Arbrealettres

Poésie

Le vrai poète doit être un déplaceur de bornes (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2009


POASIS https://arbrealettres.wordpress.com POEMENADES PERSONNELLES http://arbreaphotos.wordpress.com

ACCES DIRECT AUX PHOTOS LES PLUS RECENTES lucioleou par rubriques:

RANDONNEES FRANCILIENNESRANDONNEES AUTRES ET VOYAGES MUSEES SPECTACLES EVENEMENTS CHATS JARDIN MAISON
MUSIQUES http://arbreamusiques.wordpress.com

Pour voyager parmi …

32 200 Poèmes  

 Cliquez sur lien ou lettre ci-dessous INDEX: Index par Mots et Auteurs du site d’ArbreaLettres

Par mots: a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w y z Î à â ç é ê î ô Par auteurs: A B C D E F G H I J K L M N O P R S T U V W X Y a c m Ô

==> Copyright © : La propriété des poèmes et des illustrations publiés sur ce site revient à leurs auteurs respectifs
Si vous souhaitez retirer une de vos oeuvres publiée ici, merci de me le signaler


litterature

 

Publicités

Posted in poésie | 142 Comments »

Il n’y a pas d’obscurité (Ananda Devi)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Il n’y a pas d’obscurité: il y a un tunnel qui perce le noir d’un appel d’air

Il n’y a pas de désespoir: il y a une voie qui mène, brute et dévoyée, vers une pulsation de lumière

Il n’y a pas seulement de la violence, il y a, sous les rochers, une anfractuosité où se blottit

une sorte de paix.

Est-ce bien moi qui écris ceci?

Le passage du noir est ardu mais la lumière que dégage la neige en ce décembre froid est bien plus vaste que celle du jour

Et dans mes yeux s’ouvre enfin un peu de bleu.

(Ananda Devi)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

CHANSON (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



CHANSON

Hélas! hélas!
Que de maux sur terre!
Ah! ah! ah! ah!
Que de plaisirs ici-bas!

– Ah! partons mon désespoir
Loin de ma patrie-
Je vais enfin te revoir, O belle Italie!

– J’ai perdu l’objet charmant
– Qui fut ma maîtresse-
– Entrez chez nous un moment,
Dit la belle hôtesse.

– Plaignez le mal amoureux
Qui me désespère-
Et toi la fille aux doux yeux,
Remplis-moi mon verre.

(Alfred de Musset)


Illustration: Edouard Manet

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ah mon rire (Janine Tavernier)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



 

Ah mon rire
mon rire gigantesque
mon rire silencieux
mon rire emprisonné derrière mes lèvres
ah ah mon rire
emmuré dans son linceul de glace
je t’entends rugir en moi comme un fauve
je te sens qui ballottes en moi
sur le remous tourmenté de ma colère
ah ah ah mon rire
je t’écoute et j’ai peur
mon rire qui n’es pas à moi
mon rire étranger à ma vie
mon rire que les forces de l’inconscient
projettent sur l’écran fragile de ma sensibilité
je te crains plus que mourir
je te crains plus que vivre
ah ah ah ah mon rire
quand tu briseras tes liens
et que hors de moi tu t’enfuyeras
dans l’explosion de tes accords déchaînés
que vas-tu prendre à ma vie t’en iras-tu seul
vers les sphères abolies d’où l’on ne revient pas
J’ai plongé mes deux mains au-delà du présent
et j’ai cueilli la joie qui m’était refusée
Mon désespoir était debout enveloppant ma gauche
coulée de glace tournant avec mon sang
mon désespoir était debout avec sa chevelure noire
et ses voiles noirs éclaboussés de son ombre
et le regard mort de ses yeux sur des nuits sans limite
Mais j’ai cueilli la joie qui m’était refusée
Une joie douce et vraie comme un sourire d’enfant
comme un soupir d’oiseau dans l’aube silencieuse
comme un baiser d’ami posé au bord des cils
et par la seule splendeur d’une joie opaline
prise à la certitude des bonheurs à venir
mon désespoir s’est irisé de mille reflets d’azur

(Janine Tavernier)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Birds in the night (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Albert Lynch 1000

Birds in the night

Vous n’avez pas eu toute patience,
Cela se comprend par malheur, de reste.
Vous êtes si jeune! et l’insouciance,
C’est le lot amer de l’âge céleste!

Vous n’avez pas eu toute la douceur,
Cela par malheur d’ailleurs se comprend;
Vous êtes si jeune, ô ma froide soeur,
Que votre coeur doit être indifférent!

Aussi me voici plein de pardons chastes,
Non certes! joyeux, mais très calme, en somme,
Bien que je déplore, en ces mois néfastes,
D’être, grâce à vous, le moins heureux homme.

