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Poésie

Posts Tagged ‘combler’

Nous tâtonnons (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2021



 

James Cobban 7265

Nous tâtonnons à l’aigu du néant
Qui seul nous comble
notre père fruitier.

(André Frénaud)

Illustration: James Cobban

 

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La poésie (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2020



    

La poésie, c’est la recherche
Passionnelle et comblée

De quelque chose que l’on sait
Ne jamais atteindre.

*

Quelque chose qui monte.

Peut-être seulement
Parce que c’est son heure.

*

Ouvre tes mains pour voir
Si tu caresses quelque chose

Où va s’incarner
Le nouvel instant

Que tu épouseras
Durablement.

L’instant tel que jamais
Il n’y en eut.

(Guillevic)

 

Recueil: Accorder poèmes 1933-1996
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES DERNIÈRES PIÈCES (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2020



Illustration: Erich Heckel
    
LES DERNIÈRES PIÈCES
à Jacques

Comme ceux qui crurent un jour dépasser l’horizon
et qui, le geste las, ne parlent plus qu’avec leur chien

tu répètes que le bonheur est plein de vide
et qu’on a beau crier contre les murs sournois,

l’herbe demeure le chemin le plus tendre
vers l’abattoir — et le boucher peut encore

caresser sa femme avec des mains de soie.
Et tu cries, oui tu cries, mais de plus en plus bas :

bonheur, bonheur, comme on jette,
couché sur la margelle du ciel,

ses dernières pièces dans le bleu qui bouge :
ces yeux que rien ne comble plus

sinon dans la nuit des amants outragés
la sourde et lente montée des larmes.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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N’aie crainte (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2020



n’aie crainte
il n’est pas de désert

c’est ta propre faim
qui suscite ce qui
pourra la combler

(Charles Juliet)

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Le golfe (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2020



Le golfe

Un golfe de silence l’un de l’autre nous sépare.
Je me tiens sur une rive, toi sur l’autre.
Je ne peux te voir ni t’entendre, mais je sais que tu es là.
Souvent je t’appelle par ton nom d’enfance
Et m’imagine que l’écho de mon cri est ta voix.
Quel pont pourrait joindre les rives de ce golfe?
Ni la parole ni le toucher.
Autrefois je pensais que nous le comblerions de nos larmes ;
A présent je veux le briser par notre rire.

***

The gulf

A gulf of silence separates us from each other.
I stand at one side of the gulf, you at the other.
I cannot see you or hear you, yet know that you are there.
Often I call you by your childish name
And pretend that the echo to my crying is your voice.
How can we bridge the gulf? Never by speech or touch.
Once I thought we might fill it quite up with tears.
Now I want to shatter it with our laughter.

(Katherine Mansfield)


Illustration: Vladimir Kush

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Brusque bouquet d’écume (Bernard Manciet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



brusque bouquet d’écume à poignées
navire étreint de la double astrée
tu portes encor des roches bleues
sur l’épaule quelque brume ou plume

sa tête entre les bras que l’étrave
s’endorme néanmoins de récolte
lourde selon le charme de houle
ta cuisse se comble heureuse plainte

(Bernard Manciet)


Illustration: Danièle Cottereau

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Fracasse les vitrines (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



Fracasse les vitrines
Brise les carapaces
Déplace les montagnes
Comble l’abîme et passe
Le mur est toujours là
Le même mur debout
Tout est toujours de face
Et la mort est au bout.

(Paul-Alexis Robic)

 

 

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Ils m’ont précipité dans la vie (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2020




    
Ils m’ont précipité dans la vie, avec des milliers d’autres,
Comme, dans les crématoires d’Auschwitz,
Les nazis jetaient les cadavres.
Mais nous, le feu nous a rendus incandescents
Comme des barres de métal,
Comme de rouges lianes
Jaillies des laminoirs,
Comme des gerbes de flammes
Giclant hors du volcan,
Embrassant l’azur avec quelle ardeur !
Nous avons lapidé de mots déflagrants notre époque,
Abattant le bois desséché, vermoulu,
Et nous avons comblé plus d’un marais nauséabond.
Souvent aussi nous avons fait naufrage
Dans de bien tristes solitudes,
Enserrés dans les frontières du Cosmos,
Mais la vie de nouveau et toujours nous accueille
A bras ouverts :
« Vous, les miens, venez à moi ! »

(Mihai Beniuc)

 

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Si pour toi je quitte tout (Elizabeth Browning)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2020




    

Si pour toi je quitte tout, en échange
Seras-tu tout pour moi ? N’aurais-je point
Regret du baiser que chacun reçoit
A son tour, et ne trouverais-je étrange,
Levant la tête, de voir de nouveaux murs ?
Comment … Une autre maison que celle-ci ?
Combleras-tu cette place auprès de moi
Pleine de trop tendres yeux pour changer ?
C’est le plus dur. Si vaincre l’amour est
Eprouvant, vaincre la peine plus afflige ;
Car la peine est amour et peine aussi.
Las, j’ai souffert et suis rude à aimer.
Mais aime-moi – Veux-tu ? Ouvre ton cœur,
Et drape en lui les ailes de ta colombe.

(Elizabeth Browning)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Quelqu’un plus tard se souviendra de nous
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il est riche d’un soleil (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2020



 

Duy Huynh (18) [1280x768]

Il possède une cage
mais pas de rossignol
un miroir
mais pas de visage
sa maison a un seul mur

Il est riche d’une bougie éteinte
et d’une échelle sans marches

Il détient une craie pour dessiner le vide
un charbon pour dessiner le plein
et des traits pour combler ses silences

Il est riche d’un soleil réduit à un point.

(Vénus Khoury-Ghata)

Illustration: Duy Huynh

 

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