Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘maison’

Fraîcheur d’automne (Po Kiu-Yi)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Fraîcheur d’automne

Calme et tranquille, je dors le long du jour,
Malade et vieilli, je suis un homme qu’on oublie.
Au crépuscule du soir, devant l’entrée de ma maison,
Les fleurs d’acacias couvrent profondément le sol.

(Po Kiu-Yi)

 Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Chanson de Siang-Yang (Tse Lan)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2017



Chanson de Siang-Yang

En pensant à celui qui voyage dans le Sud,
Je quitte ma maison, pour habiter sur la grande digue.
Mille voiles, dix mille voiles passent…
Nulle ne s’arrête devant ma porte!

(Tse Lan)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Même en hiver (Anna Gréki)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Même en hiver le jour n’était qu’un verger doux
Quand le col du Guerza s’engorgeait sous la neige
Les grenades n’étaient alors que des fruits – seule
Leur peau de cuir saignait sous les gourmandises
On se cachait dans le maquis crépu pour rire
Seulement. Les fusils ne fouillaient que gibier.
Et si la montagne granitique sautait
A la dynamite, c’était l’instituteur
Mon père creusant la route à sa Citroën.
Aucune des maisons n’avait besoin de portes
Puisque les visages s’ouvraient dans les visages.
Et les voisins épars, simplement voisinaient.
La nuit n’existait pas puisque l’on y dormait.

C’était dans les Aurès…

(Anna Gréki)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu te souviens (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Tu te souviens
Notre maison était solitaire debout
dans la mêlée des oliviers et des figues
Et la source dormait tout contre cela petite petite pupille

Tu te souviens
Le bois battait des ailes comme les papillons
C’était première nuit sur la terre…

La Nuit…

Creuse l’abîme de ton sein
deviens labyrinthe et prends-moi

(Adonis)

Illustration: Guy Borremans

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Amour de Jérusalem (Yehuda Amichai)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



L’Amour de Jérusalem

Il y a une rue où l’on ne vend que viande rouge
et une rue où l’on ne vend qu’habits et parfums.
Il y a des jours où je ne vois qu’êtres jeunes et beaux,
et des jours où je ne vois qu’infirmes, aveugles,
lépreux, faces convulsées et rictus.

Ici on construit une maison et là on détruit
ici on creuse la terre
et là on creuse le ciel,
ici on s’assoit et là on marche
ici on hait et là on aime.

Mais celui qui aime Jérusalem
dans les guides touristiques ou les livres de prières
ressemble à celui qui aime une femme
selon le Kama sutra.

Parfois Jérusalem est une ville de couteaux :
même les espoirs de paix sont affûtés pour trancher dans
la difficile réalité, ils s’émoussent ou se cassent.

Les cloches des églises font tellement d’efforts de paix
qu’elles deviennent lourdes, comme un pilon qui broie
dans le mortier
des voix lourdes, graves et remuantes.

Et lorsque
le chantre et le muezzin entonnent leur chant
surgit le cri tranchant :
notre seigneur notre Dieu à tous est un Dieu
un et affûté.

(Yehuda Amichai)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’était Midi (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017


Girodet - Effet de Lune, Endymion (1793)

A mon modeste Foyer vint Son feu –
Et toute ma Maison embrasée
Flamba et frémit, d’une brusque clarté –
C’était l’Aurore – c’était le Ciel –

Illuminé non par un bref Eté –
Avec limite de Déclin –
C’était Midi – sans Nouvelle de Nuit –
Non, Nature, c’était le Jour –

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’habite le Possible (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



J’habite le Possible —
Maison plus belle que la Prose —
Aux Croisées plus nombreuses —
Aux Portes — plus hautes —

Des Salles comme les Cèdres —
Imprenables pour l’OEil —
Et pour Toit impérissable
Les Combles du Ciel —

Pour Visiteurs — les plus beaux —
Mon Occupation — Ceci —
Déplier tout grands mes Doigts étroits
Pour cueillir le Paradis —

***

I dwell in Possibility —
A fairer House than Prose —
More numerous of Windows —
Superior — for Doors —

Of Chambers as the Cedars —
Impregnable of eye —
And for an everlasting Roof
The Gambrels of the Sky —

Of Visitors — the fairest —
For Occupation — This —
The spreading wide my narrow Hands
To gather Paradise —

(Emily Dickinson)


Illustration: Sylvie Lemelin

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Le Paradis (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



paradis_Rodolpho Arellano

 

Qui n’a pas – ici-bas – trouvé le Paradis
En haut ne le trouvera pas plus –
Car les Anges louent la Maison suivant la nôtre,
Que nous déménagions n’importe où –

***

Who has not found the Heaven – below –
Will fail of it above –
For Angels rent the House next ours,
Wherever we remove –

(Emily Dickinson)

Illustration: Rodolfo Arellano

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Es-tu si lasse ? (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017



Es-tu si lasse ? Je veux te mener doucement
hors de ce tumulte, qui depuis longtemps me pèse aussi.
Notre blessure est à vif sous le joug de ce temps.
Vois, derrière la forêt où nous marchons en tremblant,
comme un château illuminé déjà le soir attend.

Viens avec moi. Le matin ne le saura jamais,
et dans la maison nulle lampe n’épiera ta beauté …
Ton parfum imprègne comme un printemps les oreillers :
le jour a mis tous mes rêves en pièces, –
tresses-en une couronne.

(Rainer Maria Rilke)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Herb Dickinson

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elle avait collé un brin d’herbe de Polnar (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Une lettre vient de me parvenir depuis ma ville de naissance
encore portée par la grâce de sa jeunesse
À l’intérieur entre tourment et tendresse
Elle avait collé un brin d’herbe de Polnar (*).

Cette herbe et le nuage des mourants avec son éclat
avaient allumé jadis l’alphabet, lettre à lettre
et sur le visage des lettres, cendres murmurantes
le brin d’herbe de Polnar.

L’herbe est ma maison de poupée, mon petit monde étroit
là où les enfants en rangs violonaient pendant qu’ils brûlaient
le maestro était une légende, ils dressent haut leurs arcs
pour le brin d’herbe de Polnar.

Je ne veux rien partager avec cette petite tige qui essaime chez moi.
Je désire de la bonne terre comme espace pour nous deux
et je vais porter au Seigneur ma dernière offrande :
le brin d’herbe de Polnar.
(* : Polnar était le camp d’extermination aux portes de Vilno)

(Avrom Sutzkever)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »