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Poésie

Posts Tagged ‘sceller’

Humer simplement une rose (Maurice Chappaz)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



Humer simplement une rose
ou dévaster le jardin
parce que la brise a ouvert la porte?

Je me suis assis devant la maison
de ma bien-aimée.

L’angoisse scelle mes lèvres
et fait parler mon coeur en silence.

(Maurice Chappaz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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Je ne voudrais changer ma peine pour aucune joie (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




Je ne voudrais changer ma peine
Pour aucune joie :
Douleur lien secret
Signature de sang
Qui scelle à toi ma vie
Indissolublement.

***

I would not change my grief
For any joy :
Sorrow the secret bond
The signature of blood
That seals to you my life
Indissolubly.

(Kathleen Raine)

 

 

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La route est dure (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



La route est dure
Vers ta maison invisitée,
Et les portes scellées. On dit
Qu’à l’amour est donnée la clef
Du souvenir, de la tombe, du Paradis.

***

Hard is the way
To your unvisited house,
Barred the gates. Some say
To love is given the key
Of memory, the grave, Paradise.

(Kathleen Raine)

 

 

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QUELQUE CHOSE DU DEDANS (Agnès Schnell)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



 Alexander Anufriev  (11)

QUELQUE CHOSE DU DEDANS

Sortir de sa nuit
après une croissance imparfaite
se réveiller l’âme décolorée
ébouriffée.

Peut-on être nomade du temps ?
Peut-on être
d’une vie à une autre
passant ?

Silence des morts rebelles
qui renforcent les nœuds.
Silence de la vie
au hasard fixée
ou plantée telle une épine
indurée en nos rêves
irritant nos fougues.

Qui peut nous retenir
contre le vertige du dedans
si large si vide ?

Ceux à mi-chemin
arrêtés fébriles
comme des vagues poursuivies

ceux avec leurs mots lourds
tout fripés de tendresse
balancés à contre-temps

ceux boutefeux par désespoir
incendiaires
exacerbés d’espérance

ceux musiciens des songes
qui tâtonnent sans répit
lézardés jusqu’à la moelle

ceux que nulle main n’a guidés
qui s’épuisent à rassembler
leurs brisures

ceux qui mordent à bouche pleine
les pensées fauves
les passions sans remontée

ceux qui n’ont plus de frontières
et qui implosent chargés de sang
et de brûlures…

Qui peut emmurer
le vertige au-dedans
qui peut sceller notre cœur
pour qu’il cesse de s’affoler
pour un souffle d’air
ou d’ange distrait ?

Qui ?

(Agnès Schnell)

Découvert ici chez Emmila Gitana

Illustration: Alexander Anufriev

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HOUILLE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



HOUILLE

Par l’oracle muet des feuilles
il était dit que tu serais
oraison de fougères, convoi
des sigillaires au deuil du carbone.
Alors ton silence scella les langues du soleil,
figeant le feu primal dans la défroque des forêts.

(Jacques Lacarrière)

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Ne crains (Bruno Mabille)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



Illustration: Alice de Miramon
    
Ne crains
ni le désert ni l’abîme

à défaut d’une étoile
ou d’un halo
seule nous protège
l’étreinte
qui mêle nos bouches
et scelle nos corps
l’un à l’autre.

(Bruno Mabille)

 

Recueil: A celle qui s’avance
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quand la vague a frappé sur la roche indocile (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Quand la vague a frappé sur la roche indocile
qu’éclate la clarté en instaurant sa rose
le cercle de la mer s’amasse en une grappe
et pend en une seule goutte de sel bleu.

Oh radieux magnolia délié dans l’écume,
voyageur magnétique et fleuri dans la mort,
dans l’éternel retour de l’être et du non-être :
sel brisé, éblouissant mouvement marin.

Mon amour, tous les deux, nous scellons le silence,
la mer a beau ruiner ses statues incessantes
et renverser ses tours de folie, de blancheur,

nous, dans la trame de cette étoffe invisible
que font l’eau emballée et le sable éternel,
nous maintenons la tendresse unique et traquée.

***

Al golpe de la ola contra la piedra indócil
la claridad estalla y establece su rosa
y el círculo del mar se reduce a un racimo,
a una sola gota de sal azul que cae.

Oh radiante magnolia desatada en la espuma,
magnética viajera cuya muerte florece
y eternamente vuelve a ser y a no ser nada :
sal rota, deslumbrante movimiento marino.

Juntos tú y yo, amor mío, sellamos el silencio,
mientras destruye el mar sus constantes estatuas
y derrumba sus torres de arrebato y blancura,

porque en la trama de estos tejidos invisibles
del agua desbocada, de la incesante arena,
sostenemos la única y acosada ternura.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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A un poète mort (Charles Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



 

tombeau

A un poète mort

Toi dont les yeux erraient, altérés de lumière,
De la couleur divine au contour immortel
Et de la chair vivante à la splendeur du ciel,
Dors en paix dans la nuit qui scelle ta paupière.

Voir, entendre, sentir ? Vent, fumée et poussière.
Aimer ? La coupe d’or ne contient que du fiel.
Comme un Dieu plein d’ennui qui déserte l’autel,
Rentre et disperse-toi dans l’immense matière.

Sur ton muet sépulcre et tes os consumés
Qu’un autre verse ou non les pleurs accoutumés,
Que ton siècle banal t’oublie ou te renomme ;

Moi, je t’envie, au fond du tombeau calme et noir,
D’être affranchi de vivre et de ne plus savoir
La honte de penser et l’horreur d’être un homme !

(Charles Leconte de Lisle)

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DE NUIT (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



 

DE NUIT

Le bleu de mes yeux s’est éteint dans cette nuit,
L’or rouge de mon coeur. O ! Le silence de la lampe allumée.
Ton manteau bleu enveloppa celui qui tombait.
Tes lèvres rouges scellèrent l’enténèbrement de l’ami.

***

NACHTS

Die Blaue meiner Augen ist erloschen in dieser Nacht,
Das rote Gold meines Herzens. O ! wie stille brannte das Licht.
Dein blauer Mantel umfing den Sinkenden ;
Dein roter Mund besiegelte des Freundes Umnachtung.

(Georg Trakl)

Illustration: Alberto Pancorbo

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Fronton de la grâce (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




    
Fronton de la grâce

Tremble

Au fronton de la grâce
Tremble l’épaule
Du baptême des pentes

Eau et sable

Scellés d’angoisse et d’obscur
Comme est la buée du monde
Eau et sable naissant

Aimer cherche une main
Obscurément une autre
Une autre encore

Aimer tremble

Au fronton de la grâce
Et le sel y fait un jour redoutable

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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