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Poésie

Posts Tagged ‘homme’

Ca c’est ouvert (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017


la_joie

C’est quand on était
Au milieu des hommes
A faire autre chose.
C’est quand on était
Avec ces hommes
Jusqu’au bout de souffle
A pousser plus loin
A boire avec eux
Et à rire aussi
Que ça c’est ouvert
Et qu’on est entré

(Guillevic)

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Chanson du paillasson (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
Chanson du paillasson

Je suis couché devant ta porte
comme une bête grise et morte
ton paillasson.

Tous ceux qui chez toi sont entrés
sur moi ont essuyé leurs pieds
sans dir’ pardon.

Je hais les hommes malpolis
qui vont tout droit jusqu’à ton lit
et puis s’en vont

sans même feindre de me voir
je suis seul à m’apercevoir
de ce qu’ils sont.

(François Caradec)

 

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LE LARGE (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



LE LARGE

Ce n’est pas son nom qui le grise
Mais qu’il soit murmuré tout bas
Le secret d’un coeur qui se brise
Dans des voix qu’il ne connaît pas

Quand toute plainte lui révèle
De quoi sa peine avait pleuré
L’homme entend son coeur qui l’appelle
Dans les voix qui l’ont ignoré

Ainsi chaque étoile voit-elle
La nuit des sommets s’accomplir
En formant dans la nuit des ailes
Le bruit que quelqu’un va venir

Lui son mal est la pitié même
Ce qu’il est s’efface à son tour
Et pour lui rendre ce qu’il aime
Retourne à la pitié du jour

(Joë Bousquet)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Char conduit (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Char conduit

Épures.
Épure d’un char conduit.
Épure d’un char lancé.
Épure du fouet.
Tracé sur la course au-delà de parois.

Une caverne où se voit à travers le corps
et les astres hagards d’une nébuleuse.

Trajectoire du poète en lambeaux.

Quête de ce qui est après avoir été au seuil d’éclairs
encore lointains
– très lointains
– qui déchirent la robe de l’instant et du désir aux yeux éteints.

Voir à travers
– voir loin
– voir à travers des lueurs encore interdites
– encore interdites même à la femme déjà vieille qui sourit.

Poésie et danse fondent l’homme imaginal
– poésie jaillie du corps total, énergie et pensée
– danse relais de la pensée dans l’harmonie des corps.

Joie et rire : reconquérir joie et rire
– ô poète qui veut voir à travers son corps
avec des yeux éteints.

(Pierre Della Faille)

 

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Poète (Jean Dauby)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



    

Illustration: Gao Xingjian

Poète,

Il faut garder les chants d’amour au fond des gorges,
ne pas laisser les mains écrire leurs caresses
et les yeux refléter les splendeurs visitées.
Le plaisir doit dormir dans les chambres secrètes
et les amants se taire.

Il faut clamer les chants de peur sur les sommets,
les thrènes de pitié tout au long des chemins,
les cris de liberté aux échos des forêts,
les dures vérités à la face des mers
et toujours avoir faim.

Ton coeur et tes amours n’intéressent personne.
Les fleurs et les oiseaux sont morts sous ton stylet.
Ecoute, écoute les balbutiements des hommes,
et que ta chair et que ton sang se fassent verbe
pour habiter en tous.

(Jean Dauby)

 

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Babel (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Maarten van Heemskerck
    
Babel

Sur le chemin de la ville,
que mes électriciens avaient envahie
pour lui donner les yeux de la prochaine nuit,
je vis un homme assis qui jouait avec un bœuf d’ébène,
plus petit que mon rêve et plus grand qu’un château.

Je lui dis : «Père, as-tu froid?», car il était nu.
Il me regarda sans réponse.
Je criai : «Père, es-tu sourd? ».
Mais il ne dit rien non plus.

Quand je fus à l’auberge
où je voulais passer la nuit,
l’hôte me conduisit à l’écurie.

Dans cet étrange pays,
les gens prétendent que je suis un cheval.
C’est vrai, sans doute,
et l’homme ne peut m’avoir compris si je hennis.

Dans mon pays, pourtant,
je suis ingénieur nucléaire.

(Pierre Della Faille)

 

Recueil: L’homme inhabitable
Editions: La Fenêtre Ardente

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Le combat (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    

Le combat dans lequel les poètes sont engagés
est difficile.

Ils n’ont accès qu’à leur solitude,
mais ils sont responsables de l’avenir.

Ils doivent définir l’homme futur.
Nous avons fort à faire.

(Pierre Della Faille)

 

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L’espoir (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’espoir

Je ne dis pas : Il est trop tard,
Nous avons laissé se mourir la terre,
Elle ne portera plus
Les fruits de la lumière
Et ses graines de vie.
Je dis : Le ciel demeure
Ouvert au soleil, aux étoiles,
Tous les arbres n’ont pas péri,
Les feux brûlent aussi de joie.

Je ne dis pas : Il fait si noir
Que les hommes ne peuvent plus voir
Le visage de ceux qu’ils aiment,
Ils ont oublié le silence
Mais ne savent plus se parler.
Je dis : Chaque aube tient promesse,
Elle te rend ce que la nuit
Avait effacé pour toujours,
Les fleurs, l’espoir, le goût du vent
Sur les plages bleues du matin.

Je ne dis pas : Les sources sont taries.
Je dis que rien jamais n’est perdu,
C’est à toi de creuser plus profond
Pour que l’eau pure à nouveau jaillisse.

(Pierre Gabriel)

 

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LAISSE ICI TON BAGAGE D ESPOIR… (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration
    
LAISSE ICI TON BAGAGE D’ESPOIR…

Laisse ici ton bagage d’espoirs,
De peurs secrètes, de ténèbres,
Tes oripeaux d’enfance, tes ferveurs,
Et tous les morts qui t’accompagnent
De leurs paisibles voix aimées.
Tu dois poursuivre seul,
Lourd de tes mots, de tes silences,
Sans autre recours que ton dénuement,
Pour mesurer ta vie
A l’abandon des êtres et des rêves,
Pour que ton âme s’illumine
De ce qu’elle a quitté.

Ce qui est écrit sur la pierre
Ne t’apprend rien que tu ne saches.
Méfie-toi de ces mots qui voudraient
Te parler de toi. Ils sont leurres.
Ce qu’ils cherchent à dire
Demeure en deçà des paroles.
Fouille en toi plus profond,
Jusqu’à cette lueur qui tremble
En ce miroir embué de ténèbres
Où ton visage dort encore.
Ne désespère pas, tout est si proche,
Ta lumière ici fait silence.

Toutes les routes sont promises
A qui les rêve sans les voir.
L’une s’ouvre à tous les voyages,
L’autre avec toi s’enfonce au coeur du temps,
La troisième fait don d’une enfance
A celui qui n’en avait plus,
Une autre encore à l’errance t’incite
Vers une terre en friche où naisse enfin
L’espoir sous la parole et toute paix
Dans le regard des hommes.
Tu t’inventes, les yeux fermés,
Le seul chemin qui ne mène qu’à toi.

Ce que le monde te raconte,
Préserve-le comme un secret
Scellé sous l’écorce de la chair.
Au fond de tes yeux veille encore
L’innocence du premier regard.
Chaque syllabe en toi fait don
De sa lumière au jour qui la suscite
Et, d’un souffle, renait pour mourir
D’une autre vie, d’elle-même jaillie.
L’été, la nuit, tout t’habite à jamais,
La neige, le galet, l’oiseau perdu
Et cette flaque où le ciel nu respire.

(Pierre Gabriel)

 

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Qui (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



    

Qui dans les braises, dans les flammes et dans le sang
Me fera reconnaître cette étincelle pure et éternelle
Celui que je cherche : l’Homme.

(Hannah Senesh)

Illustration: Otto Dix

 

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