Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘derrière’

Quelques pas plus loin (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Quelques pas plus loin
Un noyau de cerise
Sur ma langue
Le goût de la cerise
Derrière moi
Un cerisier

(Abbas Kiarostami)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

J’arrive et touche le bord (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Ferdinand Hodler view-into-infinity.jpg!HD

j’arrive et touche le bord,
souvenir, ô ma patrie,
au pas cadencé des morts
les couples dansent leur vie.
Monde je te vois et crée
l’autre Monde à nia façon.
toute forme que j’agrée
devient un collier de sons :
variables étiquettes
les mots couvrent leur objet,
je les classe dans ma tête
univers imaginé.
Je dis : oeillet, rose thé,
mais la fleur n’est plus derrière,
tous les jardins en jachère
il me faut les rebêcher.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ferdinand Hodler

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Berceuse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Illustration: Ferdinand Hodler

 

Berceuse

Bien loin d’ici, au fond des bois immenses,
Au bord des rivières bleues,
Vivait avec ses fils dans une humble chaumière
Un pauvre bûcheron.

Le plus jeune était grand comme un pouce, —
Comment te bercer,
Dors mon bébé, dors mon petit,
Je suis mauvaise mère.

Les nouvelles sont rares
Sur notre seuil,
Ils ont donné une petite croix blanche
À ton papa.

Peine derrière, peine devant,
Sans fin, la peine,
Prions saint Georges
Pour ton père.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une autre nuit liquide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Alexandre Podgorny
    
Une autre nuit liquide
envahit le territoire de la nuit.
Les vagues du noir
n’ont pas besoin de plage
mais simplement d’un lit
de leur propre substance
qui contienne la question invraisemblable.

Les vagues du noir
cherchent une réponse
qui ne se trouve que dans le noir,
mais dans un noir distinct,
différent du noir.
Un noir aux ailes basses
et quiétudes extrêmes.

Questions et réponses
sont des substances dissemblables
qui ne se rejoignent presque jamais.

Les vagues du noir
unissent les deux substances
en rassemblant dans son noir

les noirs différents :
les liquides, les solides,
celui de derrière la vie,
celui de derrière la mort,
celui de toute question,
celui de toute réponse.

***

Otra noche líquida
invade el territorio de la noche.
Las olas de lo negro
no necesitan playa
sino tan sólo un lecho
de su mima sustancia
que lleve la pregunta inverosímil.

Las olas de lo negro
buscan una respuesta
que sólo esta en lo negro,
pero en un negro distinto,
diferente del negro.
Un negro de alas bajas
y quietudes extremas.

Preguntas y respuestas
son sustancias desiguales
que no se encuentran casi nunca.

Las olas de lo negro
juntan las dos sustancias,
al reunir en su negro

los diferentes negros:
los líquidos , los sólidos,
el de atrás de la vida,
el de atrás de la muerte,
el de toda pregunta,
el de toda respuesta.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Que faire avec ce qui est flétri ? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Que faire avec ce qui est flétri ?
Le cacher, l’enterrer
ou le placer comme une fleur
entre les feuilles d’un livre ?

Ce qui est flétri préfère rester en nous,
tomber, se réfugier ici
jusqu’à se changer en poussière.
Alors cela fait déjà partie de nous
et accompagne notre flétrissement.

Et nous, sur qui tomberons-nous ?
Où poursuivre notre dérive vers la poussière ?
Y a-t-il pour nous garder un autre endroit
où la poussière fleurirait
derrière tant d’ombre ?

Il suffit, qui sait, d’un endroit moins furtif
où un rayon de soleil éclaire la poussière.
Il se peut que toute flétrissure
n’attende seulement
que ce coup de lumière.

***

¿ Qué hacer con lo marchito?
¿ Esconderlo, enterrarlo
o ponerlo como una flor
entre las hojas de un libro?

Lo marchito prefiere estar en nosotros,
caer, refugiarse aquí,
basta que se convierta en polvo.
Entonces ya forma parte de nosotros
y nos acompaña a marchitarnos.

