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Poésie

Posts Tagged ‘retraite’

Maison de Retraite (Françoise Valencien)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019



Maison de Retraite

la maman qui part pour sa Maison de Retraite,
mais refuse d’abandonner d’innombrables objets:
« La mort est déjà acceptée mais pas ces mille agonies… »

(Françoise Valencien)

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Je devrais prendre ma retraite (Charles d’Orléans)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2019




Je devrais prendre ma retraite,
Mais on dirait que je me rends
Sans coup férir, car Bon Espoir
M’a dit que je rajeunirai :
Aussi je fourbirai mon coeur
Tout rouillé par le Nonchaloir.

***

Mon jubilé faire devroye,
Mais on diroit que me rendroye
Sans coup ferir, car Bon Espoir
M’a dit que renouvelleray :
Pour ce mon cueur fourbir feray
Tout enroillé de Nonchaloir.

(Charles d’Orléans)

 

 

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Sous la falaise (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018




    
Sous la falaise

Quand tu marches sous la falaise
N’oublie pas de faire offrande
D’une pensée transparente au pèlerin
N’oublie rien de son vol de cendre
Plus rapide que la pierre qui tombe du roc
O meurtrier silencieux
Souviens-toi de son vol plus lointain
Que le vent qui se jette à l’amont du fleuve
De sa trace coupante au nuage
Imite cet oiseau serein et cruel
Envie sa justice de maître de la vie et de la mort
Passant songeur, envie son aire et la sagesse de sa retraite
Et quand vient l’heure de l’ombre
Jour après jour souviens-toi de plonger en elle
Comme l’oiseau se jette au vide
(Ainsi le cœur au mal, l’âme au vent sans mémoire)
Et regarde en toi blanchir le gouffre
Passant calme
En retard sur l’eau des rêves

(Jacques Chessex)

 

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Je suis entré en retraite avec mon Aimé (Ibn Fârid)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



 

Je suis entré en retraite avec mon Aimé
et il y a entre nous un secret plus insaisissable
que la brise lorsqu’elle passe.

(Ibn Fârid)

Illustration

 

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Et quand tout retombe (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2018



Illustration: Stéphane Pencréac’h
    

et quand tout retombe
on regarde en l’air
qui peut bien pleurer

puis le vent se lève
on pense au poète
on pense aux colombes

on s’en va sur l’eau
d’un pas décidé
mais plus rien ne porte

alors le noyé
se souvient du temps
qu’il était vivant

son coeur désormais
garde le silence
il a sa retraite

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Elle était sortie de sa boutique (Giampiero Neri)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Elle était sortie de sa boutique
comme une apparition rapide
au passage des camions de soldats,
une figure dansante
parmi les véhicules dispersés,
mais c’étaient des Allemands qui battaient en retraite

***

Era venuta fuori dal suo negozio
come una apparizione veloce
al passare dei camion di soldati,
una figura danzante
fra gli sparuti autocarri,
ma erano Tedeschi in ritirata.

(Giampiero Neri)

 

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MAISON DE RETRAITE (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
MAISON DE RETRAITE

La fin du monde a déjà commencé
pour les pensionnaires entourés de roses.
Les jours passent plus vite,
deviennent un seul jour aux couleurs mêlées,
coupé de bandes noires.
La vie oublie de leur répondre,
parfois s’arrête en face d’eux :
voici qu’on leur présente
un nouveau-né dont la petite main,
si douce à baiser,
dépasse à peine de la manche.
Il n’a pas encore appris à sourire
et ses yeux gris-bleu posent
les questions les plus profondes.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Figure humaine
Traduction:
Editions: Gallimard

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CONTRETEMPS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




    
CONTRETEMPS

Pureté aimée, dont les yeux jamais
ne parvinrent à jouir. Pureté absurde!

Je sais qu’un jour tu bougeais dans la chair.
alors que j’en étais encore à filer mon embryon de vie.

Pureté en jupe neutre de collège
et lait azur dans le blé tendre

d’une après-midi pluvieuse, lorsque l’âme
a battu son poignard en retraite,

lorsqu’en je ne sais quelle éprouvette
sans contenu s’est figée une pierre insolente:

lorsqu’il se trouve des gens pour être satisfaits; lorsque des
paupières aveugles
pleurent, sur des bordages purpurins.

Ô, pureté qui ne me laissas
pas même un message, en délaissant la triste boue

ni une miette de ta voix ; ni mémo le plus petit nerf
de ton héroïque banquet d’artifices.

Eloignez-vous de moi, bonnes méchancetés,
bouches douces et piquantes.

