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Tant que mes yeux pourront larmes épandre (Louise Labé)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2022



Hendrick Terbrugghen - Joueuse de luth [800x600]

Tant que mes yeux pourront larmes épandre
A l’heur passé avec toi regretter,
Et qu’aux sanglots et soupirs résister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre ;

Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignard luth, pour tes grâces chanter ;
Tant que l’esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toi comprendre,

Je ne souhaite encore point mourir.
Mais, quand mes yeux je sentirai tarir,
Ma voix cassée, et ma main impuissante,

Et mon esprit en ce mortel séjour
Ne pouvant plus montrer signe d’amante,
Prierai la mort noircir mon plus clair jour.

(Louise Labé)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: Hendrick Terbrugghen

 

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Pour tous ceux qui… (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

Pour tous ceux qui…

J’écris pour tous ceux
Qui n’attendent
Qu’un mot
Un signe
Un battement d’ailes

Pour ceux
Qui ne demandent
Qu’un chant
Venu d’au-delà
Du ciel

Ceux
Que le vent appelle
En écho vainqueur

Afin que demain
Soit plus beau qu’aujourd’hui
Qui n’en finit pas de mourir
Sous l’arc peureux
De nos regrettés sourires

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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Oracle pour toi seule (Lyonel Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2022



    

Oracle pour toi seule,
je t’aurai menti par amour
sur les choses de ce monde,
ne te laissant jamais en manque
d’épopées ni de féeries
et plus tu y croyais,
et plus je te mentais.

Je ne regrette pas
tous ces songes inventés.
Il y a un temps pour l’illusion
qui nous permet d’aimer la vie.
Je te l’ai accordé.

J’ai couvert ton enfance
d’un rideau protecteur
d’images, de berceuses,
et de personnages légendaires.
Comme les champs de lavande
cachent un temps au marcheur
1a puanteur des villes.

(Lyonel Trouillot)

 

Recueil: Le doux parfum des temps à venir
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Le défaut des hommes (Xu Gan)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2021



    

Le défaut des hommes
est de déplorer la mort au lieu d’aimer la vie.
De regretter le passé au lieu de penser à l’avenir.

(Xu Gan)

 

Recueil: Et le souffle devint signe (François Cheng)
Traduction:
Editions: L’ICONOCLASTE

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Merci pour ça (Vianney)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2021




    

Merci pour ça

Les gens qu’on ne regarde pas
Sont des trésors oubliés
Y avait tant de choses en toi
Et peu de gens pour les aimer

Moi je garde nos images
Que je regarde souvent
Avant de tourner la page
Faut le vouloir, finalement

Et demain
Je referai le chemin
Mes pas juste à côté des tiens
S’il n’y a que du cœur qu’on voit bien
Avant toi, je ne voyais rien

Les gens qu’on ne regarde pas
Sont des livres jamais lus
Moi j’ai vu au fond de toi
Un vieux roman qui m’a plu

Mais t’es pas parfait peut-être
Mais tout est à l’imparfait maintenant
Tu es de ceux qu’on regrette
Parfois géniale, parfois gênant
Et demain
Je referai le chemin
Mes pas juste à côté des tiens
S’il n’y a que du cœur qu’on voit bien
Avant toi, je ne voyais rien

Avant toi, j’avais pas d’horizon
J’avais l’cœur en carton
Je ne voyais que moi
Merci pour ça

Un vagabond errant
Une faille dans le vent
J’étais qu’un demi-moi

Avant toi
Avant toi
Avant toi

Avant toi
Et demain
Je referai le chemin
Mes pas juste à côté des tiens
S’il n’y a que du cœur qu’on voit bien
Avant toi, je ne voyais rien

(Vianney)

 

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SOUVENEZ-VOUS COMME FIÈREMENT… (Bao Zhao)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021




    
SOUVENEZ-VOUS COMME FIÈREMENT…
(Du cycle « Le chemin épuisant », quinzième poème)

Souvenez-vous
comme fièrement se dressait
la tour de la Poutre de Cyprès,
il n’en reste
que des ruines
envahies de ronces.
N’avez-vous pas vu
que le palais d’Afang,
si splendide,
est devenu un pré bourbeux
où nichent les perdreaux ?
Aujourd’hui,
des rangées de stèles serrées
couvrent les pentes
où jadis des beautés minces
aux manches flottantes
rivalisaient pour conquérir
le monde entier.
Leurs corps précieux
qui valaient leur poids d’or
ont bien changé.
Que le vin et le plaisir
soient notre but !
Ne faisons
que ce que le coeur désire !
Quand, un jour,
nous descendrons
vers l’argile jaune,
nous n’aurons rien
à regretter !

(Bao Zhao)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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EMPÉDOCLE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2021



 
    

EMPÉDOCLE

«J’ai rêvé d’un suicide où dans la conquête et le dépassement de la mort
il me serait loisible de regretter pour la première fois le monde, de poursuivre mon geste
avec la certitude qu’il est absurde et vain.
Je devine, en mes chairs, un fourmillement d’êtres oisifs qui n’attendent que ma mort pour naître. »

Quarante ans de méditation ont conduit Empédocle dans le cratère du Stromboli.
À cet instant, pour la première fois,
il a vu un volcan, un ciel bleu, une fumée sulfureuse,
une mort apprise chaque jour et enfin récitée dans le feu de la terre.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: A l’orée du pays fertile
Traduction:
Editions: Seghers

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Vérité irréductible (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



Vérité irréductible
O ton visage comme un nénuphar flottant
et le temps c’est le choeur des aulnes
regretter continu sur des rives insensées

ton âme est quelque part
sur les collines de chair oubliée
et le temps c’est mon soulier
creuser contre le ciel

vivre mon angoisse poudrait
éclairait l’obscure arête de ma transparence
le temps c’est ton visage à aimer blanc

dans cette ville qui m’a jeté ses mauvais sorts
ton passage dure encore creuset de feu
le temps c’est une ligne droite et mourante
de mon oeil à l’inespéré

(Gaston Miron)

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LE TRAJET (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021




    
LE TRAJET

D’une branche sur l’autre, la goutte de pluie
tombe et la feuille en dessous ploie ; le jour

se creuse affaibli par les crues du printemps,
comme nos joues et nos épaules et notre joie.

Inadaptés, voilà bien ce que nous sommes,
nous avons beau gémir, plier le genou, caresser

les statues, le temps nous use. Cette goutte
qui tombe, cette autre qui la suit le long

de la branche, comment ne pas y voir
le trajet de toute vie, comment ne pas poser

la seule question qui tremble au fond des yeux
comme une prière : la feuille qui nous recevra,

si elle existe, sera-t-elle douce comme une main
amie, douce assez pour ne rien regretter ?

(Guy Goffette)

 

Recueil: Pain perdu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Faux pas (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020




Quand on fait un faux pas,
Faut pas… faut pas…
Faut pas le regretter.
Ce qui s’est passé là,
C’est la… c’est la…
C’est la faute à l’été.

Le plaisir de céder
Céder… céder…
C’est déjà merveilleux
Ceux qui disent que c’est laid,
C’est les … c’est les,
C’est les plus malheureux.

Cueillir en souriant les mille fleurs,
Les mille brins de bouquets du bonheur,
C’est un jeu d’enfant … viens sur mon coeur,
Dis-moi surtout de ne plus avoir peur…

Et nous moquant déjà
Déjà… déjà…
Des jaloux irrités,
Puisqu’on fait un faux pas,
Faut pas… faut pas…
Faut pas le regretter!

Pour m’empêcher d’aimer
D’aimer… d’aimer…
Des méchants nous font peur
Ces gens qui nous séparent
C’est par… c’est par…
C’est par goût du malheur…

Ceux qui ont passé l’heure,
C’est leur… c’est leur…
C’est leur faute au départ,
Car, même quand il neige,
Il neige… il neige…
Il n’est jamais trop tard!

Il est toujours temps d’ouvrir son coeur
Au grand soleil éclatant de chaleur.
Il est toujours temps de goûter la douceur
D’un bel amour fait de rires et de pleurs.

Cet instant qu’on attend
A tant… a tant…
A tant de volupté
Que le premier faux pas,
Faux pas… faut pas…
Faut pas le regretter.

(Francis Blanche)

Illustration: Watteau

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