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Poésie

Dessine-moi une amitié Je mets pour toi une pièce Sur l’appui de la fenêtre Elle sera toujours d’or sous le soleil Il te suffira de disperser la brume D’un regard (Jamel Eddine Bencheikh)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2009


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litterature

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L’INDIFFÉRENCE (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



 

Mahira Ates (15)

L’INDIFFÉRENCE

Me rejoignit dans sa cape de neige
L’indifférence et je lui pris les mains.

Hiver, hiver, je ne sais rien de vous.
Ni les sonnets de Michel-Ange, ni
Les Vers Dorés qu’écrivit Pythagore
Ne charment plus ma mémoire infidèle.

Chantons, veux-tu, l’écoulement du temps,
Les vieux désirs quand tempêtes s’endorment,
Et la mosquée où tu connus l’exil,
Toi que l’Eglise avait déjà chassé.

Pétrarque ? Oubli. Ronsard, Apollinaire ?
Oublis. Tristesse, oubli des mots de l’autre.
Accomplis-moi, ma seule indifférence.

(Robert Sabatier)

Illustration: Mahira Ates

 

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Néant (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



    

Néant

Vous, qui vivez heureux, vous ne sauriez comprendre
L’empire que sur moi ces songes pouvaient prendre ;
Mais lorsque je tombais de leur enchantement
A la réalité qui toujours les dément,
Si je voulais, luttant contre ma destinée,
Me dépouiller des fers qui m’ont environnée,
Une voix me disait : « Puisque tu dois mourir,
Qu’importe ce bonheur auquel tu veux courir ! »

Néant, que nos grandeurs ! néant, que nos merveilles
Néant ! toujours ce mot tintait à mes oreilles…

Après avoir sondé tout penser jusqu’au fond,
Comme un fruit desséché dont la liqueur se fond,
Et qui ne garde plus qu’une stérile écorce,
Aliment sans saveur et décevante amorce,
Ainsi tous les objets, au bonheur m’engageant,
Cachaient, sous leurs dehors, ce mot hideux : NEANT !

Ah ! que nous passons vite au milieu de la vie,
Et que de peu de bruit notre mort est suivie !
On dirait que le poids de son adversité,
Endurcit au malheur la triste humanité.
A-t-elle assez de pleurs pour l’hécatombe immense
Que la mort fait sans cesse, et toujours recommence ?
A-t-elle assez de voix pour dire les combats
Des misérables jours qu’elle traîne ici-bas ?
A-t-elle assez de cris pour rendre sa souffrance !

Non, l’excès de nos maux produit l’indifférence :
Eh! pourtant quel mortel ne se prit à pleurer,
En voyant près de lui tour à tour expirer
Tous ceux qu’il chérissait, êtres en petit nombre,
Unis à notre sort, qu’il soit riant ou sombre ;
Fractions de notre âme, où nous avions placé
L’espoir de l’avenir, le charme du passé ;
Amis, parents, objets de nos idolâtries,
Que la mort vient faucher comme des fleurs flétries !

Quel désespoir profond et quel amer dégoût,
Quand l’âme qui s’éveille entrevoit tout-à-coup
Que tout sera néant, que tout sera poussière,
Que la terre elle-même, aride nourricière.
Après avoir mêlé ses fils à son limon.
Deviendra dans l’espace une chose sans nom…

Ce vide de la mort, qui navre et désespère,
Hélas ! je l’ai compris, quand j’ai perdu mon père
Le temps fuit, entraînant mes rêves sur ses pas ;
Mais ce tableau de deuil ne s’effacera pas.

(Louise Colet)

 

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Si t’en as marre de mes mots vides (anonyme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018


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Si tu veux me voir blanc
quand il fait noir,
entendre oui
quand je dis non,
si t’en as marre
de mes mots vides,
de ma gueule d’enterrement,
de ma cuirasse d’indifférence,
si tu veux,
regarde de l’autre côté du miroir:
il y a un coeur d’ami.

(anonyme)

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Cadeau d’adieu (Tu Mu)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Cadeau d’adieu
Beaucoup d’amour ressemble vraiment à de
l’indifférence
Seul, devant la coupe, ressentant l’impossibilité
à sourire
La bougie a du coeur et déplore l’adieu
Pour nous elle fond en larmes jusqu’au jour

*

(Tu Mu)

 

 

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UN RAVISSANT CIMETIÈRE (Sakutarô Hagiwara)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Cimetière-du-Tera-mochi [800x600]

UN RAVISSANT CIMETIÈRE
NAMAMEK ASHII HAKABA

Le vent souffle dans les saules
Où y a-t-il un cimetière si sombre ?
Une limace grimpe sur la haie
Et du paysage vient l’odeur tiède de la mer
Pourquoi êtes-vous ici ?
Ombre douce, pile, étrange comme l’herbe !
Vous, ni coquillage ni faisan ni chat
Juste un fantôme à l’air triste !
De l’ombre errante de votre corps
Comme dans la ruelle d’un pauvre village de pêcheurs on sent une odeur de poisson pourri
Dont fondus au soleil les viscères poisseusement puent
Tristes, accablants, c’est l’odeur d’une mélancolie vraiment insupportable.
Ah, moite comme ce soir de printemps
Errant dans son élégant kimono carmin, c’est elle !
Ni la lune sur le cimetière ni le phosphore ni l’ombre ni la vérité
Et quelle tristesse !
Ainsi ma vie et mon corps s’en vont pourrissant
Et dans le paysage vague du Néant
Ravissants visqueusement penchent !

(Sakutarô Hagiwara)

Illustration

 

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Être aimé (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



 

Être aimé

Écoute-moi. Voici la chose nécessaire :
Être aimé. Hors de là rien n’existe, entends-tu ?
Être aimé, c’est l’honneur, le devoir, la vertu,
C’est Dieu, c’est le démon, c’est tout. J’aime, et l’on m’aime.
Cela dit, tout est dit. Pour que je sois moi-même,
Fier, content, respirant l’air libre à pleins poumons,
Il faut que j’aie une ombre et qu’elle dise : Aimons !
Il faut que de mon âme une autre âme se double,
Il faut que, si je suis absent, quelqu’un se trouble,
Et, me cherchant des yeux, murmure : Où donc est-il ?
Si personne ne dit cela, je sens l’exil,
L’anathème et l’hiver sur moi, je suis terrible,
Je suis maudit. Le grain que rejette le crible,
C’est l’homme sans foyer, sans but, épars au vent.
Ah ! celui qui n’est pas aimé, n’est pas vivant.
Quoi, nul ne vous choisit ! Quoi, rien ne vous préfère !
A quoi bon l’univers ? l’âme qu’on a, qu’en faire ?
Que faire d’un regard dont personne ne veut ?
La vie attend l’amour, le fil cherche le noeud.
Flotter au hasard ? Non ! Le frisson vous pénètre ;
L’avenir s’ouvre ainsi qu’une pâle fenêtre ;
Où mettra-t-on sa vie et son rêve ? On se croit
Orphelin ; l’azur semble ironique, on a froid ;
Quoi ! ne plaire à personne au monde ! rien n’apaise
Cette honte sinistre ; on languit, l’heure pèse,
Demain, qu’on sent venir triste, attriste aujourd’hui,
Que faire ? où fuir ? On est seul dans l’immense ennui.
Une maîtresse, c’est quelqu’un dont on est maître ;
Ayons cela. Soyons aimé, non par un être
Grand et puissant, déesse ou dieu. Ceci n’est pas
La question. Aimons ! Cela suffit. Mes pas
Cessent d’être perdus si quelqu’un les regarde.
Ah ! vil monde, passants vagues, foule hagarde,
Sombre table de jeu, caverne sans rayons !
Qu’est-ce que je viens faire à ce tripot, voyons ?
J’y bâille. Si de moi personne ne s’occupe,
Le sort est un escroc, et je suis une dupe.
J’aspire à me brûler la cervelle. Ah ! quel deuil !
Quoi rien ! pas un soupir pour vous, pas un coup d’oeil !
Que le fuseau des jours lentement se dévide !
Hélas ! comme le coeur est lourd quand il est vide !
Comment porter ce poids énorme, le néant ?
L’existence est un trou de ténèbres, béant ;
Vous vous sentez tomber dans ce gouffre. Ah ! quand Dante
Livre à l’affreuse bise implacable et grondante
Françoise échevelée, un baiser éternel
La console, et l’enfer alors devient le ciel.
Mais quoi ! je vais, je viens, j’entre, je sors, je passe,
Je meurs, sans faire rien remuer dans l’espace !
N’avoir pas un atome à soi dans l’infini !
Qu’est-ce donc que j’ai fait ? De quoi suis-je puni ?
Je ris, nul ne sourit ; je souffre, nul ne pleure.
Cette chauve-souris de son aile m’effleure,
L’indifférence, blême habitante du soir.
Être aimé ! sous ce ciel bleu – moins souvent que noir –
Je ne sais que cela qui vaille un peu la peine
De mêler son visage à la laideur humaine,
Et de vivre. Ah ! pour ceux dont le coeur bat, pour ceux
Qui sentent un regard quelconque aller vers eux,
Pour ceux-là seulement, Dieu vit, et le jour brille !
Qu’on soit aimé d’un gueux, d’un voleur, d’une fille,
D’un forçat jaune et vert sur l’épaule imprimé,
Qu’on soit aimé d’un chien, pourvu qu’on soit aimé !

(Victor Hugo)

 

 

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Si d’indifférence (Raymond Farina)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Si d’indifférence
tu deviens
plus léger
que ton ombre

capable enfin
de suivre
ton coeur

tu comprendras mieux
mon silence

mes questions
qui n’espèrent plus
de réponse :

le vent
chercherait-il
quelque chose
ou quelqu’un ?

Les nuages sont-ils
réels ?
Les nuages reviendront-ils ?

Avez-vous
un destin
paysages ?

Ai-je pour vous
un sens ?

***

If out of indifference
you become lighter
than your shadow,

able, at last,
to follow
your heart,

you shall realize
my secrecy,

my questions
that hope no more
for an answer.

Would the wind
seek something
or someone ?

Are the clouds real ?
Shall the clouds
come back ?

Have you got
a destiny
o landscapes ?

Do you think
that I have
any significance ?

(Raymond Farina)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos

 

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L’INDIFFÉRENCE D’UN ARROSOIR (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




L’INDIFFÉRENCE D’UN ARROSOIR

Nous mourrons sans avoir apprivoisé les choses
Qui nous cernent en attendant
De nous incorporer
Elles n’ont pas même un regard
Pour les moignons d’âme qui nous restent
Et laissent pourrir à leurs pieds
Nos humbles propositions de trêve.

Celles qui nous doivent la vie
Ne sont pas les moins odieuses
On peut mourir de l’indifférence d’un arrosoir
Aussi bien que du poids d’une avalanche.

(Jean Rousselot)

Illustration: Patrick Martin

 

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Dire qu’il faudra mourir un jour (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Andrei Protsouk -ImpressioniArtistiche-14-Leaps of Rose
    
Dire qu’il faudra mourir un jour

Dir´ qu´il faudra mourir un jour,
Quitter sa vie et ses amours,
Dire qu´il faudra laisser tout ça
Pour Dieu sait quel au-delà.

{Refrain:}
Dir´ qu´il faudra mourir un jour. {2x}
C´est dur à penser, il faut bien le dire.

Dir´ qu´il faudra rester tout seul
Dans la tristesse d´un linceul
Sans une fille pour la nuit,
Sans une goutte de whisky.

{Refrain}

Dir´ qu´il faudra, bon gré mal gré,
Finir dans d´éternels regrets,
Moi qui voudrais plus d´une vie
Pour passer toutes mes envies.

{Refrain}

Dir´ qu´il faudra mourir d´ennui
En enfer ou en paradis,
Passer toute une éternité
Sans jamais pouvoir s´évader…

{Refrain}

Dir´ qu´il faudra mourir encor,
Moi qui suis souvent déjà mort,
Oui mort d´amour et de plaisir.
De quoi pourrais-je mieux mourir?

Dir´ qu´il faudra mourir un jour,
C´est dur à penser, mon amour.

(Georges Moustaki)

Illustration: Andrei Protsouk

 

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J’ai oublié le mot « lilas » (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration
    
J’ai oublié le mot « lilas »
qui ne me dit rien qui vaille.
Quelqu’un, pourtant, le murmure
très loin dans ma mémoire.
J’entends répéter « lilas, lilas ».
Tout mon corps sent le lilas.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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