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Poésie

Posts Tagged ‘partir’

Je suis comme la licorne (Thibaut de Champagne)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018


 


 

Je suis comme la licorne
Qui s’ébahit en regardant
La jeune fille
Eprouvant un si doux malaise
Qu’elle se pâme en son giron ;
Alors on la tue par trahison.
C’est ainsi que m’ont blessé à mort
l’Amour et ma dame, en vérité :
Ils ont pris mon coeur que je ne puis ravoir.

Dame, quand je fus devant vous
Et que je vous vis pour la première fois,
Mon coeur était si tremblant
Qu’il resta, entre vos mains, quand je partis.
Il fut alors conduit, sans rançon,
Captif en la douce prison
Dont les piliers sont de désir,
Et les portes de beau regard,
Et les anneaux de bon espoir.

(Thibaut de Champagne)

 

 

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La pluie (Yi Pyông-Ki)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018


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Je vois que tu es sur le point de partir
Tes bagages sont faits
L’innocente pluie a débuté, elle tombe depuis l’aube
Pluie, continue à tomber jusqu’à demain!
Et les jours suivants!

(Yi Pyông-Ki)

Illustration

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La vieille dame (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018




    
La vieille dame se rassemble,
en fait un petit baluchon :

« Un soir, sur un mulet argent,
elle partit méditer près de son temple préféré.

Là, au coeur de la nuit, elle eut un rêve :
elle se vit soudain prise par le vent.

Au matin, une pensée qui n’était plus une pensée
vint se poser sur son épaule. »

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Lettre ouverte aux copains et copines (14 janvier 2011) (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Lettre ouverte aux copains et copines (14 janvier 2011)

Sur le point d’achever mon aventure terrestre et de pousser
mon dernier couac
Je vous remercie tous et toutes pour votre immense
gentillesse
Je partirai de ce monde totalement libéré
Ne resteront que notre indestructible amitié
Et mon œuvre
Laquelle pour l’instant demeure lettre morte
Enterrez-moi sous un dolmen
Sur lequel vous ferez graver : « Ici on se rince la dalle »
Pique-niquez sur lui avec bons vins et bonne chère
Mais ne me pissez pas dessus
Et n’oubliez pas : on survit à toutes les morts sauf à la sienne

(Jean-Claude Demay)

 

 

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Le grain de blé nourrit (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Le grain de blé nourrit

Le grain de blé nourrit et l’homme et les corbeaux.
L’arbre palladien produit la douce olive,
Et le triste cyprès, debout sur les tombeaux,
Balance vainement une cime plaintive.

Hélas! N’as-tu point vu ta plus chère amitié
Etaler à tes yeux la face du vulgaire ?
Tu ne sais pas languir et souffrir à moitié:
Quand tu reprends ton coeur, c’est qu’il n’en reste guère.

Que ce soit dans la ville ou près des flots amers,
Au fond de la forêt ou sur le mont sinistre,
Va, pars et meurs tout seul en récitant des vers:
Ce sont troupeaux encor les cygnes du Caystre.

(Jean Moréas)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Regrets (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Regrets

Je sais que j’aurais dû n’en rien faire
Et garder toujours mon secret;
Et sans nullement chercher à être aimé
Me contenter de pouvoir plaire.

Entre l’homme et la femme l’Amitié
C’est de l’amour même discrète,
Et un jour tu aurais eu pitié
En devinant ma passion muette.

Mais tu pars, tu me quittes, il fait si noir,
Que te devinant ne pouvant plus te voir,
A chaque ombre qui bouge, je dis: c’est Elle…

Et mon rêve dans les senteurs de la nuit,
Monte lentement, lentement sur vos ailes
Phalènes du soir qui mourez comme lui.

(Birago Diop)


Illustration: Pierre-Yves Vigneron

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J’ai ardemment souhaité partir (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



J’ai ardemment souhaité partir
Loin des sifflements du monde usé
Et du cri incessant des vieilles terreurs,
Plus terribles à mesure que le jour
Passe la colline et plonge dans la mer profonde.
J’ai ardemment souhaité partir
Loin de la répétition des saluts
Car il y a des âmes dans l’air
Et des échos d’âme sur ma page
Et le tonnerre des appels et des notes.

J’ai ardemment souhaité partir mais j’ai peur.
Une vie, encore neuve, pourrait fuser
Hors du vieux mensonge en feu sur le sol
Et, crépitant dans l’air, me laisser à demi aveugle.
Et dans la vieille peur de la nuit,
Le couvre-chef que l’on ôte,
Les lèvres pincées devant le récepteur,
Je ne tomberai pas sous la plume de la mort.
Peu importe si je meurs de tout ceci qui est
À moitié convention et à moitié mensonge.

***

I have longed to move away
From the hissing of the spent lie
And the old terror’s continual cry
Growing more terrible as the day
Goes over the hill and into the deep sea;
I have longed to move away
From the repetition of salutes,
For there are ghosts in the air
And ghostly echoes on paper,
And the thunder of calls and notes.

I have longed to move away but am afraid;
Some life, yet unspent, might explode
Out of the old lie burning on the ground,
And, crackling into the air, leave me half-blind.
Neither by night’s ancient fear,
The parting of hat from hair,
Lips pursed at the receiver,
Shall I fall to death’s feather.
By these I would not care to die,
Half convention and half lie.

(Dylan Thomas)

 

 

 

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Vous partez (Buson)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018




    
Vous partez :
Combien longue est la route,
Et verts les saules !

(Buson)

 

Recueil: Haïku
Traduction: Philippe Jaccottet
Editions: Fata Morgana

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Les barques d’or (Emile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



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Les barques d’or

Les barques d’or du bel été
Qui partirent, folles d’espace,
S’en reviennent mornes et lasses
Des horizons ensanglantés.

A coup de rames monotones,
Elles s’avancent sur les eaux ;
On les prendrait pour des berceaux
Où dormiraient des fleurs d’automne.

Tige de lys au beau front d’or,
Toutes vous glissez abattues ;
Seules les roses s’évertuent
A vivre, au delà de la mort.

Qu’importe à leur beauté plénière
Qu’octobre luise ou bien avril :
Leur désir simple et puéril
Boit jusqu’au sang, toute lumière.

Même aux jours noirs, quand meurt le ciel,
Sous la nuée âpre et hagarde,
Sitôt qu’une clarté darde,
Elles s’exhalent vers Noël.

Vous, nos âmes, faites comme elles ;
Elles n’ont pas l’orgueil des lys,
Mais détiennent, entre leurs plis,
L’ardeur sacrée et immortelle.

(Emile Verhaeren)

 Illustration

 

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Et Séléné pâlit (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Et Séléné pâlit, et les Heures divines
Font descendre l’Aurore aux lointaines collines.
Le Dieu s’écrie ! Il part, et dans l’ampleur du ciel
Il pousse, étincelant, le quadrige immortel.
L’air sonore s’emplit de flamme et d’harmonie;
L’Océan qui palpite, en sa plainte infinie,
Pour saluer le Dieu, murmure un chant plus doux ;
Et, semblable à la vierge en face de l’époux,
La Terre, au bord brumeux des ondes apaisées,
S’éveille en rougissant sur son lit de rosées.

(Leconte de Lisle)

Illustration: Leon-Francois Comerre

 

 

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