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Posts Tagged ‘là-bas’

QUAND VIENDRAS-TU? (Leiser Aichenrand)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Véronique Wibaux 
    
QUAND VIENDRAS-TU?

Dans l’océan des nuits
Tes paroles deviennent
Huîtres perlières
Et tes yeux, des pêcheurs
Portant filets de mélodies.

Le jour
Leur soif décoche
Des flèches de feu vers le soleil.
Qui de ton coeur pourtant
Fait le cri déchiré
Des mouettes
Effrayant même
La solitude ancienne
Du vent?

Intouché par les temps
Tu mets la voile
Dans la pluie des regards
À travers le ruissellement
Des tristesses
Là-bas
Où sur mon pays d’attente
Croît
Noire, l’herbe.

Quand viendras-tu ?

(Leiser Aichenrand)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Avec toi (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019




    

Avec toi
(Extrait)

À la petite porte qui donne sur les champs
Là-bas tout au bout de l’allée
Derrière les ifs
Au fond de la propriété
La clé est perdue
Depuis combien d’années
Tu m’attends

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LE TABLEAU (Marc Chagall)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Marc Chagall
    
LE TABLEAU

Si mon soleil rayonnait dans la nuit,
Je dors – baigné dans des couleurs,
Dans un lit d’images,
Et ton pied sur ma bouche
M’étouffe et me torture.

Je m’éveille dans la douleur
D’un nouveau jour, avec des espérances
Qui ne sont pas encore peintes,
Qui ne sont pas empreintes de couleurs.

Je cours là-haut
Vers les pinceaux desséchés.
Comme le Christ je suis cloué,
Crucifié sur ma palette.

Suis-je fini,
Achevé dans ma toile ?
Tout rayonne, ruisselle, court.

Lève-toi, encore une touche
Là-bas, du noir,
Ici, le bleu le rouge se sont étendus
Et m’ont apaisé…

Écoute-moi – mon lit de mort
Mon herbe desséchée,
Les amours disparues,
Revenues de nouveau,
Écoute-moi.

Je passe par-dessus ton âme,
Je franchis ton ventre,
Je bois le reste de tes jours.

J’ai englouti ton clair de lune,
Le songe de ton innocence
Afin de devenir ton ange
Et te veiller comme autrefois.

(Marc Chagall)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mes yeux désarmés demandent Grâce (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2019



Illustration: Robert Cattan
    
Mes yeux désarmés demandent
Grâce. Mais que faire alors
Que devant moi on prononce
Le nom bref et si sonore ?

Je marche dans la campagne,
Le long des tas de rondins ;
Le vent printanier est libre
De souffler où il veut bien,

Et mon coeur languide entend
Que là-bas – secret supplice ! –
Mon ami vit et respire
Et ose n’être pas triste.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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LA-BAS (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




LA-BAS

Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
Libre continent sans grillage
Ici, nos rêves sont étroits
C’est pour ça que j’irai là-bas
Là-bas
Faut du coeur et faut du courage
Mais tout est possible à mon âge
Si tu as la force et la foi
L’or est à portée de tes doigts
C’est pour ça que j’irai là-bas
N’y va pas
Y’a des tempêtes et des naufrages
Le feu, les diables et les mirages
Je te sais si fragile parfois
Reste au creux de moi
On a tant d’amour à faire
Tant de bonheur à venir
Je te veux mari et père
Et toi, tu rêves de partir
Ici, tout est joué d’avance
Et l’on n’y peut rien changer
Tout dépend de ta naissance
Et moi, je ne suis pas bien né
Là-bas
Loin de nos vies, de nos villages
J’oublierai ta voix, ton visage
J’ai beau te serrer dans mes bras
Tu m’échappes déjà, là-bas
J’aurai ma chance, j’aurai mes droits
N’y va pas
Et la fierté qu’ici je n’ai pas
Là-bas
Tout ce que tu mérites est à toi
N’y va pas
Ici, les autres imposent leur loi
Là-bas
Je te perdrai peut-être là-bas
N’y va pas
Mais je me perds si je reste là
Là-bas
La vie ne m’a pas laissé le choix
N’y va pas
Toi et moi, ce sera là-bas ou pas
Là-bas
Tout est neuf et tout est sauvage
N’y va pas
Libre continent sans grillage
Là-bas
Beau comme l’on n’imagine pas
N’y va pas
Ici, même nos rêves sont étroits
Là-bas
C’est pour ça que j’irai là-bas
N’y va pas
On ne m’a pas laissé le choix
Là-bas
Je me perds si je reste là
N’y va pas
C’est pour ça que j’irai là-bas
N’y va pas …

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration

 

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Par une porte entrouverte (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration: Pablo Picasso
    
Par une porte entrouverte
Sur tout ce que j’ai oublié
Je regarde ma vie

Vieille Demoiselle de Picasso
En quatre dimensions

Un œil à l’envers
Le nez en travers
Les pieds sur la mer
La tête ici
Ou là-bas

D’aujourd’hui
Et d’hier
Je regarde ma vie

En biais

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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AUTOMNE À COGOLIN (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019



Illustration: Michelle Auboiron  
    
AUTOMNE À COGOLIN

Là, le soir qui vient
Ici une fenêtre
Plus près la pluie
Plus loin une lampe
une autre
deux autres
plusieurs.
Est-ce le jour, la nuit ?
Est-ce que je suis toujours — ou jamais ?
Et de si peu que rien
ferai-je quelque chose ?

LÀ-BAS dorment les chênes-lièges
où gîtent depuis cent mille ans
les druides les fées les salamandres
LÀ résonne la fêlure de l’horloge
ici court un passant
trempé par l’averse
mais indifférent content
songeant, se souvenant.
Ma voix que j’entends mal
répète encore ces mots :
ICI LA-BAS
TOUJOURS JAMAIS

Mais qui donc sous ce porche espère ?
L’ombre elle aussi déjà
sous les voûtes s’amasse et sourit.
Qu’est-ce qui m’attire au fond de ce rien,
de cet instant qui s’efface ?

Je n’entends plus
Je suis le silence j’attends.
Gerbe où je suis tombé
arraché déchiré
sur le point de saisir
sur le point de sauver
dans l’ombre de velours
un objet sans valeur et sans prix
vérité attendue inconnue
reconnue
connaissance comblée épuisée

peu de chose pour tout.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Bruit de pluie en forêt (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2019



Bruit de pluie en forêt
Ici les pins! Là-bas les feuilles!

(Werner Lambersy)

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Emanation (Roxana Páez)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018


 



    
Emanation à la figure impalpable

Je ne veux pas que tu existes
en tant que seul reste
ou fumée

même si je dois m’éloigner
pour chercher ta main grise

et revenir encore et encore

là-bas
là-bas
là-bas
là où je suis
toujours
et même ici
devant cette bande d’oiseaux noirs
qui s’emmêle
dans les feuilles
et forme le cercle
des heures.

***

Emanación de figura impalpable

No quiero que existas
sôlo como resto
o humo

aunque tenga que alejarme
para buscar tu mano gris

y volver una y otra vez

Alli
alli
alli
donde siempre
estoy
incluso aqui
ante la bandada de pajaritos negros
que se enreda
en las hojas
y hace un circulo
de las horas.

(Roxana Páez)

 

Recueil: Des brindilles à sa flambée
Traduction:
Editions: Reflet de lettres

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Puis vient l’insondable (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



Illustration    
    
puis vient l’insondable
regard fracassé
là-bas tout au fond

y a-t-il de l’âme
autre que ce trou
pour viser le ciel

l’inusable en nous
n’est pas ce qu’on croit
c’est ce vide au coeur

et le sens s’appuie
sur ce vide-là
comme fait panache

la fumée qui sort
de la cheminée
tout et rien toujours

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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