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Poésie

Posts Tagged ‘injure’

La souffrance est comme un ciseau (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020



Illustration: Guy Swyngedau
    
La souffrance est comme un ciseau
Qui tranche dans la chair vivante
Et j’en ai subi l’épouvante
Comme de la flèche à l’oiseau
Du feu du désert à la plante
Comme la glace sur les eaux

Mon coeur a subi les injures
Du malheur et de l’injustice
Je vivais en un temps impur
Où certains faisaient leurs délices
D’oublier leurs frères leurs fils
Le hasard m’a clos dans ses murs

Mais dans ma nuit je n’ai rêvé que de l’azur.

*

Je pouvais tout et je ne pouvais rien
Je pouvais tout aimer mais pas assez.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poésie ininterrompue
Traduction:
Editions: Gallimard

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PIS ALLER (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



Illustration: Nea Borgel
    
PIS ALLER

Ouvrez l’oeil mon ami
ouvrez l’oeil et le bon
et fermez bien la bouche

Souvenez-vous dans vos prières
de toutes les gaffes commises
des injures jetées lancées
Rappelez-vous sans vergogne
des cicatrices de votre coeur
et des nausées de vanité

Ouvrez la bouche l’oeil le nez
si vraiment vous y tenez
et puis allez vous promener

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Vers toi (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2020



 

Koloman Moser standing-youth.jpg!HD [1280x768]

Vers toi s’envolent, Dieu, les couteaux de l’injure
Tu es si beau tu es si calme tu es si nu.
Avançons du côté de l’injure,
Les fleurs d’avanie
Seules les perceront le ciel de carton des douleurs humaines.

(Pierre Jean Jouve)

Illustration: Koloman Moser

 

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Pas Toi (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2019




Pas Toi

Graver l’écorce
Jusqu’à saigner
Clouer les portes
S’emprisonner

Vivre des songes
A trop veiller
Prier des ombres
Et tant marcher

J’ai beau me dire
Qu’il faut du temps
J’ai beau l’écrire
Si noir sur blanc
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi

Passent les jours
Vides sillons
Dans la raison
Mais sans amour

Passe ma chance
Tournent les vents
Reste l’absence
Obstinément

J’ai beau me dire
Que c’est comme ça
Que sans vieillir
On n’oublie pas
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi
Et quoi que j’apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi

Y’a pas de haine
Y’a pas de roi
Ni Dieu, ni chaîne
Qu’on ne combat
Mais que faut-il
Quelle puissance ?
Quelle arme brise
L’indifférence ?

Oh, c’est pas juste
C’est mal écrit
Comme une injure
Plus qu’un mépris
Quoi que je fasse
Où que je sois
Rien ne t’efface
Je pense à toi
Et quoi que j’apprenne
Je ne sais pas
Pourquoi je saigne
Et pas toi…

(Jean-Jacques Goldman)

 

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L’exil de la beauté (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



L’exil de la beauté

Va, cherche dans la vieille forêt humaine
L’abri que je destine à ta vie incertaine.
Ne tremble pas trop quand le soir resserrera tes veines ;
Songe que les chairs fanées ne peuvent refleurir
Et garde aux coins de ta bouche pâle l’ombre d’un sourire.
Prends un bâton, si tu veux, et aussi une besace,
Marche, en suivant, le long des champs, la trace
Que font les bœufs qui s’en vont au labour
Et les enfants en quête des fleurs nouvelles de l’amour.
Tu trouveras peut-être l’amour sur ton chemin
Ou la mort, ou des pauvres qui tendront la main
Vers ton cœur ou bien vers ta gorge ;
Tu leur donneras ce que tu as, un morceau de pain d’orge,
Mais ils diront des injures
Et des larmes te viendront aux yeux d’entendre des paroles impures.
Ne pleure pas, lève la tête, les dieux,
Quand ils sont en exil, marchent encore dans les cieux.
Dérobe aux hypocrites ta noble nudité,
Sois pour eux la laideur, toi qui es la beauté.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

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Tombeau du Poète (Léon Deubel)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



 

Tombeau du Poète

Par les sentiers abrupts où les fauves s’engagent,
Sur un pic ébloui qui monte en geyser d’or,
Compagnon fabuleux de l’aigle et du condor,
Le Poète nourrit sa tristesse sauvage.

À ses pieds, confondus dans un double servage,
Multipliant sans cesse un formidable effort,
Les Hommes, par instants, diffamaient son essor ;
Mais lui voyait au loin s’allumer des rivages.

Et nativement sourd à l’injure démente,
Assuré de savoir à quelle ivre Bacchante
Sera livrée un jour sa dépouille meurtrie ;

Laissant la foule aux liens d’un opaque sommeil,
Pour découvrir enfin l’azur de sa patrie
Il reprit le chemin blasphémé du soleil !

(Léon Deubel)

Illustration: David Caspar Friedrich

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LA MORT EST NATURELLE (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Ana Cruz b

LA MORT EST NATURELLE
(Extrait)

Une balle, une roue,
par la fièvre ou le froid,
la mort est naturelle,
et toujours naturelle.

Ni l’or ni le hasard
ne soudoient son étreinte.
Elle n’a pas d’injures ;
elle fait son travail.

Qui cesse doit l’aimer.
Qui chancelle, savoir
ce qu’elle a de complice
avec ceux qu’elle frappe.

(Axel Toursky)

Illustration: Ana Cruz

 

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Vivre, permanente surprise ! (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2018




    
Vivre, permanente surprise !

Vivre, permanente surprise !
L’amour de soi, quoi que l’on dise !
L’effort d’être, toujours plus haut,
Le premier parmi les égaux.
La vanité pour le visage,
Pour la main, le sein, le genou,
Tout le tendre humain paysage !
L’orgueil que nous avons de nous,
Secrètement. L’honneur physique,
Cette intérieure musique
Par quoi nous nous guidons, et puis
Le sol creux, les cordes, le puits
où lourdement va disparaître
Le corps ivre d’éternité.

– Et l’injure de cesser d’être,
Pire que n’avoir pas été !

(Anna de Noailles)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: L’honneur de souffrir
Traduction:
Editions:

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Ne parle plus (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018




    

— Ne parle plus de l’ombre, parle-moi de la nuit,
Ne parle plus de lumière, parle-moi du soleil,
Ne parle plus d’amour, parle-moi de caresse,
Ne parle plus de haine, parle-moi d’injure,
Ne parle plus de bonté, parle-moi du don,
Ne parle plus de beauté, parle-moi du regard,
Ne parle plus de paix, parle-moi du sourire,
Ne parle plus de tragédie, parle-moi d’enfants morts,
Ne parle plus de comédie, parle-moi du rire,
Ne parle plus de douleur, parle-moi des larmes,
Ne parle plus du désir, parle-moi des yeux,
Ne parle plus de famine, parle-moi du ventre,
Ne parle plus de moi, parle-moi de toi ;
Ne parle plus de la nuit, parle-moi de l’aube,
Ne parle plus du soleil, parle-moi de lumière,
Ne parle plus de caresse, parle-moi d’amour,
Ne parle plus d’injure, parle-moi de haine,
Ne parle plus du don, parle-moi de bonté,
Ne parle plus du regard, parle-moi de beauté,
Ne parle plus du sourire, parle-moi de paix,
Ne parle plus d’enfants morts, parle-moi de tragédie,
Ne parle plus du rire, parle-moi de comédie,
Ne parle plus des larmes, parle-moi de douleur,
Ne parle plus des yeux, parle-moi du désir
Ne parle plus du ventre, parle-moi de famine,
Ne parle plus de moi, parle-moi de toi ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Dit de la Force et de l’Amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Dit de la Force et de l’Amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre

Tu rêvais d’être libre et je te continue.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poèmes politiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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