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Poésie

Il n’est de poésie que dans la déclaration d’amour que nous faisons aux noms aimés, par la parole ou par le chant (Jacques Darras)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2009


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Effeuillement sacré (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



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Effeuillement sacré

Lune, diadème blême d’une tête immense,
Réséda qui s’effeuille au ciel sombre où tu rôdes !
Lune, couronne rouge d’un Jésus qui pense,
Lune, avec ta douceur tragique d’émeraude !

Lune, cœur qui s’affole, ô lune, cœur céleste,
Pourquoi navigues-tu au creux de cette coupe
Pleine d’un vin violet sur la voie de l’Ouest,
Déroutée, on dirait, et la douleur en poupe ?

Lune, à force d’errer en vain, tu perds ton sang
Dans un holocauste éclaté d’opales claires.
Lune, lune, peut-être es-tu mon cœur gitan
Qui vagabonde au bleu en sanglotant des vers ?

***

DESHOJACIÓN SAGRADA

Luna! Corona de una testa inmensa,
que te vas deshojando en sombras gualdas!
Roja corona de un Jesús que piensa
trágicamente dulce de esmeraldas!

Luna! Alocado corazón celeste
¿por qué bogas así, dentro de copa
llena de vino azul, hacia el oeste,
cual derrotada y dolorida popa?

Luna! Y a fuerza de volar en vano,
te holocaustas en ópalos dispersos:
tú eres talvez mi corazón gitano
que vaga en el azul llorando versos!…

(César Vallejo)

 

 

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LES NEUF MONSTRES (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



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LES NEUF MONSTRES

Et, malheureusement
la douleur s’accroît dans le monde à chaque instant,
à trente minutes par seconde, pas à pas,
et la nature de la douleur, c’est la douleur deux fois
et la condition du martyre, carnivore, vorace,
c’est la douleur deux fois
et la fonction de l’herbe la plus pure, douleur deux fois
et le bien-être, doublement nous blesser.

Jamais, hommes humains,
il n’y eut dans la poitrine, au revers de la veste, dans le portefeuille,
tant de douleur,
dans le verre, dans la boucherie, dans l’arithmétique!
jamais tant de tendresse douloureuse
jamais si proche du si lointain assaut,
jamais le feu jamais
ne tint mieux son rôle de froid mort!

(…]

le malheur s’accroît, frères hommes.

***

LOS NUEVE MONSTRUOS

Y, desgraciadamente,
el dolor crece en el mundo a cada rato,
crece a treinta minutos por segundo, paso a paso,
y la naturaleza del dolor, es el dolor dos veces
y la condición del martirio, carnívora, voraz,
es el dolor dos veces
y la función de la yerba purísima, el dolor
dos veces
y el bien de ser, dolernos doblemente.

Jamás, hombres humanos,
hubo tanto dolor en el pecho, en la solapa, en la cartera,
en el vaso, en la carnicería, en la aritmética!
Jamás tanto cariño doloroso,
jamás tanta cerca arremetió lo lejos,
jamás el fuego nunca
jugó mejor su rol de frío muerto!
Jamás, señor ministro de salud, fue la salud
más mortal
y la migraña extrajo tanta frente de la frente!
Y el mueble tuvo en su cajón, dolor,
el corazón, en su cajón, dolor,
la lagartija, en su cajón, dolor.

Crece la desdicha, hermanos hombres,
más pronto que la máquina, a diez máquinas, y crece
con la res de Rosseau, con nuestras barbas;
crece el mal por razones que ignoramos
y es una inundación con propios líquidos,
con propio barro y propia nube sólida!

Invierte el sufrimiento posiciones, da función
en que el humor acuoso es vertical
al pavimento,
el ojo es visto y esta oreja oída,
y esta oreja da nueve campanadas a la hora
del rayo, y nueve carcajadas
a la hora del trigo, y nueve sones hembras
a la hora del llanto, y nueve cánticos
a la hora del hambre y nueve truenos
y nueve látigos, menos un grito.

El dolor nos agarra, hermanos hombres,
por detrás, de perfil,
y nos aloca en los cinemas,
nos clava en los gramófonos,
nos desclava en los lechos, cae perpendicularmente
a nuestros boletos, a nuestras cartas;
y es muy grave sufrir, puede uno orar…
Pues de resultas
del dolor, hay algunos
que nacen, otros crecen, otros mueren,
y otros que nacen y no mueren, otros
que sin haber nacido, mueren, y otros
que no nacen ni mueren (son los más).
Y también de resultas
del sufrimiento, estoy triste
hasta la cabeza, y más triste hasta el tobillo,
de ver al pan, crucificado, al nabo,
ensangrentado,
llorando, a la cebolla,
al cereal, en general, harina,
a la sal, hecha polvo, al agua, huyendo,
al vino, un ecce-homo,
tan pálida a la nieve, al sol tan ardido¹!
¡Cómo, hermanos humanos,
no deciros que ya no puedo y
ya no puedo con tanto cajón,
tanto minuto, tanta
lagartija y tanta
inversión, tanto lejos y tanta sed de sed!
Señor Ministro de Salud: ¿qué hacer?
¡Ah! desgraciadamente, hombre humanos,
hay, hermanos, muchísimo que hacer.

(César Vallejo)

Illustration: Eduardo Kingman

 

 

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FAUX PAS ENTRE DEUX ETOILES (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



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FAUX PAS ENTRE DEUX ETOILES

Il est des gens si malheureux, qu’ils n’ont même pas
de corps ; quantitative est leur chevelure,
bas, calculé en pouces, le poids de leur intelligence ;
haut, leur comportement ;
ne me cherche pas, molaire de l’oubli,
ils semblent sortir de l’air, additionner mentalement les soupirs,
entendre de clairs claquements de fouet dans leur gosier.

Ils s’en vont de leur peau, grattant le sarcophage où ils naissent
et gravissent leur mort d’heure en heure
et tombent, au long de leur alphabet gelé, jusqu’à terre.

Pitié pour les « tellement » ! pitié pour les « si peu » ! pitié pour eux
Pitié, dans ma chambre, quand je les écoute avec mes lunettes !
Pitié, dans mon thorax, quand ils s’achètent des habits !
Pitié pour ma crasse blanche, solidaire dans leur ordure !

Aimées soient les oreilles martin,
aimées soient les personnes qui s’assoient,
aimés soient l’inconnu et sa femme,
notre semblable par les manches, le col et les yeux !

Aimé soit celui qui a des punaises,
celui qui porte un soulier percé sous la pluie,
celui qui veille le cadavre d’un pain avec deux allumettes,
celui qui se prend un doigt dans la porte,
celui qui n’a pas d’anniversaires,
celui qui a perdu son ombre dans un incendie,
l’animal, celui qui ressemble à un perroquet,
celui qui ressemble à un homme, le pauvre riche,
le vrai miséreux, le pauvre pauvre !

Aimé soit
celui qui a faim ou soif, mais n’a pas assez de faim
pour étancher toute sa soif
et pas assez de soif pour rassasier toute sa faim !

Aimé soit celui qui travaille à la journée, au mois, à l’heure,
celui qui sue de peine ou de honte,
celui qui se prend par la main pour aller au cinéma,
celui qui paye avec ce qui lui manque,
celui qui dort le dos tourné,
celui qui ne se souvient plus de son enfance ; aimé soit
le chauve sans chapeau,
le juste sans épines,
le voleur sans roses,
celui qui porte une montre et qui a vu Dieu,
celui qui a de l’honneur et ne meurt pas !
Aimé soit l’enfant qui tombe et pleure encore, et l’homme qui est tombé et ne pleure plus !
Pitié pour les « tellement » ! Pitié pour les « si peu » ! Pitié pour eux !

***

Traspié entre dos estrellas
¡Hay gentes tan desgraciadas, que ni siquiera
tienen cuerpo; cuantitativo el pelo,
baja, en pulgadas, la genial pesadumbre;
el modo, arriba;
no me busques, la muela del olvido,
parecen salir del aire, sumar suspiros mentalmente, oír
claros azotes en sus paladares!

Vanse de su piel, rascándose el sarcófago en que nacen
y suben por su muerte de hora en hora
y caen, a lo largo de su alfabeto gélido, hasta el suelo.

¡Ay de tánto! ¡ay de tan poco! ¡ay de ellas!
¡Ay en mi cuarto, oyéndolas con lentes!
¡Ay en mi tórax, cuando compran trajes!
¡Ay de mi mugre blanca, en su hez mancomunada!

¡Amadas sean las orejas sánchez,
amadas las personas que se sientan,
amado el desconocido y su señora,
el prójimo con mangas, cuello y ojos!

¡Amado sea aquel que tiene chinches,
el que lleva zapato roto bajo la lluvia,
el que vela el cadáver de un pan con dos cerillas,
el que se coge un dedo en una puerta,
el que no tiene cumpleaños,
el que perdió su sombra en un incendio,
el animal, el que parece un loro,
el que parece un hombre, el pobre rico,
el puro miserable, el pobre pobre!

¡Amado sea
el que tiene hambre o sed, pero no tiene
hambre con qué saciar toda su sed,
ni sed con qué saciar todas sus hambres!

¡Amado sea el que trabaja al día, al mes, a la hora,
el que suda de pena o de vergüenza,
aquel que va, ñpor orden de sus manos, al cinema,
el que paga con lo que le falta,
el que duerme de espaldas,
el que ya no recuerda su niñez; amado sea
el calvo sin sombrero,
el justo sin espinas,
el ladrón sin rosas,
el que lleva reloj y ha visto a Dios,
el que tiene un honor y no fallece!

¡Amado sea el niño, que cae y aún llora
y el hombre que ha caído y ya no llora!

¡Ay de tánto! ¡Ay de tan poco! ¡Ay de ellos!

