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Poésie

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Je vous ai bien eus (Michel Sardou)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020




Je sortais tout droit du Grand Meaulnes
Avec mes airs d’adolescent.
Je n’étais pourtant plus un môme
Depuis déjà longtemps.

Tu me prenais pour un poète,
Le pauvre type de toujours.
Les filles se payaient ma tête
Quand je parlais d’amour.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Je disais souvent : « L’Amérique,
Je sais que moi j’irai un jour
Et que j’en reviendrai plus riche
Que Dupont de Nemours. »

J’ai pris tous les avions du monde,
Dormi dans tous les trains de nuit,
Aimé dans des bordels immondes
Des femmes aux cheveux gris.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Je n’vous ressemblais pas.
Vous ne m’avez pas cru
Mais je vous ai bien eus,
Je vous ai bien eus.

J’ai toujours dansé sur les vagues
Quand on croyait que je sombrais.
Ma vie avait l’air d’une blague
Et pourtant, c’était vrai.

Je me suis fait, des jours de fête,
Eclater des fusées d’amour,
Comme je vais faire sauter ma tête
A l’aube du dernier jour.

Je vous ai bien eus.
Je vous ai bien eus.

Y avait déjà longtemps
Que je ne m’aimais plus
Mais je vous ai bien eus,
Je vous ai bien eus.

(Michel Sardou)

Illustration

 

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QUINCAILLERIE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020




QUINCAILLERIE

Dans une quincaillerie de détail en province
des hommes vont choisir
des vis et des écrous
et leurs cheveux sont gris et leurs cheveux sont roux
ou roides ou rebelles.
La large boutique s’emplit d’un air bleuté
dans son odeur de fer
de jeunes femmes laissent fuir
leur parfum corporel.
Ilsuffit de toucher verrous et croix de grilles
qu’on vend là virginales
pour sentir le poids du monde inéluctable.

Ainsi la quincaillerie vogue vers l’éternel
et vend à satiété
les grands clous qui fulgurent.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Le Timide (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020


fenêtres

devant l’armée des fenêtres
en ordre de bataille
il passe le front haut
rempli de victoires
et de femmes violées
leurs cris lui donnent cette pâleur
le soir ses lèvres de cannelle
mais seule
une boisson tiède l’attend
entre quatre murs gris

(Daniel Boulanger)

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L’ OMBRE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020



Illustration: Markus Raetz
    
L’ OMBRE

L’ombre essaie de ressembler
à celui qu’elle accompagne,
mais c’est toujours à refaire,
toujours à recommencer.
Métier d’ombre, métier d’ombre,
c’est un vrai métier de chien,
on s’échine, se déchire,
se fatigue, se détruit.
Métier d’ombre, route d’ombre,
la vie est dure à gagner.

Si contente était mon ombre
de marcher au bord de mer.
Mais quand je plonge dans l’eau
elle est perdue aussitôt,
elle se débat et pleure
comme un enfant égaré.
Reviens, reviens sur le sable,
me crie mon ombre fidèle,
reviens vite à mes côtés,
ne me laisse jamais seule.

Elle est plus faible que moi,
elle se perd en chemin,
elle s’accroche aux buissons
perdant ses flocons de laine,
et s’écorche les genoux,
et se noie dans les ruisseaux
grelottant le soir venu,
redoutant les nuages gris.
Métier d’ombre, chemin d’ombre,
mon ombre est bien fatiguée.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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SOUS CASSIOPEE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020




    
SOUS CASSIOPEE

Le cliquetis du fer, les bottes en cadence
Sur la poussière du chemin, sous Cassiopée.
Pour la troisième compagnie l’ordre est d’aller.
Dans les hauteurs du ciel les grues vont en silence.

Coquelicots en fleur dans la steppe, à foison.
Gerbes amoncelées dans la steppe en été.
L’âme, bien sûr, mais c’est l’affaire du curé.
La jument qui hennit de rage est l’horizon.

Des nuages gris-blanc pour l’automne qui vient
Et l’hiver qui ricane avec ses dents de neige.
Frère, qui va tomber? Qui pour demain? Où vais-je?
C’est pour quand le retour? Père, écris-nous au moins.

(Mihai Beniuc)

 

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NOTRE TERRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

Giampaolo Ghisetti -  (6)

NOTRE TERRE

Il nous faudrait une terre de soleil
De soleil resplendissant,
Et une terre d’eaux parfumées
Où le crépuscule
Est un léger foulard
D’indienne rose et or,
Et non cette terre où la vie est toute froide.

Il nous faudrait une terre pleine d’arbres,
De grands arbres touffus
Aux branches lourdes de perroquets jacassants
Et vifs comme le jour,
Et non cette terre où les oiseaux sont gris.

Ah, il nous faudrait une terre de joie,
D’amour et de joie, de chansons et de vins
Et non cette terre où la joie est péché.

O ma douce amie, fuyons!
Fuyons, ma bien-aimée!

(Langston Hughes)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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L’acacia (Marie-Magdeleine Carbet)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



    


    
L’acacia

Le vent
Passait, pleurant.
L’acacia dit :
Vent d’automne
Au front gris,
Tu t’ennuies :
Je te donne
mes feuilles.
Prends, cueille
Et va jouer au volant
Avec ton amie
La pluie.
Le printemps,
En son temps,
m’en fera de plus jolies !

(Marie-Magdeleine Carbet)

 

Recueil: Mini-poèmes sur trois méridiens
Traduction:
Editions: Leméac

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Jour pluvieux d’automne (Michel Beau)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2020



Illustration
    
Jour pluvieux d’automne

Une feuille rousse
que le grand vent pousse
dans le ciel gris-bleu,
l’arbre nu qui tremble
et dans le bois semble
un homme frileux,

une gouttelette
comme une fléchette
qui tape au carreau,
une fleur jaunie
qui traîne sans vie
dans la flaque d’eau,

sur toutes les choses
des notes moroses,
des pleurs, des frissons,
des pas qui résonnent :
c’est déjà l’automne
qui marche en sifflant sa triste chanson.

(Michel Beau)

 

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2e retouche à l’âge (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020



 

2e retouche à l’âge

galet
sous les eaux de l’enfance
gris
dans les bleus aux beaux angles

(Daniel Boulanger)

 

 

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Doucement s’en va le jour (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2020



    

Doucement s’en va le jour

Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours.

La rainette dit
Sa chanson de nuit
Et le lièvre fuit
Sans un bruit.

Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours.

Le hibou tout gris
Est déjà parti
Chasser les souris
Sous les buis.

Doucement, doucement,
Doucement s’en va le jour
Doucement, doucement
À pas de velours.

Dans le creux des nids
Les oiseaux blottis
Se sont endormis
Bonne nuit.

(Suzanne François)

MERCI à Patrick son fils pour son aimable autorisation de publier ici

la date de 1977 qui figure sur la partition est la date de déclaration à la SACEM. Cette chanson a été écrite en 1953

Recueil: En me promenant
Traduction:
Editions: du Scarabée

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