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Poésie

Posts Tagged ‘vivre’

ESPOIR (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2020



Illustration: Claude Monet
    
ESPOIR

Pas de pluie depuis des mois
ils souffrent
et pourtant ils sont verts
puisque sans espoir
ils ne peuvent pas vivre non plus

– les arbres.

(Germain Droogenbroodt)

 

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Quels sont ces propos… (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



Illustration: Otto Dix
    
Quels sont ces propos…

Quels sont ces propos de tueur et de tué ?
Les glaives ne sont point assez aiguisés ni les flots assez puissants
pour éteindre le feu de notre âme. La mort et la douleur
sont pures conventions d’un plus noble théâtre.
Tel un héros pourchassé par son destin
tombe comme un pilier arraché du monde immense,
ébranlant le coeur des hommes, et que rempli d’effroi
l’auditoire se tait ou pleure, vaincu par le chagrin,
tandis que derrière la scène l’acteur soupire
de soulagement, ôte son masque
et parle aux amis qui l’attendent, ou des coulisses
observe l’accalmie de la scène finale –
de même l’esprit indemne des tués
s’éloignant de nos yeux, ne cesse pas de vivre.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Renaissance (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2020



Illustration: Nicholas Roerich

    

Renaissance

La félicité divine n’atteint pas si tôt sa plénitude en nous,
tout ne finit pas pour nous en une vie ;
il n’est pas de terme à notre esprit
ni à la joie qu’il recherche.

Nos âmes et le ciel sont d’égale stature
et de naissance immémoriale ;
impérissable semence, moule infini de la Nature,
ils ne furent point façonnés sur terre,

ni à la terre ne lèguent-ils leurs cendres,
mais en eux-mêmes ils perdurent.
Un avenir sans fin affleure sous tes paupières,
enfant d’un passé sans fin.

De vieux souvenirs nous reviennent, de vieux rêves nous submergent,
êtres disparus que nous avons connus,
fictions et portraits ; cadres insaisissables –
ils se détachent, austères et solitaires.

Tous nos espoirs, tous nos rêves, trésors du souvenir,
sont prévisions mal déchiffrées,
mais de quelle vie, de quel lieu? Seul peut le dire
qui mesura les cieux illimités.

Le Temps est une convention tenace ; avenir et présent
vivaient dans le passé ;
ils sont une même image que nos volontés complaisantes
en trois plans ont projetée.

Le passé oublié est en nous immortel,
nos naissances et la fin proche
déjà accomplies. Vers une cime, à bout de souffle,
parfois nos âmes s’élèvent,

d’où notre pensée revient fortifiée ; car en surgit
l’immense océan du Temps
dont la houle infinie s’étend devant nos yeux,
et ses sublimes symphonies ;

et parfois, levant ce voile du mental
l’esprit regarde et voit
les âges disparus dont héritent nos vies
et les siècles à venir :

il voit des royaumes labourés par les vagues refouler l’océan –
là où surgi des troubles profondeurs
se dresse maintenant Himâlaya, il voit la marche formidable
des flots mesurer la moitié du monde ;

ou bien derrière nous, la trame se dénoue
et sur ses fils nous contemplons –
courses anciennes des étoiles, lieux jadis parcourus
dans un temps dont le souvenir s’est effacé.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Réminiscence (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020



Illustration: Josephine Wall
    
Réminiscence

Mon âme à l’aube se leva et entendit
une voix lointaine, un oiseau solitaire,
un chant, une note incertaine, un cri
qui se prolongeait dans l’éternité.
Mon âme se pencha vers l’aube pour entendre
son compagnon ailé dans la solitude du monde
et, écoutant ce que l’Ange avait à dire,
vit une lumière au coeur de la nuit et un jour secret
se dévoila à ses yeux. Elle contempla les étoiles
nées d’une pensée et sut comment l’être se prépare.
Alors je me souvins comment je m’éveillai du sommeil
et créai les cieux, bâtis la terre, formai le profond Océan

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Invitation (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020



    

Invitation

Le vent et l’orage cinglant autour de moi,
je monte là-haut sur la montagne et la lande.
Qui veut me rejoindre ? Qui veut gravir les cimes avec moi ?
Traverser les torrents, tailler son chemin dans la neige ?

Ce n’est pas dans le cercle étriqué des cités
que j’habite, à l’étroit entre vos portes et vos murs ;
au-dessus de moi Dieu est bleu dans le ciel,
contre moi le vent et la tourmente se rebellent.

Ici dans mes domaines je joue avec la solitude,
de l’infortune je me suis fait une amie.
Qui veut vivre vaste ? Qui veut vivre libre ?
Qu’il grimpe ici sur les sommets battus par les vents.

Je suis le seigneur de la tempête et de la montagne,
je suis l’Esprit de liberté et de fierté.
Fort doit-il être et allié du danger,
qui partage mon royaume et marche à mes côtés

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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IL FAUT BIEN (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020




    
IL FAUT BIEN

Il faut bien donner du coeur au ventre
ce n’est pas le plus gai
mais que les enfants s’amusent
Il faut bien prendre son courage à deux mains
en mains propres
et que la jeunesse se passe
Tout est perdu fors l’honneur
l’amour et l’eau claire
Il faut bien dormir sur les deux oreilles
les poings fermés
couper les cheveux en quatre
bras et jambes
se mettre martel en tête
et dans le mille
Il faut bien vivre de l’air du temps
celui qu’on tue
crier dans le désert avec les loups
ceux qui ont faim
Faut-il donc mourir de belle mort
et aussi échapper belle
Ne rien perdre pour attendre
de pied ferme

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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ON VOUS DEMANDE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2020




    
ON VOUS DEMANDE

Depuis que je suis né
et ce n’est pas d’hier
mes jours sont comptés

par qui
et nous ne sommes jamais sûrs
de ne pas nous tromper

Vivons puisqu’il faut vivre
et vivre pour mourir
un jour ou l’autre

quel jour
et nous ne sommes jamais sûrs
de ne pas nous tromper

C’est l’heure de dormir
et c’est une façon de parler
c’est peut-être celle de mourir

qui le sait
et nous ne sommes jamais sûrs
de ne pas nous tromper

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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CHANSON (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020



CHANSON

C’est une folie de chanter, d’oser le chant.
C’est une folie de rire, d’oser les dents,
Une folie pour l’oiseau d’être tiède sur la branche
Dans la forêt,
Une folie de vivre, d’oser la vie.

Prends ma tête fatiguée,
Fais pour moi plus que moi-même,
Sur ton épaule puérile
Ravis-la-moi jusqu’à demain.

Pleine de printemps
Et des oiseaux que j’aime,
Pour que je vive allègrement,
Donne-la-moi toi-même.

(Pierre Morhange)


Illustration

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A qui vais-je demander l’heure ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



Si je suis mort sans l’avoir su,
à qui vais-je demander l’heure ?

Où donc, en France, le printemps
puise-t-il tant et tant de feuilles ?

Où un aveugle peut-il vivre,
harcelé par un vol d’abeilles ?

Si le jaune un jour disparaît,
avec quoi ferons-nous le pain ?

(Pablo Neruda)

Illustration

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Que signifie continuer d’être (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2020



Que signifie continuer d’être,
dans la venelle de la mort ?

Dans le vaste désert du sel,
comment fleurir est-il possible ?

Dans la mer du rien-ne-se-passe
trouve-t-on tenue pour mourir ?

Lorsque les os s’en sont allés,
qui vit dans l’ultime poussière ?

(Pablo Neruda)


Illustration

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