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Posts Tagged ‘soldat’

Les Rois Mages (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



Leopold Kupelwieser _1796- rois mages_jpeg

Les Rois Mages

Avancerons-nous aussi vite que l’étoile
La randonnée n’a-t-elle pas assez duré
Réussirons-nous enfin à l’égarer
cette lueur au milieu de la lune et des bêtes
qui ne s’impatiente pas

La neige avait tissé les pays du retour
avec ses fleurs fondues où se perd la mémoire
De nouveaux compagnons se mêlaient à la troupe
qui sortaient des arbres comme les bûcherons
Le Juif errant peinait, aux blessures bafouées
Des fourrures couvraient le roi noir malade à mourir
Le pasteur de la faim est avec nous
Ses yeux bleus éclairent son manteau d’épluchures
et le troupeau rageur des enfants prisonniers

Nous allions voir la joie nous l’avons cru
la joie du monde née dans une maison par ici
C’était au commencement … Maintenant on ne parle pas
Nous allions délivrer un tombeau radieux
marqué d’une croix par les torches dans la forêt

Le pays n’est pas sűr les châteaux se glissent derrière nous
Pas de feu dans l’âtre des relais Les frontières
remuent à l’aube par les coups défendus
Nos paumes qui ont brisé les tempêtes de sable
sont trouées par la charançon et j’ai peur de la nuit

Ceux qui nous attendaient dans le vent de la route
se sont lassés le chœur se tourne contre nous
Par les banlieues fermées à l’aube les pays sans amour
nous avançons mêlés à tous et séparés
Sous les lourdes paupières de l’espérance
La peur haletait comme une haridelle

Nous arriverons trop tard le massacre est commencé
les innocents sont couchés dans l’herbe
Et chaque jour, nous remuons des flaques dans les contrées
Et la rumeur se creuse des morts non secourus
qui avaient espéré en notre diligence

Tout l’encens a pourri dans les boîtes en ivoire
et l’or a caillé nos cœurs comme du lait
La jeune fille s’est donnée aux soldats
que nous gardions dans l’arche pour le rayonnement
pour le sourire de sa face

Nous sommes perdus On nous a fait de faux rapports
C’est depuis le début du voyage
Il n’y avait pas de route il n’y a pas de lumière
Seul un épi d’or surgi du songe
que le poids de nos chutes n’a pas su gonfler
Et nous poursuivons en murmurant contre nous
tous le trois brouillés autant qu’un seul
peut l’être avec lui-même
Et le monde rêve à travers notre marche
dans l’herbe des bas-lieux
et ils espèrent
quand nous nous sommes trompés de chemin

Egarés dans les moires du temps – les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant –
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de bœufs
je maudis l’aventure je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales
dans la fraîcheur immobile de mon ombre…

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

Illustration: Leopold Kupelwieser

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LA FLÛTE SUR LES REMPARTS (Li Yi)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2021




    
LA FLÛTE SUR LES REMPARTS

Le sable blanc,
au pied de la montagne,
ressemble à de la neige.
La clarté de la lune,
sur les remparts de la ville livrée par l’ennemi,
paraît comme du givre.
Quelqu’un, quelque part,
jouant de la flûte,
a rendu les soldats nostalgiques,
toute la nuit.

(Li Yi)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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Mélancolies manutentionnaire (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021



Mélancolies manutentionnaire

(…)
J’ai dans mes sabots de la paille,
Avec un bel épi qui dépasse et me raille ;
La porte ne s’ouvre pas,
Le poêle ne fume pas,
Et j’entends qu’on ne vient pas.
Être bien seul avec soi-même,
Ah ! c’est un mets bien délicat !
Des soldats rient ; mais c’est derrière ma fenêtre.
Ils s’éloignent ;
Tout est derrière ma fenêtre,
La vie, les caporaux, les corvées,
Et la fourragère et son cocher laid.
Je me rends visite à moi-même
Et bien que ce plaisir fût longuement mûri,
Il me trouve tout ahuri !
(…)

(Jules Supervielle)

Illustration: Sophie Rocco

 

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AUX TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS MORTS POUR LA FRANCE (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2021



Illustration: Karamba Dramé
    
AUX TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS MORTS POUR LA FRANCE

Voici le Soleil
Qui fait tendre la poitrine des vierges
Qui fait sourire sur les bancs verts les vieillards
Qui réveillerait les morts sous une terre maternelle.
J’entends le bruit des canons — est-ce d’Irun?
On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu.
Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme.
On promet cinq cent mille de vos enfants à la gloire des
futurs morts, on les remercie d’avance futurs morts
obscurs
Die Schwarze schande !