*
* *

Et vous voyez bien que j’avais raison
Quand je vous disais, dans mes moments noirs,
Que vos yeux, foyer de mes vieux espoirs,
Ne couvaient plus rien que la trahison.

Vous juriez alors que c’était mensonge
Et votre regard qui mentait lui-même
Flambait comme un feu mourant qu’on prolonge,
Et de votre voix vous disiez: «Je t’aime!»

Hélas! on se prend toujours au désir
Qu’on a d’être heureux malgré la saison…
Mais ce fut un jour plein d’amer plaisir,
Quand je m’aperçus que j’avais raison!

*
* *

Aussi bien pourquoi me mettrai-je à geindre?
Vous ne m’aimez pas, l’affaire est conclue,
Et, ne voulant pas qu’on ose se plaindre,
Je souffrirai d’une âme résolue.

Oui, je souffrirai, car je vous aimais!
Mais je souffrirai comme un bon soldat
Blessé, qui s’en va dormir à jamais,
Plein d’amour pour quelque pays ingrat.

Vous qui fûtes ma Belle, ma Chérie,
Encor que de vous vienne ma souffrance,
N’êtes-vous donc pas toujours ma Patrie,
Aussi jeune, aussi folle que la France?

*
* *

Or, je ne veux pas,—le puis-je d’abord?
Plonger dans ceci mes regards mouillés.
Pourtant mon amour que vous croyez mort
A peut-être enfin les yeux dessillés.

Mon amour qui n’est que ressouvenance,
Quoique sous vos coups il saigne et qu’il pleure
Encore et qu’il doive, à ce que je pense,
Souffrir longtemps jusqu’à ce qu’il en meure,

Peut-être a raison de croire entrevoir
En vous un remords qui n’est pas banal.
Et d’entendre dire, en son désespoir,
A votre mémoire: ah! fi que c’est mal!

*
* *

Je vous vois encor. J’entr’ouvris la porte.
Vous étiez au lit comme fatiguée.
Mais, ô corps léger que l’amour emporte,
Vous bondîtes nue, éplorée et gaie.

O quels baisers, quels enlacements fous!
J’en riais moi-même à travers mes pleurs.
Certes, ces instants seront entre tous
Mes plus tristes, mais aussi mes meilleurs.

Je ne veux revoir de votre sourire
Et de vos bons yeux en cette occurrence
Et de vous, enfin, qu’il faudrait maudire,
Et du piège exquis, rien que l’apparence

*
* *

Je vous vois encor! En robe d’été
Blanche et jaune avec des fleurs de rideaux.
Mais vous n’aviez plus l’humide gaîté
Du plus délirant de tous nos tantôts,

La petite épouse et la fille aînée
Était reparue avec la toilette,
Et c’était déjà notre destinée
Qui me regardait sous votre voilette.

Soyez pardonnée! Et c’est pour cela
Que je garde, hélas! avec quelque orgueil,
En mon souvenir qui vous cajola,
L’éclair de côté que coulait votre oeil.

*
* *

Par instants, je suis le pauvre navire
Qui court démâté parmi la tempête,
Et ne voyant pas Notre-Dame luire
Pour l’engouffrement en priant s’apprête.

Par instants, je meurs la mort du pécheur
Qui se sait damné s’il n’est confessé,
Et, perdant l’espoir de nul confesseur,
Se tord dans l’Enfer qu’il a devancé.

O mais! par instants, j’ai l’extase rouge
Du premier chrétien, sous la dent rapace,
Qui rit à Jésus témoin, sans que bouge
Un poil de sa chair, un nerf de sa face!

(Paul Verlaine)

Illustration: Albert Lynch

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Paysages intérieurs (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Paysages intérieurs

Mourir près de la mer
Qui ne sort pas de ses lumières
Qui jette son sablier
Dans les roues de la fortune

Je fus marin

Mourir près de la mer
Immense qui rêve ses passions
Qui poudroie sa monnaie de sel
Dans les jambes du temps

Mais les voiliers étaient partis

Mourir près de la mer
Qui canonne le ciel vide
Qui lance les fusées pâles de son tocsin
A l’horizon levant les brumes

Le temps n’avait pas attendu
L’enfant leurré par la mer oisive

Mourir près de la mer
Son peignoir de pigeons stupéfaits
Ouvert comme un balcon
Par dessus le désespoir des rêves

(Robert Momeux)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le Verbe Être (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Le Verbe Être

Je connais le désespoir dans ses grandes lignes.
Le désespoir n’a pas d’ailes,
il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse,
le soir, au bord de la mer.

C’est le désespoir et ce n’est pas le retour d’une quantité de petits faits
comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre.
Ce n’est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire.

C’est un bateau criblé de neige, si vous voulez, comme les oiseaux qui tombent
et leur sang n’a pas la moindre épaisseur.
Je connais le désespoir dans ses grandes lignes.