Je l’en souviens en vous voyant, ô femmes!
Car, si très peu naissent dans l’éternelle
après-midi de la vie, beaucoup en meurent!

***

DESHORA

Pureza amada, que mis ojos nunca
llegaron a gozar. Pureza absurda!

Yo sé que estabas en la carne un día,
cuando yo hilaba aùn mi embrión de vida.

Pureza en falda neutra de colegio;
y leche azul dentro del trigo tierno

a la tarde de lluvia, cuando el alma
ha roto su puñal en retirada,

cuando ha cuajado en no sé qué probeta
sin contenido una insolente piedra.

Cuando hay gente contenta; y cuando lloran
pàrpados ciegos en purpùreas bordas.

Oh, pureza que nunca ni un recado
me dejaste, al partir del triste barro

ni una migaja de tu voz; ni un nervio
de tu convite heroico de luceros.

Alejàos de mi, buenas maldades,
dulces bocas picantes…

Yo la recuerdo al veros oh, mujeres!
Pues de la vida en la perenne tarde,
nació muy poco pero mucho muere!

(César Vallejo)

 

 

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Vous avez dit « Je t’aime » (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Vous avez dit « Je t’aime » au vide-ordures,
« je vous salue » aux fruits tombés,
« bonjour » au sable assis sur vos mensonges.
Vous avez dit « remplacez-nous »
aux trottoirs malheureux,
à la fatigue végétale,
au verbe sans vertèbre.
Vous avez dépensé tout votre orgueil.
Retraités de la peur, mot à mot, geste à geste,
vous êtes devenus votre potence.

(Alain Bosquet)

 

 

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Les regrets (Nicolas-Germain Léonard)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Carry Akroyd river-landscape

Les regrets

Pourquoi ne me rendez-vous pas
Les doux instants de ma jeunesse ?
Dieux puissants ! ramenez la course enchanteresse
De ce temps qui s’enfuit dans la nuit du trépas !
Mais quelle ambition frivole !
Ah ! dieux ! si mes désirs pouvaient être entendus,
Rendez-moi donc aussi le plaisir qui s’envole
Et les amis que j’ai perdus !

Campagne d’Arpajon ! solitude riante
Où l’Orge fait couler son onde transparente !
Les vers que ma main a gravés
Sur tes saules chéris ne sont-ils plus encore ?
Le temps les a-t-il enlevés
Comme les jeux de mon aurore ?
Ô désert ! confident des plus tendres amours !
Depuis que j’ai quitté ta retraite fleurie,
Que d’orages cruels ont tourmenté mes jours !

Ton ruisseau dont le bruit flattait ma rêverie,
Plus fidèle que moi, sur la même prairie,
Suit constamment le même cours :
Ton bosquet porte encore une cime touffue
Et depuis dix printemps, ma couronne a vieilli,
Et dans les régions de l’éternel oubli
Ma jeune amante est descendue.

Quand irai-je revoir ce fortuné vallon
Qu’elle embellissait de ses charmes ?
Quand pourrai-je sur le gazon
Répandre mes dernières larmes ?
D’une tremblante main, j’écrirai dans ces lieux
 » C’est ici que je fus heureux !  »

Amour, fortune, renommée,
Tes bienfaits ne me tentent plus ;
La moitié de ma vie est déjà consumée,
Et les projets que j’ai conçus
Se sont exhalés en fumée :
De ces moissons de gloire et de félicité
Qu’un trompeur avenir présentait à ma vue,
Imprudent ! qu’ai-je rapporté ?
L’empreinte de ma chaîne et mon obscurité :
L’illusion est disparue ;

Je pleure maintenant ce qu’elle m’a coûté ;
Je regrette ma liberté
Aux dieux de la faveur si follement vendue.
Ah ! plutôt que d’errer sur des flots inconstants,
Que n’ai-je le destin du laboureur tranquille !
Dans sa cabane étroite, au déclin de ses ans,
Il repose entouré de ses nombreux enfants ;
L’un garde les troupeaux ; l’autre porte à la ville
Le lait de son étable, ou les fruits de ses champs,
Et de son épouse qui file
Il entend les folâtres chants.

Mais le temps même à qui tout cède
Dans les plus doux abris n’a pu fixer mes pas !
Aussi léger que lui, l’homme est toujours, hélas !
Mécontent de ce qu’il possède
Et jaloux de ce qu’il n’a pas.
Dans cette triste inquiétude,
On passe ainsi la vie à chercher le bonheur.
A quoi sert de changer de lieux et d’habitude
Quand on ne peut changer son coeur ?

(Nicolas-Germain Léonard)

Illustration: Carry Akroyd

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