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Poésie

Posts Tagged ‘homme’

Nous devrions (Kafka)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Nous devrions nous autres hommes
nous tenir les uns devant les autres
avec autant de respect,
autant de gravité et d’amour
que devant les portes de l’enfer.

(Kafka)

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L’homme et l’enfant (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017


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Ce n’est qu’un homme et un petit enfant
Dans une allée d’automne,
Un homme et un enfant s’en allant, souriant,
Sous une pluie de feuilles jaunes.

Ils ne se disent rien. L’enfant regarde
L’homme qui lui sourit.
Et ils s’en vont, main dans la main, sous les grands arbres
Vers un toit qui reluit.

Sur les arbres montrant obstinément leurs nids,
Le ciel se dore comme un fruit.
Ce n’est qu’un homme et un petit enfant,

Et l’on dirait que, tout joyeux, l’automne
Marche devant eux en semant
Du soleil et des feuilles jaunes.

(Maurice Carême)

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Le miroir brisé (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Le miroir brisé

Le petit homme qui chantait sans cesse
le petit homme qui dansait dans ma tête
le petit homme de la jeunesse
a cassé son lacet de soulier
et toutes les baraques de la fête
tout d’un coup se sont écroulées
et dans le silence de cette fête
dans le désert de cette tête
j’ai entendu ta voix heureuse
ta voix déchirée et fragile
enfantine et désolée
venant de loin et qui m’appelait
et j’ai mis ma main sur mon coeur
où remuaient
ensanglantés
les sept éclats de glace de ton rire étoilé.

(Jacques Prévert)


Illustration

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En même temps (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



Un homme et une femme
jamais ils ne se sont vus
Ils vivent très loin l’un de l’autre
et dans des villes différentes
Un jour
ils lisent la même page d’un même livre
en même temps
à la seconde seconde
de la première minute
de leur dernière heure
exactement.

(Jacques Prévert)

 

 

 

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La Vie (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017




La Vie

Comme il passait sur le sentier,
Il vit la vie dans un pommier,

La vie qui récoltait les pommes
Tout comme l’aurait fait un homme.

Elle riait, riait si haut
Qu’autour d’elle, tous les oiseaux

Chantaient, chantaient si éperdus
Que nul ne s’y entendait plus.

La mort, assise au pied de l’arbre,
Aussi blanche et froide qu’un marbre,

Tenait à deux mains le panier
Où les pommes venaient tomber.

Et les pommes étaient si belles,
Si pleines de jus, si réelles

Que la mort, lâchant le panier,
S’en fut sur la pointe des pieds.

(Maurice Carême)

Illustration: Gustav klimt

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Je suis une voix sans nom (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



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Je suis une voix sans nom
Qui a faim peur et froid
Et qui voudrait crier
Je suis la voix
Qui est au fond de tous les hommes

(Marcel Béalu)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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L’HOMME ET SON IMAGE (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



 

L’HOMME ET SON IMAGE

Un homme qui s’aimait sans avoir de rivaux
Passait dans son esprit pour le plus beau du monde.
Il accusait toujours les miroirs d’être faux,
Vivant plus que content dans son erreur profonde.
Afin de le guérir, le sort officieux
Présentait partout à ses yeux
Les Conseillers muets dont se servent nos Dames :
Miroirs dans les logis, miroirs chez les Marchands,
Miroirs aux poches des galands,
Miroirs aux ceintures des femmes.
Que fait notre Narcisse ? Il va se confiner
Aux lieux les plus cachés qu’il peut s’imaginer
N’osant plus des miroirs éprouver l’aventure.
Mais un canal, formé par une source pure,
Se trouve en ces lieux écartés ;
Il s’y voit ; il se fâche ; et ses yeux irrités
Pensent apercevoir une chimère vaine.
Il fait tout ce qu’il peut pour éviter cette eau ;
Mais quoi, le canal est si beau
Qu’il ne le quitte qu’avec peine.

On voit bien où je veux venir.
Je parle à tous ; et cette erreur extrême
Est un mal que chacun se plaît d’entretenir.
Notre âme, c’est cet Homme amoureux de lui-même ;
Tant de Miroirs, ce sont les sottises d’autrui,
Miroirs, de nos défauts les Peintres légitimes ;
Et quant au Canal, c’est celui
Que chacun sait, le Livre des Maximes.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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GROMMELLEMENT (Sándor Csoóri)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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GROMMELLEMENT

Les pluies. Les poèmes. Les chutes de neige.
L’oiseau qui se nettoie dans la neige émoussée.
Ta main. Ma main Les signes de ton corps.
La clé de la mort. Verrou qu’on ne peut pousser.

Le silence. La colère. La solitude au monde.
L’éternelle occasion de l’homme contre soi.
Les armes excitées. Les épines immondes.
La cendre des épines en toi et en moi.

(Sándor Csoóri)

 

 

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J’AIMERAIS ÊTRE AIMÉ (Endre Ady)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



J’AIMERAIS ÊTRE AIMÉ

Ne suis ni relation, ni parent,
Ni aïeul comblé, ni descendant,
Je ne suis pour personne,
Je ne suis pour personne.

Comme tout homme suis : majesté,
Mystère, Cap-Nord, étrangeté,
Lueur de feu follet,
Lueur de feu follet.

Mais, oh ! ne puis ainsi demeurer,
Je voudrais, je voudrais me montrer,
Que, visible, on me voie,
Que, visible, on me voie.

Pour ça le chant, le mal pour soi-même,
J’aimerais, j’aimerais que l’on m’aime,
Et puis être à quelqu’un,
Que je sois à quelqu’un.

(Endre Ady)

 

 

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Lourde étoffe écumeuse (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2017



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Lourde étoffe écumeuse érodant le rocher
La mer est le champ clos d’un sommeil extatique
Étendu et repris sur un feu desséché
La paille et le grain vert des sommeils magnétiques.

Grasse flaque de chair aux cambrures rythmiques
Les coups de rein du ciel arc-boutent l’élément
Élastique, foré de chauds silos d’enfants
Dérobant d’azur noir le long spasme atlantique.

Vénus, mère du sang qui déferle dans l’homme
Déchira l’eau salée, le corps ciré d’embruns ;
Des poissons l’escortaient, des animaux, des pommes ;
Une crevette rose ourlait son ventre brun.

(Luc Bérimont)

Illustration: Kazuya Akimoto

 

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