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Poésie

Posts Tagged ‘gris’

La Meuse (Mireille Gaglio)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022




La Meuse

Long fleuve noir,
Au loin,
Coule depuis des matins…
La fumée des usines,
La poussière
Couvrent l’air…
Le vent d’automne
Charrie
Les feuilles aux tons pâlissant…

Symphonie en gris
Marche funèbre
D’un été qui finit…

(Mireille Gaglio)

Illustration

 

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Un sang d’encre (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




    
Un sang d’encre

J’aime les encres
Encres furtives
Des ciels changeants
Encres fautives
Des jours indigents
Encres de brume

Ou de clarté
Encres d’amertume
Aux cris des cités
Ah pourvu mon ami
Qu’à la pointe de la plume

Sourde une perle de rosée
Avant d’être goutte de sang
Vous mes encres providentielles
Rayons de toutes couleurs
Ouvrez-moi la chanson

La chanson grise la chanson rose
Encre d’écolier encre rouge et noire
S’il est encore un espoir
Je le cueillerai
Tout au fond de l’encrier

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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Besoin d’être tenu (Cyril Dion)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2022



    

Besoin d’être tenu
contenu,
que d’autres peaux, d’autres mains
soulagent le lointain
la béance
besoin que les bras
les claquements de langue
les gorges déployées
repoussent le froid,
le gris,
le raide.

Besoin d’une caresse.

(Cyril Dion)

Recueil: A l’orée du danger
Traduction:
Editions: Actes Sud

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CHANSON (Dan Andersson)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022




Illustration: Alain Boissel

    

CHANSON

Quand naquit mon amour, c’était sur les rivages
des eaux dansantes d’un torrent
par une claire nuit de nordique printemps,
par une de ces nuits de mes jeunes années
où je buvais le miel sauvage
sur les prés couverts de rosée.

Quand naquit mon amour, c’était sur les rivages
du Païso torrentueux
où sautait le saumon et chassait le brochet ; et
de ses froides eaux qui roulaient avec rage,
farouchement voluptueux,
un chant irréel s’élevait.

Et ce chant bouillonnait tout le long de mes veines
chaque fois qu’un nouveau printemps
venait remettre à neuf un peu de l’âme humaine ;
et dans le monde entier retentissait ce chant
chaque fois que mystérieux
un printemps descendait des cieux.

Mais jamais plus, hélas, je n’aimerai
comme en ces jours lointains, comme aux bords enchantés
des eaux claires du Païso.
Mon amour se fait vieux, mon amour se fait gris,
mon amour ne sait plus du tout
cueillir le miel sauvage au coeur profond des nuits.

(Dan Andersson)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: J.-V. Pellerin
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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LE LUNATIQUE (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2022



    

LE LUNATIQUE

Le soleil amorti s’absorbe dans la brume;
Ainsi qu’un astre mort mon amour s’est couché.
Le long des quais salis l’aveugle nuit s’allume;
Mon coeur est aussi vieux qu’Hérode et son péché.

Chaque vivant, moyeu d’un univers caché,
Bat, victime et bourreau, son malheur sur l’enclume;
Et les visages gris sont des flocons d’écume
Dans le noir flot humain sur l’asphalte épanché.

Amour, où sommes-nous? Est-il sûr que nous sommes? La
lune qui pâlit d’avoir pitié des hommes
Au bord des toits déserts verse un sanglot d’argent.

Et l’oeil fou des cités regarde sans envie,
Froidement lumineux et fixement changeant,
Cet astre déjà mort et plus pur que la vie.

(Marguerite Yourcenar)

 

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si calme la peau grise (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2022



Illustration: Lauri Blank
    
Si calme la peau grise éteinte calcinée
Faible de la nuit prise dans ses fleurs de givre
Elle n’a plus de la lumière que les formes.

Amoureuse cela lui va bien d’être belle
Elle n’attend pas le printemps.

La fatigue la nuit le repos le silence
Tout un monde vivant entre des astres morts
La confiance dans la durée
Elle est toujours visible quand elle aime.

(Paul Eluard)

Recueil:… Bleue comme une orange
Traduction:
Editions: Alternatives

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Source (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2022



 


    
Source

À la chatte grise qui sans rien dire à personne
s’est trouvée un jour pleine, la très douce outre duveteuse
puis après soixante jours a mis bas en ronronnant
deux tigrés et deux noir et blanc
qui se collent à ses tétines roses
et boivent en fermant les yeux et pétrissant ses poils
la source de toute vie qui nourrit toutes les bouches
je demande protection…

(Claude Roy)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Épitaphe (Joachim Du Bellay)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2022




    
Épitaphe

A peu que le cœur ne m’en crève
Quand j’en parle ou quand j’écris :
C’est Belaud mon petit chat gris
Belaud qui fut par aventure
Le plus bel œuvre que Nature
Fit onc en matière de chats.

(Joachim Du Bellay)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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BERCEUSE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
BERCEUSE

Endormons-nous, petit chat noir.
Voici que j’ai mis l’éteignoir
Sur la chandelle.
Tu vas penser à des oiseaux
Sous bois, à de félins museaux…
Moi rêver d’Elle.

Nous n’avons pas pris de café,
Et, dans notre lit bien chauffé
(Qui veille pleure.)
Nous dormirons, pattes dans bras.
Pendant que tu ronronneras,
J’oublierai l’heure.

Sous tes yeux fins, appesantis,
Reluiront les oaristys
De la gouttière.
Comme chaque nuit, je croirai
La voir, qui froide a déchiré
Ma vie entière.

Et ton cauchemar sur les toits
Te dira l’horreur d’être trois
Dans une idylle.
Je subirai les yeux railleurs
De son faux cousin, et ses pleurs
De crocodile.

Si tu t’éveilles en sursaut
Griffé, mordu, tombant du haut
Du toit, moi-même
Je mourrai sous le coup félon
D’une épée au bout du bras long
Du fat qu’elle aime.

Puis, hors du lit, au matin gris,
Nous chercherons, toi, des souris
Moi, des liquides
Qui nous fassent oublier tout,
Car, au fond, l’homme et le matou
Sont bien stupides.

(Charles Cros)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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V. HAMMERSHOI (Cécile Coulon)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2022



Illustrations: Vilhelm Hammershøi 

    
V. HAMMERSHOI

Ce sont de longues et larges
pièces vides bleues et grises que
partout ailleurs on nomme
avancées progressives du chagrin

mais

dans la ligne du dos de cette femme
penchée à la fenêtre qu’encadrent des
mousselines blanches

mais

sur la table en bois d’aulne ou de châtaignier le
silence emmaillote la tige d’une orchidée et
foudroie les paroles vaines

mais

ce que vous nommez aisément
— vide impossible à meubler de sa propre présence —
en lui réside le paradis véritable :

vivre dans un tableau de V. Hammershoi
m’apprend à disparaître
sans esclandre.

(Cécile Coulon)

Recueil: Noir Volcan
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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