Une forme très petite, délimitée par un bijou de cheveux.
C’est le désespoir.
Un collier de perles pour lequel on ne saurait trouver de fermoir
et dont l’existence ne tient pas même à un fil, voilà le désespoir.
Le reste, nous n’en parlons pas.

Nous n’avons pas fini de désespérer, si nous commençons.
Moi je désespère de l’abat-jour vers quatre heures,
je désespère de l’éventail vers minuit,
je désespère de la cigarette des condamnés.
Je connais le désespoir dans ses grandes lignes.

Le désespoir n’a pas de coeur,
la main reste toujours au désespoir hors d’haleine,
au désespoir dont les glaces ne nous disent jamais s’il est mort.
Je vis de ce désespoir qui m’enchante.

J’aime cette mouche bleue qui vole dans le ciel à l’heure où les étoiles chantonnent.
Je connais dans ses grandes lignes le désespoir
aux longs étonnements grêles,
le désespoir de la fierté, le désespoir de la colère.

Je me lève chaque jour comme tout le monde
et je détends les bras sur un papier à fleurs,
je ne me souviens de rien,
et c’est toujours avec désespoir
que je découvre les beaux arbres déracinés de la nuit.

L’air de la chambre est beau comme des baguettes de tambour.
Il fait un temps de temps.
Je connais le désespoir dans ses grandes lignes.

C’est comme le vent du rideau qui me tend la perche.
A-t-on idée d’un désespoir pareil!
Au feu! Ah! ils vont encore venir…

Et les annonces de journal, et les réclames lumineuses le long du canal.
Tas de sable, espèce de tas de sable!
Dans ses grandes lignes le désespoir n’a pas d’importance.

C’est une corvée d’arbres qui va encore faire une forêt,
c’est une corvée d’étoiles qui va encore faire un jour de moins,
c’est une corvée de jours de moins qui va encore faire ma vie.

(André Breton)


Illustration: Patrice Murciano

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Quand la nuit est brillamment éparpillée (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Quand la nuit est brillamment éparpillée
Lorsque la pensée est intouchable
Je dis fleur de montagne pour dire
Solitude
Je dis liberté pour dire désespoir
Et je vais bûcheron de mes pas
Egarer les mensonges
Dans une forêt de bois
Pleine de justice et de romances

(Georges Schehadé)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 
Illustration: ArbreaPhotos
 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Cette chaudière, cette fournaise, ce gril qu’est la vie (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



 

Cette chaudière, cette fournaise, ce gril qu’est la vie,
ces milliards de sommations, d’incitations, de mises en garde, d’exaltations, de désespoirs,
ce bain de contraintes qui n’en finit jamais,
cette éternelle machine à produire, à broyer, à engloutir,
à triompher des embûches, à recommencer encore et sans cesse,
cette douce terreur qui veut régir chaque jour, chaque heure de ta mince existence !

(Georges Perec)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Bosch Hieronymus

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La feuille tremble encor (Jules-Lefèvre Deumier)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017


 


 

Oskar Kokoschka 235842

La feuille tremble encor aux rameaux verts de l’arbre,
Mais le ciel gris et lourd dort comme un ciel de marbre.
Nous sommes en été, mais la mort est dans l’air :
J’ai froid. Tout me paraît pauvre, usé : c’est l’hiver,
L’hiver du désespoir qui m’est entré dans l’âme !
Quel printemps, échappé des regards d’une femme,
Reviendra sur ce sol, glacé par la douleur,
D’une asphodèle même entr’ouvrir la pâleur ?
Du même hiver que moi la terre est poursuivie :
Un mensonge de moins dépeuple donc la vie !
L’amour, en s’éloignant, ôte à l’infortuné
Plus de bonheur encor qu’il n’en avait donné :
Sur tout ce qui console il faut qu’il jette un voile.
Il nous éteint le ciel, étoile par étoile,
Et nous laisse à la fin, quand il a tout détruit,
Seuls, avec la mémoire, habiter dans la nuit.
C’est là qu’il faut languir, ou se tordre à demeure,
Ne vivant seulement que pour sentir qu’on meure,
Se tuant en détail pour renaître en entier.
Au bec de ce vautour demandez donc quartier !

(Jules-Lefèvre Deumier)

Illustration: Oskar Kokoschka

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

VUE D’UNE CÔTE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



 

VUE D’UNE CÔTE

Son silence était la mer,
sa cécité le ciel ; son profond
désespoir de n’être pas, l’aurore ;
son ombre projetée
illuminait les sables d’or.

***

VISIÓN DE COSTA

Su callar era el mar,
y su ceguera el cielo; el hondo
pesar por su no ser era la aurora;
la sombra que tendía
iluminaba el arenal de oro.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :