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Poésie

Posts Tagged ‘sortir’

Bourgeon (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2021



Chaque fois
Que vous verrez
Sortir un bourgeon

Pensez que c’est moi.

(Guillevic)

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Une fleur en bouton (Michel Bonté)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Une fleur en bouton est une fleur sans fleur
ce n’est qu’une tige pommeau née
hésitante à s’ouvrir, sans couleur pour s’habiller
demeurant enfermée, baignant nue dans sa potion
secrète parfumée
pensant au seul plaisir, au seul désir
de pouvoir un jour sortir pour se faire sentir.

(Michel Bonté)


Illustration

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Sans clés et dans le noir (Fabián Casas)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2021




    
Sans clés et dans le noir

C’était un de ces jours où tout se passe bien.
J’avais fais le ménage et écrit
deux-trois poèmes qui me plaisaient.
Je ne demandais pas plus.
Alors je suis sorti dans le couloir pour jeter la poubelle
et derrière moi, à cause d’un courant d’air,
la porte s’est fermée.
Je suis resté sans clés et dans le noir
à entendre les voix de mes voisins
à travers les portes.
C’est passager, je me suis dit ;
mais la mort aussi pourrait être comme ça :
un couloir sombre,
une porte fermée avec les clés dans la serrure
la poubelle dans les mains.

***

Sin llaves y a oscuras

Era uno de esos días en que todo sale bien.
Había limpiado la casa y escrito
dos o tres poemas que me gustaban.
No pedía más.
Entonces salí al pasillo para tirar la basura
y detrás de mí, por una correntada
la puerta se cerró.
Quedé sin llaves y a oscuras
sintiendo las voces de mis vecinos
a través de sus puertas.
Es transitorio, me dije;
pero así también podría ser la muerte:
un pasillo oscuro,
una puerta cerrada con la llave adentro
la basura en la mano.

(Fabián Casas)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: El salmón (1996) – Le Voyage du saumon –
Traduction: Traduit de l’espagnol (Argentine) par Julia Azaretto
Editions:

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C’EST LE JOLI PRINTEMPS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



C’EST LE JOLI PRINTEMPS

C’est le joli printemps
Qui fait sortir les filles,
C’est le joli printemps
Qui fait briller le temps.

J’y vais à la fontaine,
C’est le joli printemps,
Trouver celle qui m’aime,
Celle que j’aime tant.

C’est dans le mois d’avril
Qu’on promet pour longtemps,
C’est le joli printemps,
Qui fait sortir les filles.

La fille et le galant,
Pour danser le quadrille.
C’est le joli printemps
Qui fait briller le temps.

Aussi, profitez-en,
Jeunes gens, jeunes filles ;
C’est le joli printemps
Qui fait briller le temps

Car le joli printemps,
C’est le temps d’une aiguille.
Car le joli printemps
Ne dure pas longtemps.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Sandro Botticelli

 

 

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Il existe en nous un bon et un mauvais silence. (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021



Illustration: Marie Waltz
    
Il existe en nous un bon et un mauvais silence.

Le bon silence, c’est celui de l’écoute,
celui de l’ouverture de l’âme à l’art, à la lumière et à la nuit,
à la parole initale
dont toutes les autres ont pu sortir dans la durée d’une vie.

Le roi David, dans un psaume, remercie Dieu
de lui avoir profondément « creusé l’oreille ».
Retrait en nous, caché derrière le voile des formes,
des images, des événements fugitifs,
s’abrite le lieu de toute confiance
et de plénitude dans le repos

-parfois je l’appelle le lac de la rosée-,
d’où jaillit, hors du silence,
la possibilité de la perception des choses,
et de la parole en même temps.

