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Poésie

Posts Tagged ‘supplique’

A présent (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018



Illustration: Nupur Choudhary 
    
A présent le souci de parler
sur tant d’évidences
pèse lourd
Le livre est à sa fin
sans plus de forces
Les formes aimables
le débordent

Et donc regarde-moi
C’est ma supplique
A la dérobée regarde-moi
Puis viens vers tous ces signes
noircis en juste perte
Accorde-leur l’amitié
d’un long regard

Que ta noblesse les anime

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Demande de baisers au printemps (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Demande de baisers au printemps

Tes lèvres de bronze, d’un baiser,
Marta, lentement, je les veux aspirer.
D’un odorant baiser maléfique.
Avec eux :
Tes cheveux !
Mon désir révolté t’en fait la supplique.
Il veut, ce désir,
Fasciné par l’amour, les saisir.
Les étreindre.
Et ces bras trop fidèles pour feindre,
Tremblants, amoureux,
Cependant que j’évoque tes chers beaux yeux
Vont vers tes genoux si doux – si j’ose –
Et jusqu’au nid de la rose.

Le feuillage frémit dans le vent.
Qu’elle est verte, la colline!
Nous y courons lestement,
Je t’y vois encline.
Il parle de baisers, il chante, le vent.
Quelle extase!
Il m’embrase.
Et mon sang, par-là, par-ci,
Autour de mon cœur, chante avec lui.
C’est fort bien ainsi.
Mais à présent, silence, petite.
Je veux un baiser de toi. Donne-le vite!

(Attila Jozsef)


Illustration: Carolus Duran

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AMERTUME MÉLANCOLIQUE (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



    

AMERTUME MÉLANCOLIQUE

L’amertume mélancolique
De mon coeur près de se briser
T’adresse une supplique,
Tе demande un baiser.
A toi, morte muette.

A toi, qui dors depuis longtemps
Et qui de lui plus rien n’entends.
Bienheureuse et discrète
Loin de moi, tu fleuris.

Descendant du haut paradis,
Si tu voulais, morte muette,
Illuminer mon coeur..
Je ne verserais plus un pleur.

Puisse ta foi fervente et pure
Des ronces m’extirper,
De la terrestre pourriture.
Viens donc, que j’y puisse échapper !

Je t’attends. Follement j’espère.
Aie pitié. Viens sécher sur terre
Mes pleurs qui ne veulent tarir.
Viens, mon Amour, les abolir.

L’amertume mélancolique
De mon coeur près de se briser
T’adresse une supplique,
Tе demande un baiser,
A toi, muette morte.

Tu n’entends plus parler de lui.
Que le diable t’emporte !
Je ne veux plus de toi, mon bel espoir a fui
Et plus rien en moi ne palpite,
Car tu ne m’aimes plus, maudite !

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Des hommes marchent (Marie Huot)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018




    
Des hommes marchent
des nomades des promeneurs solitaires
ils lissent sous leur pas la terre comme un galet
D’autres hommes allument des bougies
posent des suppliques sous trois cailloux

(Marie Huot)

 

Recueil: Récits librement inspirés de ma vie d’oiseau
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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Lecture (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2016



La vie passe au-dehors
et sa vitesse est celle de la lumière.
Les deux mains sur un globe de papier transparent,
contemplant les flocons d’encre noire
qui tombent à l’intérieur,
il épouse la vitesse plus considérable encore de la lenteur.
Il regarde impassible les blocs de temps pur,
venus d’un ciel sans profondeur :
Eloge de l’immobile.
Supplique du muet.

Les noms possibles du lecteur :
Méditant par grand froid.
Mâche-le-vent.
Creuse-l’azur.
Songe-blanc.
Passeur.
Hirondelle du ras de la page.

(Christian Bobin)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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LE COURRIER NE VA GUÈRE (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2016



LE COURRIER NE VA GUÈRE

Des lettres de là-haut doivent se perdre
Dans le puant mâchefer d’astéroïdes

Ne nous parviennent qu’instructions confuses
Tendresses ambiguës
Absolutions au porteur ou factures
Que nous avons déjà réglées cent fois

Nos psychopompes eux-mêmes
Dans leurs sublimes cagnas
Sont sans doute aussi mal desservis que nous

Ou bien il faut admettre
Qu’ils alimentent leur feu
Avec nos suppliques nos réquisitoires
Et nos coupons-réponse
En regardant leur télé
Pour être certains qu’ils vivent.

(Jean Rousselot)

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