми рече дека е бесмислено да се биде во депресија.
„Стани, прави нешто!“ – ми викаше.
Но мене никогаш не ми одеше од рака да бидам среќен.
Мајка ми и јас бевме различни
и никогаш не успеавме да се разбереме еден со друг.
И покрај тоа би сакал нешто да кажам:
Понекогаш, кога многу ми недостасува,
го отворам плакарот со нејзина облека
и како да пристигнувам на некое место
по долго патување,
влегувам внатре.
Се чини апсурдно, но во таа темница и со тој мирис,
сигурен сум дека ништо не нѐ разделува.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Фабијан Касас, Аргентина, 1965
Translation into Macedonian: Daniela Andonovska Trajkovska
Превод на македонски: Даниела Андоновска-Трајковска

***

SELEPAS PERANTAUAN YANG JAUH

Aku duduk di balkoni untuk menatapi malam.
Ibuku memberitahu akan kesia-siaan berasa tertekan.
« Bangun, buat sesuatu! » jeritnya kepadaku.
Namun aku tidak punya daya untuk bergembira.
Ibuku dan aku adalah berbeza,

dan kami tidak mampu untuk saling memahami.
Namun, ada sesuatu yang ingin aku beritahu kepadanya:
Kekadang, apabila aku amat merinduinya,
Kubuka almari kain bajunya,

seolah-olah tiba di sesuatu tempat
selepas kembara yang jauh
aku masuk ke dalam.

Seolah-olah pelik. Tetapi dalam kegelapan dan dengan bau itu,

Aku berasa pasti yang tiada apa-apa memisahkan kami.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Malay translation by Dr. Irwan Abu Bakar

***

PO DŁUGIEJ PODRÓŻY

Siadam na balkonie, by patrzeć na noc.
Matka mi mówiła, że nie warto
być przygnębionym.
“Ruszaj się, rób coś” krzyczała na mnie.
Lecz nigdy nie miałem zbytnio daru bycia szczęśliwym.
Matka i ja byliśmy tak różni od siebie,
nigdy nie udawało się nam siebie zrozumieć.
Jest jednak coś, o czym chciałbym powiedzieć:
czasami, gdy mi jej bardzo brakuje
otwieram szafę, co skrywa jej sukienki,
i, jak gdybym dotarł do celu
po długiej podróży,
dostaję się do środka.

Zdaje się to niedorzeczne; lecz w mroku i z tamtym zapachem
mam pewność, że nic nas nie dzieli.

FABIÁN CASAS, Argentyna, 1965
Translated to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***

APÓS UMA LONGA VIAGEM

Sento-me na varanda, a observar a noite.
A minha mãe dizia-me que não valia a pena
ficar abatido.
Mexe-te, faz alguma coisa, gritava-me.

Mas, nunca tive a capacidade de ser feliz.
A minha mãe e eu éramos diferentes
e nunca nos conseguimos compreender.
No entanto, há algo que gostaria de contar:
por vezes, quando sinto muito a sua falta,
abro o roupeiro onde estão os seus vestidos
e é como se chegasse algum lugar
após uma grande viajem
vou lá para dentro.

Parece absurdo: mas às escuras e com esse cheiro
tenho a certeza de que nada nos separa.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***

LA CAPĂT DE DRUM LUNG

Mă așez pe balcon și scrutez noaptea.
Mama îmi spune că nu are rost să cad așa pe gânduri.
Mișcă-te, fă ceva, obișnuia să strige la mine.

Dar eu n-am fost nicicând dotat cu talent pentru fericire.
Noi doi am fost mereu extrem de diferiți,
și niciodată nu ne-am înțeles.
Totuși, ceva există, un lucru despre care pot doar atât să
spun:

Când, la răstimpuri, simt cum mă apucă dorul de ea,
deschid dulapul cu hainele ei
și mi se pare că ajung pe un alt tărâm
la capăt de drum lung
unde, în fine, pot să mă așez.

Pare absurd, dar, pe întuneric, simțind acel miros,
sunt sigur că nimic nu ne desparte.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translated into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

ПОСЛЕ ДОЛГОЙ ПОЕЗДКИ

Сижу на балконе и разглядываю ночь.
Мама сказала мне: бессмысленно

всегда ходить подавленным и грустным.
Двигайся, делай хоть что-то, кричала она мне.
Но у меня никогда не было таланта к счастью.
Моя мама и я очень разные,
мы друг друга никогда не понимали.
Но все же мне хочется кое-что сказать:
иногда, когда я очень по ней скучаю,
я открываю шкаф с ее одеждой, и

будто я снова домой после долгой поездки,
забираюсь внутрь.
Абсурдно, да: но в темноте вдыхаю запах
и точно знаю – нас ничто не разъединит.

ФАБИАН КАСАС, Аргентина, 1965
Перевод Гермайна Дрогенбродта
Translated into Russian by Daria Mishueva

***

POSLE DUGOG PUTA

Sedim na balkonu da gledam noć.
Majka mi je rekla da depresija nema smisla.
„Pokreni se, radi nešto!“ vikala je na mene.
Ali ja nikad nisam bio nadaren da budem sretan.
Moja majka i ja smo bili različiti,
i nikad nismo uspeli da razumemo jedan drugog.
Ali, hteo bih da kažem nešto:
Ponekad, kad je se jako uželim,
otvorim orman s njenim odelom,
i kao da stignem kući posle dugog puta
uđem unutra.
Čini se da je besmisleno: Ali u tami i sa tim mirisom
siguran sam ništa nas ne razdvaja.

