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Poésie

Posts Tagged ‘homme’

J’ai retrouvé la véritable poésie (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration
    
j’ai retrouvé la véritable poésie
perdue par les hommes
retour à l’effacement
autre monde à souffrir
proche du souffle
retour à la terre à terre

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: A trois que le qui-vive
Traduction:
Editions: La lettre volée
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Laissez fuir les loups (René Daumal)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Laissez fuir les loups,
dans la trajectoire d’un unique hurlement,
sur la steppe de folie.

Les loups passent sur la steppe,
sans plus d’importance.

Que peuvent faire aux hommes
ces hurlements de nuits blanches
et ces galops indistincts
au-dessus de leurs têtes ?

(René Daumal)

 

Recueil: Se dégager du scorpion imposé
Traduction:
Editions: Editions Eoliennes

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Idée pour n’importe quoi (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Idée pour n’importe quoi

1
Il était un grand homme
Brise-fer était son nom
Tous les chemins mènent à Rome
Brise-fer était son nom.
Brise-fer tu nous brises les pieds
Brise-fer Brise-pieds
Tu finiras par te briser.

2
Il était deux grands hommes
Brise-fer était leur nom
Tous les chemins mènent à Rome
Brise-fer était leur nom.
Brise-fer vous nous brisez les pieds
Brise-fer Brise-pieds
Vous finirez par vous briser.

3
Il était mill’ grands hommes
Dont l’histoir’ garde les noms
Au cimetièr’ vont tous les hommes
Et certains au cabanon.
Brise-fer vous nous brisez les pieds
Brise-fer Brise-pieds
Vous-mêmes vous vous briserez.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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La Souris du gigot (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
La Souris du gigot

Elle, elle était blanchisseuse à Bell’ ville
Et lui boucher en haut d’ Menilmontant
Y’a pas d’ sots métiers pour les imbéciles
Comm’ disait Deibler en s’ lavant les dents
Elle l’aimait parc’ qu’il l’aimait
Et qu’il disait qu’à ses pieds il voudrait
Finir son existence
Tiens voilà mon rosbif, mon bifteck et tu sais
Malgré, m’amour, tes exigences :

Refrain
Non, t’auras pas la souris d’ mon gigot
Non, t’auras pas la cervelle à ton homme
Et malgré que je t’aime comme
Le rosbif, le bifteck et le gigot
Non, t’auras pas le gigot de ton homme
Non, t’auras pas la cervelle au gigot
Contente toi d’avoir ma pomme
Non, t’auras pas la souris d’ mon gigote.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Chanson de Charlemagne (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Rafal Olbinski
    
Chanson de Charlemagne
Blues

1
Quand un homme et une femme
Se rencontrent
Ils ont l’impression de commencer un jeu…
Si par hasard ils s’aiment,
C’est un jeu grave…
Si par-dessus l’ marché
Ils sont jeunes
C’est beaucoup plus grave encore
Car avec l’amour viennent des tas d’ennuis
Des tas d’ennuis…

2
Quand un homme et une femme
Se rencontrent
Ce n’est qu’un jeu charmant qui ravit l’âme
Mais s’ils s’aim’nt et le montrent
Gare à la peine!
Si les deux amoureux
Sont très jeunes
De l’amour naîtra le drame
Car s’il rend heureux l’amour sait fair’ pleurer
Sait fair’ pleurer.

Autre version :
1
Il est bien dangereux
De faire plaisir aux femmes.
On s’esquinte le tempérament
On fait des folies, des folies
Et l’on tape à côté…
De cette façon, on obtient
Un résultat diamétralement opposé
À celui que l’on espérait.

2
Ah! quel sale métier
Que faire plaisir aux femmes.
On en a mal au coeur’ mal aux pieds.
On a la cervelle estropiée
Et l’on s’est bien trompé.
On veut bien faire, on a gaffé
Car on est maladroit toujours dans ce métier.
On s’est trompé et bien trompé!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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À cinq heures (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



sang pavé [1280x768] 

À cinq heures du matin dans une rue neuve et vide j’entends le bruit
d’une voiture qui s’éloigne.
Un avertisseur d’incendie a sa glace brisée et les débris de verre
resplendissent dans le ruisseau.
Sur le pavé il y a une flaque de sang et un peu de fumée se dissout dans l’air.
Ohé! Ohé! racontez-moi ce qui s’est passé.
Éveillez-vous! Je veux savoir ce qui s’est passé.
Racontez-moi les aventures des hommes.

(Robert Desnos)

Illustration

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Chant de la jeunesse (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018



 

Illustration: Marc Riboud
    
Chant de la jeunesse

1
Au clair matin des jours de fête
Amis partons sur le chemin
En mer j’entends crier les mouettes
Chantons l’espoir des lendemains.

Refrain
Jeunesse ah qu’il fait bon vivre
Marchant droit vers le but
Car notre espoir nous délivre
Notre joie est notre salut.

2
Chantons l’espoir et la jeunesse
Si le chemin pour nos aînés
Connut la peine et la tristesse
Joyeux il faut le continuer.

3
Joyeux il faut lui faire atteindre
Un beau pays si fraternel
Que tous y puiss’nt vivre sans craindre
La vie et ses travaux réels.

4
Travaux réels ceux-là qui donn’nt
À l’homme joie santé bonheur
Vingt ans! pour nous notre heure sonne
Nous sommes les futurs vainqueurs.

5
Le ciel la mer la terr’ féconde
Aux grands travaux offrent leur sein
Fini(e)s la peur la guerre immonde
Fini le temps des assassins!

6
La main tendu(e) à tous nos frères
Amis marchons sans nulle peur
Nous sommes forts et sans colère
Nous sommes les jeunes vainqueurs.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Jeunesses qui se délivrent (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Jeunesses qui se délivrent

1
Nous sommes prêts à prendre place
Au dur travail comme au soleil
À continuer toutes les tâches
Qui embellissent le réel.

Refrain
Jeunesses qui se délivrent,
Créons pour l’avenir
Un monde où tous puissent vivre
Dans la joie de s’épanouir!
Un monde où tous puissent vivre
Dans la joie de s’épanouir!

2
Aînés qui nous frayez la route,
Aînés généreux, bâtisseurs,
Ce qui pour vous fut lutte et doute
Pour nous devient exemple clair.

3
Les meilleurs hommes de pensée
Déjà nous montrent le chemin.
Esclaves des fauteurs de guerre
Venez, sans vous ils ne sont rien!

4
Pourquoi tuer, pourquoi détruire,
À l’heure où le génie humain
Peut tout engendrer, tout produire,
Rien qu’en entrouvrant ses deux mains.

5
Jeunesse de partout, jeunesse!
Échappe à tes bourreaux menteurs,
Répands l’éternelle jeunesse
Des généreux et des sauveurs!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Grand-Père Michu (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2018



Illustration: Dianne Dengel
    
Grand-Père Michu

1
Dans ma maison je fais un somme
Je dors content comme un brave homme.

Refrain
Dans ta maison, que fais-tu ?
Grand-Père Michu, Grand-Père Michu
Que fais-tu, que fais-tu?
Dans ta maison, auprès du pont ?
Grand-Père Michu, Grand-Père Michu.

2
Dans ma maison quand midi sonne
On y mange un bifteck aux pommes.

3
Dans ma maison quand le soir tombe
On y rôtit une colombe.

4
Dans ma maison qu’il fait bon vivre
Entre mon feu et mes beaux livres.

5
Dans ma maison on y travaille
Le coeur joyeux loin des batailles.

6
Dans ma maison les chansons naissent
Pour que l’enfant dorme et s’apaise.

7
Dans ma maison le chat ronronne
Le chien aboie et l’heure sonne.

8
Dans ma maison moi et ma femme
L’amour nous chauffe avec sa flamme.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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LES HOMMES SUR LA TERRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018




    
LES HOMMES SUR LA TERRE

Nous étions quatre autour d’une table
Buvant du vin rouge et chantant
Quand nous en avions envie.

Une giroflée flétrie dans un jardin à l’abandon
Le souvenir d’une robe au détour d’une allée
Une persienne battant la façade.

Le premier dit : « Le monde est vaste et le vin est bon
Vaste est mon coeur et bon mon sang
Pourquoi mes mains et mon coeur sont-ils vides ? »

Un soir d’été le chant des rameurs sur une rivière
Le reflet des grands peupliers
Et la sirène d’un remorqueur demandant l’écluse.

Le second dit : « J’ai rencontré une fontaine
L’eau était fraîche et parfumée
Je ne sais plus où elle est et tous quatre nous mourrons. »

Que les ruisseaux sont beaux dans les villes
par un matin d’avril
Quand ils charrient des arcs-en-ciel.

Le troisième dit : « Nous sommes nés depuis peu
Et déjà nous avons pas mal de souvenirs
Mais je veux les oublier. »

Un escalier plein d’ombre
Une porte mal fermée
Une femme surprise nue.

Le quatrième dit : « Quels souvenirs?
Cet instant est un bivouac
O mes amis nous allons nous séparer. »

La nuit tombe sur un carrefour
La première lumière dans la campagne
L’odeur des herbes qui brûlent.

Nous nous quittâmes tous les quatre
Lequel étais-je et qu’ai-je dit?
C’était un jour du temps passé.

La croupe luisante d’un cheval
Le cri d’un oiseau dans la nuit
Le clapotis des fleuves sous les ponts.

L’un des quatre est mort
Deux autres ne valent guère mieux
Mais je suis bien vivant et je crois que c’est pour longtemps.

Les collines couvertes de thym
La vieille cour moussue
L’ancienne rue qui conduisait aux forêts.

O vie, ô hommes, amitiés renaissantes
Et tout le sang du monde circulant dans des veines
Dans des veines différentes mais des veines d’hommes, d’hommes sur la terre.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Fortunes
Traduction:
Editions: Gallimard

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