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Poésie

Posts Tagged ‘se retirer’

Certaines fois la musique occupe la première place (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2019



    

Certaines fois la musique occupe la première place,
mais d’autres elle se retire au second plan
et laisse courir en nous
quelque chose de plus cher qu’elle-même.

Or y a-t-il quelque chose de plus cher que la musique,
quelque chose qui coure comme elle
et qui comme elle nous sauve ?
Quelque chose qui puisse nous envelopper
sans que l’on sache si elle le fait
du dehors en dedans
ou du dedans en dehors ?

Tout ce qui sauve
doit pour un moment se retirer
afin qu’une autre chose nous sauve.

La liberté de l’homme est si grande
qu’elle ne peut même pas se borner
à un seul degré de salut.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Il est des jours (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2019



Illustration 
    
Il est des jours

Comme les autres
Ni tout à fait semblables

Les jours
Où l’on sait

Que les nuages là-bas ne seront plus jamais les mêmes

Que la mer se retire pour encore revenir

Que la joie de Jean-Sébastien demeure

Qu’il y a des mots pour tout dire

Des jours

Où je dis merci au monde
De me garder encore

Un peu

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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JE ME SUIS RETIRÉ (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2019



 
Illustration: ArbreaPhotos
    

JE ME SUIS RETIRÉ

Je me suis retiré du néant
A peine.
Je suis presque sans rien sur le rivage.
La confiance, la foi, le courage
Je fis pour eux un effort d’insecte fervent.

Des algues me couvraient,
Avec des coquillages je jouais.

Même quand je joue
Avec les branches qui me couvrent,

Je suis avec vous tous
Je suis votre peur de la mort.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Une douleur se plaint (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018



    

Une douleur se plaint
de ne pouvoir se dire

Halo tremblant
autour du corps

Reptation lente
à ras sous la peau

Sans lieu
souffrant d’ errer

Si proche cependant
nodosité mouvante
étranglement d’être

Stase opaque
aux frontières
d’un lacis d’angoisses

Vacille ténue
reflue se retire
épuisée
de n’ avoir su désigner
la vérité qu’elle recelait

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Il manque une lettre (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



 

Illustration: Régine Boillet
    
il manque une lettre
pour tenir la clé
entrer nulle part

et manquer de tout
ainsi crée-t-on dieu
par force d’absence

si le coeur doit battre
autant qu’il se passe
enfin quelque chose

la tête à l’envers
tu vois sous les robes
monter l’infini

puis il se retire
dans la chevelure
et ça te déchire

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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LES MAINS (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Nos deux mains
Se serraient bien
Dans ma poche de manteau

Nos deux paumes
S’aimaient bien
Le dessus de chaque main
Ressentait la laine

Que nos mains se connaissaient bien
Dans la nuit de ma poche
Bien ensemble à l’abri
Avec de petites farces

Les passants se doutaient bien
Que nos mains s’aimaient bien
Se cachaient se touchaient
Et eux rien

Ils voyaient à nos yeux à nos nez
Ce que faisaient nos mains
Et nos mains s’enroulaient
S’endormaient
Et nos corps marchaient

On se touchait
Tout à fait
Et c’était parfait
Nos mains nous suffisaient
On pouvait s’y retirer
S’y savoir s’abreuver
L’essentiel c’est se toucher

Quand nos corps se promenaient
Nos deux mains se tenaient
Nos deux corps séparés
Par nos mains se touchaient

(Pierre Morhange)

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Parfum d’iode (Marie-Noëlle Hopital)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



 

mer

parfum d’iode –
les vagues se retirent
des galets brûlants.

(Marie-Noëlle Hopital)

Illustration

 

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La solitude (Renée-Lise Jonin)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



 

La solitude

La solitude, c’est se retirer comme la marée. Se retirer en soi
pour un temps en sachant que la marée reviendra. C’est
l’océan qui m’enfante. Je bois un liquide amniotique à la
saveur salée.

Après que la marée se soit retirée, je cueille en moi les
coquillages, ceux qui laissent un petit trou dans le sable ridé.
Ridé comme ma main qui les cueille. Tous les coquillages se
font poèmes.

J’attends le retour de la marée qui déposera ses richesses dans
la profondeur de mon ventre.

(Renée-Lise Jonin)

Illustration: Catherine Besnard

 

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Avant l’orage (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Illustration: Serge Agombart
    
Avant l’orage

Entre les amandiers
Le trop-plein de l’été
s’est retiré
Un chant de loriot
depuis la haie
Vient se loger
Dans le nid défait
de la vacance

Jailli de la senteur
du sol originel
Le rayonnement vert
Se fait plus proche
plus ardent
plus transparent
Comme pour tout reprendre

Avant l’orage

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Que l’angoisse de mon coeur jamais ne se retire (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Que l’angoisse de mon coeur jamais ne se retire.
Que jamais je n’aie la paix.
Que jamais je ne me réconcilie avec la vie,
non plus qu’avec la mort.
Que ma route soit sans fin, vers un but inconnu.

***

Att hjärtats oro aldrig må vika.
Att jag aldrig må få frid.
Att jag aldrig må försona mig med livet,
inte heller med döden.
Att min väg må vara oändlig, med ett okänt mål.

(Pär Lagerkvist)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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