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C’est une lueur tournante (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



C’est une lueur tournante qui s’engage dans les ruelles au crépuscule.
On ne pourrait dire si un visage habite cette clarté étrange,
ou bien des mains monstrueusement pâles qui frappent aux vitres obscures, qui regardent.
Au fond des chambres sans lumière,
les visages se cachent au fond des mains.
Puis un vent bleu de nuit possède la rue déserte.

(Paul Nougé)

 

 

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Ors (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Ors

Lumière
Parmi les tiges
Luit si douce
Une feuille
Luit
Tel un pétale de soleil
Corolle
D’un souvenir
Car si près
L’éclat des ors d’automne
Si près
Parmi si austères
Et nues
Les mélancolies de l’hiver
Ainsi la joie de Lui
Si près
Parmi l’obscur de nos replis
Les déserts de nos solitudes

(Kristel Saint-Cyr)

 

 

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SOLITUDE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Edvard Munch -234438 [800x600]

SOLITUDE

Je marche sans arrêt
Dans cette énorme ville
Où gronde le murmure
Immense de la mer,
Où l’on perçoit à peine
Le signe d’une étoile,
Le galop d’un cheval
Dans la rue, le matin,
L’agile des oiseaux
Sur les arbres de neige,
Le cri vert des bateaux
Dans les vagues de marbre.
Je marche sans arrêt
Perclus de solitude,
Dans ces déserts mortels
Tout luisants de regards.
J’entends autour de moi
Des plaintes étouffées,
Des soupirs de bonheur
Fragiles roses mortes.
Heureusement ma lampe,
Phare de mes automnes
Brille là-bas au loin
Dans le fond de mon coeur
Et m’attire, invincible,
Tout gluant de ténèbres.
Je monte un escalier
Dans cette énorme ville
Où gronde le murmure
Immense du malheur ;
O chat, lampe, famille,
Bonne humaine chaleur,
Sauvez-moi tous les soirs
Du naufrage intérieur,
De l’éternel naufrage !

(Maurice Fombeure)

Illustration: Edvard Munch

 

 

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Saisons brouillées (Léon Dierx)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



 

Max Gasparini - (23)

Saisons brouillées

Quand naissent les fleurs au chant des oiseaux
Ton étrange voix gravement résonne,
Et comme aux échos des forêts d’automne
Un pressentiment court jusqu’en mes os.

Quand l’or des moissons mûrit sous la flamme,
Ton lointain sourire à peine tracé
Me pénètre ainsi qu’un brouillard glacé.
L’hiver boréal envahit mon âme.

Quand saignent au soir les bois dépouillés,
L’odeur de ta main laisse dans la mienne
L’odeur des printemps d’une étoile ancienne,
Et je sombre au fond d’espoirs oubliés.

Es-tu donc un monde au rebours du nôtre
Changeant et mortel, où je vis aussi ?
Soumis à lui seul, insensible ici,
Si je meurs dans l’un, survivrai-je en l’autre ?

Je regarderai dans tes yeux ouverts
Quand viendront le froid, la neige et la pluie.
La perdrai-je encor, mon âme éblouie,
Dans tes yeux brûlants comme les déserts ?

(Léon Dierx)

Illustration: Max Gasparini

 

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LE VALLON DE TRÉBOUL (André Theuriet)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Tréboul sable_blanc_petite_fontaine [800x600]

LE VALLON DE TRÉBOUL

À deux pas de la mer qu’on entend bourdonner,
Je sais un coin perdu de la terre bretonne
Où j’aurais tant aimé, pendant les jours d’automne,
Chère, à vous emmener.

Des chênes faisant cercle autour d’une fontaine,
Quelques hêtres épars, un vieux moulin désert,
Une source dont l’eau vive a le reflet vert
De vos yeux de sirène…

La mésange au matin, sous la feuille jaunie,
Aurait chanter pour nous, et la mer jour et nuit
Aurait accompagné nos caresses d’amour
De sa basse infinie.

(André Theuriet)

 

 

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Ça m’est égal (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2022



Claude Roy
    
Ça m’est égal

Ça m’est égal d’être un peu mort escamoté dessous la terre du côté de ceux qui
ont tort d’être plus là pour prendre Pair

Ça m’est égal que plus personne sache comment je m’appelai Tant et tant de
téléphones sonnent dans des appartements déserts

Ça m’est égal de ne plus voir gens qui pleurent ni gens qui rient de rien sentir
de rien savoir d’être un peu de rien dans du gris

Mais je voudrais pourtant savoir
si quelque part quelqu’un quand même
se souviendra de mes souvenirs
Ai-je rien oublié de tous ceux que j’aime

Je veux bien partir et être très mort mais mes souvenirs seront-ils en vain
comme au fond des mers les galions pleins d’or dormant dans le noir de l’eau sans chemins

Mais nos souvenirs seront-ils en vain

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Le vent calligraphe (Abdourahman A. Waberi)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2022



Le vent calligraphe

pinceau en main le vent dessine
des paysages de mots
des montagnes sculptées
des plaines d’ombre
des enclaves d’horizons

le calligraphe chatouille
les sillons enflammés du désert
avec un bâtonnet d’encre bien délicat

(Abdourahman A. Waberi)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha
Illustration: Martin Schoeller

 

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Miracle ou mirage du désert? (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022




Miracle ou mirage du désert?
Quand sous la foudre du silence
fond le fusible de la langue,
ô merveille:
le désert s’illumine de lui-même

(Michel Camus)

 

 

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Songe (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022


Mon coeur repose au bord de la froide fontaine
(Couvre-la de tes fils
Araignée de l’oubli.)

L’eau lui disait tout bas sa douce cantilène
(Couvre-la de tes fils
Araignée de l’oubli.)

Mon coeur qui s’éveillait lui conta ses chagrins
(Araignée du silence
Voile sa confidence.)

Et l’eau en l’écoutant reflétait sa tristesse
(Araignée du silence
Voile sa confidence.)

Voici mon coeur qui glisse à la froide fontaine
(O blanches mains lointaines
Retenez l’eau légère.)

Et l’eau chantant de joie le saisit et l’entraîne
(O blanches mains lointaines
L’eau demeure déserte!)

(Federico Garcia Lorca)

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SEULE (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



Tereza Vlcková -a-perfect-day-elise...-tripo

SEULE
à Gérard Vulliamy

Tout se résout dit-elle en s’éveillant
Car le sommeil m’a donné à penser
Et ma mémoire est un fruit savoureux
Plus savoureux que le soleil nouveau
Qui doucement éclaire mes draps chauds

Mémoire et même du désert et du silence

Joli désert où la mort est légion
Le cœur parcelle et le temps dispersion
Silence noir où tout se contredit

Elle s’éveille et ses yeux ne sont plus
Ces îles loin à l’horizon du corps
On y pénètre on y chante on y rit
Le jour bâillonne le silence.

(Paul Eluard)

Illustration: Tereza Vlcková

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