Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘poussière’

A chacun de tes retours (Paula Ludwig)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2019



Illustration
    
A chacun de tes retours
il me semble
que c’est la première fois que je te vois :

Une poussière d’argent s’envole de mon âme
semblable aux chatons de saule
lorsque le vent printanier
les émeut pour la première fois.

*

Quand le froid devient trop vif
eux aussi
les oiseaux résignés
poussent un dernier cri
avant que leur cœur ne s’arrête.

***

Immer wenn du zurückkommst
ist mirs
als sähe ich dich zum erstenmale;
Silbern stäubt es aus meiner Seele
wie aus den Weidenkätzchen
wenn der Frühlingswind
sie zum erstenmale berührt.

*

Wenn die Kälte zu groß wird
dann stoßen auch sie
die geduldigen Vögel
einen Schrei aus
eh das Herz ihnen still steht.

***

每次你回来
在我看来
就像我第一次见到你:
银色的它像柳絮一样
从我的灵魂飞出
当春风第一次
触摸它们的时候

*

当寒冷变得太严酷时
那么生病的鸟儿也
要在心脏
停跳之前大叫一声

***

Each time you come back
It seems to me
as if I see you for the first time:
Silvery it flies up from my soul
like willow catkins
when the spring breeze
touches them for the first time.

*

When the cold becomes too big
then the patient birds also
raise a cry
before the heart stops.

***

Cada vez que vuelvas
me parece
como si te viera por primera vez:
Plateado cae por mi alma.
como candelillas de sauce
cuando la brisa de primavera
las roza por primera vez.
***
Cuando el frío se hace demasiado grande
entonces también chillan
las aves pacientes
un grito
antes de que pare el corazón

***

Telkens als je terugkomt
lijkt het mij
alsof ik je voor de eerste keer zie:
Zilverig stuift het uit mijn ziel
zoals uit de wilgenkatjes
als de voorjaarswind
ze voor het eerst beroert.

*

Als de koude te groot wordt
dan stoten ook zij
de geduldige vogels
een kreet uit
alvorens hun hart stilstaat

***

Each time you come back
It seems to me
as if I see you for the first time:
Silvery it flies up from my soul
like willow catkins
when the spring breeze
touches them for the first time.

*

When the cold becomes too big
then the patient birds also
raise a cry
before the heart stops.

***

Ogni volta che torni
mi sembra
come ti vedessi per la prima volta:
Si libra d’argento dalla mia anima
come amenti
quando la brezza di primavera
li tocca per la prima volta.
***
Quando il freddo si fa insopportabile
allora anche gli uccelli pazienti
alzano un grido
prima che il cuore si fermi.

***

Cada vez que voltas
me parece a primeira vez:

Cor de prata cai na minha alma.
como lágrimas de salgueiro
quando a brisa da primavera
toca-as pela primeira vez.

*

Quando o frio se faz demasiado
também, então, chilreiam
as aves pacientes
um grito
antes que pare o coração.

(Paula Ludwig)

 

Recueil: ITHACA 589
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Allemand original / Chinois William Zhou / Français Germain Droogenbroodt / Espagnol Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Anglais Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Portugais José Eduardo Degrazia
Editions: POINTS

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’lNTIME ABSOLU (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019



    
L’lNTIME ABSOLU
Antaratama

L’objet de mon désir que je poursuivais
divaguant
n’était que peu de chose.
J’arpentais le désert —
ce qu’y cherchait mon coeur altéré
n’était ni or ni diamant,
rien qu’un peu d’eau au creux des mains
rien qu’une ombre sous les palmes d’une source
pour un instant.
Ce rien réconcilie la mort et la vie,
ce rien délasse la fatigue du chemin.

Au marché où l’air n’est que bruit
et poussière
entendre quelques notes d’un chant
est entre tout rarissime et pourtant
ce n’est que peu de chose.

C’est comme une averse éphémère
au passage imprévu d’un nuage
qu’attend la terre aride
en fin de baishakha brûlant,
comme une douce main qui réveille
d’un cauchemar suffocant.

C’est si peu de chose et pourtant
que son manque m’accable
et mon coeur inconsolable
le recherche éperdument.

Il était d’impossibles rêves
que je poursuivis et fis miens
mais que je désertai
en passant.

