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NOTRE-DAME DE STRASBOURG (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017




NOTRE-DAME DE STRASBOURG

Rose mystique, tour d’ivoire, maison d’or,
Vase spirituel d’amour et de science,
Miroir de la justice et de la patience,
Etoile dont s’ajoute aux aubes le trésor,

Nid d’espoir d’où le chant d’un peuple prend l’essor,
Refuge où le pécheur au pardon se fiance,
Trône de la sagesse, arche de l’alliance
Où deux races mille ans ont confondu leur sort,

Main divine, de grâce et d’encens parfumée,
Qui tenez sur les coeurs votre paume fermée
Et qui, sur les cités d’Alsace et ses labours,

Montrez de votre index la route à leurs prières,
Je vous salue, ô Notre-Dame de Strasbourg,
Car vous êtes bénie entre toutes les pierres.

(Pascal Bonetti)

Illustration

 

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SECONDE VIE ICARE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



 

SECONDE VIE
ICARE

La voix du soleil

Écoute écoute-moi car toi tu peux m’entendre
Je le vois à tes yeux sans repos
Je le vois à tes mains raidies lorsque les mots sont pauvres puis
comme des feuilles qui ne peuvent mieux faire que mourir
Je le sens à ce souffle qui te prend et te laisse comme si les oiseaux
t’avaient quitté
Écoute écoute-moi car toi tu peux sortir de ta chair et de ta maison
comme le ferait un mort neuf de ses bandelettes
Tu peux m’entendre toi qui sais que ces épis de blé que l’on sépare
ne témoigneront plus pour le chant de la terre
Tu peux m’entendre toi qui cherches la vie et la raison de vivre
Toi qui sais que tout est autre chose encore
Et le secret dont tu as une part aussi vrai que le son de tes pas
sur l’asphalte des villes

Ce cri que je suis
Ce cri que je suis en toi
Écoute-le et laisse ces royaumes sans énigmes où les jours
s’abattent l’un sur l’autre comme les volets d’une maison sage

Ce cri que je suis en toi fera tomber les écailles de ta première
naissance

Ce cri d’amour que je suis en toi
Ce cri d’amour que je suis en toi

Plus terrible que l’inquiétude du matin et que les mers dont la
nuit sonde les profondeurs
D’autres n’en veulent pas

Ils laissent accumuler en eux des moissons vaines entre lesquelles
je ne peux me frayer le passage

Ce cri
Ce cri terrible et tendre que je suis en toi habite ton visage le
plus nu
Qu’il te prenne que tu n’aies plus de cesse
Qu’il redresse ta jeune nuque qu’il batte à tes tempes
Et en ce point sacré entre tes deux yeux.

(Andrée Chedid)

Illustration: Henri Matisse

 

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Leurs maisons étaient blanches de silence (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



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Leurs maisons étaient blanches de silence
leurs nuits lisses de caresses

Les couleurs restaient profondes
en leur avidité première

Leurs espérances navigables
leurs deuils habitables

Un poème parfois éclairait en eux
des lieux sans lumière

(Georges Bonnet)

Illustration: Berthe Morisot

 

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L’ombre de la maison (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



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L’ombre de la maison
s’attardait sur le seuil
le chien n’était plus là

Sous les pas les graviers
ensoleillés de l’allée
se multipliaient
comme la neige se répète

Ils allaient mémoire à découvert
puis se taisaient
interminables

(Georges Bonnet)

 

 

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Le bonheur (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



Andrew Wyeth - Wind from the Sea, 1947

 

Le bonheur peut-être disaient-ils
une maison basse où se reconnaître
un petit jardin
aux fleurs bénévoles
A la fenêtre chaque soir
le même rêve avec ses îles

(Georges Bonnet)

 Illustration: Andrew Wyeth

 

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Chanson (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Chanson

Bonjour, Suzon, ma fleur des bois !
Es-tu toujours la plus jolie ?
Je reviens, tel que tu me vois,
D’un grand voyage en Italie.
Du paradis j’ai fait le tour ;
J’ai fait des vers, j’ai fait l’amour.
Mais que t’importe ? (Bis.)
Je passe devant ta maison ;
Ouvre ta porte.
Bonjour, Suzon !

Je t’ai vue au temps des lilas.
Ton coeur joyeux venait d’éclore.
Et tu disais : « Je ne veux pas,
Je ne veux pas qu’on m’aime encore. »
Qu’as-tu fait depuis mon départ ?
Qui part trop tôt revient trop tard.
Mais que m’importe ? (Bis.)
Je passe devant ta maison ;
Ouvre ta porte.
Bonjour, Suzon !

(Alfred de Musset)


Illustration: Claude Monet

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A midi durant l’été (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



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A midi durant l’été
l’ombre du marronnier
atteignait près du seuil de la maison
un géranium aux pâles couleurs
un hortensia protégeant son espace
une poupée abandonnée
aux fastes d’une poussière ancienne

(Georges Bonnet)

 

 

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En des maisons aux gestes lents (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



En des maisons aux gestes lents
chaque âge avait sa floraison

Tour à tour les saisons se fondaient
au soir de leurs couleurs

en de très anciens chants de rivage

(Georges Bonnet)

Illustration: Carl Larsson

 

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FÊTE AU VILLAGE (André Lartigue)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



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FÊTE AU VILLAGE

Mon malheur est si grand
Que le creux de mes mains

Ne peut le contenir
Quand il se fait nocturne

Dangereuse moisson
Du plus cruel été

Mon amour a perdu
Ses dimensions terrestres

Et je ne sais plus rien
De la proche saison

Je cherche ton visage
En plein coeur de la fête

Mais la maison est froide
Et la pluie orgueilleuse

J’ai perdu de mes mots
Le sens approfondi

Et que craindre à présent
De ce jour qui déteint

Je n’attends plus personne
Au plus haut du village

Il faut taire la voix
Pour prolonger le coeur

Et ne pas déranger
Les miracles possibles

Toi qui connais par coeur
Le mot de notre nuit

(André Lartigue)

Illustration:  Annick Couëdel

 

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C’est ainsi, soir après soir (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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C’est ainsi, soir après soir,
que nous sommes devenus mortels,

accusant la fatigue, le froid
et la distance des corps soudain

rendus à la pesanteur, comme si
la pomme en sa rondeur tenue

dans nos mains pâles, leur échappant,
avait éparpillé sur la terre

les restes en nous de l’ancien paradis.
C’est ainsi, nuit après nuit,

que nous sommes devenus seuls
comme les miroirs des chambres d’enfants

dans la maison expropriée : ouverts
sur la tapisserie des anges qui se décolorent,

et sans autre perspective désormais
que la démolition, pierre à pierre,

de ce qui fut aussi notre ciel
de lit, l’histoire sans fin

recommencée de l’amour ô flasque
otage du temps et de l’ennui

***

This is how, evening after evening,
we became mortal

blaming fatigue, cold,
and the distance of bodies suddenly

exhausted into heaviness, as if
the apple in its roundness held

in our pale hands, escaping them
had scattered on the earth

what was left in us of the old paradise.
This is how, night after night

we’ve become alone
like the mirrors in children’s bedrooms

in a foreclosed house: open
on the fading angel wallpaper

and henceforth with no other future
but demolition, stone by stone

of what was also the canopy
above our bed, the story endlessly

repeated of love O flaccid
hostage of time and boredom

(Guy Goffette)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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