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Posts Tagged ‘coquelicot’

CHANSON DE MESSIDOR (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



CHANSON DE MESSIDOR

Dame ! vois-tu les grands blés d’or
Sous les couchants de Messidor
Saillir longs et droits de la glèbe.
Ils ne sont pas encor si longs
Que les flots de tes cheveux blonds
Où je cache mon front d’éphèbe.

Dame ! écoute la voix du vent
Dont l’aile caresse en rêvant
Une par une chaque tige.
Elle est moins vibrante d’émoi
Que ta chanson qui fait en moi
Courir des frissons de vertige.

Dame ! regarde voltiger
Les abeilles en l’air léger
Et se reposer sur les roses.
Leur miel plein d’arôme est moins doux
Que le baiser pris à genoux
Sur tes lèvres fraîches écloses.

Dame ! en ton geste noble et lent
Cueille un coquelicot sanglant
Pour l’épingler sur ta poitrine.
Il est moins rouge que mon coeur
Quand ton rictus aigre et moqueur
Le met en doute ou le chagrine…

(Gaston Couté)

Illustration

 

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Les plaisirs (Robert Burns)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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Les plaisirs, comme les coquelicots dans les prés,
Se fanent si vous les cueillez;
Ou comme un blanc flocon qui tombe dans un ru
Blanc un instant, puis pour toujours fondu
ou le chatoiement boréal merveilleux
Qui fuit dés qu’on y veut poser les yeux
Ou comme la forme gracieuse de l’arc-en-ciel
évanescente dans l’orage

***

But pleasures are like poppies spread,
You seize the flower, its bloom is shed
Or like the snow falls in the river,
a moment white – then melts for ever;
or like the borealis race,
that flit ere you van point their place;
Or like the rainbow’s lovely form
Evanishing amid the storm –

(Robert Burns)

Illustration: Alexander Goudie

 

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L’ombre de l’éléphant (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2017




L’ombre de l’éléphant
et l’ombre du coquelicot
ont le même poids.

(Jean-Pierre Siméon)

Illustration

 

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Avenir (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2017



 

Giampaolo Ghisetti -  (27)

Avenir

Les coquelicots noirs et les bleuets fanés
Dans le foin capiteux qui réjouit l’étable,
La lettre jaunie où mon aïeul respectable
A mon aïeule fit des serments surannés,

La tabatière où mon grand-oncle a mis le nez,
Le trictrac incrusté sur la petite table
Me ravissent. Ainsi dans un temps supputable
Mes vers vous raviront, vous qui n’êtes pas nés.

Or, je suis très vivant. Le vent qui vient m’envoie
Une odeur d’aubépine en fleur et de lilas,
Le bruit de mes baisers couvre le bruit des glas.

Ô lecteurs à venir, qui vivez dans la joie
Des seize ans, des lilas et des premiers baisers,
Vos amours font jouir mes os décomposés.

(Charles Cros)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Aux fleurs (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



Aux fleurs

Fleurs des bois, fleurs des prés, fleurs aux formes parfaites,
Quelle peine sincère, en ce mois, vous nous faites !
Vos coupes de parfums, vos vases de couleurs,
Vos calices de miel, vos corolles de pleurs,
Vos feuillages luisants, vos tiges élancées
Harmonieusement par la brise bercées,
Rien de votre beauté frêle n’a parfumé
Ni réjoui ce triste et frileux mois de mai !
Sans doute, un peu de vous dans la grâce des femmes
A charmé nos regards et consolé nos âmes…
Vos grandes sœurs ont eu leur règne séduisant
Et c’est le tour des plus petites, à présent.
– Églantines, lilas, tulipes, violettes,
C’est le printemps ! Muguets, agitez vos clochettes !
Dans les cerisiers blancs, dans les pommiers fleuris,
Le merle vous appelle avec de petits cris ;
Et les amants qui font l’amour à lèvres closes,
Ne peuvent rien se dire en l’absence des roses…
La terre, sous son herbe avare, vous attend,
Marguerite au cœur d’or, svelte lys éclatant,
Narcisse rose et blanc, pensée au velours sombre,
Et rêve de sommeil à votre petite ombre.
Chantez-nous la chanson délicate du bleu,
Et la gamme du rose exquis au rouge feu ;
Détaillez-nous la forme ascétique ou charnue,
Épanouie en boule, étoilée ou menue,
Et la variété soyeuse du satin,
Sa nuance innombrable au soleil du matin,
Ses éblouissements de pierres précieuses,
Ses ors, ses argents mats, ses pourpres somptueuses !
Comme trempé de sang, qu’on aperçoive au loin
L’ardent coquelicot dressé dans le sainfoin,
Et que dans la forêt, dentelée et légère,
Verte au pied du tronc gris, foisonne la fougère !
Point d’abeilles sans vous et point de papillons
Qui voltigent, de miel en miel, dans les rayons.
Vous êtes la lumière éclairant toute chose,
Ou bleue ou blanche ou mauve ou violette ou rose,
Et qui s’est incarnée en votre fine chair
Et, sous le ciel de pluie ou le firmament clair,
De vos calices fait de petites veilleuses
Frissonnantes au vent, douces et merveilleuses !
Vous êtes les parfums enivrants des sentiers,
Qui s’exhalent sans s’épuiser, des jours entiers,
Et, moite, dans le bois profond au vaste dôme,
Fume et l’emplit, pareil à l’encens, votre arôme !
La jeune fille rit en s’embaumant à vous,
Et pour vous respirer baise vos cœurs si doux.
Quand elle vous caresse à sa lèvre, on peut dire
Que la lèvre a l’odeur et la fleur le sourire !
Vous embellissez tout ; l’eau devient diamant
Dès que sur vous la goutte étincelle un moment,
Et lorsqu’un papillon brun en vous s’aventure,
Vous composez un prodige de la nature !
– Fleurs des champs, fleurs des bois, riches fleurs des jardins,
Splendide floraison : velours, tulles, satins ;
Humbles fleurs qui croissez au bord des grandes routes,
Fleurs indigentes qui bientôt vous fanez toutes ;
Fleurs à qui chaque jour le jet de l’arrosoir
Prodigue la fraîcheur qu’entretiendra le soir ;
Et vous, chétives fleurs tristes et négligées,
Qui n’êtes pas souvent d’eau limpide aspergées,
Qui comptez sur le ciel seulement, et que juin
Négligemment arrose en passant – et de loin,
C’est la saison ! Ne nous laissez pas dans la peine :
Sans couleurs, sans parfums, qu’est l’existence humaine ?

