Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘vivre’

Ils écrivaient ce qui leur venait (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



atelier-d-ecriture

Ils écrivaient
ce qui leur venait sous la plume

les lointains ne vivent que par signes
les pierres distillent le temps

Le désir a des vertiges d’étoiles
la mémoire ses troupeaux perdus

(Georges Bonnet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

BEATITUDE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



BEATITUDE

Au printemps, le feuillage du lan retombe comme une chevelure.
En été, la lune glisse légèrement dans le ciel.
En automne, les fleurs du cannelier sont blanches.
En hiver, on récite des poésies autour de la lampe.

Je suis très satisfait de vivre.
Quelquefois, il me suffit de regarder une pierre ou d’écouter le vent.

Je ne suis pas amoureux, en ce moment.
Une fleur n’est pas plus parfumée
quand une jolie femme l’a cueillie.

(La Flûte de Jade)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES DEUX PERROQUETS LE ROI ET SON FILS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



 

LES DEUX PERROQUETS LE ROI ET SON FILS

Deux Perroquets, l’un père et l’autre fils,
Du rôt d’un Roi faisaient leur ordinaire.
Deux demi-dieux, l’un fils et l’autre père,
De ces oiseaux. faisaient leurs favoris.
L’âge liait une amitié sincère
Entre ces gens : les deux pères s’aimaient ;
Les deux enfants, malgré leur coeur frivole,
L’un avec l’autre aussi s’accoutumaient,
Nourris ensemble, et compagnons d’école.
C’était beaucoup d’honneur au jeune Perroquet ;
Car l’enfant était Prince, et son père Monarque.
Par le tempérament que lui donna la parque,
Il aimait les oiseaux. Un Moineau fort coquet,
Et le plus amoureux de toute la Province,
Faisait aussi sa part des délices du Prince.
Ces deux rivaux un jour ensemble se jouants,
Comme il arrive aux jeunes gens,
Le jeu devint une querelle.
Le Passereau, peu circonspect,
S’attira de tels coups de bec,
Que, demi-mort et traînant l’aile,
On crut qu’il n’en pourrait guérir
Le Prince indigné fit mourir
Son Perroquet. Le bruit en vint au père.
L’infortuné vieillard crie et se désespère,
Le tout en vain ; ses cris sont superflus ;
L’oiseau parleur est déjà dans la barque ;
Pour dire mieux, l’Oiseau ne parlant plus
Fait qu’en fureur sur le fils du Monarque
Son père s’en va fondre, et lui crève les yeux.
Il se sauve aussitôt, et choisit pour asile
Le haut d’un Pin. Là dans le sein des Dieux
Il goûte sa vengeance en lieu sûr et tranquille.
Le Roi lui-même y court, et dit pour l’attirer :
« Ami, reviens chez moi : que nous sert de pleurer ?
Haine, vengeance, et deuil, laissons tout à la porte.
Je suis contraint de déclarer,
Encor que ma douleur soit forte,
Que le tort vient de nous : mon fils fut l’agresseur.
Mon fils ! non. C’est le sort qui du coup est l’auteur.
La Parque avait écrit de tout temps en son livre
Que l’un de nos enfants devait cesser de vivre,
L’autre de voir, par ce malheur.
Consolons-nous tous deux, et reviens dans ta cage. »
Le Perroquet dit : « Sire Roi,
Crois-tu qu’après un tel outrage
Je me doive fier à toi ?
Tu m’allègues le sort : prétends-tu par ta foi
Me leurrer de l’appât d’un profane langage ?
Mais que la providence ou bien que le destin
Règle les affaires du monde
Il est écrit là-haut qu’au faîte de ce pin
Ou dans quelque Forêt profonde,
J’achèverai mes jours loin du fatal objet
Qui doit t’être un juste sujet
De haine et de fureur. Je sais que la vengeance
Est un morceau de Roi, car vous vivez en Dieux.
Tu veux oublier cette offense :
Je le crois : cependant il me faut pour le mieux
Eviter ta main et tes yeux.
Sire Roi mon ami, va-t’en, tu perds ta peine ;
Ne me parle point de retour ;
L’absence est aussi bien un remède à la haine
Qu’un appareil contre l’amour. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Le fusillé (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Le fusillé

Les fleurs les jardins les jets d’eau les sourires
Et la douceur de vivre
Un homme est là par terre et baigne dans son sang
Les souvenirs les fleurs les jets d’eau les jardins
Les rêves enfantins
Un homme est là par terre comme un paquet sanglant
Les fleurs les jets d’eau les jardins les souvenirs
Et la douceur de vivre
Un homme est là par terre comme un enfant dormant.

(Jacques Prévert)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

En même temps (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Un homme et une femme
jamais ils ne se sont vus
Ils vivent très loin l’un de l’autre
et dans des villes différentes
Un jour
ils lisent la même page d’un même livre
en même temps
à la seconde seconde
de la première minute
de leur dernière heure
exactement.

(Jacques Prévert)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Chanson de l’oiseleur (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



L’oiseau qui vole si doucement
L’oiseau rouge et tiède comme le sang
L’oiseau si tendre l’oiseau moqueur
L’oiseau qui soudain prend peur
L’oiseau qui soudain se cogne
L’oiseau qui voudrait s’enfuir
L’oiseau seul et affolé
L’oiseau qui voudrait vivre
L’oiseau qui voudrait chanter
L’oiseau qui voudrait crier
L’oiseau rouge et tiède comme le sang
L’oiseau qui vole si doucement
C’est ton coeur jolie enfant
Ton coeur qui bat de l’aile si tristement
Contre ton sein si dur si blanc.

(Jacques Prévert)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Aimons toujours ! Aimons encore! (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



Aimons toujours ! Aimons encore !
Quand l’amour s’en va, l’espoir fuit.
L’amour, c’est le cri de l’aurore,
L’amour c’est l’hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l’astre dit aux nuages,
C’est le mot ineffable : Aimons !

L’amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c’est le bonheur !

Aime ! qu’on les loue ou les blâme,
Toujours les grand coeurs aimeront :
Joins cette jeunesse de l’âme
A la jeunesse de ton front !

Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu’on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !

Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !

Soyons le miroir et l’image !
Soyons la fleur et le parfum !
Les amants, qui, seuls sous l’ombrage,
Se sentent deux et ne sont qu’un !

Les poètes cherchent les belles.
La femme, ange aux chastes faveurs,
Aime à rafraîchir sous ses ailes
Ces grand fronts brûlants et réveurs.

Venez à nous, beautés touchantes !
Viens à moi, toi, mon bien, ma loi !
Ange ! viens à moi quand tu chantes,
Et, quand tu pleures, viens à moi !

Nous seuls comprenons vos extases.
Car notre esprit n’est point moqueur ;
Car les poètes sont les vases
Où les femmes versent leur coeurs.

Moi qui ne cherche dans ce monde
Que la seule réalité,
Moi qui laisse fuir comme l’onde
Tout ce qui n’est que vanité,

Je préfère aux biens dont s’enivre
L’orgueil du soldat ou du roi,
L’ombre que tu fais sur mon livre
Quand ton front se penche sur moi.

Toute ambition allumée
Dans notre esprit, brasier subtil,
Tombe en cendre ou vole en fumée,
Et l’on se dit :  » Qu’en reste-t-il ?  »

Tout plaisir, fleur à peine éclose
Dans notre avril sombre et terni,
S’effeuille et meurt, lis, myrte ou rose,
Et l’on se dit :  » C’est donc fini !  »

L’amour seul reste. O noble femme
Si tu veux dans ce vil séjour,
Garder ta foi, garder ton âme,
Garder ton Dieu, garde l’amour !

Conserve en ton coeur, sans rien craindre,
Dusses-tu pleurer et souffrir,
La flamme qui ne peut s’éteindre
Et la fleur qui ne peut mourir !

(Victor Hugo)

Illustration: Sophie Vulliard

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Les murs de Poussière (Francis Cabrel)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



banc-et-vieux-mur-800x600

Les murs de Poussière

Il rêvait d’une ville étrangère
Une ville de filles et de jeux
Il voulait vivre d’autres manières
Dans un autre milieu

Il rêvait sur son chemin de pierres
« Je partirai demain, si je veux
J’ai la force qu’il faut pour le faire
Et j’irai trouver mieux »

Il voulait trouver mieux
Que son lopin de terre
Que son vieil arbre tordu au milieu
Trouver mieux que la douce lumière du soir

Près du feu qui réchauffait son père
Et la troupe entière de ses aïeux
Le soleil sur les murs de poussière
Il voulait trouver mieux

Il a fait tout le tour de la terre
Il a même demandé à Dieu
Il a fait tout l’amour de la terre
Il n’a pas trouvé mieux

Il a croisé les rois de naguère
Tout drapés de diamants et de feu
Mais dans les châteaux des rois de naguère
Il n’a pas trouvé mieux

Il n’a pas trouvé mieux
Que son lopin de terre
Que son vieil arbre tordu au milieu
Trouver mieux que la douce lumière du soir

Près du feu qui réchauffait son père
Et la troupe entière de ses aïeux
Le soleil sur les murs de poussière
Il n’a pas trouvé mieux

Il a dit « Je retourne en arrière
Je n’ai pas trouvé ce que je veux »
Il a dit « Je retourne en arrière »
Il s’est brûlé les yeux

Il s’est brûlé les yeux
Sur son lopin de terre
Sur son vieil arbre tordu au milieu
Aux reflets de la douce lumière du soir

Près du feu qui réchauffait son père
Et la troupe entière de ses aïeux

(Francis Cabrel)

 Illustration

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Femme (Fernand Ouellette)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Femme au sang obscur qu’un germe habite
comme une élégie de laine:

Ta pure extase est passeport des étoiles.

Quand dans ton corps les forêts courent
et les archipels de muguet.

Aucune piqûre de vent, ni l’audace ténébreuse
de l’homme ne sonderont la clairière
de ton ange.

Vive est la matrice de longs rêves arctiques.
Et fraîche de galaxies-fougères.

Aux muscles humides de boisson blanche
s’alimente le mal de vivre.

(Fernand Ouellette)


Illustration: Fabienne Contat

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

JE CROIS (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017





JE CROIS

Je crois que je t’aime ;
les yeux fermés je pleure que tu vives.
Mais vois-tu, les dieux,
la poussière et le temps
élèvent de si lourdes buttes
entre toi — entre moi,
que parfois je sens
le mal de l’espace et l’angoisse mesquine
que donne l’amour.

Alors je tremble, tapis dans mon lit,
comme la nature au temps de minuit,
muet et sans donner le moindre signe.

Puis
de nouveau je crois que l’on est l’un à l’autre,
que j’ai mis ma main dans la tienne.

(János Pilinszky)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :