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Poésie

Posts Tagged ‘danser’

Les mâchoires des rochers (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Les mâchoires des rochers
se referment sur la coque de ma barque
qui dansait sur les plis soyeux des vagues
et l’écrasent comme une noix.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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J’ai voulu apprendre (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2020




Je ne sais pas danser
Mais je danse

Je ne sais pas chanter
Mais je chante

Je ne sais pas exister
Mais j’existe

Je ne sais pas souffrir
Mais je souffre

Je ne veux pas aimer
Mais j’aime

Je n’ai pas voulu être
Mais je suis

J’ai voulu apprendre
Mais déjà
La mort ne voulait pas

(Werner Lambersy)

Illustration: Edvard Munch

 

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Tout serait-il donc danser (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



maître et l’eau?

qu’apprend-elle
en se perdant avec les bulles

tout serait-il donc
danser

(Werner Lambersy)


Illustration: Henri Matisse

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Je riais (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2020



Je riais
Du centre vers la périphérie

Je riais
Du ventre et de la gorge
Des mains et des omoplates
Cela secouait tout l’espace
Faisait danser les fantômes
Comme ce mouchoir
Noué aux quatre coins

Dont la poupée dansait sous
Tes doigts
Avant d’aller enfant
Me coucher entre des draps
Amidonnés et froids
Sous la présence
Parfumée d’une chevelure
En chute libre

Je riais pour faire tomber
Les fruits de l’arbre
Du souffle
Au milieu du jardin d’Eden

Maintenant je ris
De la périphérie des autres
Vers le ventre
Avec des mains
Qui essorent les poumons
Comme du linge

Pour en sortir ce qui reste
Avant de passer le fer chaud
Sur les faux plis
De l’âme

(Werner Lambersy)

Illustration: Boleslaw Von Szankowski

 

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De la bouche au ventre (Werner Lambersy)5

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



Comme l’eau
qui veut tout connaître et court
sans cesse

Comme le vent
qui ne veut rien savoir et se cogne
dans tout

Comme le feu
qui ne peut que danser sur la terre

Et la terre
qui dans le ciel promène le bleu
de sa lampe de poche

Nous qui de la bouche au ventre

Allons nouer comme des crêtes
les grands éclairs noirs
du désir

(Werner Lambersy)


Illustration: Pascal Renoux

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Emmène-moi voir Guignol (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration
    
Emmène-moi voir Guignol

Maman
J’ai fini mes croquignoles’
Et j’ai des sous dans ma tirelire
Emmène-moi voir Guignol !
Emmène-moi voir Guignol
Que je te regarde rire.
L’oeil à vif et toutes tes dents
Folichonnes sur deux rangs.
Quand tu vois Guignol
Qui donne des coups de bâton dans les cieux
Tu rigoles
Comme une casserole
Qui danse sur le feu !
Et des fois tu pleures tellement tu ris
Tu pousses des cris de colibri
Tu ris, tu pleures quand Ratapoil
Met la moustache du gendarme !
Et quelques-unes de tes larmes
Luisantes comme la rosée du matin
Ça fait des petites étoiles
Qui tombent sur ma main…

(René de Obaldia)

 

Recueil: Innocentines
Traduction:
Editions: Gracet & Fasquelle

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COMME LES CAILLOUX (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020



 

COMME LES CAILLOUX

Comme les cailloux
Que font danser sur l’eau calme
Les enfants des pêcheurs
Et qui font parfois deux sauts
Et parfois vingt
Ainsi je ne sais point
Jusqu’où mon coeur lancé
Par ta main douce
Se rendra palpiter
Sur l’eau grise
Des jours que j’ai cessé d’appeler
Ma jeunesse…

(Gilles Vigneault)

 

 

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Chaleur (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




Chaleur

Le saule, qu’on dit pleureur
Valsait fébrilement…
Le peuplier dansait dans le vent
Le bouleau en oubliait d’être blanc,
Si chaud était l’air ambiant…

Le gros chien rêvassait
Et soufflait péniblement,
Le chat, roulé en boule
Sur son couvre-pied
Dormait
Jusqu’à ce que la chaleur
Vers d’autres cieux ne roule…
Chacun attendait que le soleil recule
Afin que plus il ne brûle…

C’était l’été – bonheur –
Dans toute sa splendeur !

(Mireille Gaglio)

 

 

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Je vous ai bien eus (Michel Sardou)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020




Je sortais tout droit du Grand Meaulnes
Avec mes airs d’adolescent.
Je n’étais pourtant plus un môme
Depuis déjà longtemps.

Tu me prenais pour un poète,
Le pauvre type de toujours.
Les filles se payaient ma tête
Quand je parlais d’amour.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Je disais souvent : « L’Amérique,
Je sais que moi j’irai un jour
Et que j’en reviendrai plus riche
Que Dupont de Nemours. »

J’ai pris tous les avions du monde,
Dormi dans tous les trains de nuit,
Aimé dans des bordels immondes
Des femmes aux cheveux gris.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Je n’vous ressemblais pas.
Vous ne m’avez pas cru
Mais je vous ai bien eus,
Je vous ai bien eus.

J’ai toujours dansé sur les vagues
Quand on croyait que je sombrais.
Ma vie avait l’air d’une blague
Et pourtant, c’était vrai.

Je me suis fait, des jours de fête,
Eclater des fusées d’amour,
Comme je vais faire sauter ma tête
A l’aube du dernier jour.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Y avait déjà longtemps
Que je ne m’aimais plus
Mais je vous ai bien eus,
Je vous ai bien eus.

(Michel Sardou)

Illustration

 

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BESTIAIRE DE LA VAGUE VENUE ME VOIR À NICE DE LA PART DE MON AMI LE POÈTE JULES SUPERVIELLE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2020



Illustration
    
BESTIAIRE DE LA VAGUE VENUE ME VOIR À NICE DE LA PART DE MON AMI LE POÈTE JULES SUPERVIELLE

Une vague entre en hésitant
une vague entre des milliers
Elle entre et court dans la maison
toute légère et chuchotant
monte et descend les escaliers
d’un pas prudent plein de poissons
s’excusant d’être si mouillée
et d’un bleu si déconcertant
et d’avoir tellement à dire
qu’elle en a peut-être oublié
ce qui est le plus important
et qui l’empêche de dormir

De Montevideo à Nice
il y a tant de ciel et d’eau
tant de navires feux éteints
et tant d’épaves qui pourrissent
tant de bateaux tant de radeaux
qu’une vague y perd son latin
même en se dépêchant très fort
même en marmonnant jour et nuit
entre les lames et le vent
même en sautant par-dessus bord
des grandes cheminées de suie
qu’elle rencontre à son avant

Une vague entre en hésitant
et danse et saute autour de moi
entre la table et le fauteuil
toute confuse et me léchant
grand épagneul d’eau et de soie
qui pose sur moi son gros oeil
cherchant à faire pardonner
d’avoir oublié en chemin
ce que le poète avait dit
une grosse vague étonnée
qui lèche doucement ma main
comme elle fit à mon ami
il y a des mois des années.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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