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Poésie

Posts Tagged ‘désert’

Le désert d’un dimanche (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Le désert d’un dimanche
Des sentiers vagabonds
aux ombres enlacées

Sous un vent paresseux
la fronde des buissons
l’envol d’un oiseau
au bleu de ses ailes

Juillet tout autour

(Georges Bonnet)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Le miroir brisé (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Le miroir brisé

Le petit homme qui chantait sans cesse
le petit homme qui dansait dans ma tête
le petit homme de la jeunesse
a cassé son lacet de soulier
et toutes les baraques de la fête
tout d’un coup se sont écroulées
et dans le silence de cette fête
dans le désert de cette tête
j’ai entendu ta voix heureuse
ta voix déchirée et fragile
enfantine et désolée
venant de loin et qui m’appelait
et j’ai mis ma main sur mon coeur
où remuaient
ensanglantés
les sept éclats de glace de ton rire étoilé.

(Jacques Prévert)


Illustration

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Ils se cherchaient dans la boue comme dans les étoiles (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Ils se cherchaient dans la boue
comme dans les étoiles
la tranquillité de l’herbe au pied des murs

les forêts Souveraines
les déserts de clarté

Nous aurions dû aimer
plus encore disaient-ils

(Georges Bonnet)

 

 

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L’HYMNE ETERNEL (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017




L’HYMNE ETERNEL

Je te reconnaîtrai sans t’avoir jamais vue,
Car ton image est dans mes yeux
Semblable à ces reflets qu’on voit sur les lacs bleus
Et dont on cherche en vain les causes dans la nue.
Je te reconnaîtrai… Comment ? Je ne sais pas !
Peut-être à la beauté calme de ton visage,
Peut-être au bruit laissé par ta robe au passage,
Ou peut-être à l’empreinte de tes pas.
Es-tu reine ou bergère ?
Je ne sais pas… Je te vois à travers
Des rêves lumineux, vaporeuse et légère,
Telle, en mirage, une oasis dans mon désert.

Je t’emporterai loin, dans l’au-delà des choses
Où les heures s’en vont endormir leurs secrets,
Et parmi les odeurs et l’ombre des forêts
Je te ferai d’indicibles apothéoses.
Je te ferai des reposoirs
Avec les pins géants et les fleurs des bruyères,
Et dans le mystère ému des longs soirs,
Je laisserai vers toi s’exhaler ma prière.

Nos corps se dresseront dans leur double beauté
Comme un thyrse de chair. Le ciel diamanté,
Les yeux verts des étangs, l’extase des collines,
Regarderont passer notre double désir
Qui montera vers les splendeurs de l’avenir
Par les sentiers, par les rochers, par les ravines.
Nos esprits s’ouvriront au sens de l’infini.

Muables gouttes d’eau dans le gouffre immuable,
Nous essaierons de pénétrer l’éternité.
Atomes conscients devant l’immensité,
Nos cerveaux tenteront de sonder l’insondable.

Nous verrons que nos chairs, ces filles du passé,
Roulent depuis toujours dans le cycle des causes
Et que, plus tard encor, par les vents dispersé,
Notre couple vivra dans les parfums des roses,
Dans les plaintes des mers, dans les souffles des vents,
Dans les fruits, dans les blés, dans les chênes mouvants,
Au hasard des métamorphoses.

Nous verrons que notre âme est l’embryon de Dieu,
Un peu de la grande Aine éparse par le monde,
Qui, parmi l’inconnu de l’époque et du lieu,
Fait vivre le cosmos, le règle et le féconde,
Et que cette âme, accrue à nos gestes latents,
D’un plus puissant envol exaltera le temps
Qui sur nos faiblesses se fonde.

Nous concevrons l’ordre profond de l’univers
Notre corps aspirant à la beauté parfaite,
Notre esprit s’avançant vers l’ultime conquête
Par les chemins les plus divers.

Nous nous sentirons solidaires
Des siècles qui nous précédèrent
Comme de ceux qui nous suivront
Et levant alors notre front
Vers ce Dieu qui par nous incessamment se crée,
Nous chanterons l’hymne sacrée :

« Heureux les doux, heureux les bons, heureux les forts,
Heureux les justes !
Ceux qui mettent leur foi dans la pensée auguste,
Leur espérance dans l’effort !

Heureux ceux dont le coeur est pur et volontaire,
Ceux qui portent leurs jours comme des ciels d’été,
Ceux qui s’en vont chantant, ivres d’avoir capté
Les secrètes lois de la terre !
Heureux les simples qui, bravant les lendemains,
Tendent leurs bras vers les bras fous de l’aventure !
Heureux ceux dont le rêve ou le verbe ou les mains
Entent sur le passé les aurores futures ! »

Je verrai dans tes yeux l’universel amour,
Dans les miens tu liras la millénaire attente,
Nous sentirons en nous cette sève exaltante
Qui de chaque jour fait le jour.

