Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘maison’

Un sylphe (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2018



Un sylphe

Un sylphe bâtissait une maison sans pierre,
Il avait pour truelle une feuille de lierre,
Délayait des parfums mêlés à des couleurs,
Et maçonnait gaiement son mur avec des fleurs;
Il en bouchait les trous avec de la lumière.

(Victor Hugo)


Illustration

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Le chêne (André Rochedy)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2018



La vie est belle, dit le chêne,
chaque printemps, j’agrandis
ma maison d’oiseaux.

(André Rochedy)


Illustration

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Prends le large (Dom Helder Camara)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2018



bateau_je_sers_proue_400x0Lorsque ton bateau,
ancré depuis longtemps au port,
te donnera l’illusion
d’être une maison,
lorsque ton bateau
commencera à pousser des racines
dans l’immobilité du quai:
prends le large.
Il faut sauver à tout prix
l’âme voyageuse de ton bateau,
et ton âme de pèlerin.

(Dom Helder Camara)

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Douce France (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



 

France

Douce France

Il revient à ma mémoire
Des souvenirs familiers
Je revois ma blouse noire
Lorsque j´étais écolier
Sur le chemin de l´école
Je chantais à pleine voix
Des romances sans paroles
Vieilles chansons d´autrefois

{Refrain:}
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t´ai gardée dans mon cœur!
Mon village au clocher aux maisons sages
Où les enfants de mon âge
Ont partagé mon bonheur
Oui je t´aime
Et je te donne ce poème
Oui je t´aime
Dans la joie ou la douleur
Douce France
Cher pays de mon enfance
Bercée de tendre insouciance
Je t´ai gardée dans mon cœur

J´ai connu des paysages
Et des soleils merveilleux
Au cours de lointains voyages
Tout là-bas sous d´autres cieux
Mais combien je leur préfère
Mon ciel bleu mon horizon
Ma grande route et ma rivière
Ma prairie et ma maison.

{au Refrain}
(Charles Trenet)

 

 

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Le langage des fleurs ou des étoiles (Raymond Radiguet)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018




Le langage des fleurs ou des étoiles

J’ai demeuré pendant quelque temps dans une maison
où les douze jeunes filles ressemblaient au mois de l’année.
Je pouvais danser avec elles, mais je n’avais que ce droit ;
il m’était même défendu de parler.

Un jour de pluie, pour me venger,
j’offris à chacune des fleurs rapportées de voyage.
Il y en eut qui comprirent.
Après leur mort, je me déguisai en bandit pour faire peur aux autres.
Elles faisaient exprès de ne pas s’en apercevoir.
En été tout le monde allait prendre l’air.
Nous comptions les étoiles chacun de notre côté.
Lorsque j’en trouvai une en trop, je n’ai rien dit.

Les jours de pluie seraient-ils passés ?
Le ciel se referme.

Vous n’avez pas l’oreille assez fine.

(Raymond Radiguet)

 

 

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Il sait (Marie NDiaye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: Dominique Zehrfuss
    
Il sait que l’ourson ne sera d’aucune fête
Les songeries du rhino sont austères en Malaisie
Et l’attente paraît bonne quand on ne veut rien décider
Il et plus facile de regarder les autres, dans l’étreinte, feindre l’amour fou

Les songeries du rhino sont austères
Comment pouvait-elle, ma propre maison, se détourner de moi si durement
Il est plus facile de regarder s’étreindre les autres
Je savais immobile que je n’entrerais jamais plus

(Marie NDiaye)

 

Recueil: Vingt-huit bêtes: un chant d’amour
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une nuit d’été (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



    

Une nuit d’été
— la porte et la fenêtre
de ma maison étaient ouvertes
la mort entra dans ma maison.
De sa couche elle s’approcha
— sans même me regarder,
de ses doigts très fins
elle brisa
une chose si ténue.
Muette et sans me regarder
la mort passa de nouveau
devant moi. Qu’as-tu fait?
La mort ne répondit pas.
Ma petite fille demeura tranquille,
mon coeur plein de douleur.
Ah! ce que la mort a brisé
était un fil entre nous deux!

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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Choses qui font battre le coeur (Sei Shōnagon)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



 

Oisillon-moineau-friquet

Choses qui font battre le coeur

Des moineaux qui nourrissent leurs petits.
Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée d’encens
S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.
Une nuit où l’on attend quelqu’un.
Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison.

(Sei Shōnagon)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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La rue dans l’ombre (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018




    
La rue dans l’ombre. Les hautes maisons cachent
le soleil qui meurt; il y a des échos de lumière aux fenêtres.

Ne vois-tu pas, dans le cadre enchanté du mirador fleuri
l’ovale rose d’un visage connu?

L’image, derrière la vitre au reflet équivoque, apparaît
ou s’éteint, vieux daguerréotype.

Seul le bruit de ton pas résonne dans la rue; les échos du
couchant s’éteignent lentement.

Oh, mon angoisse! Mon coeur est lourd et douloureux…
C’est elle? Impossible… Passe ton chemin… Dans l’azur, l’étoile.

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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Inventaire (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2018



inventaire-prevert

Inventaire

Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatre fossoyeurs
un jardin
des fleurs

un raton laveur

une douzaine d’huîtres un citron un pain
un rayon de soleil
une lame de fond
six musiciens
une porte avec son paillasson
un monsieur décoré de la légion d’honneur

un autre raton laveur
un sculpteur qui sculpte des Napoléon
la fleur qu’on appelle souci
deux amoureux sur un grand lit
un receveur des contributions une chaise trois dindons
un ecclésiastique un furoncle
une guêpe
un rein flottant
une écurie de courses
un fils indigne deux frères dominicains trois sauterelles un strapontin
deux filles de joie un oncle Cyprien
une Mater dolorosa trois papas gâteau deux chèvres de Monsieur Seguin
un talon Louis XV
un fauteuil Louis XVI
un buffet Henri II deux buffets Henri III trois buffets Henri IV
un tiroir dépareillé
une pelote de ficelle deux épingles de sûreté un monsieur âgé
une Victoire de Samothrace un comptable deux aides-comptables
un homme du monde deux chirurgiens trois végétariens
un cannibale
une expédition coloniale un cheval entier une demi-pinte de bon
sang une mouche tsé-tsé
un homard à l’américaine un jardin à la française
deux pommes à l’anglaise
un face-à-main un valet de pied un orphelin un poumon d’acier
un jour de gloire
une semaine de bonté
un mois de Marie
une année terrible
une minute de silence
une seconde d’inattention
et …
cinq ou six ratons laveurs

un petit garçon qui entre à l’école en pleurant
un petit garçon qui sort de l’école en riant
une fourmi
deux pierres à briquet
dix-sept éléphants un juge d’instruction en vacances assis sur un pliant
un paysage avec beaucoup d’herbe verte dedans
une vache
un taureau
deux belles amours trois grandes orgues un veau marengo
un soleil d’Austerlitz
un siphon d’eau de Seltz
un vin blanc citron
un Petit Poucet un grand pardon un calvaire de pierre une échelle de corde
deux soeurs latines trois dimensions douze apôtres mille et une nuits
trente-deux positions six parties du monde cinq points cardinaux
dix ans de bons et loyaux services sept péchés capitaux deux doigts
de la main dix gouttes avant chaque repas trente jours de prison
dont quinze de cellule cinq minutes d’entr’acte

et …

plusieurs ratons laveurs.

(Jacques Prévert)

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