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Poésie

Posts Tagged ‘élever’

Le nuage (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019


nuage

O ma petite fumée
s’élevant sur toute vrai feu,
nous sommes
les contemporains
et le nuage
de ceux
qui nous aiment!

(René Char)

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Mon propre nom est une prison (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019



Illustration: SknijKunst
    
Mon propre nom est une prison, où celui que j’enferme pleure.
Sans cesse je m’occupe à en élever tout autour de moi la paroi;
et tandis que, de jour en jour, cette paroi grandit vers le ciel,
dans l’obscurité de son ombre je perds de vue mon ‚être véritable.
Je m’enorgueillis de cette haute paroi;
par crainte du moindre trou, je la replâtre avec de la poudre et du sable;
et pour tout le soin que je prends du nom, je perds de vue mon être véritable.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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La dernière tâche (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2019




    
La dernière tâche:
élever entre les mains vides,
une tour de rien
au bord de l’abîme.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Fragments verticaux
Traduction:
Editions: José Corti

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Ô ma parole (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



 Alexander Nedzvetskaya   8d7da0

Ô ma parole,
Qui troubles à peine un peu,
De tes ailes,
L’air de silence bleu !

Ô parole humaine,
Parole où, pensive, j’entends
Enfin mon âme même,
Et son murmure vivant !

Ô parole née
D’un souffle et d’un rêve,
Et qui t’élèves
De mes lèvres étonnées !

Moi, je t’écoute, un autre te voit,
D’autres te comprennent à peine;
Mais tu embaumes mon haleine,
Tu es une rose dans ma voix.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya

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Il n’est pas de geste plus pur que de jeter quelque chose au vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



Il ne reste plus rien où aller.
Sommes-nous jamais allés quelque part?

Il ne reste qu’à sortir chacun de soi.
Ou à entrer comme si on sortait.

Ou à élever une parole neuve,
à se hisser sur elle
en attendant que le courant l’emporte.

Et si le courant lui aussi
nulle part n’emporte,
à jeter la parole au vide,
comme un emblème
de tout ce qui n’existe pas.

Il n’est pas de geste plus pur
que de jeter quelque chose au vide.

Au surplus, divers degrés d’inexistence
en se rencontrant peuvent éclairer peut-être
un peu d’existence où aller.

(Roberto Juarroz)


Illustration

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Oublier (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019



    
Oublier

À force d’oubli de patience et d’absence
en n’écoutant plus rien de ce qui vient du dehors
en fermant les yeux sans les serrer trop fort
je me suis fait caillou galet herbe des bords
et la cascade amie riait dans mes pensées

L’eau fraîche murmurait dans ma nuit légère
Elle élevait la voix sur mes passages à gué
chantonnait en tournant dans les creux de ma rive
suscitait un juillet brûlant des moucherons une truite
La nuit dans ma main buvait l’oubli-chagrin

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Papillon (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


papillon

Le Papillon qui sous le Ciel
Ne connaît pas son Nom
N’a aucune taxe à payer
Et pas de Maison
Est aussi haut que toi et moi
Et, je crois même, plus haut –
Aussi, sur l’air élève-toi et ne soupire jamais,
Que cela seul soit ta façon de te plaindre –

***
The Butterfly upon the Sky,
That doesn’t know its Name
And hasn’t any tax to pay
And hasn’t any Home
Is just as high as you and I,
And higher, I believe,
So oar away and never sigh
And that’s the way to grieve –

(Emily Dickinson)

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LIT DE RIVIÈRE (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



Illustration: Josephine Wall

    

Entends la palpitation de l’espace
Ce sont les tambours de l’été
Les pas de la saison en rut
Sur les braises de l’année
C’est son bruit d’ailes et de crotales
Sous sa robe de racines et d’insectes
La terre crépite
La soif s’éveille élève
Ses grandes cages de verre
Là tu chantes ta chanson furieuse
Ta chanson heureuse
D’eau captive
Tu chantes nue
De pollen le visage
Les seins et le ventre tachés
Sur le paysage aboli
Ton ombre est un pays d’oiseaux
Que le soleil disperse
D’un geste

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

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Tu es (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018




    
Tu
es
ton présent,
ton fruit :
prends-le
sur ton arbre,
élève-le
sur ta
main,
il brille
comme une étoile,
touche-le,
mords dedans et marche
en sifflotant sur le chemin.

(Pablo Neruda)

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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Le creux (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018


Le creux au fond
des créatures humaines
se ressent certains jours bas
au silence des maisons
il semble que rien ne vaille
des animaux élèvent pourtant
leurs cris stridents
se poursuit ce ruissellement
de l’histoire
par routes et places à tout venant.

(Jean Follain)

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