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Poésie

Posts Tagged ‘désert’

AVRIL (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2018




    
AVRIL

Je songe, je perds
mon peu de raison,
je vois le désert
au fond des maisons,

le printemps revient,
qu’est-ce que j’attends ?
on ne cueille rien
aux vignes du temps,

— rien, mais sous l’azur
dorment mes images,
frissons de l’impur,
noirceur des feuillages,

— rayons hésitants,
nuages des jours,
que me veut le temps ?
j’ai d’autres séjours.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Signe de vie
Traduction:
Editions: Gallimard
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La nuit (Christian Da Silva)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



La nuit, nous ne savons plus
si la mer est bleue ou verte,
si les algues ont froid ou chaud
dans leur maison de silence.

La nuit, nous savons seulement,
la respiration des vagues,
le sable devenu frais, comme au désert
et le ciel pareil à celui des savanes.

La nuit, nous ne saurons jamais,
le murmure des épaves
pour une étoile pressée,
quand, au-delà des dunes,
le grand forgeron déchaîne ses comètes,
quand, au-delà du temps et des eaux,
la terre s’arrondit
pour deviner le jour.

(Christian Da Silva)

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La poitrine est invisible (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration: Otto Mueller
    
La poitrine est invisible,
Mais tu caresses doucement
Ma main pose
Sur la soie molle qui t’habille.

Ton souffle fait calmement
Bouger ta chemisette,
Comme un vent léger sur l’ocan
Une voile immobile.

Tes joues brunies par la lune,
Le front et la racine
De tes noirs cheveux
Sont des rivages lointains, des eaux désertes.

Je les regarde puis,
Heureux, comme un naufragé
Devant un mirage
De montagnes célestes.

***

Invisibile è il petto ;
ma tu carezzi piano
la mia mano appoggiata
sulla soave seta che ti veste.

La camiciola calma
muove il tuo respiro,
corne un lieve vento nell’oceano
una vela immota.

Le tue guance brunite dalla luna,
la fronte e la radice
dei tuoi negri capelli
sono lidi remoti, acque deserte.

Io li guardo affranto,
felice, corne un naufrago
dinnanzi a un miraggio
di celesti montagne.

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Adulte ? Jamais
Traduction: René de Ceccaty
Editions: Points

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SUR la haute mer (Álvarez Ortega)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



Illustration: Edward Hopper
    
SUR la haute mer, la barque de l’insomnie.
Sur la plage, le corps qui veille.

Entre la fièvre de l’été, toi, l’amour vaincu,
le brasier de mensonges, l’extase stérile.

Dans une autre bouche, un désert de pierre,
la nostalgie se brûle comme un démon triomphant.

(Álvarez Ortega)

 

Recueil: Genèse suivi de Domaine de l’ombre
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Le Taillis Pré

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Je désire le chant (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Adrian Borda 26aec63cd4 [1280x768]

Dedans : c’est une armoirie à grands éclats.
C’est un paysage de neige avec neiges et frimas.
C’est une aumônerie, où viennent les sanglots.
Une maladrerie pour les sbires et les dévots.
C’est une aubergerie ouverte aux quatre vents
où viennent dîner les striges et sonner les olifants.

Dedans : c’est un désert que la soif décore.
C’est un amour qui ne sait retrouver son bien.
C’est un chasseur perdant son chien. Un mur
planté en vain.
Dedans, il n’y a rien.

J’écoute, déchiré de vent, le vent qui vient
en la chanson.
Je désire le chant,
je le guette. Je perds mon temps dans le dedans.
Je me défends,

(Hubert Juin)

Illustration: Adrian Borda

 

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Serre chaude (Maurice Maeterlinck)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Alexandre Trauner   serre

Serre chaude

O serre au milieu des forêts !
Et vos portes à jamais closes !
Et tout ce qu’il y a sous votre coupole !
Et sous mon âme en vos analogies !

Les pensées d’une princesse qui a faim,
L’ennui d’un matelot dans le désert,
Une musique de cuivre aux fenêtres des incurables.
Allez aux angles les plus tièdes !
On dirait une femme évanouie un jour de moisson;
Il y a des postillons dans la cour de l’hospice;
Au loin, passe un chasseur d’élans, devenu infirmier.

Examinez au clair de lune !
(Oh rien n’y est à sa place !)
On dirait une folle devant les juges,
Un navire de guerre à pleines voiles sur un canal,
Des oiseaux de nuit sur des lys,
Un glas vers midi,
(Là-bas sous ces cloches !)
Une étape de malades dans la prairie,
Une odeur d’éther un jour de soleil.

Mon Dieu ! Mon Dieu ! quand aurons-nous la pluie,
Et la neige et le vent dans la serre !

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Alexandre Trauner

 

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LES OBJETS PERDUS (Axel Toursky)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



 

Pierre Mornet  l-homme-qui-avait-tous-les-dons-ou-presque

LES OBJETS PERDUS
(Extraits)

Le briquet, le canif,
ont eu raison des poches.
Ton prénom a dû prendre
ce chemin… Liane ou Line ?

Les doublures trouées
réservent à la main
une bise venue
d’en bas, du sol hostile.

Tout le désert occupe
l’espace d’un objet
perdu. Le dénuement
est de ne plus avoir

un rien qui rassurait.

*

Une veste qui s’use,
des montres qui s’arrêtent,
m’épaulent davantage
que la résignation.

Nous acceptons de vivre
parce qu’autour de nous
s’effilochent, s’éliment,
de pauvres serviteurs,

compagnons qui rejoignent
la matière orpheline,
anneaux sans annulaires,
alors que je conserve

mes mains pour te les tendre !

(Axel Toursky)

Illustration: Pierre Mornet

 

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LE PETIT PRINCE (Richard Seff)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2018



 

LE PETIT PRINCE

On ne sait pas qui il est
On ne sait pas d’où il vient
Il est né avec la rosée du matin
Une rose entre ses mains
Voyageur de l’infini
Jeune prince de la lumière
Tu connaissais tous les secrets de la nuit
Les chemins de l’univers

J’attendrai ton retour
Jusqu’à la fin des jours
J’attendrai ton retour
Prince blond de l’amour

Il est venu sur la terre
Et n’a vu qu’un grand désert
Quelques fleurs sauvages, un renard argenté
Et un poète égaré
Il s’ennuyait bien souvent

De sa rose, de ses volcans
Il a demandé au serpent son ami
De le ramener chez lui

J’attendrai ton retour
Jusqu’à la fin des jours
J’attendrai ton retour
Prince blond de l’amour (bis).

(Richard Seff)

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PENDANT QUE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



 

Alex Alemany_alexalemanyadolescente02

PENDANT QUE

Pendant que les bateaux
Font l’amour et la guerre
Avec l’eau qui les broie
Pendant que les ruisseaux
Dans les secrets des bois
Deviennent des rivières

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que le soleil
Plus haut que les nuages
Fait ses nuits et ses jours
Pendant que ses pareils
Continuent des voyages
Chargés de leurs amours

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que les grands vents
Imaginent des ailes
Aux coins secrets de l’air
Pendant qu’un soleil blanc
Aux sables des déserts
Dessine des margelles

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

Pendant que les châteaux
En toutes nos Espagnes
Se font et ne sont plus
Pendant que les chevaux
Aux cavaliers perdus
Traversent des montagnes

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime
Pendant qu’un peu de temps
Habite un peu d’espace
En forme de deux coeurs
Pendant que sous l’étang
La mémoire des fleurs
Dort sous son toit de glace

Moi Moi je t’aime Moi Moi je t’aime

(Gilles Vigneault)

Illustration: Alex Alemany

 

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POÈME VOTIF (Michel Manoll)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2018



POÈME VOTIF

Pour ce pays qui est déjà la mer
Avec ses pins chanteurs et ses yeux de bruyère ;

pour ces vagues couchées en leur voilure d’ombre
Et ces noyés captifs et ces oiseaux qui sombrent ;

Pour cette allée où je vais seul, brisant les branches,
Et ce duvet de neige dans les nids du silence ;

Pour ces jours de fruits mûrs, d’abeilles vendangeuses
Et ces buissons d’orties jonchés de tubéreuses ;

Pour ce voyage à perdre haleine où je n’atteins
Que des coraux épars et des phares éteints ;

Pour le lierre du vent et l’écume océane
Et les chambres désertes et le coeur qui se fane.

(Michel Manoll)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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