Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘sortir’

LIBERTE CHERIE (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021



 

Giampaolo Ghisetti__Forse_g

LIBERTE CHERIE

Quand on t’adresse la parole
On dit que tu es timide
Et l’on te défend de répondre

Quand on t’invite
On dit que tu as horreur du monde
Et l’on te défend de sortir

Quand on danse
On dit que tu es boiteuse
Et l’on te défend de marcher

Quand on demande ta main
On dit que tu penses au couvent
Où l’on voudrait t’enfermer

Quand on chante on t’envoie prier
Quand on écrit la vérité
On éteint pour t’empêcher de lire

Mais tu viendras à la fête
Et les chants que tu inventes
Tes enfants les connaîtront

(Ernest Delève)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

C’est cette jeune fille au teint sombre (Krishnakânt)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2021




    
C’est cette jeune fille au teint sombre

Comme des cygnes qui picorent en ligne
Les jeunes filles qui chantent et repiquent le riz
Semblent très très belles
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui a noué le pan de son sari
Rouge vif telle une bannière, qui s’élève et ondule
Comme si elle était sortie conquérir l’univers entier
C’est elle qui les guide
Et les surveille toutes
Ne t’arrête pas maintenant, ne flanche pas
À toutes elle répète cette formule
Toutes ensemble dans le ventre de la Terre
Ne cessent de repiquer le riz
C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui dans sa langue fait pleuvoir
Une mélodie mêlée de miel
En arrière toutes ses compagnes
Entremêlent les mélodies
«Jaiyo sugnâ dûr desh ur jaiyo re… »
Lorsqu’on les aperçoit certaines rougissent, embarrassées
Mais elles continuent de s’épancher dans leur babil
Les gouttes de sueur brillent à leur front
Oh surprise
Vois, quelle scène charmante!
La terre parfumée, les vents
Qui fredonnent
Lorsque la verdure exultera La Terre distribuera des sourires
Demain la sueur dissoute dans le sol deviendra céréales
La faim des Hommes disparaîtra

C’est cette jeune fille au teint sombre
Qui rentre à sa maison
En ayant conquis la Terre, subjugué tout le monde
Sur sa tête le pan de son sari
Converse avec le ciel
Et rit comme l’étendard de la victoire…

(Krishnakânt)

 

Recueil: Pour une poignée de ciel Poèmes au nom des femmes dalit (Intouchable)
Traduction: Traduit du Hindi par Jiliane Cardey
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AU SOLEIL COUCHANT (Chansons populaires)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    
AU SOLEIL COUCHANT

Au soleil couchant
je sors devant ma porte
et la vois passer,
visage plein de douceur,
le long de la joue
une mèche charmante…
Un parfum léger
flotte dans la rue…

(Chansons populaires)

Six dynasties 221-558

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Bourgeon (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2021



Chaque fois
Que vous verrez
Sortir un bourgeon

Pensez que c’est moi.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Une fleur en bouton (Michel Bonté)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Une fleur en bouton est une fleur sans fleur
ce n’est qu’une tige pommeau née
hésitante à s’ouvrir, sans couleur pour s’habiller
demeurant enfermée, baignant nue dans sa potion
secrète parfumée
pensant au seul plaisir, au seul désir
de pouvoir un jour sortir pour se faire sentir.

(Michel Bonté)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sans clés et dans le noir (Fabián Casas)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2021




    
Sans clés et dans le noir

C’était un de ces jours où tout se passe bien.
J’avais fais le ménage et écrit
deux-trois poèmes qui me plaisaient.
Je ne demandais pas plus.
Alors je suis sorti dans le couloir pour jeter la poubelle
et derrière moi, à cause d’un courant d’air,
la porte s’est fermée.
Je suis resté sans clés et dans le noir
à entendre les voix de mes voisins
à travers les portes.
C’est passager, je me suis dit ;
mais la mort aussi pourrait être comme ça :
un couloir sombre,
une porte fermée avec les clés dans la serrure
la poubelle dans les mains.

