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Poésie

Posts Tagged ‘vivre’

Il a assez vécu (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2017



Il a assez vécu
Pour savoir vivre
Hors de son malheur.

(Eugène Guillevic)

Illustration

 

 

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VERTIGE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Claude Sauzet  (2)

VERTIGE

Oh! soyons intenses !
Abusons des danses!
Abusons des lits
Et des seins polis !

Oh les innocences
Et toutes leurs transes !
Leurs cruels oublis !
Froissons tous ces lys.

Nous aimons le crime
Nous trouvons la rime
Dont on meurt souvent.

Vivons d’oeuvres folles !
Disons des paroles
Qu’emporte le vent.

(Charles Cros)

Illustration: Claude Sauzet

 

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Je t’aime, je t’aime (Nancy Huston)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



je t’aime, je t’aime
vivons donc ensemble

un peu séparés

(Nancy Huston)

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Le monde dévore nos paupières (Hélène Dorion)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2017



Le monde dévore nos paupières
au-delà des rêves, de la rose
que mâche la nuit, nous vivons
comme des feuilles enroulées
autour de l’horizon, nous flottons
et pour guérir de nous-mêmes
– quand éclatent les fissures
que se perdent les pierres
jetées parmi les lambeaux des siècles –
nous glissons avec les continents
cherchons l’eau, cherchons le rivage
et un jour l’image se retourne
le Gardien des Lieux, à nouveau
se penche sur nous.

(Hélène Dorion)

Découvert chez Lara ici

Illustration: David Hockney

 

 

 

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Ah! Toi l’autre amour dans l’amour (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



Ah!
Toi l’autre amour dans l’amour
Toi la dimension qui commence après les dimensions
Ô mon aimée

Comme je t’ai créée tu m’as désiré
Comme je t’ai voulue tu as bondi en moi

Tu entres dans mon rythme
Tu oins tes deux seins de mes mots, tu te noies
dans l’abîme de l’amour

Là où j’élève ma ville et vis
Nous vivons, et des bas-fonds de la haine nous annonçons l’amour
Nous rêvons que nos cils sont écritoires et le jour livre ouvert

(Adonis)

Illustration: Otto Mueller

 

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Je m’enlise (Mireille Havet)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Je m’enlise
et volontairement
m’aveugle
et m’assoupis.

On me le reproche !
Et, cependant,
grâce à cela je vis,
je peux vivre en souriant,

sans mécontentement,
sans reproche !
Que le cœur y soit,
peu importe.

(Mireille Havet)

Découvert ici: http://www.bulledemanou.com/

Illustration: Henri Matisse

 

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Jamais je n’oublierai cette nuit (Elie Wiesel)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



Jamais je n’oublierai cette nuit,
la première nuit dans un camp,
qui transforma ma vie en une longue nuit,
sept fois scellée

Jamais je n’oublierai cette fumée

Jamais je n’oublierai ces petits visages d’enfants
dont j’ai vu les corps se transformer en fumée
sous des cieux silencieux.

Jamais je n’oublierai ces flammes
qui consumèrent ma foi à jamais.

Jamais je n’oublierai le silence nocturne
qui m’ôta pour l’éternité le désir de vivre.

Jamais je n’oublierai ces moments
qui assassinèrent mon Dieu et mon âme
et transformèrent mes rêves en cendres.

Jamais je n’oublierai ces choses,
même si j’étais condamné à vivre
aussi longtemps que Dieu Lui-même.

Jamais.

(Elie Wiesel)

 

 

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Vertige (Melih Cevdet Anday)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2017





Vertige

Débordant d’une mer qui fleurit
Tout deviendra un jour forêt,
Ce que tu vois désormais c’est l’heure
Tendre des oiseaux dans les branches.
Attends le dieu en attente car
Le soleil s’attardera sur les pins rougeoyants
Jusqu’à la grande nuit.

Un jour tout sera voix, une voix qui
De l’étoile au nuage, de la terre à l’étoile,
Allongera son ellipse en résonnant.
Toi, en observant ces anneaux,
Attends la voix parmi les voix,
Soudain la lune aux ailes velues apparaîtra
En passant à travers les orgues.

J’ai vécu dans le vent,
À une époque seul le vertige, seules
Les pierres lointaines étaient mes prophètes.
Ni voix, ni forêt, tout seul, déserté,
L’être se distrait d’une ondée.
Ou bien dans la forêt comme un dieu attendre
Si l’on entend une voix.

(Melih Cevdet Anday)

Illustration: Herb Dickinson

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Saisir l’eau (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



 

Saisir l’eau

On ne peut saisir l’eau dans la main.
Elle s’échappe entre les doigts.

On ne peut saisir la vérité dans l’esprit,
Elle s’échappe entre les pensées.

On ne peut posséder l’eau qu’en la buvant,
En la faisant passer dans le corps.

On ne peut posséder la vérité qu’en la vivant,
En la faisant passer dans le coeur.

(Pensées celtiques)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Une fois (Károly Fellinger)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Une fois

Quoique je sois dans une mauvaise passe,
je suis capable de renaître chaque jour,
mais pour cela, il faut pour cela que je me consomme
avant le soir et que je ne tienne jamais
jusqu’à minuit, puis, au moment suivant,
je frotte ma statue d’oiseau de miel,
de sucre, je déchire ma couette garnie
de plumes d’oie par-dessus, comme le temps
passe, je me consomme de plus en plus
tôt, demain à l’heure du déjeuner ou quand
le petit-déjeuner est servi, je vivrai assez
pour me voir renaître à partir du pur néant,
comme le dragon sans tête.

***

Egyszer

Bármilyen rossz passzba kerülök, azért még
minden nap képes vagyok újjászületni,
de ahhoz az kell, hogy estére elfogyjak
már és ne tartsak ki éjfélig sohasem,
az azt követő pillanatban meg aztán
madárszobrom bekenem mézzel, cukorral,
széjjeltépem fölötte lúdtollas dunyhám,
az idő múlásával egyre hamarabb
fogyom el, holnap ebédkor vagy a villásreggeli
tálalásakor, egyszer még megérem
majd, hogy a tökéletes semmiből
szülessek újjá, mint a fejetlen sárkány.

(Károly Fellinger)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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