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Poésie

Posts Tagged ‘gris’

Ciel bleu amoureux (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019




    
ciel bleu
amoureux

temps gris
des soucis

nuages bas
ça ne va pas

éclaircies
on revit

souvent l’amour varie
comme la météorologie.

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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MER DU NORD (Dominique Joye)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019




MER DU NORD

La chaîne de vos regards se décroche du quai.
Entre les cargos rouges et gris
Qui croisent les drapeaux
De brumes blanches des voiliers,

Mon esprit voyage,
Sur leurs panaches d’écumes,
Je deviens plumes d’oiseaux
Attirées dans leur sillage.

(Dominique Joye)

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Je la connais (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



 


    
Je la connais

Le tintement de l’heure au sommet des églises
scande un pas solitaire et mon ombre perdue
se débat sur les murs en sursauts de pendu
la nuit vient maquiller la maigre fiancée grise

si je dors elle arrive et tempête chez moi
si je dis le vin bon elle brise mon verre
si je gagne au bonheur elle envoie d’un revers
rouler le jeu je ne sais plus ce que je crois

si je serre une main elle crache dessus
si je montre le blanc elle exhibe le noir
elle brille et s’aiguise à la meule du soir
elle rit elle danse et je suis son bossu

ma sans-sommeil ô ma grinçante
ma questionneuse ma rusée
ma radoteuse ma butée
mon frein brûlé ma folle pente

je suis ta chose et tu me hantes
toi le marteau qui sans fin plantes
dans mon étau les treize coins
des questions de ta question.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Silène (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2019




    
Silène

Explosives
pochettes d’air
à grises mouchetures.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Conciliable (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019




    
Conciliable

Des routes vierges
se faufilant
dans les gris

Des petits matins
simples

Des pluies
clémentes

Des envies
de pardon

Des espoirs
conciliables

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Unité (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019




    
Unité

Cette nuit ma montre halète
près de ma tempe assombrie, comme
le barillet d’un revolver qui tourne
sous la gâchette sans trouver la balle.

La lune blanche, immobile, pleure,
et c’est un oeil qui vise… Et je sens comme
estampe sa marque le grand Mystère en une idée
hostile et ovoïde, en une balle vermeille.

Ah, main qui limite, qui menace
derrière toutes les portes, qui souffle
dans toutes les montres, qui cède et passe !

Sur l’araignée grise de ta structure,
une autre grande Main faite de lumière porte
une balle qui a la forme azur du coeur.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Paris (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



Paris

Les arbres noirs dans le ciel gris et les pigeons couleur de ciel.
Les statues dans l’herbe et cette élégance mélancolique…
L’envol des pigeons comme un claquement de linge qui se déplie.
Les roucoulements dans l’herbe verte.

(Albert Camus)

Illustration

 

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L’ARAIGNÉE (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2019



L’ARAIGNÉE

Araignée grise
Araignée d’argent
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.

Toile d’araignée
Émerveillement
Lourde de rosée
Dans le matin blanc !
Ouvrage subtil
Qui frissonne et ploie
Ô maison de fil
Escalier de soie!

Araignée grise
Araignée d’argent
Ton échelle exquise

Tremble dans le vent.

(Madeleine Ley)

Illustration

 

 

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Tu t’ennuies ? (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Illustration
   
Tu t’ennuies ? —

— Elle dure
cette pluie
qui est dure.

Je prends ma
pipe en glaise
que j’allume
une braise.

Tu es loin
et tu penses
dans un coin
aux vacances.

Les pavés.
par la pluie
sont lavés.
Je m’ennuie.

Aux carreaux
blancs, j’écoute
tomber l’eau
froide en gouttes.

Tu ne vien
dras pas, puisque
tu es loin :
pas de risque.

Tu es loin :
je m’ennuie :
je n’entends rien
dans la pluie :

c’est de l’eau
fine ou dure,
passant tôt
ou qui dure.

Je n’y vois
rien. — Entendre
là des voix
en deuil, tendres ?…

Je ne puis :
c’est la pluie
d’un jour gris
qui essuie.

(Francis Jammes)

 

Recueil: De l’Angelus de l’aube à l’Angelus du soir
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quand tu seras vieille et grise (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
Quand tu seras vieille et grise et pleine de sommeil,
Quand, ta tête inclinée près du feu, tu prendras ce livre,
Et lentement, liras et reverras le doux regard
De tes yeux d’autrefois, et de leurs ombres profondes.

Combien ont aimé tes moments de joie prodigue,
Et aimèrent ta beauté d’un amour sincère ou faux,
Mais un seul aima l’âme du pèlerin en toi,
Et aima les défaites de ton visage changeant ;

Et quand courbée sur la hampe incandescente,
Tu murmureras comment l’amour te quitta
Comment il s’envola au-dessus des montagnes
Et cacha son visage dans un amas d’étoiles.

***

When you are old and grey and full of sleep,
And nodding by the fire, take down this book,
And slowly read and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep;

How many loved your moments of glad grace,
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how love fled
And paced upon the mountains overhead
And hid his face amid a crowd of stars.

(William Butler Yeats)

 

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