Y nosotros ¿en quién caeremos?
¿ Dónde proseguir nuestra deriva hacia el polvo?
¿ Habrá otro lugar para guardarnos,
donde el polvo florezca
detrás de tanta sombra?

Tal vez baste un sitio menos furtivo
donde un rayo de sol alumbre el polvo.
Quizá todo lo marchito
espere únicamente
ese golpe de luz.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qu’est-ce qui se cache derrière les couleurs ? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
Qu’est-ce qui se cache derrière les couleurs ?
Est-ce l’absence de la couleur et de la lumière ?
Ou peut-être une autre couleur inconnue ?
Ou simplement
un commencement des choses que nous ne savons pas ?

Car toute couleur dissimule quelque chose,
le revêt d’un jeu pour l’oeil,
d’une chanson qui ne se chante pas,
d’une consolation dans les ombres.

Mais s’il existe une autre couleur de fond,
y aura-t-il aussi un oeil qui la voie ?
Ou derrière les couleurs n’y a-t-il rien d’autre qu’un oeil
qui nous regarde à travers elles ?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qu’y a-t-il derrière les nombres ? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2019




    
QU’Y a-t-il derrière les nombres ?
Et qu’y a-t-il devant ?

Toutes les choses se meuvent,
même les pierres et les morts.
Les nombres ne se meuvent pas :
ils cèdent la place à d’autres nombres.

Quel est donc le lieu des nombres ?
Lorsque nous les écrivons sur un papier
nous leur inventons un lieu,
comme ils inventent parfois
un lieu pour nous.

Toutes les choses veulent prendre notre place,
mais les nombres, non.
Ils ressemblent à l’être :
ils ne sont en aucun lieu.

Mais qu’y a-t-il à l’intérieur des nombres ?
Le simulacre de la mesure
et les masques des signes
nous ont fait oublier leur substance.

***

¿QUÉ hay detrás de los nûmeros?
¿Y qué hay delante?

Todas las cosas se mueven,
hasta las piedras y los muertos.
Los números no se mueven:
sólo dejan su lugar a otros números.
¿Pero cual es el lugar de los números?

Cuando los escribimos sobre un papel
les inventamos un lugar,
como ellos nos inventan a veces
un lugar a nosotros.

Todas las cosas quieren reemplazarnos,
pero los números no.
Se parecen al ser:
no están en ningún lugar.

Pero ¿qué hay adentro de los números?
El simulacro de la medida
y las máscaras de los signos
nos han hecho olvidar su sustancia.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Onzième Poésie Verticale
Traduction: Fernand Verhesen
Editions: Lettres Vives

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il y a, derrière l’immédiat (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019


 


 

Rocher 20090420_110648_

Il y a, derrière l’immédiat,
la réalité.

(Georges Libbrecht)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

LA PLUIE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2019



LA PLUIE

La pluie et moi marchions
Bons camarades
Elle courait devant et derrière moi
Et je serrais notre trésor dans mon coeur
Elle chantait pour nous cacher
Elle chantait pour endormir mon coeur

Elle passait sur mon front sa peau mouillée
Et humaine ma chère pluie
Elle tendait l’oreille
Pour savoir si mon chant silencieux était anéanti

Elle me met les mains sur les épaules
Et court tant haut dans la plaine du ciel
Et tant me montre les diamants du soleil
Et tant toujours me caresse la peau
Et tant toujours me chante dans les os
Que je deviens un bon camarade

J’entonne une grande chanson
Qu’on entend et les cabarets et les oiseaux
Disent à notre passage Maintenant
Ils chantent tous les deux

(Pierre Morhange)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Derrière la porte (Kettly Mars)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2019



 

candle-painting

Derrière la porte
Douce sentinelle, tu veilles
sur les ombres de la chambre.
Ce soir mes rêves partent
vers le nord. Vers la mer.
Douce bougie, douce
flamme, sous tes larmes de lumière
bois, pierre, cuivre et verre
enveloppés d’or silencieux
baignent dans le même mystère.

(Kettly Mars)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :