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Poésie

Posts Tagged ‘maison’

Iseut (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Alain Delafosse  Izenah

Iseut, comme une levée de galets,
comme une île à chèvres et à cormorans qui tiendrait
boutique en avant des terres,
ô mon île aux chevaux dans le chenal du temps.
Iseut millénaire polie par la mitraille des pluies,
je n’ai pas parcouru tes lichens, tes falaises compliquées,
pas encore, pas assez,
tes alluvions, tes allusions, tes digues
et le charivari du varech, la pourpre des îles, les naufragés,
et l’eau étrillée dans les trous à langoustes, les dundees et les mouettes,
Kerroc’h, Kerradenn, Keravel, tous les lieux d’Iseut
que je ne connais pas après des siècles à la varlope et au rabot,
mille kilomètres de lambeaux, de tronçons que je cours de la bouche,
et au fond de tous les grands fjords gouvernés par des maisons fortes
croissent en plein champ mimosas, fuschias et palmiers phénix.

(Paol Keineg)

Illustration: Alain Delafosse  

 

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Aigu (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Aigu

Maison aux murs
ajourés

Hiboux les fenêtres
aveugles
nous regardent
sans nous voir

Sortez-nous le temps
de ses gonds

Sur le rosier verdoient
des épines

aiguës comme les débris
de notre espoir
Portes de vent
qui sortent et entrent

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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Mon corps et mon esprit sont malades du besoin de Toi (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

 

Mon corps et mon esprit sont malades du besoin de Toi.
O bien aimé ! Entre dans ma maison.
Si le peuple dit que je suis ton épousée, j’ai honte;
car encore je n’ai point touché ton coeur avec mon coeur.

Alors qu’est en moi cet amour ?
Je n’ai plus goût pour me nourrir et je ne puis dormir;
mon coeur ne goûte aucun repos, non plus dans ma maison que dehors.
Comme l’eau pour l’altéré, ainsi est l’amant pour l’épouse.
Ah ! qui portera mon message à celui que j’aime ?

Kabîr ne connaît plus le repos,
et il meurt s’il ne le contemple.

***

My body and my mind are grieved for the want of Thee;
O my Beloved! come to my house.
When people say I am Thy bride, I am ashamed;
for I have not touched Thy heart with my heart.

Then what is this love of mine? I have no taste for food,
I have no sleep; my heart is ever restless within doors and without.
As water is to the thirsty, so is the lover to the bride.
Who is there that will carry my news to my Beloved ?

Kabîr is restless :
he is dying for sight of Him.

(Kabîr)

 

 

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Sur le haut mur sans fenêtre ni porte (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

Sur le haut mur sans fenêtre ni porte
on a peint une femme
qui ouvre des volets, découvre
un grand jardin de buis et de bassins

autour: maisons tristes
portes disjointes, affiches en loques?

– Mais parfois
une habitante regarde le mur
sourit à une autre, et parle avec chaleur
d’un voyage ancien, d’un amour passé.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Terre Energumène
Editions: Le Castor Astral

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Dans chaque demeure (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



 

    
Dans chaque demeure brûlent des lampes;
Aveugle que tu es, tu ne les vois pas.

Un jour, tes yeux s’ouvriront soudain et tu verras;
et les chaînes de la mort tomberont d’elles-mêmes.

Il n’y a rien à dire et rien à entendre; il n’y a rien à faire :
c’est celui qui vit, bien que mort, qui ne mourra plus jamais.

Parce qu’il vit dans la solitude,
l’ascète déclare que Sa maison est lointaine.

Ton Seigneur est près de toi
et cependant tu montes en haut du palmier pour Le chercher.

Le prêtre Brahmane va de maison en maison
et initie le peuple à la foi musulmane;

Hélas ! la vraie fontaine de vie est à tes côtés
et tu adores la pierre que tu as dressée.

