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Poésie

Posts Tagged ‘désert’

Tes yeux verts (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018


 

Tes yeux verts

Tes yeux verts ont empli mon calice
Du vin des souffrances… j’ai créé
En leurs vagues la rencontre
Source dans ma poitrine
Présence dans mon désir, mon sang
Battements du coeur, mes larmes
Ombres des peupliers
Au miroir ruisselant
Je désire leurs aveux
De fantômes lointains
Je demeure éveillé
J’ai erré vent désespoir
Vent du désert au désert
Souvenir, peur panique
Tes yeux, mes yeux rencontres
Je dis : séquelle d’amour
L’objet en est passé
Demain détresse, demain
S’en reviendra pour boire
Aux sources de mon désert
Demain ? Mais sans promesse
Sans rencontre et sans source

Tes yeux verts ont fané
Mes roses, ont asséché
Le parfum de mes prés
Je n’ai pas cessé d’être
Un bourgeon sur leurs vagues
Qui m’inspiraient l’amour
Sans que j’en fusse conscient
Je suis l’amour mystère
Toi prêtresse endormie
Mes offrandes oubliées
En ce couvent ruiné
Mon demain, mon hier
Chaînes et larmes séchées

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration: Marilyn Jacobson

 

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II (Suite Mystique) (Edmond-Henri Crisinel)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
II (Suite Mystique)

O sainteté !
En ce désert
Où j’ai lutté,
J’ai vu ta palme
Profuse et calme :
Haut dans les airs,
Un faible cri
A retenti.
Depuis, je tourne
Autour de l’arbre,
Et tout s’ajourne
Jusqu’à mourir.
Le froid désir
D’un fût de marbre
Sèche les pierres
De mes prières.

(Edmond-Henri Crisinel)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Oeuvres (complètes)
Traduction:
Editions: L’âge d’homme

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Déserts Déserts (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



DÉSERTS DÉSERTS soyez ouverts
Beaux pays soyez effacés!
Franchis franchis à pas muets
Le globe matinal de l’âme.

(Pierre Jean Jouve)


Illustration: Vladimir Kush

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Mon Allégresse, mon Désiré (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



 

Heba Amin rabia_al-_adawiyya

Mon Allégresse, mon Désiré, mon Appui,
Mon Compagnon, ma Provende, mon Pôle !

Tu es de mon coeur le Souffle, Tu es ma Toute-Espérance
Ô mon Intime, le désir que j’ai de Toi est mon viatique

Sans Toi, qui es ma mienne Vie, sans Toi, qui es ma Garantie,
Je ne me serais hasardée dans l’immensité des terres

Tant de grâce à moi proposée ! Que d’offrandes,
Que d’avantages et de présents Tu m’as donnés !

Ton Amour — désormais mon destin, ma fortune —
Pour l’oeil de mon coeur altéré s’est révélé splendeur

Je n’ai d’autre que Toi, qui du désert fais fleur
Ô Fête en moi, fermement établie !

Tant que vivante je serai, de Toi je ne m’éloignerai
Tu es de ma nuit le seul Maître au sein de mon intimité

Et s’il advient qu’en moi Tu Te complaises
Alors, ô Désir de mon coeur, j’exploserai de joie !

(Râbi’a)

Illustration: Heba Amin

 

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Mal à l’homme (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Gurbuz Dogan Eksioglu Turk 

Mal à l’homme

J’ai mal à la vie j’ai mal à l’homme
j’ai mal aux années que je n’ai pas vécues
j’ai mal à ma flamme moribonde
et aux hirondelles qui volent trop bas

J’ai mal à mes pavés qui ont des arêtes
aux vagabondages sans auberge
aux nuits qui n’éclairent pas leurs portes
et aux routes que barrent des écriteaux

J’ai mal aux bouches où s’égare le rire
aux chants qui cherchent des clairières
j’ai mal à la lourdeur de leurs pas
et à nos différences

J’ai mal à leurs ventres qui sont vides
j’ai mal aux creux qu’ils ont dans la joue
j’ai mal à notre liberté qui s’effile
à la haine qui va consumer
à l’amour aux rives du désert

J’ai mal aux couleurs qu’ils n’aiment pas
j’ai mal aux frontières en uniforme
au répit qu’ils ne savent pas prendre
à la joie esseulée et folle sur terre
qui n’arrive pas à pavoiser leurs dents

J’ai mal au monde entier
qui oublie l’exemple des moissons
et la liesse des guirlandes
j’ai mal à toutes les vies
parce qu’elles sont coiffées de mort

J’ai mal à l’avenir coincé dans les cavernes
à mon âme qui n’accepte pas
à mon corps qui n’a pas tout son soûl
et à ceux qui vont venir
et à ceux qui vont partir

car ils laissent les champs aux broussailles
et les oiseaux avoir peur du ciel

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

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Les oiseaux du désert (Jacqueline Beaugé-Rosier)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Arbre-Désert-Oiseaux 8 

Les oiseaux du désert

les oiseaux du désert ont goûté dans mes mains
et mon rêve défunt
s’effrite entre mes doigts

encore j’aurais voulu pour le sel de ce rêve
chanter tes yeux d’oiseau
la vie m’a refusé cette joie ce bonheur

pour naître à ton soleil et manger à la table
où s’accoude mon coeur
et je n’aurai d’autres yeux d’autres mains
d’autres lèvres que les tiens mon amour

or ton absence saigne sur mon âme blessée
en vain je fuis les ombres qui me cachent ta vue
de moi la vie s’épuise à ne rien dire ou taire
mon amour qui voulus me donner ton soleil

(Jacqueline Beaugé-Rosier)

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L’ombre (Valentin Bérestov)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



L’ombre

Qui pourrait t’être plus fidèle
Que ton ombre? C’est toujours elle
Qui te suit partout avec zèle,
Sans qu’on l’appelle –
Plus légère qu’une aile,
Plus douce qu’une tourterelle.
Mais c’est justement elle,
Si docile et fidèle,
Qui ne peut pas t’aider,
Te cacher, te sauver
En plein désert, sous le soleil
Le plus cruel…

(Valentin Bérestov)

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Le merle (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Alexia Guerra
    
Le merle

Un oiseau siffle dans les branches
Et sautille gai, plein d’espoir,
Sur les herbes, de givre blanches,
En bottes jaunes, en frac noir.

C’est un merle, chanteur crédule,
Ignorant du calendrier,
Qui rêve soleil, et module
L’hymne d’avril en février.

Pourtant il vente, il pleut à verse ;
L’Arve jaunit le Rhône bleu,
Et le salon, tendu de perse,
Tient tous ses hôtes près du feu.

Les monts sur l’épaule ont l’hermine,
Comme des magistrats siégeant.
Leur blanc tribunal examine
Un cas d’hiver se prolongeant.

Lustrant son aile qu’il essuie,
L’oiseau persiste en sa chanson,
Malgré neige, brouillard et pluie,
Il croit à la jeune saison.

Il gronde l’aube paresseuse
De rester au lit si longtemps
Et, gourmandant la fleur frileuse,
Met en demeure le printemps.

Il voit le jour derrière l’ombre,
Tel un croyant, dans le saint lieu,
L’autel désert, sous la nef sombre,
Avec sa foi voit toujours Dieu.

A la nature il se confie,
Car son instinct pressent la loi.
Qui rit de ta philosophie,
Beau merle, est moins sage que toi !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je nommerai désert ce château que tu fus (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



 

Je nommerai désert ce château que tu fus
Nuit cette voix, absence ton visage
Et quand tu tomberas dans la terre stérile
Je nommerai néant l’éclair qui t’a porté.

(Georges Henein)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Edward Okun

 

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Ô mon terroir abandonné, (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Ô mon terroir abandonné,
Ô mon pays désert.
Le foin n’est pas coupé,
bois et monastère.

Les isbas sont de guingois,
il n’en reste plus que trois
et les faisceaux de l’aube
font mousser les toits.

Sous le couvert du chaume,
des rognures de chevrons ;
le vent asperge de soleil
une moisissure bleuâtre.

Aux fenêtres, les corbeaux
tambourinent de leurs ailes,
le merisier, comme le blizzard,
fait signe de la manche.

Ton vécu, ta vie dans la brande
n’est-elle déjà que légende ?
Que chuchote l’herbe folle
quand vient le soir, au passant ?

(Sergueï Essénine)

***

Recueil: Journal d’un poète
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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