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CROISSANT DE LUNE (Kim So-Wôl)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Chun Woo
    

CROISSANT DE LUNE

Depuis quand es-tu suspendu là, croissant de lune,
flottant pâle dans la nuit ?
Le vent se lève, la nuit qui tombe apporte fraîcheur
et dans les feux du couchant scintille la berge blanche.

Sur la sombre plaine aride
monte la brume glacée.
Hélas, l’hiver est froid
et la tristesse m’accable.

Dans le cœur de celle que j’aime et qui s’en va
l’amour aussi disparaît et jeunesse devient sénilité.
Aux branches sombres du roncier sauvage
s’éclairent à la tombée du soir les feuilles de fleurs fanées.

***

A HALF MOON

Since when are you hanging there, half moon,
drifting palely in the sky?
The wind rises, the nightfall brings a chill,
and the edge of the white-water glitters in the glow of the evening.

Above the dark, grassless plain,
the cold fog rises.
The winter is far advanced,
and sorrow weighs me down.

Also in the heart of the beloved who leaves,
love and youth turned to age disappears.
At the dark branches of the wild bramble,
withered petals glimmer in the faint evening light.

***

HALVE MAAN

Sinds wanneer hang je daar, halve maan,
bleek drijvend door de nacht?
De wind steekt op, de nachtval brengt kilte
en in het avondrood glinstert de witte waterrand

Boven de donkere, grasloze vlakte
stijgt de kille nevel op.
Ach, de winter is koud
en droefheid drukt mij neer.

Ook in het hart van de beminde die weggaat
verdwijnt de liefde en jeugd verandert in ouderdom.
Op de donkere takken van de wilde doornstruik lichten
bij avondval de bladeren van verwelkte bloemen op.

***

EIN HALBER MOND

Seit wann hängst du dort, Halbmond,
blass treibend durch die Nacht?
Der Wind nimmt zu, die Nacht ist frostig
und im Abendrot glitzert der weiße Wasserrand.

Über der dunklen, graslosen Ebene
steigt der kalte Nebel auf.
Ach, der Winter ist kalt
und die Traurigkeit drückt mich nieder.

Auch im Herzen der Geliebten, die geht,
verschwindet die Liebe, und die Jugend wird zum Alter.
Auf den dunklen Zweigen des wilden Dornbusches leuchten
in der Abenddämmerung die Blätter der verwelkten Blüten.

***

ΜΙΣΟΦΕΓΓΑΡΟ

Πόσο καιρό κρέμεσαι εκεί στον ουρανό
μισοφέγγαρο νωχελικά αργοπερνώντας;
Σηκώνεται ο αγέρας κι η ψύχρα της νύχτας σε παγώνει
άκρες νερού που λάμπουν μεσα στην εσπέρα

πάνω απ’ τον ολόξερο κάμπο
η ομίχλη αιωρείται
μες την καρδιά του χειμώνα
η λύπη με παιδεύει

και στην καρδιά που φεύγει της αγαπημένης
νειότης αγάπη που περνά και χάνεται
στα σκοτεινά κλαδιά αγριολυγιάς
και λάμπουν φύλλα πέταλα μέσα στο φως εσπέρας

***

***

LUNĂ PE JUMĂTATE

De când tot stai pe cer, lună pe jumătate,
palidă arătare, plutind peste genuni?
Se întețește vântul, noaptea în ger se-mbracă
și-n tivuri albe apa clipește în amurg.

Peste întunecata câmpie pustiită
se-nalță ceața rece.
Of, iarnă înghețată,
tristețea ta m-apasă.

În inima iubitei ce pleacă e la fel,
pălesc iubiri, junețea prinde-a se ofili
din crengile ciulinului sălbatic
cad la apus petale ruginii.

***

MEZZALUNA

Da quanto sei sospesa lassù, mezzaluna,
attraversando pallida il cielo?
Si alza il vento, la notta che arriva porta freddo,
e la linea dell’acqua chiara brilla nel chiaro della sera.

Sopra l’oscurità, una pianura senza verde,
si alza una nebbia gelida.
L’inverno è ormai inoltrato,
e il dolore grava sopra di me.

Anche nel cuore di chi parte e che tu ami
scompaiono l’amore e l’età che invecchia.
Sui rami scuri di un rovo selvatico,
i petali appassiti luccicano nella luce della sera che svanisce.

***

UNA MEDIA LUNA

¿Desde cuándo estás colgada ahí, media luna,
pálida flotando a la deriva en el cielo?
El viento se levanta, con el atardecer llega el frío
y el resplandor de la noche brilla en el borde del agua.

Sobre la oscura llanura sin hierba
se eleva la fría neblina.
Ay, el invierno avanza
y me pesa la tristeza.

También en el corazón del amante que se va
desaparece el amor y la juventud troca en vejez.
Sobre las ramas oscuras del arbusto silvestre
brillan las hojas de las flores marchitas al anochecer.

***

PÓŁKSIĘŻYC

Odkąd jesteś tam zawieszony, półksiężycu,
dryfujący blado po niebie?
Wzmaga się wiatr, zmrok niesie chłód,
a skraj białej wody błyszczy w poświacie wieczoru.

Ponad ciemną doliną bez traw
unosi się zimna mgła.
Zima w pełni,
a smutek przytłacza mnie.

Także w sercu ukochanej osoby, która odchodzi,
miłość i młodość znikają wraz ze starością.
Na ciemnych gałązkach dzikich jeżyn
zwiędłe płatki jaśnieją słabym świetłem wieczoru.

***

半 月
你从何时挂在那儿,半月,
在天空中苍白地飘荡?
风起,黄昏带来寒意
白水边在夜光中闪闪发光。
在黑暗无草的平原上,
冷雾升起。
冬天已经很深,
悲伤快要压垮了我。
还在离去爱人的心中,
爱情和青春变老而消失。
在野荆棘黑暗的枝头
枯花瓣闪亮在微弱夜光中。

***

***

***

(Kim So-Wôl)

 

Recueil: ITHACA 621
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Hébreu Dorit Wiseman / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Espagnol Rafael Carcelén / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Chinois William Zhou / Indi Jyotirmaya Thakur /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Sur la branche morte (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2020



Illustration  
    
Sur la branche morte
un corbeau se tient perché
l’automne à la brume

(Bashô)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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Abattez mes branches (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2020




    
Abattez mes branches
sciez-moi en morceaux
les oiseaux continueront à chanter
dans mes racines

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’arbre (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



L’arbre

La feuille s’agite
au bout de la branche
dans l’ivresse de vivre
que procure la sève
qui circule dans ses veines

L’arbre palpite
de la racine à la cime
quand tu enlaces son tronc
de tes beaux bras blancs
dans cette forêt
frissonnant de plaisir.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Le vent du soir (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



 

Charles Guilloux  _Paysage-2

Le vent du soir

Le vent du soir berce ma peine.
De molles branches, doucement
Balancées, frémissent à peine
Sous un souffle lent et clément.

Le ciel mouvant tourne et s’abaisse
Et, brusquement, voici la nuit.
J’entends glisser , entre les haies,
La fraîcheur vive de la pluie.

Et par dessus le mur, je vois –
Horizon calme – de confuses
Prairies mouillées, mêlées, fondues
Dans les brouillards blêmes et froids.

(Francis Carco)

Illustration: Charles Guilloux

 

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Des roses sur le toit (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2020



des roses sur le toit

je reviendrai ici
après cieux et silence
tout entourer d’un bleu de mémoire

y aura-t-il encore de quoi
éveiller un feu

une voix de pluie naît aux branches
mais il n’y a personne
pour effacer les étoiles
avec des paupières

(Jean-François Mathé)


Illustration

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Quelle joie (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



Quelle chance pour le soleil
D’avoir les hommes à réchauffer.
Quelle joie pour moi
D’avoir découvert une fleur aujourd’hui.
Vivre, comme l’oiseau sur la branche,
La branche sur l’arbre,
Et l’arbre dans la terre jusqu’au ciel.

(Yvon Le Men)


Illustration

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Plein air (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2020



 

Annabelle Verhoye 8

Plein air

Ta chevelure, éparpillée,
Enonde et coule en l’herbe verte
Comme un ruisseau clair sablé d’or;
Et, sur ta gorge mi-couverte,
Un vague rayon danse ou dort;
Distraitement, lèvre entr’ouverte,
Tu ris au ciel par la feuillée…

Ô douce chose printanière,
Ô jeune femme, ô fleur superbe,
Épanouis ta nudité
Royale emmi tes soeurs de l’herbe;
L’inconsciente vanité
Rutile sur ta lèvre acerbe
Et rayonne dans ta crinière.

Reste ainsi : l’ombre violette
Se joue aux roses plis des hanches;
Ouvre tes grands yeux puérils
Où rit l’orgueil de tes chairs blanches…
Oh, fut-il en d’autres avrils
Pareille fête sous les branches?
Et qu’elle est vaine la palette!

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Annabelle Verhoye

 

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Toi qui étais instituteur explique-nous (Anthony Lhéritier)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Toi qui étais instituteur
Explique-nous, tu dois savoir

Que voulez-vous que je vous dise ?
Les morts sont morts, je ne sais pas
Je ne vois pas

Je ne vois plus les différences
Je ne vois plus bien les distances
Entre l’arbre et le ciel
Entre le ciel et le soleil

Que voulez-vous que je vous dise ?
Je ne sais où finit la branche
Où commence l’oiseau
Ni où son chant commence

Un seul corps et un seul esprit
Les morts sont morts et nous aussi.

Jezuz pegen braz ve
Plijadur an ene.

(Anthony Lhéritier)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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DIALOGUE AVEC DAJAL AL-DIN RÙMI (Serge Pey)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2020



 

DIALOGUE AVEC DAJAL AL-DIN RÙMI

Le vent montre la poussière
ou la branche qui remue

On ne voit pas le vent
mais la poussière ou la branche

On ne voit pas l’ivresse
mais que sa manifestation

On ne voit pas l’image
mais le miroir qui ne reflète pas l’image

Détruire le miroir
est la condition de l’image
comme la destruction de la poussière
ou de la branche qui remue
sont la condition de voir le vent

Uniquement le miroir
peut voir le miroir

Le vent ne peut se voir lui-même
mais que ses manifestations

(Serge Pey)

Illustration

 

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