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Poésie

Posts Tagged ‘se retirer’

JE ME SUIS RETIRÉ (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



 
Illustration: ArbreaPhotos
    

JE ME SUIS RETIRÉ

Je me suis retiré du néant
A peine.
Je suis presque sans rien sur le rivage.
La confiance, la foi, le courage
Je fis pour eux un effort d’insecte fervent.

Des algues me couvraient,
Avec des coquillages je jouais.

Même quand je joue
Avec les branches qui me couvrent,

Je suis avec vous tous
Je suis votre peur de la mort.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une douleur se plaint (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018



    

Une douleur se plaint
de ne pouvoir se dire

Halo tremblant
autour du corps

Reptation lente
à ras sous la peau

Sans lieu
souffrant d’ errer

Si proche cependant
nodosité mouvante
étranglement d’être

Stase opaque
aux frontières
d’un lacis d’angoisses

Vacille ténue
reflue se retire
épuisée
de n’ avoir su désigner
la vérité qu’elle recelait

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Il manque une lettre (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

Illustration: Régine Boillet
    
il manque une lettre
pour tenir la clé
entrer nulle part

et manquer de tout
ainsi crée-t-on dieu
par force d’absence

si le coeur doit battre
autant qu’il se passe
enfin quelque chose

la tête à l’envers
tu vois sous les robes
monter l’infini

puis il se retire
dans la chevelure
et ça te déchire

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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LES MAINS (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Nos deux mains
Se serraient bien
Dans ma poche de manteau

Nos deux paumes
S’aimaient bien
Le dessus de chaque main
Ressentait la laine

Que nos mains se connaissaient bien
Dans la nuit de ma poche
Bien ensemble à l’abri
Avec de petites farces

Les passants se doutaient bien
Que nos mains s’aimaient bien
Se cachaient se touchaient
Et eux rien

Ils voyaient à nos yeux à nos nez
Ce que faisaient nos mains
Et nos mains s’enroulaient
S’endormaient
Et nos corps marchaient

On se touchait
Tout à fait
Et c’était parfait
Nos mains nous suffisaient
On pouvait s’y retirer
S’y savoir s’abreuver
L’essentiel c’est se toucher

Quand nos corps se promenaient
Nos deux mains se tenaient
Nos deux corps séparés
Par nos mains se touchaient

(Pierre Morhange)

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Parfum d’iode (Marie-Noëlle Hopital)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

mer

parfum d’iode –
les vagues se retirent
des galets brûlants.

(Marie-Noëlle Hopital)

Illustration

 

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La solitude (Renée-Lise Jonin)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



 

La solitude

La solitude, c’est se retirer comme la marée. Se retirer en soi
pour un temps en sachant que la marée reviendra. C’est
l’océan qui m’enfante. Je bois un liquide amniotique à la
saveur salée.

Après que la marée se soit retirée, je cueille en moi les
coquillages, ceux qui laissent un petit trou dans le sable ridé.
Ridé comme ma main qui les cueille. Tous les coquillages se
font poèmes.

J’attends le retour de la marée qui déposera ses richesses dans
la profondeur de mon ventre.

(Renée-Lise Jonin)

Illustration: Catherine Besnard

 

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Avant l’orage (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Illustration: Serge Agombart
    
Avant l’orage

Entre les amandiers
Le trop-plein de l’été
s’est retiré
Un chant de loriot
depuis la haie
Vient se loger
Dans le nid défait
de la vacance

Jailli de la senteur
du sol originel
Le rayonnement vert
Se fait plus proche
plus ardent
plus transparent
Comme pour tout reprendre

Avant l’orage

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Que l’angoisse de mon coeur jamais ne se retire (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Que l’angoisse de mon coeur jamais ne se retire.
Que jamais je n’aie la paix.
Que jamais je ne me réconcilie avec la vie,
non plus qu’avec la mort.
Que ma route soit sans fin, vers un but inconnu.

***

Att hjärtats oro aldrig må vika.
Att jag aldrig må få frid.
Att jag aldrig må försona mig med livet,
inte heller med döden.
Att min väg må vara oändlig, med ett okänt mål.

(Pär Lagerkvist)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Le seigneur de Furu (Iso no Kami Otomaro)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Le seigneur de Furu
D’Iso no kami
Entrainé par les charmes
D’une gracieuse femme
Comme un cheval
Tenu par sa longe,
Comme un cerf
Poursuivi par les arcs et les flèches,
A obéi aux ordres
De notre souverain
Et s’est retiré dans une campagne
Aussi lointaine que les cieux.
Ah passant par le mont Matsuchi
Que ne revient-il !

(Iso no Kami Otomaro)

 

 

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RAPPORT (BRÈVE NOUVELLE) (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Illustration: Raymond Peynet  
    
RAPPORT (BRÈVE NOUVELLE)

C’était notre premier rendez-vous.
J’ai longuement caressé Fabienne, tendrement, pendant dix secondes, puis j’ai déposé une goutelette spermatique sur le sol.
Je l’ai aspirée dans mon bras copulateur, et la semence s’est mise à circuler lentement dans ma gouttière fécondatrice.
Alors, j’ai introduit mon bras copulateur jusqu’au plus profond de la bourse copulatrice de Fabienne, qui gémissait, et j’ai commencé mon lent mouvement de va-et-vient.
Fabienne a voulu se dégager, mais je l’ai menacé de mon funicule raidi, et j’ai continué à la besogner.
Au bout de deux heures, lorsque les spermatozoïdes sont arrivés à destination, je me suis retiré.
Après cette expérience, Fabienne et moi, d’un commun accord, avons décidé de ne plus nous revoir.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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