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Poésie

Posts Tagged ‘trembler’

Sur le rivage (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Sur le rivage

L’air tremble au-dessus du rivage
Au milieu d’un délire de mâts
Je respire l’odeur des vagues

La terre presse ses lèvres
Sur la gorge nue de la mer
Entre nuage et écume
Entre vol et immobilité
Un cormoran plane
A ras des flots que rythme
Le diapason du vent

Sous un ciel engrossé de nuages
Nous rêvons sur un tapis de sable
Incrusté de coquillages
Où tu te couvres d’algues
Pour couvrir ta nudité
Au regard des passants
Qui longent les plages
A la recherche de coups d’oeil
Tandis que la mer noie ses poissons

Au bout de nos mains
La mer berce la baie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

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Vous m’oublierez (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



Vous m’oublierez: la neige sera de retour,
Le monde bleu dans la lumière tremblera.
Vous aimerez des villes au soleil marin.

Trace de pas, fumée des mots sur la terre,
L’amour jetait au milieu de la vie
Une étoile, une fête, une vaine étincelle.

Vous m’oublierez: les yeux resplendiront,
Les lèvres, les dents heureuses, les corps pareils
A l’herbe, au feu, à la rivière de juin.

Quelles étaient ces paroles dans l’ombre,
Les jours se constellaient de nos regards,
Dans la joie même la joie se consumait.

Vous m’oublierez: rien ne demeurera
De ce qui fut ce coeur tissé de songes.
Le sang, la peine, l’image et le désir
L’auront quitté sous la cendre et la nuit.
De nouveau que le ciel sera jeune
Et printanier l’hiver! Vous m’oublierez.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Illustration

 

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L’Arbre (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



L’Arbre

L’horizon à peine visible
Tremble de chaleur
Et s’habille de clarté
Les oiseaux s’ébouriffent
Dans la volupté des feuilles
Dont l’arbre se prosterne
Devant un toit hautain

Sous un ciel qui gesticule
Les herbes chantent
J’écoute le rire de la source
Qui coule avec un bruit de cailloux
Et je m’approprie l’espace
Qui m’est offert

Au fond du jardin
Un arbre solitaire frissonne sous la lune
Qui l’éclabousse
Et s’endort dans le froid
D’une nuit féminine.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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L’agneau (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



L’agneau qui tremblait,

ne tremblait plus:
Nous l’aimions.

(André Frénaud)


Illustration

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Ne tremblez pas ainsi! (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



 

Ne tremblez pas ainsi! Les portes
l’une après l’autre
se sont fermées :
il va venir.

(Jean Tardieu)

Illustration: Gustave Moreau

 

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Maintenant je suis une plante, une herbe sauvage (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    
Maintenant je suis une plante, une herbe sauvage

Maintenant je suis une plante, une herbe sauvage
Suspendue, vacillante
Sur un rebord escarpé;
Maintenant une longue herbe brune
Qui tremble comme la flamme;
Je suis un roseau;
Une vieille coquille qui toujours chante
La même chanson;
Un débris de jonc;
Une pierre blanche, toute blanche;
Un os;
Avant qu’à nouveau
En sable je m’en aille
Et tourne et vole
Deci, delà,
Au bord de la mer
Dans la lumière évanescente.
Car la lumière s’évanouit.
Mais si tu venais, tu ne pourrais dire :
Elle ne m’attend plus ici. Elle a oublié.»
Dans nos jeux n’étions-nous pas
Plantes, pierres et herbes sauvages,
Tandis que les navires étranges passaient
Gravement, laissant derrière eux un panache d’écume
Qui doucement se déroulait autour de notre île…
Bulles d’écume qui sur la pierre brillaient
Comme des arcs-en-ciel. Regarde, mon amour !
Non, ils sont partis,
Et leurs voiles blanches se sont fondues dans le sillage du ciel…

***

Now I am a plant, a weed

Now I am a plant, a weed,
Bending and swinging
On a rocky ledge;
And now I am a long brown grass
Fluttering like flame;
I am a reed;
An old shell singing
For ever the same song;
A drift of sedge;
A white, white stone;
A bone;
Until I pass
Into sand again,
And spin and blow
To and fro, to and fro,
On the edge of the sea
In the fading light —
For the light fades.
But if you were to come you would not say:
« She is not waiting here for me;
She has forgotten ». Have we not in play
Disguised ourselves as weed and stone and grass
While the strange ships did pass
Gently, gravely, leaving a curl of foam
That uncurled softly about our island home…
Bubbles of foam that glittered on the stone
Like rainbows? Look, darling! No, they are gone.
And the white sails have melted into the sailing sky…

(Katherine Mansfield)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Arfuyen

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L’oeil (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2021



L’oeil

Sous l’épais treillis des feuilles tremblantes,
Au plus noir du bois la lune descend ;
Et des troncs moussus aux cimes des plantes,
Son regard fluide et phosphorescent
Fait trembler aux bords des corolles closes
Les larmes des choses.

Lorsque l’homme oublie au fond du sommeil,
La vie éternelle est dans les bois sombres ;
Dans les taillis veufs du brûlant soleil
Sous la lune encor palpitent leurs ombres,
Et jamais leur âme, au bout d’un effort,
Jamais ne s’endort !

Le clair de la lune en vivantes gerbes
Sur les hauts gazons filtre des massifs.
Et les fronts penchés, les pieds dans les herbes,
Les filles des eaux, en essaims pensifs,
Sous les saules blancs en rond sont assises,
Formes indécises.

La lune arrondit son disque lointain
Sur le bois vêtu d’un brouillard magique
Et dans une eau blême aux reflets d’étain ;
Et ce vieil étang, miroir nostalgique,
Semble ton grand oeil, ô nature ! Hélas !
Semble un grand oeil las.

(Léon Dierx)

Illustration

 

 

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Les fleurs de Paris (Albert Mérat)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



 

Luiza Gelts

Les fleurs de Paris

Pour faire tous les coeurs contents
Avril revient. C’est le printemps
Qui pleure, qui rit et barbotte,
Et qui, chargé de falbalas,
Nous offre ses premiers lilas
« Fleurissez-vous ! deux sous la botte ! »

Puis, comme un rêve parfumé,
Les petites roses de mai,
Et les dernières violettes,
Avec les frais muguets des bois,
Pareils à des chapeaux chinois
Qui feraient trembler leurs clochettes ;

Les seringas et les oeillets,
Points rouges, blancs et violets,
Fleurs en boutons et fleurs écloses,
Les bluets comme dans les blés,
Et les coquelicots mêlés
Aux résédas parmi les roses…

Car les jardins, les bois, les champs,
Qui connaissent bien nos penchants,
Ayant des fleurs, nous les envoient.
Ils en gardent toujours assez.
Nous marchons à pas trop pressés ;
Il est bon que nos yeux les voient.

Que le pavé soit sec ou gras,
Jonchant les charrettes à bras,
Déjà souffrantes et pâlies,
Elles embaument, voulant bien
Ne rien coûter ou presque rien,
Bien que nous les trouvions jolies.

Frêles, elles mourront demain
Dans l’eau d’un vase, ou dans la main
Distraite et blanche d’une femme,
Et, bienfaisantes pour chacun,
En rendant un dernier parfum,
Elles exhaleront leur âme.

(Albert Mérat)

Illustration: Luiza Gelts

 

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A la Belle au Bois Dormant (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2021



Il ne faut pas
Toujours dormir.

Je t’aimerai.

De toutes les saisons
Tu n’auras pas à craindre

Et tu ne trembleras
Que de ton corps contre le mien.

(Guillevic)

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Qui m’aidera ?… (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2021




    
Qui m’aidera ?…

« Qui m’aidera ? Nul ne peut venir jusqu’ici.
Qui me tiendrait les mains ne tiendrait pas celles qui tremblent,
qui mettrait un écran devant mes yeux ne me garderait pas de voir,
qui serait jour et nuit autour de moi comme un manteau
ne pourrait rien contre ce feu, contre ce froid.
D’ici, j’atteste au moins qu’il est un mur
qu’aucun engin, qu’aucune trompette n’ébranle.
Rien ne m’attend plus désormais que le plus long et le pire. »

Est-ce ainsi qu’il se tait dans l’étroitesse de la nuit ?

(Philippe Jaccottet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Leçons
Traduction:
Editions: Payot

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