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Poésie

Posts Tagged ‘là-bas’

Par une porte entrouverte (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration: Pablo Picasso
    
Par une porte entrouverte
Sur tout ce que j’ai oublié
Je regarde ma vie

Vieille Demoiselle de Picasso
En quatre dimensions

Un œil à l’envers
Le nez en travers
Les pieds sur la mer
La tête ici
Ou là-bas

D’aujourd’hui
Et d’hier
Je regarde ma vie

En biais

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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AUTOMNE À COGOLIN (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019



Illustration: Michelle Auboiron  
    
AUTOMNE À COGOLIN

Là, le soir qui vient
Ici une fenêtre
Plus près la pluie
Plus loin une lampe
une autre
deux autres
plusieurs.
Est-ce le jour, la nuit ?
Est-ce que je suis toujours — ou jamais ?
Et de si peu que rien
ferai-je quelque chose ?

LÀ-BAS dorment les chênes-lièges
où gîtent depuis cent mille ans
les druides les fées les salamandres
LÀ résonne la fêlure de l’horloge
ici court un passant
trempé par l’averse
mais indifférent content
songeant, se souvenant.
Ma voix que j’entends mal
répète encore ces mots :
ICI LA-BAS
TOUJOURS JAMAIS

Mais qui donc sous ce porche espère ?
L’ombre elle aussi déjà
sous les voûtes s’amasse et sourit.
Qu’est-ce qui m’attire au fond de ce rien,
de cet instant qui s’efface ?

Je n’entends plus
Je suis le silence j’attends.
Gerbe où je suis tombé
arraché déchiré
sur le point de saisir
sur le point de sauver
dans l’ombre de velours
un objet sans valeur et sans prix
vérité attendue inconnue
reconnue
connaissance comblée épuisée

peu de chose pour tout.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Bruit de pluie en forêt (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2019



Bruit de pluie en forêt
Ici les pins! Là-bas les feuilles!

(Werner Lambersy)

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Emanation (Roxana Páez)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018


 



    
Emanation à la figure impalpable

Je ne veux pas que tu existes
en tant que seul reste
ou fumée

même si je dois m’éloigner
pour chercher ta main grise

et revenir encore et encore

là-bas
là-bas
là-bas
là où je suis
toujours
et même ici
devant cette bande d’oiseaux noirs
qui s’emmêle
dans les feuilles
et forme le cercle
des heures.

***

Emanación de figura impalpable

No quiero que existas
sôlo como resto
o humo

aunque tenga que alejarme
para buscar tu mano gris

y volver una y otra vez

Alli
alli
alli
donde siempre
estoy
incluso aqui
ante la bandada de pajaritos negros
que se enreda
en las hojas
y hace un circulo
de las horas.

(Roxana Páez)

 

Recueil: Des brindilles à sa flambée
Traduction:
Editions: Reflet de lettres

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Puis vient l’insondable (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



Illustration    
    
puis vient l’insondable
regard fracassé
là-bas tout au fond

y a-t-il de l’âme
autre que ce trou
pour viser le ciel

l’inusable en nous
n’est pas ce qu’on croit
c’est ce vide au coeur

et le sens s’appuie
sur ce vide-là
comme fait panache

la fumée qui sort
de la cheminée
tout et rien toujours

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Là-bas (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



là-bas des soleils contraires
éveillent les ténèbres et le jour
ce qu’ils éclairent ne se voit pas

(André Velter)


Illustration: Odilon Redon

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Là-bas, n’est-ce pas un sourire ? (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018




Là-bas, n’est-ce pas un sourire ? Vois, ce qu’il y a là-bas
dans les champs qui débordaient d’abondance,
n’est-ce pas ce que nous-mêmes laissons modestement fleurir
quand nous l’invitons à venir sur notre visage ?

***

Ist dort nicht Lächeln? Siehe, steht dort nicht
in Feldern, die von Fülle übergingen,
was wir zu einem kleinen Aufblühn bringen,
wenn wirs bemühn in unser Angesicht?

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Je ne sais pas qui je suis (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



Guy Lévis Mano s

 

je ne sais pas qui je suis
je viens de terres très lointaines
tant de sangs en moi sont tourmentés
mon grand-père était oriental
et j’ai on me l’a dit une aïeule juive
je ne sais pas qui je suis
mes lèvres n’acceptent jamais les lèvres présentes
je sais qu’il doit exister des lèvres meilleures
je ne sais pas où
là-bas
et mes lèvres sont tendues vers les inexistences
toujours

ils m’ont dit
votre marche est indolente
vos paroles ont des lenteurs chantantes
elles sont toutes de douceur
ils m’ont dit aussi
avec leurs yeux déchirés d’amertume
vous avez des sursauts cruels
vous étranglez les cœurs avec vos dents ardentes
et votre inconscience est terrible

je ne sais pas
j’ai parfois des yeux qui ne sont plus les miens
je viens de terres si lointaines
et tant de races tant de passions jouent en moi
mon grand-père était oriental
mon aïeule on me l’a dit était une juive
qui avait des yeux merveilleux

mes yeux sont pleins d’horizons dorés
j’ai mes mains lourdes de tendresse
sans cesse
mon corps appelle les corps
et je n’ai jamais trouvé
celle des mains douces et de mes rêves fervents
je vais incliné vibrant vers d’incertaines beautés
parfois m’a serré le désir du vulgaire
et mes contradictions sont immenses

parce que mes yeux sont noirs
frissonnant de sensualités profondes
parce que ma peau est brune
l’on me demande d’où je viens
et qui je suis

je sais que je viens de terres très lointaines
là les mers sont couleur de beau ciel
les soirs elles pleurent d’étranges agonies
en des couleurs qui ont déteint dans mon âme
je ne sais pas les chanter
mais elles sont berçantes et nostalgiques
comme mes mers étales

je sais que je viens de très loin
mais je ne sais pas qui je suis
mes solitudes et mes absences incomparables
ne me l’ont jamais appris

(Guy Lévis Mano)

 

 

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Le chemin silencieux (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



Illustration: Mylène Calvin    
    
Le chemin silencieux et, de nuit,
le chemin éclairé par la lune —

les arbres
les vieux arbres si silencieux —
l’eau
l’eau sereine doucement retenue.

Et là-bas au loin le ciel englouti
avec son grouillement d’étoiles.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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Mes rêves (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018




    
Mes rêves

Mes rêves se précipitent au loin
Où l’on entend les cris et les pleurs,
Séparer la tristesse du chagrin
Et le supplice de la douleur.

Je peux là-bas trouver moi-même
La consolation et l’ivresse,
Là-bas, en dépit du destin,
Je chercherai le feu sacré :
Je chercherai la vraie fureur.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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