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Si j’ai cherché – ai-je rien fait d’autre ? – (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



Si j’ai cherché – ai-je rien fait d’autre ? –
ce fut comme on descend une rue en pente
ou parce que tout à coup les oiseaux
ne chantaient plus. Ce trou dans l’air,

entre les arbres, mon souffle ni mes yeux
ne l’ont comblé – et je criai souvent
au milieu des herbes, mais je n’attendais
rien, je me disais : voilà,

je suis au monde, le ciel est bleu, nuages
les nuages et qu’importe le cri sourd des pommes
sur la terre dure : la beauté c’est que tout
va disparaître et que, le sachant,

tout n’en continue pas moins de flâner.

(Guy Goffette)

Poème découvert ici

 

 

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HELAS QUE ME FAUT-IL FAIRE (Girard de Beaulieu)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




    
HELAS QUE ME FAUT-IL FAIRE

Hélas que me faut-il faire
Pour adoucir la rigueur.
D’un tyran d’un adversaire,
Qui tient fort dedans mon cœur ?

Il me brûle, il me saccage,
Il me perce en mille parts,
Et puis me donne au pillage
De mille inhumains soldats.

L’un se loge en ma poitrine,
L’autre me suce le sang,
Et l’autre qui se mutine,
De traits me pique le flanc.

L’un a ma raison troublée,
L’autre a volé mes esprits,
Et tout mon âme comblée,
De feux, d’horreur et de cris.

En vains je répands des larmes,
Pour les pensers émouvoir,
Et n’y puis venir par armes :
Car ils ont trop de pouvoir.

Mais ce qui me réconforte
En ce douloureux émoi,
C’est que le mal que je porte
Lui est commun comme à moi.

***

Alas what must I do
To soften the severity
Of a tyrant, an adversary
Who stands powerfully in my heart?

He burns me, he pillages me,
He pierces me in a thousand parts
And then gives me over to the plundering
Of a thousand outrageous soldiers.

One lodges in my breast,
Another sucks my blood,
Yet another revolts and
Pricks my side with arrows.

One has clouded my reason,
Another has stolen my mind
And flled my whole soul
With fres, horror and cries.

In vain do I shed tears
Thinking to move them,
And I am unable to succeed by arms
For they are too powerful.

But what comforts me
In this painful emotion,
Is that the ill I bear
Is common to him as to me.

***

Ach! Was muss ich tun,
Zu mildern diese Strenge
Eines Tyrannen und auch Gegners,
Der tief in meinem Herzen sitzt?

Er brennet mich, er verheeret mich,
Er durchbohret mich an tausend Stellen
Und liefert mich dem Plündern
Von tausend Kriegern ohne Herz.

Der eine nistet in meinem Busen,
Der andre sauget mir das Blut,
Und noch ein andrer meutert,
Und mit seinen Pfeilen durchbohret mir die Seit‘.

Der eine hat mein‘ Sinn verwirret,
Der andre mir den Verstand gestohlen,
Und das Gemüt mir gefüllet
Mit Feuer, Horror und auch Schrei‘n.

Vergebens vergieße ich die Zähren,
Um zu erweichen sie damit.
Und kann‘s doch mit den Waffen nit‘,
Denn ihre Macht ist allzu groß.

Aber was mich tröstet
In der Trauer,
Ist, dass das Elend, das ich trage,
Ihm auch wie mir gemeinsam ist.

(Girard de Beaulieu)

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Le muscle de l’espoir (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



Le muscle de l’espoir

J’ai traversé des seuils rencontré le partage
J’imaginais des sons des saveurs des reflets
J’inventais une durée par-delà tout naufrage
J’ai gravé l’avenir dans la moelle du passé

Je réduisais les murs
Transperçais les enceintes
J’ai aimanté les mots
J’ai dansé le silence
Sur les nervures du temps

J’ai comblé d’herbes
Les gouffres les brèches les failles
Enroulé de soleils la spirale des nuits

Au versant des carnages
J’ai sauvegardé l’oiseau.

(Andrée Chedid)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Mon Ami le Vent (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Mon Ami le Vent

JE t’aime et te salue, ô mon ami le vent
Qui rôdes à travers les champs gras où l’on sème,
Et qui viens te pencher sur la mer, en buvant
Les flots dont l’âcreté ravive ta soif blême…

Rien ne saurait combler le vide de mes bras,
Et mes jours impuissants ont des torpeurs mauvaises…
J’aspire aux infinis que l’on n’atteindra pas…
Quand m’emporteras-tu vers les rudes falaises ?

Quand m’emporteras-tu vers les gris horizons,
Vers les récifs et vers les îles désolées
Où les plantes n’ont point les magiques poisons ?
Que cherchent en vain les princesses exilées ?…

Quand m’emporteras-tu vers l’éternel hiver
Où nul essor de blancs goélands ne s’élance,
Où les soirs ont glacé le tourment de la mer,
Où rien d’humain ne vit au milieu du silence ?

(Renée Vivien)

Illustration: Albert-Joseph Pénot

 

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Jusqu’à la fin des mondes (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017



Illustration: Rafal Olbinski
    
jusqu’à la fin des mondes
dans le coeur du coeur noir
par frissons d’avant l’aube

des lézards d’insomnie
à porter jusqu’au ciel
avec la ténèbre pour boussole

pour fleurir infini
entre l’os et l’aube
comme les étoiles géantes

pour combler mon exil
dans le coeur du coeur noir
dans ta blessure si blanche

dans la faille entre les âmes
en lambeaux de ferveur
en morsures d’en-haut

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Personne n’est à plaindre (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: Jean-Siméon Chardin 
    
Personne n’est à plaindre
Des vivants ni des morts
A personne le privilège
De la douleur

Ne demander ici
Ni pitié
Ni compassion
Pas même un regard plus appuyé
Pas même un geste pour combler
La solitude

(on peut s’attendre simplement
au silence de l’amitié
posé comme l’eau
humble et fraîche
à l’angle le plus secret de la table
entre pénombre et soleil)

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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Parce que tant (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Arunas Zilys   
    
parce que tant
d’espace a comblé
le silence

tant de splendeur
a éclairé
l’absence

ce prénom
ne connaît plus
mes lèvres

(Silvia Baron Supervielle)

 

Recueil: Sur le fleuve
Editions: Arfuyen

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Argile (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2017


Argile pétrie de rêves durables
De corps que l’eau départage
Rêves de jade et de rosée
Corps de souffles et de sang
Quelle main hors de la mémoire
Pétrissant l’un et puis l’autre
Pétrissant le vide médian
Où tout désir sera échange
Qui est brisé sera comblé
Qui est comblé sera tout autre
Argile pétrie de corps durables
De rêves dont les corps sont nés
Rêves de souffles et de sang
Corps de jade et de rosée

(François Cheng)

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Toute la splendeur d’un soir (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017



Illustration: Alphonse Osbert
    
Toute la splendeur d’un soir
Captée ici par un oeil…
Est-ce nous qui cherchons à la voir?
Est-ce elle qui cherche a être vue ?
Toute la splendeur de l’univers,
Espace d’un soir, a ému.

Nous qui voyons, sommes-nous vus ?
Quelque chose a donc ébloui,
Et quelqu’un a vu.

L’univers en nous s’est ému,
Espace d’un bref soir.
Ce don suffit-il pour nous combler?
Cet instant a-t-il suffi

Pour combler enfin l’in-fini ?

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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DIALOGUE (Gentil-Bernard)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2017



 


    
Illustration: Jean Honoré Fragonard

DIALOGUE

— Par un baiser, Corine, éteins mes feux…

— Le voilà… prends…

— Dieux ! mon âme embrasée
Brûle encor plus…

— Encor un? Sois heureux…
Tiens!…

— Mon ardeur n’en peut être apaisée…
Corine,.. encore… Ah! la douce rosée!…

— En voilà cent, pour combler tous tes vœux ;
Es-tu bien, dis?…

— Cent fois plus amoureux…

— En voilà mille, est-ce assez?

— Pas encore.
Un feu plus grand m’agite et me dévore

Corine…
— Eh bien? dis donc ce que tu veux?

(Gentil-Bernard)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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