Enfin nous comprendrons la splendeur de la vie,
Le besoin qui s’y vient confondre de la mort,
Et la marche éternelle — et dont rien ne dévie —
Vers un éternel âge d’or.

(Pascal Bonetti)

Illustration: Sabin Balasa

 

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La Voilure (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



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La Voilure

Pleine mer : bague d’émeraude
Ayant le soleil en chaton,
Tu n’es rien sans un vieux ponton,
Avec une voile qui rôde !

Tu n’es que l’angoissant désert,
Si tu n’as une voile au large…
Un livre de maroquin vert
Ne montrant que son blanc de marge !

Ainsi tu ramènes tes flots,
Ainsi la voile au loin se cargue.
Je crains autant ton œil qui nargue
Que l’oubli lourd de tes yeux clos.

La nuit, souvent mon œil s’effare
A contempler tes noirs amas
Grouillant dans l’ombre… Mais des mâts
Servent à mon esprit de phare.

Quand le vent grince à plein tillac,
Que la mer, hideuse, vous lèche,
J’aime un mât pliant comme un arc
Et lançant sa vergue pour flèche !

Et j’aime vos tremblants ciseaux
Aux mats d’artimon, de misaine :
Vous suffisez d’une dizaine
Et la mer est pleine d’oiseaux !

Au port vous êtes l’hirondelle.
Exprimant de lointains regrets
Vous gémissez dans vos agrès…
La liberté n’est qu’un coup d’aile!

(Bernard de Louvencourt)

Illustration: Chris Halbeisen

 

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Le soir à marée basse (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



 

Le soir à marée basse

Rentrons ! Déjà le soir déroule ses fuseaux :
Un horizon rougi de soleil – ou de lune…
On ne sait. Mais tout est rouge sur la lagune ;
Un pan du ciel se traîne au dernier feu des eaux.

Tout repose. En mourant, le jour en ses biseaux,
A fait désert la mer et montagne la dune.
C’est l’heure de la nuit comme il n’en est aucune ;
Tout est roide et tranchant comme un coup de ciseaux.

Et la plage s’étale en immensité plate.
En traversant un banc de son sable écarlate,
Pieds nus, il peut sembler que l’on marche à jamais.

Et, se sentant très seul dans son âme très lasse,
Il semble qu’à l’esprit c’est aussi la mer basse,
Et que l’on est bien loin des souvenirs aimés !

(Bernard de Louvencourt)

Illustration: Guy Baron

 

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Un feu vivant (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2017



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Un feu vivant

Mon amour du profond des nuits
Du fond de la terre et des arbres
Du fond des vagues, de l’oubli
Mon amour des soifs de l’enfance
Mon amour de désespérance

Je t’attends aux grilles des routes
Aux croisées du vent du sommeil
Je crie ton nom au fond des soutes
Des marécages sans oiseaux
Du fond de ce désert de fonte
Où je pose un à un mes pas

J’attends la source de tes bras
De tes cheveux, de ton haleine
Tu me libères, tu m’enchaînes
Tu me dévastes tu me fais

Je t’attends comme la forêt
Inextricable, enchevêtrée
Tissée de renards et de geais
Et que le matin fait chanter.

(Luc Bérimont)

 Illustration: Alexandra Bochkareva 

 

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L’ombre dans le désert (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



L’ombre dans le désert
est synonyme de vie.

(Edmond Jabès)

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C’est l’hiver (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



C’est l’hiver, les mains supportent à peine leurs doigts,
quatre syllabes de neige,
c’est le nom que m’apporte le vent.

Sur le désert du mur, sur le désert abrupt et blanc,
la trace d’une larme
ou quelque chose de semblable,
infime, effacé.

La main écrit sur la terre :
il n’y a pas d’autre lieu pour mourir,
la lumière
moissonnée fleur après fleur.

(Eugénio de Andrade)

Illustration

 

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LE CHAMEAU (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



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LE CHAMEAU

Un chameau entra dans un sauna.
Il eut chaud,
Très chaud,
Trop chaud.

Il sua,
Sua,
Sua.

Une bosse s’usa,
S’usa,
S’usa.

L’autre bosse ne s’usa pas.

Que crois-tu qu’il arriva ?

Le chameau dans le désert
Se retrouva dromadaire.

(Pierre Coran)

Illustration

 

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