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Posts Tagged ‘habit’

Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j’adore (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



 

Sous un habit de fleurs, la Nymphe que j’adore,
L’autre soir apparut si brillante en ces lieux,
Qu’à l’éclat de son teint et celui de ses yeux,
Tout le monde la prit pour la naissante Aurore.

La Terre, en la voyant, fit mille fleurs éclore,
L’air fut partout rempli de chants mélodieux,
Et les feux de la nuit pâlirent dans les Cieux,
Et crurent que le jour recommençait encore.

Le Soleil qui tombait dans le sein de Thétis,
Rallumant tout à coup ses rayons amortis,
Fit tourner ses chevaux pour aller après elle.

Et l’Empire des flots ne l’eût su retenir ;
Mais la regardant mieux, et la voyant si belle,
Il se cacha sous l’onde et n’osa revenir.

(Vincent Voiture)

Illustration: Wilfred Gabriel de Glehn

 

 

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Quelque chose (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 23

Quelque chose va peut-être arriver.
Un marchand d’habits réclame les objets usés.

(Guy Lévis Mano)

Illlustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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L’union parfaite (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



    

L’union parfaite

Jour et nuit, je pleure après une union, mon Amour,
Union semblable à une mort affamée.
Viens me ligoter, viens me cueillir,
Dénude-moi de ma pudeur, de mes habits, de mon voile.
Viens et maraude parmi mon corps juvénile,
Prive mes yeux de sommeil, du rêve même de dormir.
Dévalise cet univers vaste et réveille
Ma vie et ma mort, pour toute éternité.
Au bûcher de l’union dans un monde solitaire
Là où la création s’est évanouie à l’extinction du soleil,
Sans pudeur et dévêtus en deux coeurs nus
Que toi et moi devenions beauté infinie.
Quel est ce rêve audacieux, Seigneur,
Où réside cette union sans Toi?

***

Total union

Night and day, I weep, O Love, for a union,
Union resembling a hungry death.
Come and bind me, pluck me away,
Strip me of modesty, of raiment, of screen.
Come and steal this juvenile body,
Bereave my eyes of sleep, of dream of sleeping.
Rob this universe vast an d awake,
My life and my death, for an eternity.
At the crematorium of union amid a solitary world
Where the creation has fainted with the extinction of the sun,
Shameless unclothed in two naked hearts
Let you and me become beauty infinite.
What an audacious dream, O Lord,
Where lies this union without You?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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PLOMB (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



PLOMB

Les lourds cercueils dormaient de leur sommeil de plomb,
Les fleurs de plomb aussi, les habits funéraires —
Dans le caveau le vent sifflait… et solitaire
J’entendais grincer là les couronnes de plomb.

Pour toujours mon amour dormait… Amour de plomb
Couvert de fleurs de plomb. Alors, dans les ténèbres,
Seul près du corps j’ai crié son nom… froid funèbre…
Et ses ailes pendaient, ailes mortes, de plomb.

(George Bacovia)

Illustration

 

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LA PYRAMIDE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019




LA PYRAMIDE

Rue Saint-Honoré, en hommage
les indigents élevèrent au roi Louis Seize
une pyramide de neige
et pour la voir il traversa la foule
où se cachaient des frappes et des goules
la nuit allait tomber
le soir tissait ses givres
une sombre beauté
apparaissait chez quelques filles soumises.
Le roi Louis marchant à l’échafaud
dans son habit blanc
gardait le souvenir des ombres d’un hiver.

(Jean Follain)

Illustration: Charles Benazech

 

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Un soir de printemps m’a dit une fois (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Un soir de printemps
m’a dit une fois :
Si tu cherches des chemins
en fleurs sur la terre,
fais taire les mots,
écoute ton âme ancienne.
Que le lin blanc
qui te revêt soit
ton habit de deuil,
ton habit de fête.

(Antonio Machado)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Si nous ne devenons forêt en marche (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




    
Si nous ne devenons forêt en marche,
Soif Silencieuse de branches et d’arbres
Lancés vers la lumière,
Comment saurons-nous un jour, de toutes nos forces,
A quel point la grande vie converge,
Comment laisserons-nous le pauvre, l’étranger, nous ouvrir le chemin,
L’autre, le différent, revêtir pour nous ses habits de roi,
Comment reconnaîtrons-nous en eux le Passant infini,
Comment apprendrons-nous, à travers eux, l’ardente patience
Du fruit accompli ?

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Je vis tranquille (Natsumi Sôzeki)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018




    
Je vis tranquille, sans que vienne un visiteur,
Assis tout seul à l’aise dans mon ample habit.
Et voilà que je comprends le vent printanier,
Venu souffler parmi bambous et orchidées.

(Natsumi Sôzeki)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Alain-Louis Cola
Editions: Le bruit du Temps

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Le parfum (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Le parfum

Lecteur, as-tu quelquefois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d’encens qui remplit une église,
Ou d’un sachet le musc invétéré ?

Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le présent le passé restauré !
Ainsi l’amant sur un corps adoré
Du souvenir cueille la fleur exquise.

De ses cheveux élastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l’alcôve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,

Et des habits, mousseline ou velours,
Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum de fourrure.

(Charles Baudelaire)

 

 

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Le vent est de passage (André Schmitz)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2018




    
Le vent est de passage
(l’inconnu, celui qui surgit
d’une brèche dans l’horizon).

Nous l’invitons à table.
Sa langue de feu fascine les enfants
son habit trouble les robes.

On voit le vin s’agiter dans ses veines.
On sent une folie nouvelle
circuler dans les sangs.

On se parle en toutes sortes de langues.
On ne comprend rien
mais on va peut-être tout savoir.

(André Schmitz)

 

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