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Poésie

Je veux entrer Mais je ne sais Ni où ni dans quoi. Il semblerait que ce soit là Où je me confondrais Avec la source de ce Dont j’ai toujours eu besoin. (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2009


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litterature

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TOUS LES DEUX (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Joseph Ferdinand Keppler
    
TOUS LES DEUX

Moi et la mouche – tous les deux
Notre tête cogne aux fenêtres
Moi et – la mouche.

Moi et le lion – tous les deux
Nous hurlons à travers les grilles
Moi et – le lion.

Moi et le monde – tous les deux
Nous nous étreignons par les yeux
Moi et – le monde.

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉTRANGERS (Many-Leib)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Wilhelm Hammershoi
    
ÉTRANGERS

Voilà, comme un enfant, qu’il tombe sur son coeur,
Solitude et douleur – et de ses yeux l’implore,
Et son sang assoiffé boit comme d’une amphore
À ses deux sources d’or la vivante liqueur,

Et sa saveur de lait – puis, poignard, il se tend
Pour ouvrir son doux corps, le fendre comme foudre,
S’éteindre dans sa sève en cendres, se dissoudre
En elle, au séminal abîme se jetant.

Ils sont assis avec les étoiles, le soir
À table. Tous les deux partagent le pain noir
Et le couteau entre eux sur la table s’étale.

Mais l’un l’autre étrangers se dérobent leurs yeux
Comme si le couteau, coupant en deux leur noeud,
Les avait séparés tels les bords de la table.

(Many-Leib)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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SOUCOUPES DU CIEL (Many-Leib)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
SOUCOUPES DU CIEL

Tu commenças de naître à ton propre destin
Par sa nuit nuptiale, en ta mère adorée,
Étroitesse et touffeur du ventre vénéré
D’où, doré de désir, en ce monde tu vins

Pour aimer la splendeur parfaite de son sein,
Sa tiède plénitude – ô tournesols si tendres,
Soucoupes qui du ciel pour toi semblent descendre
À ta langue portant le nectar le plus fin.

Par le lait maternel tu devins grand et beau.
D’une tête plus haut que ta mère, et plus haut
Que ces filles au bal à ta danse soumises,

Et tu aimes chacune, et te plaît l’éventail
De leur robe attirant l’odeur et le nectar
Des soucoupes du ciel qui te furent promises.

(Many-Leib)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE CORDONNIER (Eliezer Steinbarg)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Max Liebermann
    
LE CORDONNIER

Petit cordonnier dans son atelier
Cloue et recloue au marteau les souliers,
Et plante une pointe, et frappe, et répète.
Alors lui parle la clochette:
– Tête !
Pourquoi tintes-tu, si bête,
Toc, toc, toc et toc, toc, toc, toc…
Sonne clair! Clair, clair, clair! Écoute-moi,
Je sais sonner, moi, moi, moi.
Moi j’ai de l’esprit, je suis…
– Tu es fille à tête vide
Avec ta langue stupide,
Lui réplique le marteau,
Toi qui toute la journée
Dans la tête veut sonner
Mais que laisse ton écho ?
Nulle pensée, aucun chant,
Clair, clair, clair, son de néant
Et rien de plus !
Moi je frappe et travaille dur
Car l’enfant s’en va nu-pieds
Et je lui fais des souliers !

(Eliezer Steinbarg)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA SOURIS ET LA ROSE (Eliezer Steinbarg)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
LA SOURIS ET LA ROSE

Une souris
Hors de son nid
Voit une rose épanouie,
Flaire les pétales,
Éternue,
Aussitôt détale.
Ô fi ! Elle crie,
Quelle peur bleue,
Une souris rouge
Qui n’a point de queue !

(Eliezer Steinbarg)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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POÈMES (Joseph Rolnik)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Vincent Van Gogh
    
POÈMES

Dans ma querelle avec le monde
Me battant de tous les côtés,
Me voici tout seul dans ma chambre
Mais qui a tort en vérité ?

J’ai dit parfois ou je n’ai pas su dire
Ce qu’il fallait, ce qu’il ne fallait pas.
Avec tout l’univers on se déchire
Chacun poursuit, chacun se bat.

Monde, ô brave monde, j’enrage
Mais il faut bien se séparer,
Jamais je ne saurais te plaire
Ni toi me comprendre jamais.

(Joseph Rolnik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE TANAH DIT (Joseph Rolnik)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
LE TANAH DIT
(extrait)

Des tuiles, des planches, des vitres,
Et martèle, et façonne, et bats,
Assemble-les, plus vite, vite,
Le jour s’assombrit et s’en va.

Le jour s’assombrit et s’en va,
Et tout à coup surgit la nuit,
Tu restes perdu dans ton champ
Sans avoir fini ton abri.

Des tuiles, des planches, des vitres,
Rien ne peut sortir de cela,
Le vent disperse ta demeure
Avant que monte le soleil.

(Joseph Rolnik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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NOTRE VILLE FLAMBE (Mordehaï Gebirtig)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




    
NOTRE VILLE FLAMBE

Ça flambe, mes frères, ça flambe,
C’est notre ville, hélas, qui flambe,
Des vents cruels, des vents de haine
Soufflent, déchirent, se déchaînent
Les flammes sauvages s’étendent
Aux environs déjà tout flambe.

Et vous, vous êtes là, vous regardez
Les mains immobiles,
Et vous, vous êtes là, vous regardez
Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe
C’est notre ville, hélas, qui flambe
Et les flammes carnassières
Dévorent notre ville entière
Et les vents de colère hurlent
Notre ville brûle.

Et vous, vous êtes là, vous regardez,
Les mains immobiles,
Et vous, vous êtes là, vous regardez,
Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe,
Oh l’heure peut venir, hélas
Où notre ville et nous ensemble
Ne serons plus rien que des cendres,
Seuls resteront, comme après une guerre,
Des murs noircis, des murs déserts.

Et vous, vous êtes là, vous regardez,
Les mains immobiles,
Et vous, vous êtes là, vous regardez
Brûler notre ville…

Ça flambe, mes frères, ça flambe,
Il n’est de salut qu’en vous-mêmes,
Prenez les outils, éteignez le feu,
Éteignez-le de votre propre sang.
Vous le pouvez, alors prouvez-le !

Ne restez pas ainsi, frères, à regarder,
Les mains immobiles,
Frères, n’attendez pas, éteignez l’incendie
Qui brûle notre ville.

(Mordehaï Gebirtig)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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DANS LES TERRES LES PLUS LOINTAINES (Avrom Reisen)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Samuel Hirszenberg
    
DANS LES TERRES LES PLUS LOINTAINES

Nous sommes ceux qu’on dispersa
Dans les terres les plus lointaines.
Chacun de nous est un anneau
De la nouvelle chaîne.

Non seulement à Babylone
Mais au bord des fleuves, partout
Nous sommes venus nous asseoir,
Cherchant un toit qui soit à nous.

C’est ainsi qu’est devenu cher
À notre coeur le monde entier,
Sur les rives les plus lointaines
Se trouve pour nous un foyer.

Et maintenant nous chérissons
La Vistule autant que le Rhin,
Le large Dniepr à notre coeur
Murmure aussi douce complainte

Le libre Hudson nous fait un signe
Fraternel du fond de ses flots,
Il est permis, sur son rivage,
De connaître enfin le repos !

Quelque chanson que l’on écoute
Nous connaissons sa mélodie,
Quel que soit le fleuve qui coule
Il nous apporte nostalgie,

Quel que soit le drapeau qui flotte,
Nous est familier son appel,
Quel que soit le bateau qui vogue
C’est vers un pays fraternel.

(Avrom Reisen)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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FILLES DE NEW YORK (Avrom Reisen)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration
    
FILLES DE NEW YORK

Les filles dans les rues
Ondulent et se plient.
Chacune est violon
Leurs gestes – mélodie.
Dans la beauté du soir
Où que ton pas se risque,
Tu vois les violons
Tu n’entends que musique.
Ô violons aimés
Dans la ville si vaste,
Dès lors où que tu sois
Tu es dans un orchestre.

(Avrom Reisen)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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