Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘vêtement’

Quand tu viendras me voir (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



quand tu viendras me voir
dans les vapeurs du soir
qui troublent le miroir

quand tu viendras me voir
marchant sur le trottoir
dans ton vêtement noir

quand tu viendras me voir
pour me redonner l’espoir
de revivre ce soir

quand tu viendras me voir
tu sais qu’il peut pleuvoir
et évite de violemment choir

quand tu viendras me voir
n’oublie pas ton mouchoir
tout au fond d’un tiroir

car en venant me voir
tu pourrais t’émouvoir
et pleurer sans le vouloir.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Jean-Gabriel Domergue

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ce qu’il faudrait (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020



 

Ce qu’il faudrait

Le soir
il faudrait tirer le ciel
comme une nappe
le laver le laver
le serrer dans l’armoire
avec son soleil ses oiseaux
ses feuilles de lumière
le garder bien à soi
comme un lac de silence
et quand viendrait le jour
s’en faire un vêtement
pour grandir

(Jean-Pierre Siméon)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

J’ai eu mon rêve (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



J’ai eu mon rêve – comme les autres –
et il n’en est rien sorti, si bien
que je suis maintenant insouciant
les pieds plantés au sol
et je regarde le ciel –
je sens mes vêtements sur moi,
le poids de mon corps dans mes chaussures,
le bord de mon chapeau, l’air qui entre et sort
de mon nez – et je décide de ne plus rêver.

(William Carlos Williams)

Illustration: Markus Raetz

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La vie m’a questionné (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



Illustration: Lucie Llong
    
La vie m’a questionné
je lui ai répondu par ton corps.

Doux le mirage
généreuse la grâce de l’illusion.

Mon corps ne pouvait contenir tout ce vacarme ses sens s’écroulaient dans le plaisir
montaient dans le désir
son corps ne connaissait pas d’accalmie.

Retrouvailles était le nom de chaque cellule ses désirs polissaient ses membres.
La passion est une forme du réel le désir une forme de la vérité le plaisir une forme du temps et le corps vêtement du corps.

(Adonis)

 

Recueil: Commencement du corps fin de l’océan
Traduction: Vénus Khoury-Ghata
Editions: Mercure de France

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sans oublier pour autant (Shabkar)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2020



Le chat paraît
profondément endormi

Sans avoir pour autant
oublié la souris.

Le renonçant peut vivre
sur de lointains versants,

Sans oublier pour autant
nourriture et vêtements.

(Shabkar)

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

KIMERC’H (Paol Keineg)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



église [800x600]

KIMERC’H

Dans la petite église
Où la Vierge sourit
Une femme laide pleure.
Le désir n’est pas simple.

Feu de la forge et feu des lavoirs
Où les laveuses aux joues rouges
Frappent avec haine de leur battoir
Les vêtements noirs qui fulminent.

(Paol Keineg)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CHANTS A LA JEUNE FILLE NOIRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Beautiful_African_American l [1280x768] [1280x768]

CHANTS A LA JEUNE FILLE NOIRE

Que ne suis-je
Un joyau
Un joyau brisé
Pour que tombent à tes pieds
Tous mes diamants éclatants,
O ma ténébreuse!
Que ne suis-je
Un vêtement
Un vêtement de soie chatoyante,
Pour que tous mes plis
Enveloppent ton corps,
Absorbent ton corps,
Soutiennent et cachent ton corps,
O ma ténébreuse!
Que ne suis-je
Une flamme,
Une flamme unique, vive et bondissante,
Pour anéantir ton corps
O, ma ténébreuse!

(Langston Hughes)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Juste après le bain (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2020




    
Juste après le bain
Dans une source d’eau chaude,
Sur ma peau douce
Me semblent si rêches
Les vêtements de ce monde

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ON REVIENT À SON MOI (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2020




On revient à son moi comme à une vieille maison
avec ses clous et ses rainures, c’est ainsi
qu’un homme lassé de lui-même
comme d’un vêtement troué jusqu’aux épaules
tente de marcher nu parce qu’il pleut,
l’être humain aimerait se mouiller dans l’eau pure
ou se frotter au vent nature : il ne parvient
qu’à rentrer dans son puits,
qu’à revenir à l’infime souci
de savoir s’il a existé, s’il a bien « exprimé »,
payé » ou « emprunté » ou « découvert » ,
comme si j’étais, moi, si important
pour que la terre avec son nom végétal, dût
m’accepter ou me repousser
dans son grand théâtre aux murs noirs.

(Pablo Neruda)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DANS LA CHAMBRE (Isaïe Spiegel)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2019



Illustration: Ernest Pignon Ernest

    

DANS LA CHAMBRE
(extrait)

Chauve-souris — la peur sur les sombres grabats,
À leur chevet des sacs, lugubres paquetages.
Dans l’ombre du cachot, par d’étroits soupirails
Jaillissait sur les murs la peur blanche, sauvage.

Une terrible nuit de soupirs et de pleurs
S’étend nouée avec le vent sur les planètes,
Au ciel des milliers d’étoiles sont phtisiques,
Ta main tiède caresse une dernière larme.

Tu gis sur le grabat, mais tes yeux sont rivés
Aux planches du chariot de mort,
C’est le couteau de l’abattoir que le vent aiguise dehors
O qui viendra dans l’aube nous sauver?

Et des songes sereins avec les yeux mi-clos,
Les sourcils trempés dans le plomb ardent
On rêve de vergers en fleurs dans les prairies,
Des eaux qui prient chantent en passant.

Les vêtements qu’on a laissés dans les armoires,
Les voilà maintenant qui s’échappent tout seuls
Et chacun d’eux contient un visage, et l’on voit
Pendre au coeur de la chambre une lune rougeâtre.

(Isaïe Spiegel)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :