Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘danser’

BRUNETTE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2018



BRUNETTE

Qu’il est doux d’aller sous l’Ormeau,
Danser au son du Pipeau,
Et de la Musette !
Mais il est cent fois plus charmant
D’être seulette
Dessus l’herbette,
Avec son Amant.

(Anonyme)

Illustration: William Bouguereau

 

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Les mensonges (Anonyme XVIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



    
Les mensonges

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une vache
Qui dansait sur la glace
A la Saint Jean d’été
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une grenouille
Qui faisait la patrouille
Le sabre au côté
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
Ah j’ai vu un loup
Qui vendait des choux
Sur la place Labourée
Compère vous mentez

Ah j’ai vu, j’ai vu
Compère qu’as-tu vu ?
J’ai vu une anguille
Qui coiffait sa fille
Pour s’aller marier
Compère vous mentez.

(Anonyme XVIIIème siècle)

 

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C’est toujours dimanche avec les mots, avec les mots … (Christian Da Silva)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Une algue a poussé dans le pré,
la mouette est sur l’érable
et la maison se fait voilier.

Dans le feu
s’étire un soleil de vacances,
juste assez
pour que le sable reste au sec.

Un rêve court, un rêve danse,
et c’est la plage dans ma main,
et c’est le blé dorant la neige,
et c’est une île qui revient.

Avec des mots d’eau fraîche,
la chaîne du puits lève l’ancre,
une histoire roule calèche
et c’est toujours dimanche,
avec les mots,
avec les mots …

(Christian Da Silva)

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L’heure du berger (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018



La lune est rouge au brumeux horizon;
Dans un brouillard qui danse, la prairie
S’endort fumeuse, et la grenouille crie
Par les joncs verts où circule un frisson;

Les fleurs des eaux referment leurs corolles;
Des peupliers profilent aux lointains,
Droits et serrés, leur spectres incertains;
Vers les buissons errent les lucioles;

Les chats-huants s’éveillent, et sans bruit
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes.
Blanche, Vénus émerge, et c’est la Nuit.

(Verlaine)

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Je m’embête… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018



Illustration: William Bouguereau
    
Je m’embête; cueillez-moi des jeunes filles
et des iris bleus à l’ombre des charmilles
où les papillons bleus dansent à midi,
parce que je m’embête
et que je veux voir de petites bêtes
rouges sur les choux, les ails (on dit aulx), les lys.
Je m’embête.

Ces vers que je fais m’embêtent aussi,
et mon chien se met à loucher, assis,
en écoutant la pendule
qui l’embête comme je m’embête.
Vraiment ces trois cils de ce chien de chasse,
de ce chien de poète,
sont cocasses.

Je voudrais savoir peindre. Je peindrais
une prairie bleue, avec des mousserons,
où des jeunes filles nues danseraient en rond
autour d’un vieux botaniste désespéré,
porteur d’un panama et d’une boîte verte
et d’un énorme filet à papillons
vert.

Car j’apprécie les jeunes filles
et les gravures excessivement coloriées
où l’on voit un vieux botaniste éreinté
qui longe un torrent et se dirige
vers l’auberge.

(Francis Jammes)

 

 

 

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Le vin (Wislawa Szymborska)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



D’un regard il me fit plus belle
et je pris cette beauté pour moi.
Heureuse, j’avalai une étoile.

Il m’invente
telle mon reflet dans ses yeux.
Et je danse, danse
ailes déployées

La table est table, le vin est vin
dans un verre qui est verre
solidement posé sur la table.
Mais moi dans tout cela
je ne suis qu’une illusion
illusion sans limites
illusion jusqu’au sang.

Je lui parle de ce qu’il veut entendre:
des fourmis mourant d’amour
sous l’étoile du pissenlit.
Je lui jure que les roses
chantent quand elles ont bu du vin.

Je ris, je penche la tête
prudente comme si je faisais une expérimentation
et je danse, et danse
dans une peau étonnée d’être à moi
dans des bras qui me donnent forme.

Eve de la côte, Vénus de l’écume
Minerve du front de Jupiter
furent plus réelles que moi.

Quand il ne me regarde plus
je cherche mon reflet sur le mur
et ne voit qu’un clou
sans tableau.

(Wislawa Szymborska)

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Il faut encore avoir du chaos en soi (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018




    
Il faut encore avoir du chaos en soi
pour pouvoir enfanter une étoile
qui danse.

(Friedrich Nietsche)

 

Recueil: Ainsi parlait Zarathoustra
Traduction:
Editions:

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La hauteur de la rose (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



Illustration
    
La hauteur de la rose n’est pas la hauteur de la pierre,
mais parfois la rose la surpasse en son extase.
La hauteur de l’homme n’est pas la hauteur de la pluie,
mais son regard va plus loin que les nuages.
Et parfois la lumière l’emporte sur l’ombre,
bien que l’ombre ait toujours le dernier mot.
Les hiérarchies sont une distraction de l’infini
ou peut-être un accident.
Les hauteurs se supplantent comme tours qui dansent
mais tout tombe de la même hauteur.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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ALCHIMIE FAMILIALE (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2018



 

pecheurs

ALCHIMIE FAMILIALE

Quand je songe à tous ces drôles :

ce pêcheur du Nord à la barbe rousse
celui qui gagnait sa croûte en dansant
celui qui dévorait des bouquins en pagaille
celui qui se saoulait au lait de la bonté humaine
celui qui agitait un drapeau rouge…

je me regarde dans la glace
et je m’interroge

*

FAMILY ALCHEMY

When I think of them all:

a dancing rascal
a red-bearded fisherman
a red flag waver
a red-eyed scholar
a drunken motherfucker…

I take a look in the mirror
and I wonder

(Kenneth White)

Illustration

 

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Etait-ce bien un éléphant… (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018


 

Etait-ce bien un éléphant…

Etait-ce bien un éléphant
Qui dansait sur la cheminée?
Il était un peu transparent
Et ne semblait guère plus grand
Qu’une volute de fumée.

Mais peut-être, au fond, fumait-il
Calmement à minces bouffées
En dansant sur la cheminée.
Je ne voyais que de profil
Sa trompe mince comme un fil.

Et il aurait tout renversé
Si je n’avais imaginé
De dessiner un grand dompteur
Qui n’eut qu’à relever le nez
Pour l’envoyer danser ailleurs.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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