(Claude Vigée)

 

Recueil: Dans le silence de l’Aleph
Traduction:
Editions:Albin Michel

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LE JOUR DE L’ANNONCIATION A PASSÉ (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021




    
LE JOUR DE L’ANNONCIATION A PASSÉ

À vue de corbeau
le quartier est d’un blanc indécent
à la fin de juin.
Une femme arrose les fleurs et regarde
de loin les reflets noirs et aveuglants
de l’oiseau dans la cage
qu’un enfant accroche sur le balcon d’en face.
Un jour l’enfant va oublier
de fermer la porte de la cage.
Un jour la femme va traverser
l’unique mur de verre de sa boîte en béton
et ils vont se rencontrer dans l’infini
de cinq mètres entre les immeubles :
quand quelqu’un se jette dans le vide
Dieu construit un pont pour lui,
lance une échelle
ou bien lui envoie un oiseau.

Mais peut-on sortir d’un paysage
gravé dans l’œil
d’un corbeau empaillé ?

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je t’aime (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2021



Illustration: Raymond Peynet
    
Je t’aime

voilà
c’est dit

Mais qu’ai-je dit en
te disant je t’aime?

J’ai dit je
j’ai dit tu
j’ai dit aime

Mais le chemin entre les
deux l’ai-je parcouru
avec toi?

Je t’aime
mais qu’ai-je fait de ce verbe
trop grand pour moi

comme des habits de fête qui
ne sortent pas le dimanche

des chants
qui raclent au fond de la gorge

des pas qui trébuchent aux
frontières de la danse?

Je t’aime et
je suis là
le verbe ballant au bout des bras

ne sachant plus que faire de mes mains ni
où les mener.

(Yvon Le Men)

 

Recueil: Les mains de ma mère
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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C’est comme si les pierres se levaient elles-mêmes (Bernard Fournier)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2021



Illustration: Gilbert Garcin
    
C’est comme si les pierres se levaient elles-mêmes,
comme si elles sortaient de la terre,
comme si la terre les avait fécondées :

non, elles viennent de plus loin,
elles viennent de très loin dans le temps et dans l’espace :

elles viennent de loin
à l’intérieur de moi ;

(Bernard Fournier)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Vigiles de Villages
Traduction:
Editions: Friches 131

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HORAIRE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



 


    
HORAIRE

Le vent, dans les gares de province, fait un bruit semblable à celui que j’entendais enfant.

Ce vent ne ressemble à rien
de ce qui m’environne : la ville, des rues, des immeubles, images fugitives du vide.

Cependant, je m’arrête par instants pour mieux me souvenir de ce bruit qui a disparu.

Au loin, un bout de fleuve m’emmène de l’autre côté, où le vent souffle comme toujours.

Je sors de l’ombre pour marcher sur le quai que le soleil de l’après-midi rend insupportable, bien que je n’aille nulle part.

Le vent, parfois, se limite à dire que le terminus peut être une gare de passage.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Si tu m’entends chanter, sache que je viens de pleurer (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021




    
Si tu m’entends chanter, sache que je viens de pleurer.
CHANSON POPULAIRE

Pourquoi es-tu couché là,
comme la grosse poutre du parapet
qui m’empêchait de voir la femme claire ?
Sa voix m’arrivait saturée des odeurs d’autrui
et ça fait vingt ans que je ne peux pas traverser
la salle remplie,
rejoindre
ma féminité oubliée.

Parce que je sais que tu ne m’enjamberas pas
quand tu viens là-haut, répond-il,
et tes doigts, teints par des noix vertes,
vont m’apporter la douceur d’un jardin
que nous avons aimé ensemble.

Il est couché comme une conversation inachevée
à travers le couloir de ma maison paternelle,
emmailloté comme de langes
ou d’un linceul,
je sors mon sein pour nourrir le bébé
et la solitude de l’homme,
mais le lait tarit, la ganse rouge
serrant les couches se relâche
et une chanson se lève entre mes pleurs
comme du pain
pour rassasier
l’enfant et l’homme.

Une poutre lourde est couchée
au bout de mon songe,
un papillon noir est couché
sur ma poitrine.

On n’enjambe pas un corps mort.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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