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Poésie

Posts Tagged ‘pleurer’

Je te donne une oreille (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2017



    
Je te donne une oreille
qui perçoit les voix secrètes
qui ouvre ses portes au tumulte de la vie
qui croit les promesses
et danse sur chaque rythme

une oreille qui pleure
et sourit
une oreille qui désire
qui embrasse
et jouit

(Maram al-Masri)

 

Recueil: Par la Fontaine de ma Bouche
Traduction: Maram al-Masri – Bruno Doucey
Editions: Bruno Doucey

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Je te donne une bouche (Maram al-Masri)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2017



Illustration: Annie Cuquel

    
Je te donne une bouche propre
parfumée de musc
et de secrets

je te donne une bouche qui mange
qui mâche
qui boit
qui avale

je te donne une bouche qui raconte des histoires
qui clame des poèmes
qui sourit des métaphores
et pleure de douleur

une bouche qui désire
qui embrasse
et jouit

(Maram al-Masri)

 

Recueil: Par la Fontaine de ma Bouche
Traduction: Maram al-Masri – Bruno Doucey
Editions: Bruno Doucey

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Crucifixion (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Matthias Grünewald

Crucifixion

Ne pleure pas sur moi, Mère,
je suis dans la tombe

1

Le choeur des anges entonna l’heure solennelle,
Et les cieux fondirent dans les flammes.
Il dit à son Père : « Pourquoi m’as-tu abandonné ! »
Et à sa Mère : « Oh, ne pleure pas sur moi… »

2

Madeleine se tordait les bras, pleurait,
Le disciple bien-aimé se figeait,
Mais là où la Mère se tenait en silence,
Personne n’osa même regarder.

(Anna Akhmatova)

 

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

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En rêve (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Luc Thébault

En rêve

La séparation noire, définitive
Je la subis tout comme toi.
Comment, tu pleures ? Donne-moi plutôt la main.
Promets-moi de revenir en rêve.
Pour nous deux, c’est comme pour les montagnes,
Pour nous deux, nulle rencontre ici-bas.
Puisses-tu seulement, à minuit,
Me faire signe par-delà les étoiles.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Toutes les âmes bien aimées (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Alexandre Seon

Toutes les âmes bien aimées sont sur de hautes étoiles.
Comme il est doux de n’avoir plus personne à perdre
Et de pouvoir pleurer. L’air de Tsarskoïe Selo
Ne fut créé que pour porter les chants.

Sur la rive un saule d’argent
Caresse l’eau claire de septembre.
Surgissant du passé, en silence,
Elle vient à ma rencontre, mon ombre.

Il y a tant de lyres ici, pendues aux branches,
La mienne aussi, dirait-on, a sa place.
Et cette petite bruine ensoleillée,
Comme une heureuse nouvelle, me console.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Ah, tu croyais (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Edvard Munch

Ah, tu croyais que j’étais de celles
Qu’on peut oublier,
Que j’irais me jeter, pleurant, priant,
Sous les sabots de ton cheval blanc.

Que j’irais demander aux sorcières
Une racine trempée d’eau magique,
Et t’offrirais en cadeau maléfique
Mon précieux mouchoir parfumé.

Sois maudit. Pas un regard, pas une plainte,
Je ne toucherai pas à ton âme exécrée,
Mais je te jure par le jardin des anges,
Sur l’icône des miracles je le jure,
Et sur l’ardente ivresse de nos nuits —
Jamais vers toi je ne reviendrai.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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La Femme de Loth (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Marvin Haye

La Femme de Loth

La femme de Loth regarda en arrière,
et elle devint une statue de sel
Genèse 19, 2.6

Et le Juste marchait derrière l’ange de Dieu
Immense et lumineux sur la montagne noire
Mais la détresse parlait fort à sa femme:
Non, il n’est pas trop tard, tu peux encore la voir
Ta Sodome natale, ses tours rouges,
La place où tu chantais, la cour où tu filais,
Et les fenêtres vides de la haute maison
Où tu as donné des enfants à ton mari bien aimé.
Elle se retourne — frappés soudain d’une douleur mortelle,
Ses yeux déjà s’aveuglent,
Et son corps se raidit, sel transparent,
Et ses jambes rapides dans la terre s’enracinent.

Qui pleurera cette femme ?
Quelle importance a-t-elle ?
Mais mon coeur, lui, jamais n’oubliera
Celle qui, pour un regard, donna sa vie.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Un coeur au coeur (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Un coeur au coeur n’est pas rivé,
Tu veux partir, va t’en.
Bien du bonheur est dévolu
À qui suit librement sa route.

Je ne pleure pas, ne me plains pas,
Le bonheur ne sera pas pour moi.
Ne m’embrasse pas, fatiguée, —
La mort viendra m’embrasser.

Sont passés les jours des pires tourments
Avec l’hiver blanc.
Mais pourquoi, pourquoi donc es-tu
Mieux que celui de mon choix ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Edvard Munch

 

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HIVER BLANC (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



HIVER BLANC

La margelle du puits déroule son tapis
De laine de nuage à la blancheur d’albâtre
Un moineau égaré, dans un coin se tapit
Tandis qu’une fumée, mollement, sort de l’âtre.

Les toits éclaboussés de larmes hivernales
Pleurent de tout leur soûl les chagrins de la nuit
Et festonnent les tuiles de perles de cristal.
Accrochées ça et là dans les ombres qui fuient.

La rivière est miroir … les chemins sont d’hermine !
Les arbres de noël ont envahi les prés !
Les pommiers dépouillés qui faisaient triste mine
Se sont enjolivés de robes sans apprêt.

En ce joli matin d’hiver éblouissant
Où le jour et la nuit se font « guerre en dentelle »
Des flocons de duvet animent en dansant
Ce merveilleux tableau digne d’une aquarelle !

Et ce petit village, éternel inconnu
Devient soudainement une œuvre de Grand Maître !
Miracle des saisons … Décor tombé des nues …
Fasciner un instant ! Doucement disparaître …

(Jacqueline Commard)

 Illustration: Hendrick Avercamp

 

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Où sont tes peupliers hauts de quinze cents mètres (Hughes Fouras)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2017



Où sont tes peupliers hauts de quinze cents mètres,
Tes champs pleins de Sioux et de courges scalpées?
Charmant pays de mes vacances enfantines,
Tu m’apparais comme un village de poupées.

Tout s’est ratatiné: les peupliers des routes ?
A peine plumes d’oie pour poètes branlants,
Et l’oncle qui jadis m’étonnait par sa force,
Un petit vieux qui pleure en me reconnaissant.

(Hughes Fouras)

 

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