***

Sin llaves y a oscuras

Era uno de esos días en que todo sale bien.
Había limpiado la casa y escrito
dos o tres poemas que me gustaban.
No pedía más.
Entonces salí al pasillo para tirar la basura
y detrás de mí, por una correntada
la puerta se cerró.
Quedé sin llaves y a oscuras
sintiendo las voces de mis vecinos
a través de sus puertas.
Es transitorio, me dije;
pero así también podría ser la muerte:
un pasillo oscuro,
una puerta cerrada con la llave adentro
la basura en la mano.

(Fabián Casas)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: El salmón (1996) – Le Voyage du saumon –
Traduction: Traduit de l’espagnol (Argentine) par Julia Azaretto
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’EST LE JOLI PRINTEMPS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



C’EST LE JOLI PRINTEMPS

C’est le joli printemps
Qui fait sortir les filles,
C’est le joli printemps
Qui fait briller le temps.

J’y vais à la fontaine,
C’est le joli printemps,
Trouver celle qui m’aime,
Celle que j’aime tant.

C’est dans le mois d’avril
Qu’on promet pour longtemps,
C’est le joli printemps,
Qui fait sortir les filles.

La fille et le galant,
Pour danser le quadrille.
C’est le joli printemps
Qui fait briller le temps.

Aussi, profitez-en,
Jeunes gens, jeunes filles ;
C’est le joli printemps
Qui fait briller le temps

Car le joli printemps,
C’est le temps d’une aiguille.
Car le joli printemps
Ne dure pas longtemps.

(Maurice Fombeure)

Illustration: Sandro Botticelli

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Il existe en nous un bon et un mauvais silence. (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021



Illustration: Marie Waltz
    
Il existe en nous un bon et un mauvais silence.

Le bon silence, c’est celui de l’écoute,
celui de l’ouverture de l’âme à l’art, à la lumière et à la nuit,
à la parole initale
dont toutes les autres ont pu sortir dans la durée d’une vie.

Le roi David, dans un psaume, remercie Dieu
de lui avoir profondément « creusé l’oreille ».
Retrait en nous, caché derrière le voile des formes,
des images, des événements fugitifs,
s’abrite le lieu de toute confiance
et de plénitude dans le repos

-parfois je l’appelle le lac de la rosée-,
d’où jaillit, hors du silence,
la possibilité de la perception des choses,
et de la parole en même temps.

(Claude Vigée)

 

Recueil: Dans le silence de l’Aleph
Traduction:
Editions:Albin Michel

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE JOUR DE L’ANNONCIATION A PASSÉ (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021




    
LE JOUR DE L’ANNONCIATION A PASSÉ

À vue de corbeau
le quartier est d’un blanc indécent
à la fin de juin.
Une femme arrose les fleurs et regarde
de loin les reflets noirs et aveuglants
de l’oiseau dans la cage
qu’un enfant accroche sur le balcon d’en face.
Un jour l’enfant va oublier
de fermer la porte de la cage.
Un jour la femme va traverser
l’unique mur de verre de sa boîte en béton
et ils vont se rencontrer dans l’infini
de cinq mètres entre les immeubles :
quand quelqu’un se jette dans le vide
Dieu construit un pont pour lui,
lance une échelle
ou bien lui envoie un oiseau.

Mais peut-on sortir d’un paysage
gravé dans l’œil
d’un corbeau empaillé ?

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je t’aime (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2021



Illustration: Raymond Peynet
    
Je t’aime

voilà
c’est dit

Mais qu’ai-je dit en
te disant je t’aime?

J’ai dit je
j’ai dit tu
j’ai dit aime

Mais le chemin entre les
deux l’ai-je parcouru
avec toi?

Je t’aime
mais qu’ai-je fait de ce verbe
trop grand pour moi

comme des habits de fête qui
ne sortent pas le dimanche

des chants
qui raclent au fond de la gorge

des pas qui trébuchent aux
frontières de la danse?

Je t’aime et
je suis là
le verbe ballant au bout des bras

ne sachant plus que faire de mes mains ni
où les mener.

(Yvon Le Men)

 

Recueil: Les mains de ma mère
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :