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Poésie

Posts Tagged ‘partir’

Sans relâche (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017



 


Illustration: ArbreaPhotos
    

sans relâche
le circuit
qui m’isole
s’apprête
à l’ultime
tour
que je parte
au pays le plus
lointain

(Aïcha Arnaout)

 

Recueil: L’inventaire des choses (Anthologie)
Traduction: Aïcha Arnaout
Editions: Action Poétique

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Un coeur au coeur (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Un coeur au coeur n’est pas rivé,
Tu veux partir, va t’en.
Bien du bonheur est dévolu
À qui suit librement sa route.

Je ne pleure pas, ne me plains pas,
Le bonheur ne sera pas pour moi.
Ne m’embrasse pas, fatiguée, —
La mort viendra m’embrasser.

Sont passés les jours des pires tourments
Avec l’hiver blanc.
Mais pourquoi, pourquoi donc es-tu
Mieux que celui de mon choix ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Edvard Munch

 

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Rien ne part (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2017



Rien ne part sans disparaître,
sans s’abîmer
dans un vieux fond perplexe.

(Laurent Albarracin)

Illustration: Gao Xingjian

 

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L’amoureuse (Sylvie Fabre G)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



L’amoureuse part loin,
si loin en elle.

L’amour ressemble au loriot
— chant, vol noir ensauvagent
— sa voix t’apprend.
Pénétré l’inexprimable,
ton corps cristallise.

Le miracle épingle l’instant, déroule le réel,
épelle ton dos, vertèbre après vertèbre,
te tient à la pointe du présent.

Il souffle là si grand vent,
tu t’arc-boutes,
tu résistes à l’emportement.

Adossée à la falaise des sens, suspendue,
tout vide en bouche vaincu,
tu dis
OUI.

(Sylvie Fabre G)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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Soleil (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



tu pars
pris entre le cri et le soupir
tu caresses
tu creuses
tu déposes un soleil au milieu de l’âme

(Rabah Belamri)


Illustration:
Marie-Paule DevilleChabrolle

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Chardon (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



Chardon

On disait que mademoiselle Rose Chardon était une grande et belle fille,
marchant la tête haute, un peu vive dans ses réparties par exemple,
mais excellente au fond, quoique fière; quelques-uns même la prononçaient vaniteuse.
On disait qu’il ne fallait pas l’approcher de trop près;
dans ses yeux brillants, sur le bout de son nez retroussé,
on lisait écrit ces paroles: Qui s’y frotte s’y pique.

M. le marquis Annibal-Astolphe-Tancrède de l’Asnerie
aperçut un jour mademoiselle Chardon qui travaillait à sa fenêtre par un bel après-midi d’été.
Comme le marquis Annibal-Astolphe-Tancrède de l’Asnerie était fort inflammable, il s’enflamma.
[Surgit un rival:]
Le plus charmant petit clerc qui fut au monde, toujours gai,
toujours souriant, tendre et enjoué, sentant l’amour, la jeunesse et la santé d’une lieue.
Qui pourra jamais savoir ce que pense une femme placée entre ses sentiments et ses instincts,
entre son coeur et sa fortune! D’abord elle dit non à la fortune.
La première fois elle crie très-fort, la seconde fort seulement,
la troisième à voix haute, la quatrième elle parle comme à l’ordinaire,
la cinquième à demi-voix, la sixième à voix-basse,
puis elle murmure, puis elle se tait.

La fortune revient à la charge.
La jeunesse, la beauté, l’esprit, les qualités de l’âme et de l’intelligence,
tout cela commence par paraître fort beau,
mais le luxe, l’éclat, le rang, le titre ne sont pas à dédaigner non plus;
on les méprise de loin, le perspective change dès qu’on peut les atteindre.
Le sacrifice coûte quelques soupirs, il est vrai,
mais le feu des diamants sèche bien vite toutes les larmes.
La vanité fait taire l’amour, et comment ne pas être vaine
quand on possède les charmes de mademoiselle Rose Chardon:
Chez le marquis, un soir à la brune on la fit entrer par la petite porte du parc.
Dans la nuit, ils partirent ensemble pour l’Italie.

(J.J. Grandville)

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Air de Leang-Tcheou (Wang Han)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2017



Air de Leang-Tcheou

Le beau vin de raisin dans la tasse de jade lumineux!
J’allais boire, la guitare du cavalier me presse de partir.
Ivre, je me fusse étendu sur le champ de sable.
Il n’y a pas de quoi rire!
Combien, depuis les temps anciens, ont pu revenir de la guerre?

(Wang Han)

 

 

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Fleur sauvage (Bakary Bamba Junior)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Fleur sauvage

Comme une fleur sauvage toute seule isolée,
Je t’ai découverte un soir te promenant près du rivage.

Belle fleur sauvage aux couleurs captivantes,
Je me suis approché de toi et t’ai admirée.

Fleur sauvage qu’on voudrait cueillir,
Je t’ai exposé mes désirs.

Dangereuse fleur sauvage isolée,
Tu t’es donnée à moi pour un amour sanglant.

Fleur sauvage attirant une abeille,
Je suis entré en toi et tu t’es refermée sur moi.

Douce fleur sauvage au parfum envoûtant,
J’ai perdu toute raison le temps de nos ébats.

Fleur sauvage au nectar enivrant,
Je me suis écoulé en toi et tu as ruisselé sur moi.

Si belle fleur sauvage, mais unique au monde,
Tu es partie sans bruit me laissant dans mes rêves.

Comme une fleur sauvage fanée au fil du temps,
Mon souvenir de toi est parti avec le vent.

(Bakary Bamba Junior)

Illustration

 

 

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On ne me parle pas (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



On ne me parle pas
Je suis comme une morte
Juste en face de moi
deux ados se caressent
Moi je n’ai plus de corps
Je ne suis pas visible
J’ai mon masque de vieille
à faire peur ou pitié
à plaindre ou à laisser
on ne me plaindra pas
et je ne m’en plains pas

J’entends ces gens autour
qui ne se parlent pas
et qui sont comme moi
qui sont comme des morts
ces gens, couleur et feu
en flammes, déjà en cendres
qui ne disent qu’une chose
que chacun peut comprendre
que moi-même je comprends
que je comprends encore:
aimez-moi, aimez-moi,
comme il vous conviendra
aimez-moi pour la vie
le plus longtemps possible
ou aimez-moi à mort
mais aimez-moi un peu
avant que je m’en aille

(Karel Logist)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Lucien Levy-Dhurmer

 

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Depuis votre départ (Tchang Kieou-Ling)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017


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Depuis votre départ

Depuis que vous êtes parti,
Je laisse en désordre le métier à tisser.
Comme la lune pleine, à force de penser à vous,
Nuit après nuit, je diminue d’éclat et de fraîcheur.

(Tchang Kieou-Ling)

 

 

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