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Sommeil, paisible fils de la Nuit solitaire (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



Caroline Duvivier l'homme de la lune
    
Sommeil, paisible fils de la Nuit solitaire,
Père alme, nourricier de tous les animaux,
Enchanteur gracieux, doux oubli de nos maux,
Et des esprits blessés l’appareil salutaire :

Dieu favorable à tous, pourquoi m’es-tu contraire ?
Pourquoi suis-je tout seul rechargé de travaux,
Or que l’humide nuit guide ses noirs chevaux,
Et que chacun jouit de ta grâce ordinaire ?

Ton silence où est-il ? ton repos et ta paix,
Et ces songes volant comme un nuage épais,
Qui des ondes d’Oubli vont lavant nos pensées ?

Ô frère de la Mort, que tu m’es ennemi !
Je t’invoque au secours, mais tu es endormi,
Et j’ards, toujours veillant, en tes horreurs glacées.

(Philippe Desportes)

Illustration: Caroline Duvivier

 

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MAJORQUE (Renée Brock)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019




    
MAJORQUE

L’odeur de la résine et sa jupe empesée
La barque « Filea » : ma vie heureuse ancrée.

Mes deux fils de quinze ans, deux poissons sans écailles,
Tirent des traits de cuivre au flanc vert de la vague.

La chaleur est une énorme reine assise
Sur treize chaises de bougainvillée rose.

Grenade, Algésiras et les balcons de fer,
Les murs blancs, la rosée marine, les oranges,

Les pâtisseries que l’on nomme
« Ensaimadas » avec leur sucre en cheveux d’ange.

L’île est une main d’or qui serre mon bonheur
Dans le creux corail de sa paume.

Nul ne sait où nous sommes.

D’être heureuses, mes mains s’ouvraient comme des fleurs.

(Renée Brock)

 

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Dieu tu m’as donné la voix (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


 

Siegfried Zademack -   (15)

Dieu tu m’as donné la voix,
Dieu c’était pour m’en servir,
si j’ai trop parlé parfois
c’était de choses à dire.
qui pourrait y contredire ?
J’ai parlé selon ma foi.
Engageons-nous dans l’humain,
tout le reste est comédie,
dans la dangereuse vie
marchons la main dans la main.
La mère donne le sein
à l’image de Marie
et c’est la source de vie
c’est la source du matin.
J’en reviens toujours à l’âme :
qui peut dire ce qu’elle est
et qui peut dire son drame ?
Nous sommes les fils des femmes
dans un Monde imaginé.
Qui connaît l’autre côté ?

(Georges Libbrecht)

Illustration: Siegfried Zademack

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Berceuse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Illustration: Ferdinand Hodler

 

Berceuse

Bien loin d’ici, au fond des bois immenses,
Au bord des rivières bleues,
Vivait avec ses fils dans une humble chaumière
Un pauvre bûcheron.

Le plus jeune était grand comme un pouce, —
Comment te bercer,
Dors mon bébé, dors mon petit,
Je suis mauvaise mère.

Les nouvelles sont rares
Sur notre seuil,
Ils ont donné une petite croix blanche
À ton papa.

Peine derrière, peine devant,
Sans fin, la peine,
Prions saint Georges
Pour ton père.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Je te vois plus en ton absence qu’en toi (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2019



Je coupe les fils
du regard dont je te regarde
et commence à en tresser
la passion de te regarder
là où tu n’es pas.

C’est pourquoi, par moments,
je te vois plus en ton absence qu’en toi.

(Roberto Juarroz)


Illustration: Carolus Duran

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PLAINTE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




PLAINTE

Ce jour-là une femme dit :
qui veut me porter mon fils
il est lourd et la nuit revient.
O temps des légumes terreux
rouges ou verts
des navets vineux
dans un jardin bordé d’épines
sous un ciel de silence accepté
tant que je n’ai plus
pourtant ce monde reste réel
et j’aime à voir sa beauté.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Ça serait joli (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Sorine, mon fils, huit ans :
« Papa, ça serait joli
s’il n’y avait que des femmes. »

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Un peuple de promeneurs histoires tziganes
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’écho de la lumière (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



L’écho de la lumière

Je suis le fils d’un homme
dont l’avenir est tombé

en ce temps-là
les enfants étaient des enfants
et la neige venait de loin pour Noël

c’était très simple
comme une provision de fautes
déjà pardonnées
c’était très sûr
comme le goût du pain, dit-on
en ce temps-là

et nos songes
dans les draps se courbaient
car la nuit, jamais
n’allait plus loin que jusqu’au bord du jour

***

Le mot
et le silence
que fait son ombre sur la page

les mots
qui tentaient les Rois
vers les Dieux

et la mort d’être la vie
pour toujours

(Yvon Le Men)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

 

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LA PYTHONISSE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




Illustration: John Collier
    
LA PYTHONISSE
pour John Hayward

Je suis cette caverne hantée par les serpents
Dont l’ombilic engendre le destin des hommes.
Toute sagesse jaillit d’un trou dans la terre :
Les dieux se forment dans mon obscurité,
puis se dissolvent.

De ma matrice aveugle sortent tous les royaumes,
Et dans ma tombe les sept dormeurs prophétisent.
Nul enfant pas encore né qui ne s’éveille à mon rêve,
Nul amant qui ne finisse par trouver en moi sa tombe.

Je suis ce lieu brûlant dont on a peur et soif,
Où l’homme et le phénix sont consumés,
Et de mon lit impur et bas se lèvent
De nouveaux fils, de nouveaux astres, de nouveaux ciels.

***

THE PYTHONESS
For John Hayward

I am that serpent-haunted cave
Whose navel breeds the fates of men.
Ail wisdom issues from a hole in the earth:
The gods form in my darkness, and dissolve again.

From mil blind womb ail kingdoms corne,
And from my grave seven sleepers prophesy.
No babe unborn but wakens to my dream,
No lover but at last entombed in me shall lie.

I am that feared and longed-for burning place
Where man and phoenix are consumed away,
And from nay low polluted bed arise
New sons, new suns, new skies.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Jeunesse (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2018



Jeunesse

Tes lèvres happent l’étoile
Ton rire force l’été
La liberté est ce silex
Que tu affûtes
Et je recule ô mon fils
Sur l’horizon léger
Et je m’attarde
Pour que jeunesse te soit gardée.

(Andrée Chedid)

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