(César Vallejo)

Illustration: Eduardo Kingman

 

 

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LES HERAUTS NOIRS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



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LES HERAUTS NOIRS

Il y a, dans la vie, des coups si forts… Moi je ne sais!
Des coups comme de Dieu la haine; comme si avant eux
le ressac de tout ce qui fut souffert
se déposait dans l’âme… Moi je ne sais!

Ils sont peu nombreux; mais ils sont… Ils creusent d’obscurs sillons
sur le plus fier visage, sur le dos le plus fort.
Ils sont parfois les poulains de barbares attilas;
ou bien les hérauts noirs que la Mort nous envoie.

Ce sont les chutes profondes des Christs de l’âme,
d’une adorable foi que le Destin blasphème.
Ces coups sanglants sont les crépitations
d’un pain brûlant pour nous à la porte du four.

Et l’homme… Pauvre… Pauvre! Il tourne les yeux, comme
quand sur l’épaule un battement de main nous appelle;
il tourne des yeux fous, et tout ce qu’il vécut
se dépose, comme une flaque de remords, dans le Regard.

Il y a des coups dans la vie, si forts… Moi je ne sais!

***

LOS HERALDOS NEGROS

Hay golpes en la vida, tan fuertes… Yo no sé.
Golpes como del odio de Dios; como si ante ellos,
la resaca de todo lo sufrido
se empozara en el alma… Yo no sé.

Son pocos; pero son… Abren zanjas oscuras
en el rostro más fiero y en el lomo más fuerte.
Serán tal vez los potros de bárbaros atilas;
o los heraldos negros que nos manda la Muerte.

Son las caídas hondas de los Cristos del alma,
de alguna fe adorable que el Destino blasfema.
Esos golpes sangrientos son las crepitaciones
de algún pan que en la puerta del horno se nos quema.

Y el hombre… Pobre… pobre! Vuelve los ojos, como
cuando por sobre el hombro nos llama una palmada;
vuelve los ojos locos, y todo lo vivido
se empoza, como un charco de culpa, en la mirada.

Hay golpes en la vida, tan fuertes … Yo no sé!

(César Vallejo)

Illustration: Eduardo Kingman

http://www.nidodepoesia.com/valleherald.htm

 

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César Vallejo (Miguel Espejo)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



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César Vallejo

Si je pouvais disposer d’un jour
– ou du moins de quelques heures –
pour courir derrière les morts
j’aurais la force et l’illusion
d’écrire enfin un vrai poème :
du pain dans la bouche de l’affamé
une béquille pour le boiteux désemparé
et le tambourinement incessant des pas
sur les ruelles désertes et graves,
où pas un ivrogne ne profère des imprécations en vain
ne lance ses insultes comme des crachats vers le ciel
vers son visage léché d’étoiles
semblable aux bâtiments désolés
et aux villes abandonnées
aux chemins insondables qui piègent les rêves,
les larmes, les espoirs et l’ombre des corps,
et les entraînent vers un éblouissant trou noir.

(Miguel Espejo)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Chanson de la femme assise (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



C’est une femme assise
Rongée des soleils.

Ses larmes autrefois
ont boisé la terre.

Son cœur est en feu.

C’est une femme assise
Sur mes genoux. Distraite,
Elle compte les jours.

(Edmond Jabès)

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Danseuses (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016




Danseuses qui rêvez d’être les sœurs de l’aurore,
valsez dans l’oubli du miracle avec la roue des robes ensoleillées.

Le chemin est sans indulgence pour qui
s’en détourne. L’avare n’a pas d’allié.

(Mais l’heure reste à naître, l’heure frontalière où le
faucon des sables règne sur d’innombrables prunelles
apeurées.)

(Edmond Jabès)

Illustration: Edgar Degas

 

 

 

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L’absence de lieu (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



Terrain vague, page obsédée.

Une demeure est une longue insomnie
sur le chemin encapuchonné des mines.

Mes jours sont jours de racines,
sont joug d’amour célébré.

Le ciel est toujours à traverser et
la terrasse à nourrir de nuits nouvelles.

Le deuil de mes démarches forme
enclave dans la clarté opaque des murs.

La terre baigne dans de
vaines visions de voyage.

(Edmond Jabès)

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Chanson de l’étranger (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



Je suis à la recherche
d’un homme que je ne connais pas,
qui jamais ne fut tant moi-même
que depuis que je le cherche.

A-t-il mes yeux, mes mains
et toutes ces pensées pareilles
aux épaves de ce temps?

Saison des mille naufrages,
la mer cesse d’être la mer,
devenue l’eau glacée des tombes.

Mais, plus loin, qui sait plus loin ?
Une fillette chante à reculons
et règne la nuit sur les arbres,
bergère au milieu des moutons.

Arrachez la soif au grain de sel
qu’aucune boisson ne désaltère.
Avec les pierres, un monde se ronge
d’être, comme moi, de nulle part.

(Edmond Jabès)

Illustration: Georges Paul François Laurent Laugée

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Patiente horlogerie (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



Je démonte une patiente
horlogerie pour oracles.

(Edmond Jabès)

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