(Albert Lozeau)

 

 

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Pourquoi me donnes-tu la main timidement (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



Pourquoi me donnes-tu la main
Timidement et comme en secret ?
Viens-tu d’un pays si lointain,
Que tu ne connais pas notre vin ?

Ne connais-tu pas notre plus beau brasier
— Serait-ce que tu vis si seul ? —
N’être qu’un en l’autre
Avec le coeur, avec le sang ?

Ne sais-tu pas, plaisirs du jour,
Marcher avec l’être le plus cher,
Ne sais-tu pas, la séparation du soir venue,
Marcher tout seul le coeur lourd ?

Viens avec moi et aime-moi,
Ne pense pas à tes effrois,
Ne peux-tu donc te confier à personne,
Viens, prends et donne.

Puis traversons les blés mûrs
– Coquelicot et trèfle de nature —
Plus tard dans le vaste monde,
Nous aurons bien de la peine,

Quand nous sentirons le souvenir
Flotter avec force dans le vent.
Quand dans le doux souffle du rêve
Notre âme sera prise de frissons.

***

Warum gibst Du mir die Hand
Scheu und wie geheim?
Kommst Du aus so fernem Land,
Kennst nicht unsern Wein?

Kennst nicht unsere schönste Glut
— Lebst Du so allein? —
Mit dem Herzen, mit dem Blut
Eins im andern sein?

Weißt Du nicht des Tages Freuden,
Mit dem Liebsten gehen ?
Weißt Du nicht des Abends Scheiden,
Ganz in Schwermut gehen?

Komm mit mir und hab mich lieb,
Denk nicht an Dein Graun,
Kannst Du Dich denn nicht vertraun,
Komm und nimm und gib.

Gehen dann durchs reife Feld
— Mohn und wilder Klee —
Später in der weiten Welt
Tut es uns wohl weh,

Wenn wir spüren, wie im Wind
Stark Erinnerung weht.
Wenn im Schauder traumhaft lind
Unsere Seele weht.

(Hannah Arendt)

Illustration

 

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La fleur qui pousse au bord d’un ruisseau (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2016



La fleur qui pousse au bord d’un ruisseau
peut-être plonge-t-elle sa racine dans les lèvres décomposées d’une femme.
Ne foule pas dédaigneusement l’herbe,
car elle a grandi parmi les cendres d’un frais visage jadis semblable au coquelicot.

(Omar Khayam)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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L’ÉCHIQUIER (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016



L’ÉCHIQUIER

Au pays des roses trémières
Qui poussent contre les maisons sèches
J’ai souvenir d’une fleur fragile
À en mourir

Un coquelicot mon âme
Et son coeur de tragédie
Et ses ailes retaillées dans le rideau de scène
Du théâtre de cruelle harmonie
Où tout s’échange
Où tout s’essouffle
Quand le bonheur est une idée
Jetée par-dessus bord
Et folle
Sur l’échiquier des rois des reines des cavaliers

(André Velter)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Coquelicot (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2016



Coquelicot,
Quand je pense
Que je te parle
Et que tu l’ignores,
Que j’envie ta fierté,ton assurance,
Ton absence d’hésitation,
Ta certitude d’avoir gagné,
De continuer à rayonner,
J’ai de la peine à sentir
Qu’on ne communique pas
Avec ce que l’on aime,ou admire
Et je me sens seul,
Étranger à moi-même.
Tu ne le sauras pas,
Mais continue
À m’éblouir.

(Guillevic)

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Toi, cèdre bleu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Neige de plus en plus contre
les cinq portes.

Je pense aux femmes: avant,
mille chemins! Maintenant toi:
écluse vers l’océan.

Je pense aux filles: avant
mille coquelicots! maintenant
toi, cèdre bleu.

Et chaque branche sur ma nuit

(Werner Lambersy)


Illustration

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