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Posts Tagged ‘maison’

Retouche à la prière du soir (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




    
retouche à la prière du soir

étoile qui passes d’un arbre à l’autre
filant ton chant léger
la maison prend le large
et les enfants à la fenêtre
montrent du doigt le point du ciel
aussi doux que des lèvres
où la parole est née

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche à la solitude (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




    
retouche à la solitude

nuit dont on compte les pas
autour des maisons sans amour
les miroirs attendent
face à face
la mort d’une lampe

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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De mon jeune seigneur les vêtements sont légers (Dame Ôtomo no Sakanoe)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



 

Estampes_japonaises

De mon jeune seigneur
Les vêtements sont légers.
Ô vents de Saho
Ne soufflez pas trop fort
Jusqu’à ce qu’il soit à la maison.

(Dame Ôtomo no Sakanoe)

 

 

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RIVAGES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



charette varech [800x600]

RIVAGES

On voit des figures pâles
près des maisons anciennes
un soldat d’autrefois
une femme empruntée
qui marche à ses côtés
par un jour sans visage
tout près d’eux
l’océan se retire
laissant le coquillage strié
ébréché près du galet gris
une voiture emplie de varech
rentre avec la nuit fidèle à l’exilé
qui porte en sautoir sa jumelle marine.

(Jean Follain)

Illustration: Paul Gauguin  

 

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Quand j’étais invité quelque part (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2017




    
Quand j’étais invité quelque part,
je ne rentrais pas dans une maison:
je rentrais dans les yeux des gens.
Je ne voyais pas le reste.

Maintenant nous sommes dans l’ère des yeux vides.
Tout me blesse en dehors de ce temps que j’ouvre,
pour que tu y passes.

(Christian Bobin)

 

 

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MARCHE SANS DIRECTION (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
MARCHE SANS DIRECTION

Sur le train des ailes
la voix qui s’éteint
L’énorme prunelle
sur le ciel déteint
Il y a des bruits dans l’air
Si la terre s’étale
l’horizon se cache
Tout est à refaire
On fuit au gré du vent qui couche dans les lignes
Tous les arbres rompus au pas du voyageur
Toutes les bornes mortes qui gardent le ruisseau
Et toutes les étoiles qui croupissent dans l’eau
L’oiseau qui chante sur une branche de la nuit
Un fruit noir à cet arbre
que le vent a cueilli
Un mot de plus qui tombe
La fin d’une chanson
Le nom de ce visage
Le feu de la maison

(Pierre Reverdy)

 

Recueil: Main d’oeuvre
Editions: Mercure de France

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LES MAISONS (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



LES MAISONS

Il y a toujours un dieu fantastique dans les maisons
Où je vis, et autour de moi je sens
Les grands anges dont les ailes
Portent tous les vents de l’espace.

***

AS CASAS

Há sempre um deus fantástico nas casas
Em que eu vivo, e em volta dos meus passos
Eu sinto os grandes anjos cujas asas
Contêm todo o vento dos espaços.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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AUCUNE CHOSE… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



AUCUNE CHOSE…

Aucune chose ne se perdit en moi.
Sont toujours là les nuits et les ponants
Qui glissèrent dans la maison et le jardin,
Sont toujours là les voix différentes
Qui dans mon être, intactes, veillent.
J’apporte la terreur et j’apporte la clarté,
À travers toutes les présences
Je chemine vers l’unique unité.

***

NAO SE PERDEU…

Nao se perdeu nenhuma coisa em mim.
Continuam as noites e os poentes
Que escorreram na casa e no jardim,
Continuam as vozes diferentes
Que intactas no meu ser estão suspensas.
Trago o terror e trago a claridade,
E através de todas as presenças
Caminho para a única unidade.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 Illustration: Oleg Zhivetin

 

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Écouter dans le coeur les passions lointaines (Cesare Pavese)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017




Le jardin sur la place, enfoui
dans la fraîcheur et dans l’obscurité.
Dans la nuit, les maisons
qui se perdent dans le noir, gigantesques,
font entrevoir entre leurs masses des lumières.

Un désert terrifiant au fond du ciel
lointain, entre les étoiles.
La grande fièvre splendide
s’assourdit lorsqu’elle atteint ce noir.
Ici c’est le silence,
l’immobilité haute d’un cimetière.

Les bruits et les lumières
parviennent du lointain,
d’au-delà de ces arbres.

De vivantes lumières
jaillissent dans le noir,
les voix les plus joyeuses
hululent frénétiques
dans le triste abandon.

Étouffées elles viennent mourir
dans le noir insondable
comme de pâles suicidés
encore fous d’amour pour la vie.

Écouter dans le coeur
les passions lointaines,
les écouter qui montent dans la nuit,
sur le moite parfum de la terre.

Une flore inconnue
de désir, enfermée dans ce ciel
de noir et de silence.

Une flambée qui perce dans le noir
comme la lueur rouge
qui saigne entre les arbres.

(Cesare Pavese)

Illustration

 

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Ma Maison (Yakoub Kolass)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2017



Ma Maison

A peine un sentier dans les champs
Où je m’avance lentement
Tout en regardant alentour.
A l’abri d’un toit bleu foncé
Par une main attentionnée
M’attend une vaste maison.

I1 y fait bon et on y voit
D’une sagesse silencieuse
Partout la trace séculaire
Au gré des vents, vagues du ciel,
Vont les nuages enchanteurs.
Où allez-vous? Mais ils se taisent.

Là-bas la rivière d’argent
Court dans l’abreuvoir qu’elle ronge
Portant la lumière du monde,
Et la prairie de velours vert,
Brochée de couronnes dorées
Étale sa magnificence.

Les chênes, amis du solitaire,
S’élancent vers les cieux si hauts
Jetant leurs branches alentour.
Quelle harmonie, quelle tendresse
Dans l’or des sables qui s’étalent
Près des barques dans la vallée !

Quelle liberté, quel élan !
Que de chansons, de bruits, de cloches
S’offrent aux oreilles et aux yeux !
Chaque chanson à sa manière,
Avec ses sons, avec ses lois,
Offre son écho de l’espace.

Je me parle tout en marchant
Et je contemple ma maison
Avec un tel repos dans l’âme !
Et quelque part une chanson
Chante en harmonie amicale
Avec la terre, avec les cieux.

(Yakoub Kolass)


Illustration

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