Le trésor qu’on ne sent que sourdre
dans ses veines,
qui fait la trame des songes,
qui siège au coeur du mouvement,
qui ne laisse d’épigraphe
ni de gloire ni de mémoire
sur écriteau de pierre ;

dans l’étoile du soir de phâlguna
s’inscrit son histoire,
son langage seule ma flûte le connaît —
ce don au tréfonds de ma vie fusionné
qui fut au-delà de mon espérance,
pour qui je ne bâtis aucune maison,
qui hors pesanteur reste dérobé à la vision,

c’est sa douleur qui emplit
mon être tout entier
c’est sa nostalgie
qui fait mon univers.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’INITIAL (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019



Illustration: Josephine Wall
    
L’INITIAL
Âditama

Qui en mon for intérieur muet
arpente les brumes de ma pensée,
demeure près du coeur et pourtant
reste distant,
qui habite l’air à jamais inouï?
Mon espérance est de le chanter —
mais mon jour passe dans le silence
lancinant
de ne pouvoir dire mon sentiment.
Où sont les mots, les mots
qui me fuient ?

Le monde en pleurs qui ruisselle
dans mon sang
que veut-il —
qui connaît le message du primitif
originel ?

Le rayon qui franchit l’orage
perçant le voile des vapeurs
pour venir embrasser la planète
est l’enfant du paradis ;

les mots qu’il lui dit à l’oreille
la terre encore aujourd’hui
en répand le souvenir
parmi les brins d’herbe —
et entend,
les yeux sur son passage rivés,
l’air de son chant.

La pulsion première de la vie
palpite dans la moelle des figuiers,
ses harmoniques insonores vibrent .
nuit et jour au fond du ciel —
et mes veines jusque dans les fibres
résonnent d’elle ;

et dans les profondeurs du conscient
une danse se compose
de figures invisibles
au chant du feuillage susurrant.

Volubiles sont ces arbres, ces plantes
en feuilles et en fleurs —
au fond de l’abysse de silence
où le verbe est roi,

au travers des terres et des eaux
silencieux
j’écoute la respiration première
sacrée,
j’entends la muette rumeur
de la pensée enfouie.

Dans cet univers orphelin de parole
qui s’étend de la poussière terrestre
aux confins stellaires
je prends place
les yeux ouverts emplis d’un chant
sans sonorité.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

QUAND IL EUT DESSINÉ (Yvon Givert)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



QUAND IL EUT DESSINÉ

quand il eut dessiné sur le sol
un grand cercle
certains virent un soleil une lune
d’autres la terre
d’autres une pomme de terre
d’autres encore un cercle

et d’autres rien
que la poussière

il avait le gros doigt du pied droit tout sale
il alla se laver à la source

il regarda son visage dans l’eau
un cercle lui aussi
un soleil une lune
la terre
ou une pomme
ou rien qu’un peu d’eau
agitée

(Yvon Givert)

 

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cogito III (Jean Lescure)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Cogito III

Les jeunes pousses que j’oppose
par mes travaux à la poussière
un seul instant qu’elles soient fières
de connaître la mort des roses.

(Jean Lescure)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une seconde s’éteint à chaque mot (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

Léon Spilliaert _n

Une seconde s’éteint à chaque mot.
Une seconde abandonnée derrière soi :
un peu de poussière tiède dans un coin du monde
est tombée — sur personne.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Léon Spilliaert

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Avenue Léon Gaumont (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Avenue Léon Gaumont

Le périph gémit

Sur la face glacée des immeubles
Les vitres ont confisqué
Le ciel

Les gens vont et viennent
Enveloppes vides
Remuant la poussière

Un petit vent en maraude
Me balaie

Je vais tenter de vivre

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ÉLOGE À UNE FLEUR D’AUTOMNE (Lu Yoe)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



ÉLOGE À UNE FLEUR D’AUTOMNE

Au-delà du relais de poste
Un pont en ruine
Une fleur en éclosion
Solitaire, dans l’abandon
Triste à l’approche de la nuit
Et plus encore aux caprices du vent et de la pluie

Cette fleur ne rivalise pas de beauté avec le printemps
La jalousie des autres fleurs la laisse indifférente
Une fois tombée dans la boue
Elle devient poussière
Son parfum reste pourtant intact

(Lu Yoe)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ma face dans la poussière de l’humilité (Saadi)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019



 

Robert Liberace 12

Ma face dans la poussière de l’humilité,
Chaque matin quand je me souviens de Toi je dis:
O Toi que je n’oublie jamais,
Penses-tu jamais à moi ?

(Saadi)

Illustration: Robert Liberace

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Peut-être des fleurs jaunes (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2019




Poussière nous sommes et serons.

Ni air, ni feu, ni eau
mais
terre,
seulement terre
nous serons
et peut-être
des fleurs jaunes.

(Pablo Neruda)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :