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Poésie

Posts Tagged ‘pleurer’

La fausse mort (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017


Pleurez, belles, voici la tombe de l’Amour!
Il s’affaissa ici, pour un rien, par hasard.
Mais est-il mort vraiment? Je n’en jurerais pas
Souventes fois un rien, un hasard le réveille.

***

Scheintod.

Weint, Mädchen, hier bei Amors Grabe! hier
Sank er von nichts, von ungefähr danieder.
Doch ist er wirklich tot? Ich schwöre nicht dafür:
Ein Nichts, ein Ungefähr erweckt ihn öfters wieder.

(Goethe)

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LE LARGE (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



LE LARGE

Ce n’est pas son nom qui le grise
Mais qu’il soit murmuré tout bas
Le secret d’un coeur qui se brise
Dans des voix qu’il ne connaît pas

Quand toute plainte lui révèle
De quoi sa peine avait pleuré
L’homme entend son coeur qui l’appelle
Dans les voix qui l’ont ignoré

Ainsi chaque étoile voit-elle
La nuit des sommets s’accomplir
En formant dans la nuit des ailes
Le bruit que quelqu’un va venir

Lui son mal est la pitié même
Ce qu’il est s’efface à son tour
Et pour lui rendre ce qu’il aime
Retourne à la pitié du jour

(Joë Bousquet)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Les béatitudes (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



 

 
    
Les béatitudes

Bienheureux ceux qui vont cassés et vermoulus
S’appuyer souriants au mur du cimetière,
Sachant qu’ils sont vivants, tous ceux qui ne sont plus;
Certains d’être attendus par eux dans la lumière
Des paradis prochains dont les portes flamboient:
Bienheureux ceux qui croient.

Bienheureux ceux qui sont assis coeur contre coeur
La nuit sur les seuils noirs ou les vieux bancs de pierre
Dans le parfum des lys et de la vigne en fleur,
Partageant simplement l’ivresse de la terre,
Alors que la blancheur des vergers fous essaime:
Bienheureux ceux qui s’aiment.

Bienheureux les naïfs et bienheureux les fous
Dont les trésors sont faits d’un or impondérable:
Caresses de leur chien, cri d’un oiseau, le doux
Murmure qu’ont le soir les branches des érables
Aux souffles languissants du vent qui les soulèvent:
Bienheureux ceux qui rêvent.

Et bienheureux aussi les tendres dont les yeux
Sont humides quand un violon bégaie
Sous l’archet d’un aveugle, ou que vibre amoureux
Le contralto d’un merle à travers la futaie,
Quand parmi les joncs bleus des clartés d’astres meurent:
Bienheureux ceux qui pleurent.

(Marie Dauguet)

 

 

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Frissons (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Frissons

Pleurez avec mon coeur
Pleurez avec mon coeur, orchestre fantastique;
Que mon rêve évoqua,
Pâles harmonicas
Et clavecins voilés, orgues aux cris mystiques;

Pleurez avec mon coeur tristement éperdu;
Cortèges des voix grises,
Roseaux que le vent brise,
Voix en deuil des baisers à tout jamais perdus;
Pleurez avec mon coeur tristement éperdu.

O pleurez dans le soir, douloureuse musique,
Vous, lyre que fêla
Le temps, violons las,
Et tympanons fanés, et harpes squelettiques;
O pleurez dans le soir, douloureuse musique.

Pleurez avec mon coeur, voix s’exhalant des tombes.
– O quel orchestre las
Gémit sous les lilas
Où parmi les parfums sanglotent des colombes; –
Pleurez avec mon coeur, voix s’exhalant des tombes.

Pleurez avec mon coeur, voix des mortes d’amour
Qui suintez de la terre
Molle des cimetières,
Voix d’ombre et voix de cendre aux imprécis contours;
Pleurez avec mon coeur, voix des mortes d’amour.

(Marie Dauguet)

 

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Musique slave (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Musique slave

C’est le concert doux des voix pleureuses,
Vieux chagrins résignés et tendresses
Que l’on méconnut et la tristesse
Des élans réprimés. Effleureuses
Voix sourdes, pleurez comme les ifs
Embrumés qu’échevèle un vent convulsif.

C’est le concert tout en lancinances
Des désirs contraires et la ronde
Des corbeaux et des folles arondes
Par le ciel fleuri d’incohérences:
Rouges pompeux, tristes violets
Dont se mêlent, en accords faux, les reflets.

C’est le concert vraiment sans mesures
Des baisers profonds et des morsures;
Le vibrement nerveux des ciguës
Sous l’archet des bises ambiguës
D’avril où reluit un soleil blond
Que voile une averse blême de grêlons.

C’est surtout l’écart entre le rêve
Et le réel qui, sans nulle trêve,
Par des accents forcenés s’exprime,
Comme une blessure s’envenime,
Puis éclate enfin en gémissant
Et remplit l’horizon noir d’un flot de sang.

(Marie Dauguet)

 

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La neige (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017



Illustration
    
La neige

Partout cette chape d’hermine
A la souple onctuosité
Sur la laideur qu’elle élimine
Etend sa somptuosité.

Bouquets de grands lys qu’illumine
Le reflet d’un jour argenté,
Marbre, lait, blancheur d’étamine,
Fastueuse idéalité,

C’est la neige que le givre aime,
Perles ou diamants qu’il sème,
Couvrir de ses fins entrelacs.

La lune y glisse et métallise
Sa surface où l’hurlante bise
Chante comme pleure un coeur las.

(Marie Dauguet)

 

 

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La tristesse (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
La tristesse

L’âme triste est pareille
Au doux ciel de la nuit,
Quand l’astre qui sommeille
De la voûte vermeille
A fait tomber le bruit ;

Plus pure et plus sonore,
On y voit sur ses pas
Mille étoiles éclore,
Qu’à l’éclatante aurore
On n’y soupçonnait pas !

Des îles de lumière
Plus brillante qu’ici,
Et des mondes derrière,
Et des flots de poussière
Qui sont mondes aussi !

On entend dans l’espace
Les choeurs mystérieux
Ou du ciel qui rend grâce,
Ou de l’ange qui passe,
Ou de l’homme pieux !

Et pures étincelles
De nos âmes de feu,
Les prières mortelles
Sur leurs brûlantes ailes
Nous soulèvent un peu !

Tristesse qui m’inonde,
Coule donc de mes yeux,
Coule comme cette onde
Où la terre féconde
Voit un présent des cieux !

Et n’accuse point l’heure
Qui te ramène à Dieu !
Soit qu’il naisse ou qu’il meure,
Il faut que l’homme pleure
Ou l’exil, ou l’adieu !

(Alphonse de Lamartine)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

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Je croyais (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Je croyais

Mon chemin, je croyais, me mènerait, bien sage,
Parmi les champs d’épis, à travers l’or des blés.
Chanteraient près des fruits des oiseaux assemblés.
Je me reposerais dans un petit village.

Et je partis. L’aube pointait. Le paysage
Se rappelait encor ses instants étoiles.
Par les pleurs du matin, les cieux étaient voilés,
Dans l’automne volait la corneille sauvage.

En ce désert qui pleure on ne voit nul épi.
Aux arbres décharnés s’acharne le souci
Peignant ses nids en brun contre la feuille sèche.

Que ce désert est dur ! Qu’il est triste et rétif!
Aucune fleur ne vient sur ce sol bien trop rêche.
Si! quelquefois… le sang d’un pavot rouge vif!

(Attila Jozsef)

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La tendre chanson (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



    

La tendre chanson

Tu viendras dans ma chaumière
T’asseoir un matin de mai,
Sur ma couche de bruyère,
Dire combien tu m’aimais.

Je mettrai dans ta main douce
Ma main et nous pleurerons,
Ainsi que l’eau sur la mousse,
Tous les deux nous pleurerons.

Nous aurons l’âme candide
Et tendre comme l’orée
Des halliers encore humides
Et que baigne la rosée.

Tous deux nous palpiterons,
– Roucoulez, les tourterelles! –
Et tant de baisers feront
Autour de nous un bruit d’ailes.

Nous serons aussi sauvages
Que le faon craintif qui broute
L’écorce dans les triages
De l’acacia qui s’égoutte.

Nous sentirons dans nos âmes
Fleurir les bourgeons des hêtres
Et s’entr’ouvrir les jusquiames
Que les lièvres viennent paître;

Nous serons paisibles, doux,
Infiniment oublieux
Des autres, enfin heureux,
Heureux comme sont les loups.

(Marie Dauguet)

 

 

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AIMONS-NOUS (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



AIMONS-NOUS

Sûrement, hélas, un jour viendra
Où nous dormirons dans une bière,
Etrangers en quelque cimetière,
Et l’automne sur nous pleurera.

Alors, que sera-ce ma mignonne
— Dans le chaos de l’immensité —
Si ton corps virginal s’abandonne
Au feu rose de la volupté ?

(George Bacovia)

Illustration: Alex Grey

 

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