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Poésie

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Moi je saurai bien me sauver (Daniil Harms)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021



Moi je saurai bien me sauver
des cinq sens
et de l’invasion des signes
géométriques.

(Daniil Harms)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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Chanson de l’année tragique (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Janvier, la neige rouge
Interdit l’avenir.

Tous les râles, Février,
Tous les râles conspirent

Mars, la voix des morts
Surprend les traînards.

Tous les râles, Avril,
Tous les râles fleurissent.

Mai, la terre joue
A changer de visage.

Tous les râles, Juin,
Tous les râles saignent.

Juillet, l’espoir crève
Comme un chien galeux.

C’est en Août qu’autrefois
On fêtait les montagnes.

Tous les râles, Septembre,
Tous les râles grondent.

Octobre, un désespéré
Fait des signes à la terre.

Soleil, Novembre, soleil
Réchauffe un peu la terre.

Une nuit de Décembre
J’ai péri de t’attendre.

(Edmond Jabès)

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Omniprésence (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2021




    
Omniprésence

Il est en moi, autour de moi, faisant face de tous côtés.
Emmuré dans l’ego pour exclure Son droit
je me tiens sur ses bornes et plonge mon regard
jusqu’aux frontières de l’Infini.

Chaque chose finie que je vois est une façade ;
de ses fenêtres m’observe l’Illimitable.
En vain d’un corps séparé fut faite ma prison ;
Sa présence occulte brûle en chaque cellule.

Il est devenu ma substance et mon souffle,
Il est mon angoisse et mon extase,
ma naissance est le signe de Son éternité,
ma mort un passage vers Son immortalité.

Mes abîmes muets sont Sa secrète demeure ;
dans la chambre de mon coeur vit le Dieu inadoré.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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FISSURES (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



FISSURES

Foulées creusant le sable,
empreintes digitales,
cœurs gravés dans la peau des arbres,
filets de graffiti sur les murs d’un cachot,
rides et cicatrices
en quoi une vie se résume,
encoches de bâton,
nœuds au mouchoir,
tatouages,
à la teneur d’archives ou de pedigree,
signes de quelque chose qui s’est passé
ou allait se passer,

même à jamais perdues
ces traces
persistent peut-être à peser
de toute leur minceur
sur l’inanité du rien.

(Michel Leiris)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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L’amour (Marc Porcu)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021




    

L’amour

L’amour partage équitablement l’ombre et la lumière
l’amour unit les corps dans le prolongement vital de la sève

l’amour déjoue l’arbitraire des signes et tend la main vers la création du monde
l’amour se contente de peu car il est tout dans le seul souffle de sa présence

la force de l’amour accepte la faiblesse car elle est sans faille

l’amour peut-être est un flocon de neige sur les dunes du désert
le regard de la lune dans la chambre noire

l’amour est le nombril du monde et la terre en est l’oracle craquelé
l’amour n’a rien à cacher sa veine secrète bat dans la pierre dénudée

l’amour est l’horizon de toute attente et le rivage bleu de la nuit
l’amour est le vertige de l’instant et la danse du silence

l’amour est un sourire qui vient de loin dans l’avènement du visage
l’amour est un nom qui dort dans le grain inouŽ de la voix

l’amour est un nom qui affleure dans le vélin des voiles gonflé sous les étoiles
l’amour est l’écume du désir vibrant à fleur de peau

(Marc Porcu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LE PRINTEMPS (Friedrich Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020




    
LE PRINTEMPS

Il descend, le jour nouveau, de lointaines hauteurs,
Le matin qui s’est éveillé des crépuscules,
Il rit à l’humanité, paré et vif,
L’humanité est tendrement pénétrée de joie.

Une vie nouvelle veut à l’avenir se dévoiler,
On voit de bourgeons, signe de jours gais,
Se remplir la grande vallée, la terre,
Tandis que pour le printemps est chassée la plainte.

***

DER FRÜHLING

Es kommt der neue Tag aus fernen HOhn herunter,
Der Morgen, der erwacht ist aus den Dmmerungen,
Er lacht die Menschheit an, geschmückt und munter,
Von Freuden ist die Menschheit sanft durchdrungen.

Ein nues Leben will der Zukunft sich enthüllen,
Mit Blüten scheint, dem Zeichen froher Tage,
Das grolle Tal, die Erde sich zu füllen,
Entfernt dagegen ist zur Frühlingszeit die Klage.

(Friedrich Hölderlin)

 

Recueil: Derniers poèmes
Traduction: Jean-Pierre Burgart
Editions: William Blake and Co.

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ET PUIS CONTINUE (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020



Illustration
    
ET PUIS CONTINUE

Rien dans cette vie n’arrive par hasard,
penses-tu en regardant les ombres dans le parc
qui se réveillent deux par deux
dans la première percée du soleil.
Tu les couvres avec ton regard
et tu fais un nœud
de tes cris.

Tout dans cette vie a un sens
incompréhensible parfois ou imprévisible
comme les arbres le long du chemin de fer :
les uns se jettent sous les trains qui passent
les autres coupent la main qui fait un signe d’adieu
Et toi, tu roules encore
le nœud dans la gorge,
en refusant d’accepter :

quoi qu’il arrive dans ta vie
permets-lui d’advenir.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les douze lutins (Paul-Alexis Robic)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020



Jean-Marc Polizzi Le_Jongleur_et_le_Lutin-Etoile

Les douze lutins

Ils sont douze lutins
Dans ce joli village
De songe et de cristal
Derrière les montagnes

Trois qui frappent l’enclume
Et remplissent d’étoiles
La forge du grand gel

Trois qui font à l’enseigne
Du Rire de l’Hiver
De frais gâteaux de neige.

Trois qui tirent l’alêne
En secret dans la basse
Échoppe du sommeil

Trois autres qui allument
Leurs petites lanternes
Et n’attendent qu’un signe
Pour s’en aller sonner
Les cloches de Noël

(Paul-Alexis Robic)

Illustration: Jean-Marc Polizzi

 

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Mais que cherchais-tu donc (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2020




    
Mais que cherchais-tu donc qui ne fût pas
le vent debout, ni le ressac d’enfance
dans les soirs gris, ni le redoublement
du vertige d’aimer

une autre terre que celle-ci, un autre
ciel, un autre temps ? Que cherchais-tu
sur la route que tu n’aies pas trouvé déjà
dans l’herbe familière

et déjà reperdu, bague de rosée ou signe
qu’un homme allant à son pas t’a laissé
sur la vitre avant de disparaître,
ouvrant entre les arbres

un puits où la lumière se nourrit de tes yeux.

(Guy Goffette)

 

Recueil: Le pêcheur d’eau
Traduction:
Editions: Gallimard

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C’était un Poète — (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2020



C’était un Poète —
Cet Être
Qui extrait un sens surprenant
De Signes Ordinaires —
Une si vaste Essence

Des espèces familières
Ayant péri à la Porte —
Qu’on s’étonne de ne pas Soi-même
L’avoir captée — d’abord —

D’Images, Révélateur —
Le Poète — Lui et nul autre —
Nous investit — par Contraste —
D’une incessante Pauvreté —

De la Partie — si inconscient —
Qu’un Vol ne le saurait léser —
Lui-même — pour Lui — Trésor —
Au Temps — étranger —

***

This was a Poet —
It is That
Distills amazing sense
From Ordinary Meanings —
And Attar so immense

From the familiar species
That perished by the Door —
We wonder it was not Ourselves
Arrested it — before —

Of Pictures, the Discloser —
The Poet — it is He —
Entitles Us — by Contrast —
To ceaseless Poverty —

Of Portion — so unconscious —
The Robbing — could not harm —
Himself — to Him — a Fortune —
Exterior — to Time —

(Emily Dickinson)

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