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Poésie

Posts Tagged ‘homme’

Festival (José Acquelin)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021




    
Festival

plus je vis
moins je sais ce que je suis
donc plus je suis identique
à ce qui n’a pas d’identité

des corneilles craillent à la lune
le soleil use le cuivre du clocher
les arbres colorient doucement leurs pages
des hommes voyagent de peau en peau

puis un jour sans le savoir
ils traversent le bleu du ciel
pour aller relier la lumière
des étoiles entre elles

(José Acquelin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le zéro est l’origine de l’au-delà
Traduction:
Editions : Les Herbes rouges

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VISAGE (Jean-Louis Depierris)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021



VISAGE

Visage se courbant
Si je suis ta vêture
Que t’aspire mon souffle
Au point même où le temps
Visage se courbant
Assemble et fait saillir
Le roc à l’homme.

(Jean-Louis Depierris)

 

 

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L’OEUVRE (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




L’OEUVRE

Avec mes pierres carrées
je t’enfermerai dans une oeuvre
car tu es coureur de chagrins
et la règle est d’apprendre à rire
Homme
avant de mourir.

(Henry Bauchau)

Illustration: Antony Lelgouarch

 

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La règle (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021




La règle est d’apprendre à rire
Homme

Avant de mourir

(Henry Bauchau)


Illustration: Le rire c’est du sérieux!

 

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LE CALME DU PARC (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2021



Illustration: Rémi Coudrain  
    

LE CALME DU PARC

Dans le parc automnal se dresse
une femme nommée Amour
— bronze obscur et frémissant
dont la peau brune parle de la
chair — qui est esprit.

L’artiste-créateur
l’aimait
en secret
et n’aimait qu’elle, rien qu’elle!

Les arbres se balancent,
le vent parle d’art —
et les gens parlent
comme le vent, comme le vent.

Chaque jour, un homme qui ignore tout de l’art
s’assied sur le banc.
Les yeux rivés au sol, il écoute dans le bronze
chanter des veines gorgées de sang.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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Avec mes pierres carrées (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2021



Avec mes pierres carrées
je t’enfermerai dans une œuvre
car tu es coureur de chagrins
et la règle est d’apprendre à rire
Homme
avant de mourir.

(Henry Bauchau)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Pleurer sa mère (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



Pleurer sa mère,
c’est pleurer son enfance.

L’homme veut son enfance, veut la ravoir,
et s’il aime davantage sa mère
à mesure qu’il avance en âge,
c’est parce que sa mère,
c’est son enfance.

J’ai été un enfant,
je ne le suis plus
et je n’en reviens pas.

(Albert Cohen)

 

 

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L’HOMME ET LES APPARENCES (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



Illustration: Ulrich Ensingen
    

L’HOMME ET LES APPARENCES

Ta main est une épée.
Avant qu’elle frappe la pierre, je l’ignorais.
Désormais une eau d’un bleu céleste
jaillit de mon cœur. Combien de jours et de nuits,
combien d’années, je l’ignorais. Je devais être
criblé de fissures. Tant de ciel en moi déversé.

(Nikiforos Vrettakos)

 

Recueil: Mon soleil
Traduction: Traduit du grec par Ioannis Dimitriadis
Editions: ainigma.net

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Tu n’es que le suiveur de toi (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2021



 

Ferdinand Hodler   a-troubled-soul.jpg!HD [1280x768]

Tu n’es que le suiveur de toi,
homme au manteau de fatigue, à la voix
qui s’en va sans toi, t’oublie, te quitte,
se baigne nue, te fait la nique…

(Hubert Juin)

Illustration: Ferdinand Hodler

 

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N’ÉTRANGLEZ PAS LES SINGES (Gérard Mordillat)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2021



Illustration
    
N’ÉTRANGLEZ PAS LES SINGES

N’étranglez pas les singes
Ils me regardent
Leurs bras sont maigres comme les miens
Leur souffrance jumelle
Je suis gibbon de mot en mot
Chimpanzé, orang-outang, gorille
Macaque, babouin electrodisé
Bonobo
Pauvre poilu au cul pelé
Je suis l’encagé vif
Le mangeur de bananes
Le branleur grimaçant
Qui singe sa mort
Qui singe sa vie
Qui ne vaut pas une cacahuète
Pas un pet de ouistiti…
Homme noir
Homme blanc
N’étranglez pas les singes aux yeux verts
Ça m’arrache les poils du coeur
Ça m’arrache le sang du ventre

(Gérard Mordillat)

 

Recueil: Le linceul du vieux monde
Traduction:
Editions: Le temps qu’il fait

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