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Poésie

Posts Tagged ‘là-bas’

LA CUEILLEUSE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022



Illustration: Ma Yuanyu
    
LA CUEILLEUSE

Elle cueille la vigne là-bas.
Un jour que je ne la vois pas
Me semble aussi long que trois mois.

Elle cueille les roseaux là-bas.
Un jour que je ne la vois pas
Me semble aussi long que deux automnes ou trois.

Elle cueille l’herbe là-bas.
Un jour que je ne la vois pas
Me semble aussi long que deux ans ou trois.

(Anonyme)

***

 

Recueil: Poèmes choisis et illustrés du Livre de la Poésie
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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ON SE DIT ADIEU EN AUTOMNE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022



Illustration: Zhao Ji
    
ON SE DIT ADIEU EN AUTOMNE
Sur l’air de  » La Cloche tintant dans la pluie  »
—Liu Yong

Le cri des cigales paraît douloureux
hors d’un pavillon où l’on se dit adieu.
L’averse a cessé,
Je ne veux plus boire,
mon coeur est brisé.

Aux portes de la ville, nous nous attardons
bien que le bateau me hâte au départ,
nous nous regardons les larmes aux yeux,
la main dans la main,
les mots se figent sur nos lèvres,
entrecoupés de brefs sanglots.

Dans ma pensée se déroule le voyage
sur la vaste étendue des flots brumeux.
Là-bas le ciel du Sud est chargé de nuages.
Ceux qui s’aiment s’affligent de se séparer,
Surtout quand vient le froid de la fête automnale.

Où serai-je quand je serai dégrisé ?
Sur une rive de saules bordée,
Avec un lambeau de lune et la brise matinale.
Je t’aurai quittée pour toute une année.

Pour qui tous ces beaux paysages et ces belles journées ?
De quelque ardeur je puisse m’enflammer,
à qui désormais me confier ?

(Anonyme)

***

 

Recueil: Choix de Poèmes et de Tableaux des Song
Traduction:
Editions: China Intercontinental Press

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ICI ET LÀ-BAS (Pittau & Gervais)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



Illustration: Pittau & Gervais
    
ICI ET LÀ-BAS

Ici
il fait plein soleil
Là-bas
C’est la nuit complète

Ici
Je me suis endormi
Là-bas
Il s’est réveillé

Ici
Je frissonne de froid
Là-bas
Il soupire de chaleur

Ici
Je pense à là-bas
Et là-bas
Il pense à ici

(Pittau & Gervais)

 

Recueil: Un dragon dans la tête
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Quand elle s’envole (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2022



Illustration
    
Quand elle s’envole

Mésange sur un piquet dans le jardin…
A tes yeux je vois que tu ne le vois pas,
fixant le bout de mon doigt ou, là-bas, beaucoup trop loin
les maisons derrière le tas de cendres.
C’est quand elle s’envole (vers quelle motte, quel relief?)
que ton regard s’allume – Tu l’as vue.

Quand elle s’envole, quand elle n’est plus visible.

(Pascal Commère)

Recueil: Plumes de poèmes
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Embarcadère du Sud, à Li-zhou (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration: Shitao
    
Embarcadère du Sud, à Li-zhou

Mue par la brise une eau s’étale face au couchant
Éparpillant les îlots parmi les lointaines verdures
Là-bas sur l’onde, cris de chevaux ponctués de coups de rames
Ici sous les saules, attente insouciante du retour de la barque

Bancs de sable, touffes d’herbe, mille mouettes se dispersent
Champs et rizières à l’infini, une seule aigrette s’envole
Enfin partir ! Sur la trace du vieil errant, Fan Li
Se perdre dans l’oubli parmi les brumes des Cinq Lacs !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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GRAAL (Gil Jouana)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022



Illustration: Alice de Miramon
    
GRAAL

Je voudrais retourner là-bas,
Où chaque geste portait charge utile,
Où mentir ne venait pas au jour,
là-bas, où je sais bien que tu m’attends,
les yeux couverts de nuages
que le matin oublie chaque jour
un peu plus de balayer.

Je voudrais, quand la chaleur
retourne se cacher entre les céréales
et que l’horizon lance son dernier cri d’orgueil,
arriver par le versant de ton sommeil
où tu tisses le suaire de ta patience,
et voir par la fenêtre
ton visage incliné sur nos souvenirs,
et te tendre la main
comme si j’étais seulement allé
te cueillir un bouquet.

Mais je ne sais plus où fleurit ce
là-bas, ni même si jamais tu existas.

(Gil Jouana)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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PRENDRE CONGÉ (KO Un)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2022




    
PRENDRE CONGÉ

En mettant la face en avant
J’avais voulu devenir quelque chose
Au cours des trente dernières années
J’étais un miroir qui voulait devenir
quelque chose, toujours

Là-bas j’ai définitivement jeté ce miroir
Crac ! C’était sur le chemin de mon retour

(KO Un)

 

Recueil: Poèmes de l’Himalaya
Traduction: du coréen par No Mi-Sug et Alain Génetiot
Editions: Decrescenzo

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Je regardais, au bord de la Néva (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2021




    
Je regardais, au bord de la Néva,
Dans les vapeurs d’une brume glacée,
Resplendir la coupole dorée
Du grand géant Saint-Isaac.

Timidement les nuages se levaient
Sur le ciel nocturne, hivernal,
Dans un silence de mort le fleuve pâle
Luisait de ses eaux gelées.

Et j’ai songé, triste et silencieux,
Qu’en des pays de soleil brûlant,
La baie de Gênes en cet instant
Flamboyait de tous ses feux.

O toi, Nord, Nord-sorcier,
Suis-je donc par toi envoûté ?
Ou suis-je vraiment enchaîné
Au froid granit de tes contrées ?

Ah, si un souffle, en passant,
Doucement dans le soir incertain,
M’emportait, m’emportait au loin,
Là-bas, là-bas, vers le Sud brûlant…

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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Sur ma table est un vase de Chine (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2021



Tout là-bas sur le chemin que je n’ai jamais vu
Je regarde le vase émaillé
un être que je ne connais pas me parle
il marche et m’ignore
il est violet il est bleu
Est-il mort ou vivant est-il né?
Sur ma table est un vase de Chine

(Pierre Albert-Birot)

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LA-BAS (Raymond Federman)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2021



LA-BAS

d’abord quand on entre
on pense que c’est juste
comme d’où on vient
sauf qu’il fait un peu plus noir

mais en fait on ne pense pas
on ne peut plus s’entendre penser
c’est pour cela qu’il nous semble
que tout est plus noir qu’avant
non seulement en dehors
mais aussi en dedans de nous
comme si la lumière était en train
de s’éteindre doucement vers le noir

c’est un endroit étrange
où nous aurions préféré ne pas aller
mais il est trop tard

***

OVER THERE

at first when you enter
you think it’s just like
whence you came
except it’s much darker
that’s what you think
but in fact you are
not thinking at all
because you can
no longer hear
yourself think
that’s why it feels darker
both outside and inside of you
as if the light was slowly dimming
towards total darkness

(Raymond Federman)

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