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Poésie

Posts Tagged ‘fermer’

La parenthèse déchantée (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration: Lucie Llong
    
La parenthèse déchantée

Pendant ma pause
je vais rentrer
et nous ferons l’amour
dans la chambre
aux volets fermés
dehors la pluie
continuera de tomber
la terre de tourner
et les hommes de dégringoler
entre deux mensonges
mais ce n’est pas bien grave
puisqu’il reste quelque part
une chambre
aux volets fermés
où faire valser
nos deux pénombres

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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€€€ (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019




    
€€€

L’argent
c’est du temps
jeté
par des fenêtres
fermées

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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LAURA (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019




Illustration: Agost Benkhard
    
LAURA

Heureusement, elle est partie. Maintenant elle sera
tout à fait et encore plus qu’elle ne le pense
mienne. Maintenant elle se tiendra de nouveau
nue, épanouie et sans vergogne,
devant mes yeux fermés.

Et, lourd de ses parfums, je refais passer
rapidement son sourire et me focalise
sur ses cuisses généreuses, sa peau
neige doucement sur mon grand écran,
déjà, elle prend de la voix, elle cajole,
elle jure, et puis, dernière image,
j’empoigne ses hanches et l’enneige à nouveau.

Heureusement, elle est partie. Mais moi,
je suis son chien, j’agite la queue quand
elle vient. Encore plus qu’elle ne le pense.

***

LAURA

Gelukkig, ze is weg. Nu zal ze
helemaal en meer nog dan ze denkt
de mijne zijn. Nu zal ze nogmaals,
naakt en vol en onbeschaamd,
voor mijn gesloten ogen staan.

En zwanger van haar geuren speel ik
snel haar glimlach af en spits
me op haar gulle dijen, haar huid
sneeuwt zachtjes op mijn witte doek,
ze krijgt al stem, ze fleemt,
ze vloekt, en dan, de laatste still,
yang ik haar schoot en sneeuw haar uit.

Gelukkig, ze is weg. Maar ik,
ik ben haar bond, ik kwispel als
zij komt. Meer nog dan ze denkt.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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Aucune grille ne ferme le temps (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



Sur nos sols

battus d’orages
bordés de phares
heurtés de rêves

Aucune grille ne ferme le temps.

(Andrée Chedid)

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il faudrait parfois se tenir à l’écart (Gilbert Vautrin)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019



Illustration
    
il faudrait parfois se tenir à l’écart

ne plus rire ni chanter
ne plus parler
juste regarder
un corbeau tremble

et fermer les yeux

il faudrait parfois se tenir à l’écart…

(Gilbert Vautrin)

 

Recueil: Anges et Corbeau
Traduction:
Editions: Phoenix AEncrages & Co

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Escaliers ouverts (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019



escher_relativity

 

Escaliers ouverts
dans l’être du dedans
Couloirs qui tiennent
à leurs racines.
Nous allons vers les angles
d’une histoire qui se ferme
Sans savoir où nous sommes.

(Georges Drano)

Illustration: Maurits Cornelis Escher

 

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Aujourd’hui (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2019




    
Aujourd’hui

Tout cela est très ancien,
de la vieille histoire,
des fils noués pour tuer le temps
à force d’attendre
devant le rideau baissé,
les yeux rivés sur le rouge
sans voir que je me heurte à un mur,
que toutes les issues sont fermées,
qu’il n’y a pas de scène possible.

Je suis l’amant aux bras
maintenus derrière le dos,
poings liés,
pour l’empêcher de serrer son amour
contre sa poitrine.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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Le petit garçon malade (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



 

enfant-malade 

Le petit garçon malade

Le petit garçon malade
ne veut plus regarder les images,
il ferme ses yeux las;
il laisse ses mains chaudes
traîner sur le drap.

Sa mère ouvre la fenêtre,
et le rideau blanc se balance
sur la rue, ce soir de mai.
Il entend jouer les autres
qui sautent à cloche-pied
en criant sur le trottoir.
Alors il tourne la tête
et pleure en silence
dans son petit bras plié.

(Madeleine Ley)

 

 

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Maintenant je ne sens plus la présence (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Laurent Fièvre
    
« Maintenant je ne sens plus la présence –
Tout donne sur le vide,
— sur le Moi…
Le Moi est le vide. Il se fait horreur.

Sitôt qu’on ne le confond plus avec les pensées,
on le sent, il se sent, indéfini et pourtant fermé.

Comme le ciel dans ces directions où il n’y a pas d’astres.
Fermé, puisqu’il est le même à quelle profondeur qu’on le pénètre ;
indéfini car rien n’empêche, ne marque le mouvement, mais ce mouvement est nul. »

« Ne m’abandonne pas. »

(Paul Valéry)

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Chacun héberge l’Infini en soi-même (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2019



Illustration: Josephine Wall    
    
Chacun héberge l’Infini en soi-même;
dès que vous aimez quelqu’un,
vous êtes entraîné au fond de son Infini,
vous recevez le don de son Infini…

Sous l’effet de l’amour,
l’amant trouve accès à l’Infini à l’intérieur d’une personne,
là même où cette personne cesse d’être finie ;

plus vous faites don de votre cœur, plus vous en recevez ;
plus vous contemplez, plus vous découvrez de nouveautés;
plus vous devenez capable, plus vous pouvez y immerger…

Là où il n’y a pas d’amour, il y a restreinte ;
là précisément se ferment les portes du grand Infini;
il y a là, de tout côté, un sol d’acier, une prison.
Celui qui n’a pas appris à aimer le monde
est une personne enfermée dans un trou noir.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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