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Sa engleskog prevela S. Piksiades
Translated into Serbian by S. Piksiades

***

DOPPU UN VIAGGIU LONGU

M’assettu supra u barcuni pi taliari la notti.
Me matri mi dicia ca non valía la pena
Starisi avvilutu.
Mmoviti, fa quacchi cosa, mi gridava.
Ma io non fui mai addutatu a essiri filici.
Me matri e io eramu diversi
E non riniscemmu mai a capirinni.
A voti, quannu mi manca assai,
Apru lu so ammuarru unni tineva li robbi
E ntrasu dda dintra.

Comunqui, c’è na cosa ca vi vogghiu diri:
Pari assurdu, ma nta ddu scuru e cu ddu çiauru
Sugnu sicuru ca nenti nni sipara.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

நீண்ட பயணத்திற்குப் பின்

இரவைப் பார்ப்பதற்காக நான்
பால்கனியில் உட்காருகிறேன்
எனது தாய் ”மனச்சோர்வடைவது பொருளற்றது”
என்று சொல்லி
“எழுந்திரு, ஏதேனும் செய்” என என்னிடம் உரக்கக் கூறினாள்.
ஆனால், நான் மகிழ்ச்சியாக இருக்கும் அதிர்ஷ்டத்தைப்
பெற்றவனில்லை
நானும் எனது தாயும் வேறுபட்டவர்கள்!
நாங்கள் ஒருவரை ஒருவர் புரிந்து கொள்ளும் முயற்சியில் வெற்றி பெற்றதில்லை.
இருந்தாலும், உங்களுக்கு ஒன்று சொல்லுவதற்கு இருக்கிறது;
சில நேரங்களில் அவரை மிகுதியாகத் தவறிவிடும் பொழுது
அவருடைய உடுப்புகள் உள்ள அலமாரியைத்திறக்கும் பொழுது
நீண்ட பயணத்திற்க்குப்பின் திரும்பிவருவதுபோல
உள்ளே செல்கிறேன்
பைத்தியக்காரத்தனமாக காணப்பட்டாலும்
அந்த இருளிலும் அந்த மணத்தோடும்
எங்களை எதுவும் பிரிக்க முடியாது
என்பதை உறுதிசெய்து கொள்ளுகிறேன்.
ஆக்கமும், மொழி மாற்றமும்

FABIÁN CASAS, Argentina, 1965
Translated into Tamil by DR. N V Subbaraman

Recueil: ITHACA 715
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
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Voyage au Canada (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Canada .  jpg

Voyage au Canada

Une famille des plus charmantes
Trois enfants maman papa
Partit un beau jour de Nantes
Pour visiter le Canada
Fixant leur itinéraire
Après maintes réflexions
Ils choisirent pas ordinaire
Ces moyens de locomotion
C´est ainsi qu´avant de partir
Ils chantaient pour se divertir

{Refrain:}
Nous irons à Toronto
En auto
Nous irons à Montréal à cheval
Nous traverserons Québec à pied sec
Nous irons à Ottawa en oua oua
Nous irons à Valleyfield sur un fil
Nous irons à Trois Rivières en litière
Passant par Chicoutimi
Endormis
Nous irons au lac Saint-Jean en nageant
Voilà! Voilà!
Un beau voyage un beau voyage
Voilà! Voilà!
Un beau voyage au Canada!

Oui mais parfois c´est étrange
On ne fait pas toujours ce qu´on veut
Bien souvent le hasard change
Nos projets les plus heureux
Nos amis furent c´est pas de chance
Victimes d´une distraction
Du chef du bureau de l´agence
Des moyens de locomotion
Et à cause de l´employé
Qui s´était trompé de billets

Ils allèrent à Toronto
En nageant
Ils allèrent à Montréal endormis
Ils se rendirent à Québec en litière
Ils allèrent à Ottawa sur un fil
Ils allèrent à Valleyfield à pied sec
Ils allèrent à Trois Rivières en oua oua
Passant par Chicoutimi à cheval
Ils plongèrent dans le lac Saint-Jean en auto
Voilà! Voilà!
Un beau voyage au Canada!

Depuis ce temps-là
Messieurs dames
Les voyageurs ont compris
Pour éviter bien des drames
Il faut à n´importe quel prix
Contrôler dans les agences
Les billets de locomotion
Si vous partez en vacances
La plus simple des précautions
C´est de chanter mon petit air
Mon petit air itinéraire

{au Refrain}

(Charles Trenet)

 

 

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Douce France (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

France

Douce France

Il revient à ma mémoire
Des souvenirs familiers
Je revois ma blouse noire
Lorsque j´étais écolier
Sur le chemin de l´école
Je chantais à pleine voix
Des romances sans paroles
Vieilles chansons d´autrefois

{Refrain:}
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t´ai gardée dans mon cœur!
Mon village au clocher aux maisons sages
Où les enfants de mon âge
Ont partagé mon bonheur
Oui je t´aime
Et je te donne ce poème
Oui je t´aime
Dans la joie ou la douleur
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t´ai gardée dans mon cœur

J´ai connu des paysages
Et des soleils merveilleux
Au cours de lointains voyages
Tout là-bas sous d´autres cieux
Mais combien je leur préfère
Mon ciel bleu mon horizon
Ma grande route et ma rivière
Ma prairie et ma maison.

{au Refrain}
(Charles Trenet)

 

 

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