Kabîr dit : « Je ne puis dire combien mon Seigneur est adorable.
— L’ascétisme, le chapelet qu’on égrène, les vertus et les vices,
rien de tout cela n’existe pour Lui. »

(Kabîr)

 

 

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Jour et nuit (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



    

Jour et nuit une angoisse cruelle m’accable
et je ne peux dormir.

Je soupire après le rendez-vous que me fixera mon Bien-Aimé
et je n’ai plus aucun plaisir à demeurer dans la maison de mon père.

Les portes du ciel sont ouvertes; j’entre dans le temple;
je rencontre mon époux et je dépose à ses pieds
l’offrande de mon corps et de mon esprit.

(Kabîr)

 

 

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Mon corps et mon esprit sont tristes (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



Illustration: Vincent Van Gogh

    

Mon corps et mon esprit sont tristes;
ils ont besoin de Toi.

Ô mon Bien-Aimé !
Viens à ma maison.

Quand on m’appelle ta fiancée, j’en suis honteuse,
car mon coeur n’a pas possédé ton coeur.
De quelle sorte est donc mon amour ?
Je n’ai pas faim; je n’ai pas de sommeil;
en Lui comme en dehors de Lui je ne trouve jamais de repos.

Comme l’eau est à l’altérée, ainsi est l’amoureux à la fiancée.
Qui portera mon message à mon Bien-Aimé ?

Kabîr est dans l’angoisse.
Il meurt de ne L’avoir pas vu.

(Kabîr)

 

 

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En vérité (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



Illustration: Sabin Balasa
    
En vérité il m’est cher celui qui peut ramener à la maison le voyageur égaré.
Dans la maison est la véritable union, dans la maison est la joie de la vie;
pourquoi abandonnerais-je ma maison pour errer dans la forêt ?

Si Brahma me fait atteindre la vérité,
je trouverai dans la maison à la fois la servitude et la liberté.
Il m’est cher celui qui a le pouvoir de plonger profondément dans le Sein de Brahma,
celui dont l’esprit se perd aisément dans la contemplation.
Il m’est cher celui qui connaît Brahma
et qui peut rester en méditation sur Sa Suprême Vérité.
Il m’est cher celui qui peut jouer la mélodie de l’Infini
en unissant dans sa vie l’amour et le sacrifice.

Kabîr dit : « La maison est le séjour durable;
dans la maison est le réel; la maison nous fait atteindre Celui qui est Réalité.
Ainsi reste où tu es et toutes choses te viendront en leur temps. »

(Kabîr)

 

 

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L’escargot (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



    
L’escargot
transporte
sa croix
sa maison
son escalier
d’où il débouche
escargot

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

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Depuis longtemps je me suspectais moi-même (Marin Sorescu)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Illustration: René Magritte
    
Depuis longtemps je me suspectais moi-même,
Aussi toute la journée je me suis filé
A distance discrète.

Or, sachez que je suis plus dangereux que je ne l’imaginais :
Quand je vais dans la rue, je regarde à droite, à gauche,
Comme si je ne cessais de photographier
Les maisons, les hommes, les poteaux télégraphiques,
Toutes ces richesses.

Puis, sans raison,
Pour passer inaperçu peut-être,
Je modifie l’expression de mon âme.
Mon visage comme un alphabet morse
Transmet sans cesse Dieu sait quel secret
Aux hommes de la lune qui sont à notre écoute.

Quand je suis devant ma table,
Je déchire une feuille de papier
En petits morceaux qui, sitôt roulés en boules,
Sont projetés dans l’oubli,
Ce qui est très bizarre.

Cette nuit je descendrai en rêve
Par une corde qu’à cet effet j’ai dans ma poche,
Pour voir ce que là-bas l’individu avoue,
Ce dont il se souvient spontanément
Et — ce qui importe plus — qui notamment
Lui fournit ces rapports sur les choses ?
Après quoi je me mettrai
A rédiger la fiche.

(Marin Sorescu)

 

Recueil: Céramique
Traduction: Françoise Cayla
Editions: Saint-Germain-des-Prés

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