Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘invisible’

Le poids dont j’informe la bêche (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019




Illustration 
    
Le poids dont j’informe la bêche
Et la secousse en vue d’ouvrir
Retournent l’invisible.

(Jean Tortel)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | 2 Comments »

Douce prière (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



Douce prière

Comme une prière en fleur
Porte ma tête entre tes mains
Sourire qui n’a plus de mains
Désir qui n’a plus de tête
Où sont les mains où sont les mains
Et puis où la prière et puis où le priant
Aux cathédrales aux cathédrales
De pierre de pierre
Est la prière
De pierre les mains priantes
De pierre la tête aimée
De pierre le Dieu prié
De pierre amour
Qui fit des pierres
Doux amour et douce prière
Sans mains sans tête ni pierre
Dans la cathédrale invisible
Porte ma tête entre tes mains
Comme une prière en fleur

(Pierre Albert-Birot)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’INITIAL (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2019



Illustration: Josephine Wall
    
L’INITIAL
Âditama

Qui en mon for intérieur muet
arpente les brumes de ma pensée,
demeure près du coeur et pourtant
reste distant,
qui habite l’air à jamais inouï?
Mon espérance est de le chanter —
mais mon jour passe dans le silence
lancinant
de ne pouvoir dire mon sentiment.
Où sont les mots, les mots
qui me fuient ?

Le monde en pleurs qui ruisselle
dans mon sang
que veut-il —
qui connaît le message du primitif
originel ?

Le rayon qui franchit l’orage
perçant le voile des vapeurs
pour venir embrasser la planète
est l’enfant du paradis ;

les mots qu’il lui dit à l’oreille
la terre encore aujourd’hui
en répand le souvenir
parmi les brins d’herbe —
et entend,
les yeux sur son passage rivés,
l’air de son chant.

La pulsion première de la vie
palpite dans la moelle des figuiers,
ses harmoniques insonores vibrent .
nuit et jour au fond du ciel —
et mes veines jusque dans les fibres
résonnent d’elle ;

et dans les profondeurs du conscient
une danse se compose
de figures invisibles
au chant du feuillage susurrant.

Volubiles sont ces arbres, ces plantes
en feuilles et en fleurs —
au fond de l’abysse de silence
où le verbe est roi,

au travers des terres et des eaux
silencieux
j’écoute la respiration première
sacrée,
j’entends la muette rumeur
de la pensée enfouie.

Dans cet univers orphelin de parole
qui s’étend de la poussière terrestre
aux confins stellaires
je prends place
les yeux ouverts emplis d’un chant
sans sonorité.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’écrin vert
Traduction: Saraju Gita Banerjee
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les lames du vent glacé (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



Illustration: Paul Delvaux
    
Les lames du vent glacé
Lacèrent mon visage

Le code au bout des doigts
Un portail
Puis un autre

Une envolée dans l’escalier
Je fais la nique
A l’ascenseur

Derrière la porte
Et son cadre de fer
Le ventre chaud
De mon enclos

Qu’est-ce que ça change

Invisible dehors

Ici
Dans les miroirs
Compagne unique
De moi-même

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Loin de moi cet amour (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration
    
Loin de moi cet amour qui ne connaît point de mesure;
car, pareil au vin écumant qui a rompu ses vaisseaux,
il court à sa perte en un instant.

Envoie-moi l’amour, frais et pur comme la pluie,
qui bénit la terre altérée et remplit les jarres d’argile de la maison.

Envoie-moi l’amour qui voudrait s’abîmer jusqu’au fond de l’être,
et de là jaillir en une sève invisible, à travers les branches de l’arbre de vie,
donnant le jour aux fruits et aux fleurs.

Envoie-moi l’amour
qui retient le coeur
dans une plénitude de paix.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: La corbeille de fruits
Traduction: Hélène du Pasquier
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ODE A LA PANTHERE NOIRE (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



ODE A LA PANTHERE NOIRE

[…]

Elle allait
comme le feu et, comme la fumée,
quand elle ferma ses yeux
elle fut invisible et insondable nuit.

(Pablo Neruda)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

AVENTURE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
AVENTURE

Était-ce hier ou clans un temps lointain ?

La vibration de l’air à peine on l’entendait
(C’était le cri de l’alouette invisible)

J’étais seul, habité par une multitude muette
où grondait la colère des mauvais jours.

Dans cette large plaine coulait sans doute un fleuve
et au-delà pâlissaient les montagnes mais on ne les voyait pas

Le reflet de ma peine
identique à ma joie
plongeait dans les ténèbres vides.

Quelqu’un passa, ou quelque chose
« Qui est là ? » — demandai-je

Nul ne répondit.
Mais une feuille tomba

et le rideau s’entrouvrit
sur le paisible abîme de mes jours.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À TU ET À TOI (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019




Illustration: Josephine Wall
    
À TU ET À TOI

Toi qui n’es rien ni personne
toi
je t’appelle sans te nommer
car tu n’es pas le dieu
ni le masque scellé sur les choses,
mais les choses elles-mêmes
et davantage encore : leur cendre, leur fumée.

Toi
qui es tout,
qui n’es plus, qui n’es pas :
peut-être seulement
l’ombre de l’homme
qui grandit sur la paroi de la montagne
le soir.

Toi qui te dérobes et fuis
d’arbre en arbre
sous le portique interminable
d’une aurore condamnée
d’avance.

Toi
que j’appelle en vain
au combat de la parole
à travers d’innombrables murmures
je tends l’oreille
et ne distingue rien.

Toi qui gardes le silence
toujours
et moi qui parle encore
avant de devenir sourd et aveugle
immobile muet
(ce qui est dit : la mort),
Je vais hors de moi-même en tâtonnant
cherchant ce qui peut me répondre,
«toi »,
peut-être simplement
le souffle de ma bouche
formant ce mot.

Toi
je te connais je te redoute
tu es la pierre et l’asphalte
les arbres menacés
les bêtes condamnées
les hommes torturés.

Tu
es le jour et la nuit
le grondement d’avions invisibles
pluie et brume
les cités satellites
perspectives démentes
les gazomètres les tas d’ordures
les ruines les cimetières
les solitudes glacées je ne sais où.

Tu
grognes dans les rumeurs épaisses
des autos des camions des gares
dans le hurlement des sirènes
l’alerte du travail
les bombes pour les familles.

Tu
es un amas de couleurs
où le rouge se perd devient grisaille
tu es le monceau des instants
accumulés dans l’innommable,
la boue et la poussière,
Tu ne ressembles à personne
mais tout compose ta figure.

Tout :
le piétinement des armées
la masse immense de la douleur
tout ce qui pour naître et renaître
s’accouple à l’agonie,
même les prés délicieux
les forêts frissonnantes
la folie du soleil l’éphémère clarté
le roulement du tonnerre les torrents.
tout
cela ne fait qu’un seul être
qui m’engloutit : je vais du même pas
que les fourmis sur le sable.

Toi
je te vois je t’entends
je souffre de ton poids sur rues épaules
tu es tout : le visible.
l’invisible.
connaissance inconnue
et sans nom.
Faut-il parler aux murs ?
Aux vivants qui n’écoutent pas
A qui m’adresserai-je
sinon à un sourd
comme moi ?

Tu
es ce que je sais,
que j’ai su et oublié,
que je connais pourtant mieux que moi-même,
de ce côté où je cherche la voie
le vide où tout recommence.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Entre la chose d’écrire et le Verbe (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -1-2

Entre la chose d’écrire
Et le Verbe, entends le rire
d’un invisible témoin
qui te retient par la main.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sors de l’ombre (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Makoto Oshima 2003-ei-10f

Sors de l’ombre, et dis-moi
depuis combien d’années
tu mêles à mes pas
ton empreinte invisible,
ô mon double muet
traversé par mes mains.
C’est trop peu de sentir
ton souffle sur mon front
et dans l’air mutilé
d’écouter ta présence ;
trop peu de deviner
tes gestes incertains
à travers le cristal
du sommeil et des songes.
J’ai trop connu l’attente
et les paroles dures.
je ne crains ton regard
ni le rond de ta bouche
et veux te voir en face
à la clarté du coeur.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Makoto Oshima

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :