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Poésie

Posts Tagged ‘homme’

Absence (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018


 

Le métal fond pour se marier à l’air
et la consolation
abandonne un homme
caressant l’encolure
d’un cheval de labour
qui regarde
un horizon au froid plumage.
On voit un filet de fumée
une feuille qui s’envole
seul l’homme est obligé de sentir la durée.

(Jean Follain)

 

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Je rêve à des planètes mortes (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Quand les bureaux et les usines
Par le peuple sont désertés,
Et que Paris semble en gésine
D’une trop vaste humanité,

Alors que l’homme au rire bête
Et son épouse aux airs penchés
Croient égayer ce jour de fête
Parce qu’ils sont endimanchés,

Mon âme, loin des foules grises,
Dont le tumulte est odieux,
Se recueille, avant tout éprise
De la solitude des dieux.

Sur le monde fermant la porte
Et tisonnant mon poêle éteint,
Je rêve à des planètes mortes
Comme à des paradis lointains.

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

 

 

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Il était un petit homme (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018




Il était un petit homme, pirouette, cacahouète
Il était un petit homme
qui avait une drôle de maison

Sa maison est en carton, pirouette, cacahouète
Sa maison est en carton
ses escaliers sont en papier.

Le premier qui y mont’ra, pirouette, cacahouète
Le premier qui y mont’ra
se cassera le bout du nez.

C’est le facteur qui y est monté, pirouette, cacahouète
C’est le facteur qui y est monté
il s’est cassé le bout du nez.

On lui a raccommodé, pirouette, cacahouète
On lui a raccommodé
avec du joli fil doré.

Le fil doré s’est envolé, pirouette, cacahouète
Le fil doré s’est envolé
le bout du nez s’est envolé.

Un avion à réaction, pirouette, cacahouète
Un avion à réaction
a rattrapé le bout du nez.

Mon histoire est terminée, pirouette, cacahouète
Mon histoire est terminée.
Messieurs, mesdames applaudissez.

(Anonyme)

Illustration: Manola C.

 

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LE GRAND MIROIR (Edmond Vandercammen)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Andrew Wyeth  Turkey Pond [800x600]

LE GRAND MIROIR

La nuit laisse quand même au jour
L’espace de son grand miroir
Pour que les hommes s’y regardent
Du seul côté de leur bonheur.
Alors la face des vivants
Se reconnaît aux épousailles,
Aux formes des nativités,
A la tendresse de haut rang
Dont la couleur est végétale.
Et la campagne ainsi louée
Prend son éclat sacramentel,
Toute splendeur restituée
Aux alliances de la terre.
Belle clarté qui va son amble
Comme un poème sans nuage
Avance au pas de son rêveur ;
Belle clarté où s’établit
La certitude solidaire
D’être l’homme quotidien
Qui fait son plein de poésie
En abordant un grand miroir.

(Edmond Vandercammen)

Illustration: Andrew Wyeth

 

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Ici-bas (René-François Sully Prudhomme)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018



Ici-bas

Ici-bas tous les lilas meurent,
Tous les chants des oiseaux sont courts ;
Je rêve aux étés qui demeurent
Toujours…

Ici-bas les lèvres effleurent
Sans rien laisser de leur velours ;
Je rêve aux baisers qui demeurent
Toujours…

Ici-bas tous les hommes pleurent
Leurs amitiés ou leurs amours ;
Je rêve aux couples qui demeurent
Toujours…

(René-François Sully Prudhomme)

 Illustration: Jean-Marie Manson

 

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Credo (Lucien Jacques)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



Credo

Je crois en l’homme, cette ordure.
Je crois en l’homme, ce fumier,
Ce sable mouvant, cette eau morte.

Je crois en l’homme, ce tordu,
Cette vessie de vanité.
Je crois en l’homme, cette pommade,
Ce grelot, cette plume au vent,
Ce boute-feu, ce fouille-merde.
Je crois en l’homme, ce lèche-sang.

Malgré tout ce qu’il a pu faire
De mortel et d’irréparable.
Je crois en lui
Pour la sûreté de sa main,
Pour son goût de la liberté,
Pour le jeu de sa fantaisie.

Pour son vertige devant l’étoile.
Je crois en lui
Pour le sel de son amitié,
Pour l’eau de ses yeux, pour son rire,
Pour son élan et ses faiblesses.

Je crois à tout jamais en lui
Pour une main qui s’est tendue.
Pour un regard qui s’est offert.
Et puis surtout et avant tout
Pour le simple accueil d’un berger.

(Lucien Jacques)

Illustration: Castanheira Amilcar

 

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Ils doivent croire que je suis en acier (Juan-José Canton y Canton)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Ils doivent croire que je suis en acier
résistant au coup et à l’affrontement,
sans peur, disant toujours ce que je ressens,
ce qui me pousse, ce que je vis, ce que je ne veux pas.

Ils doivent croire que je ne meurs jamais,
que j’ignore le vide, que je ne trahis
jamais mes rêves, la pensée sincère
de l’homme qui en moi demeure.

Qu’ils sachent que je suis en chair et en os,
que moi, aussi je recèle de la lumière et de l’ombre
et que je ne m’en suis pas toujours sorti intact.

Qu’ils sachent que ma voix ne nomme pas toujours
la douleur que dans mon coeur je soupèse,
et que parfois ce qui stupéfait rend muet.

(Juan-José Canton y Canton)


Illustration: Pascal Renoux

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La vie est la passante en nous (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



 

La vie est la passante en nous
[…]
la vie est « l’enfant dans nos yeux
le sentir femme de l’homme en nous
le sens de ce qui ne sait pas.

(Henri Meschonnic)

Illustration: Albert Anker

 

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Pourquoi ai-je ri cette nuit? (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



 

Rockwell Kent 13

Pourquoi ai-je ri cette nuit? Aucune voix ne le peut dire,
Ni Dieu ni Démon à la sévère réplique
Ne daigne répondre du haut du ciel ou du fond de l’enfer.
Alors, vers mon coeur d’homme je me tourne aussitôt.
Coeur, toi et moi, sommes ici tristes et solitaires ;
Dis, pourquoi ai-je ri ? O mortelle douleur !
O ténèbres ! ténèbres ! Toujours dois-je me lamenter,
D’interroger Ciel, Enfer et Coeur en vain ?
Pourquoi ai-je ri ? Je connais le bail de l’être,
Ma fantaisie le prolonge jusqu’à ses félicités suprêmes ;
Pourtant je voudrais à cette heure même cesser d’exister
Et voir les pompeux pavillons du monde en lambeaux.
Force, Gloire et Beauté sont superbes en vérité, mais la mort
est plus superbe encore.
La mort est la récompense hautaine de la vie.

(John Keats)

Illustration: Rockwell Kent

 

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Naissance (Empédocle)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Naissance, il n’en est pour aucun — tous sont mortels —
non plus que par la mort funeste il n’y a de fin ;
mais seulement mélange, variation des mélanges, cela est.
Naissance est le nom chez les hommes de ce rythme alterné.

(Empédocle)

 

 

 

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