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Posts Tagged ‘partir’

Le sein ému, le front à demi soulevé (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2020



Luis Falero Reclining_Nude

Le sein ému, le front à demi soulevé,
Inquiète, elle attend celui qu’elle a rêvé.
Et le vent monotone endort les noirs feuillages;
La mer en gémissant berce les coquillages;
La montagne muette, au loin, de toutes parts,
Des coteaux aux vallons,brille de feux épars;
Et la source elle-même, au travers de la mousse,
S’agite et fuit avec une chanson plus douce.

Mais le jeune Immortel, le céleste Inconnu,
L’Amant mystérieux et cher n’est pas venu !
Il faut partir, hélas ! et regagner la plaine.
Thestylis sur son front pose l’amphore pleine,
S’éloigne, hésite encore, et sent couler ses pleurs;
De la joue et du col s’effacent les couleurs;
Son corps charmant, Éros, frissonne de tes fièvres !
Mais bientôt, l’oeil brillant, un fier sourire aux lèvres,
Elle songe tout bas, reprenant son chemin :
— Je l’aime et je suis belle! Il m’entendra demain !

(Leconte de Lisle)

Illustration: Luis Falero 

 

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Fleur. Est-ce une fleur ? (Bai Juyi)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2020



Illustration
    
Fleur. Est-ce une fleur ?
Brume. Est-ce une brume ?
Arrivant à minuit
S’en allant avant l’aube.
Elle est là: douceur
d’un printemps éphémère
Elle est partie: nuée du matin
nulle trace

(Bai Juyi)

 

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Ah! que j’aimais vos cheveux longs… (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



Pierre Auguste Renoir (1841-1919)  Children on the Seashore Guernsey 1883

Ah! que j’aimais vos cheveux longs…

Un! deux! trois! Tous en rond pon!

Ah! que j’aimais vos cheveux longs…
quand nous jouions, enfants, pleins d’été des campagnes

Au bout de la prairie, ô verte aquarelliste
zinzinule un ruisseau et nous buvons dedans
quand nous avons bien chaud l’eau qui glace les dents

Elles rient! Elles rient!
Je les entends encore …

Un! deux! trois! quatre! Beau colimaçon pon!

Elles rient, elles rient, gorges d’anges harpistes
leurs lèvres neuves sont des grappes de groseilles
luisantes de salive au feu d’or d’un rayon

Ah! que j’aimais ces baisers longs
que je nous supposais, virginales compagnes
En vous quittant le soir j’étais timide et triste
J’en pleurerais encore …

Adieu, vieil horizon
Elles s’en vont, je pars, et s’égrènent les ans
Tout s’espace, tout meurt, on tourne les talons
(Elles avaient des boucles d’argent aux oreilles)

Un! deux! trois! quatre! Allons

Ah! que j’aimais vos blancs jupons pon!

(Louis Calaferte)

Illustration: Pierre Auguste Renoir

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Amour désenchanté (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020




    
Amour désenchanté
désert glacé coeur éclaté
c’est fini elle est partie.
Ciel gris hiver ennui
oui ça arrive aussi
amour déglingué
le ressort a cassé.
Portes fermées volets tirés
il faut panser les plaies.
Et puis par la serrure perce un rai de lumière
jamais vraiment l’amour ne désespère
un souffle d’air et sous la cendre
rougeoie la braise.

Demain
oui demain
à nouveau
j’aimerai.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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RIVIÈRE (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020


 


RIVIÈRE

La rive était fraîche encore
Ce matin quand nous passions.
Nous aurons vu bien des herbes
Renoncer à suivre l’eau.

Le geste ancien de boire
Les deux mains sur le bol
Quand l’horloge sonnait
Dans l’odeur de l’étable.

Le bois épais des bancs
Et de la table usée,
Où des mains s’accrochèrent
Qui tremblaient de colère.

(Eugène Guillevic)

 

 

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Tu te rappelleras ce ravin capricieux (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2019



 

Tu te rappelleras ce ravin capricieux,
c’est là que palpitaient les arômes grimpants,
de temps en temps passait un oiseau revêtu
de lenteur et de pluie : son costume d’hiver.

Tu te rappelleras les présents de la terre :
l’irascible parfum, avec la fange d’or,
les herbes du buisson et les folles racines,
sortilège d’épine et pareil à l’épée.

Tu te rappelleras le bouquet apporté
par toi, bouquet fait d’ombre et d’eau et de silence,
bouquet pareil à la pierre entourée d’écume.

Ce fut alors comme jamais, comme toujours :
nous partons tous les deux vers le lieu sans attente
pour y trouver tout ce qui est en train d’attendre.

***

Recordarás aquella quebrada caprichosa
a donde los aromas palpitantes treparon,
de cuando en cuando un pájaro vestido
con agua y lentitud : traje de invierno.

Recordarás los dones de la tierra :
irascible fragancia, barro de oro,
hierbas del matorral, locas raíces,
sortílegas espinas como espadas.

Recordarás el ramo que trajiste,
ramo de sombra y aguas con silencio,
ramo corno una piedra con espuma.

Y aquella vez fue como nunca y siempre :
vamos allí donde no espera nada
y hallamos todo lo que está esperando.

(Pablo Neruda)

Illustration: Marc Chagall

 

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Soleil soleil (Claire Pommet)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019



    

Soleil soleil

Un, deux, trois
Ne me demandez pas pourquoi
Quand vient l’hiver et le grand froid
On voudrait tous mourir
Comme si c’était la première fois
Que la nuit tombait, dans nos bras
On voudrait tous partir
Retrouver le soleil
Qui nous manque
Qui va brûler toutes nos peines
Le soleil, qui nous hante
Oh reviens, soleil, soleil

Ne regardez jamais en bas
Ou le méchant loup vous mangera
Vous perdrez l’équilibre
On va tous compter jusqu’à trois
Et faire une chaîne avec nos bras
Sur la route du sud
Retrouver le soleil
Qui nous manque
Qui va brûler toutes nos peines
Le soleil, qui nous hante
Oh reviens, soleil, soleil

Souvenez-vous, la prochaine fois
Que vient la neige et le fracas
On n’va pas tous mourir
Entre les braises on marchera
Et la nuit noire nous embrassera
On pourra tous partir
On pourra tous partir

(Claire Pommet)

 

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RONDE DES DÉPARTS (Franc-Nohain)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2019



    

RONDE DES DÉPARTS

– Pour montrer que nous sommes tristes,
Il convient d’agiter nos mouchoirs de batiste.

Choeur des sceptiques
Et si vous n’avez pas de mouchoirs ?

– Nous quitterons nos redingotes
Offrant au vent leurs pans qui se gonflent et flottent.

Le choeur
Et si vous n’avez pas de redingote ?

– Que notre gilet de flanelle
S’envole vers l’absent comme de blanches ailes.

Le choeur
Et si vous n’avez pas de flanelle ?

– Mais notre pantalon nous reste
Pour faire au train qui part nos signaux de détresse.

Le choeur
Et si vous n’avez pas de pantalon ?

– (C’est absolument invraisemblable.)

(Franc-Nohain)

 

Recueil: Le rire en poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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Interroger le vent (Natsume Soseki)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2019



    

(Natsume Soseki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Chantent les cigales (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2019




    
Chantent les cigales
près de leur fin, les conscrits
Partant pour la guerre

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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