Écoutez-moi, Tirailleurs sénégalais, dans la solitude de la terre noire et de la mort
Dans votre solitude sans yeux sans oreilles, plus que dans ma peau sombre au fond de la Province
Sans même la chaleur de vos camarades couchés tout contre vous, comme jadis dans la tranchée jadis dans les palabres du village
Écoutez-moi, Tirailleurs à la peau noire, bien que sans oreilles et sans yeux dans votre triple enceinte de nuit.
Nous n’avons pas loué de pleureuses, pas même les larmes de vos femmes anciennes
— Elles ne se rappellent que vos grands coups de colère, préférant l’ardeur des vivants.
Les plaintes des pleureuses trop claires
Trop vite asséchées les joues de vos femmes, comme en saison sèche les torrents du Fouta
Les larmes les plus chaudes trop claires et trop vite bues au coin des lèvres oublieuses.
Nous vous apportons, écoutez-nous, nous qui épelions vos noms dans les mois que vous mouriez
Nous, dans ces jours de peur sans mémoire, vous apportons l’amitié de vos camarades d’âge.
Ah ! puissé-je un jour d’une voix couleur de braise, puissé-je chanter
L’amitié des camarades fervente comme des entrailles et délicate, forte comme des tendons.
Écoutez-nous, Morts étendus dans l’eau au profond des plaines du Nord et de l’Est.
Recevez ce sol rouge, sous le soleil d’été ce sol rougi du sang des blanches hosties
Recevez le salut de vos camarades noirs, Tirailleurs sénégalais
MORTS POUR LA RÉPUBLIQUE !

Tours, 1938.

(Léopold Sédar Senghor)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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Berceuse (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



Berceuse

Le ciel ferme ses grands yeux bleus,
La maison ferme tous ses yeux,
Le pré dort sous son édredon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Sur ses pattes la mouche a mis
Sa tête et dort. La guêpe aussi,
Avec elles dort leur bourdon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Le tramway rêve doucement
Endormi sur son roulement,
Dans son rêve il sonne à tâtons.
Endors-toi, mon petit garçon.

Sur la chaise la veste dort
Et son accroc dort corps à corps.
Il n’en deviendra pas plus long.
Endors-toi, mon petit garçon.

La balle est vaincue, le sifflet
Somnole comme la forêt.
Et même il dort le gros bonbon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Tu auras l’espace et la terre
Comme tu as ta bille en verre.
Tu seras géant pour de bon.
Endors-toi, mon petit garçon.

Tu seras pilote et soldat,
Berger des fauves tu seras.
Ta maman dort, et sa chanson.
Endors-toi, mon petit garçon.

(Attila Jozsef)


Illustration: William Bouguereau

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L’Écureuil (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021




L’Écureuil

Ecureuil du printemps, écureuil de l’été, qui domines
la terre avec vivacité, que penses-tu là-haut de notre
humanité ?
— Les hommes sont des fous qui manquent de gaîté.

Ecureuil, queue touffue, doré trésor des bois, ornement
de la vie et fleur de la nature, juché sur ton pin vert, dis-
nous ce que tu vois ?
— La terre qui poudroie sous des pas qui murmurent.

Ecureuil voltigeant, fier du pic bavard, cousin du
rossignol, ami de la corneille, dis-nous ce que tu vois par
delà nos brouillards ?
— Des lances, des fusils menacer le soleil.

Ecureuil, cul à l’air, cursif et curieux, ébouriffant ton
col et gloussant un fin rire, dis-nous ce que tu vois sous
la rougeur des cieux ?
— Des soldats, des drapeaux qui traversent l’empire.

Ecureuil aux yeux vifs, pétillants, noirs et beaux, hu-
mant la sève d’or, la pomme entre tes pattes, que vois-tu
sur la plaine autour de nos hameaux ?
— Monter le lac de sang des hommes qui se battent.

Ecureuil de l’automne, écureuil de l’hiver, qui lances
vers l’azur, avec tant de gaîté, ces pommes… que vois-tu ?
— Demain tout comme Hier.

Les hommes sont des fous et pour l’éternité.

(Paul Fort)

 

 

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SIEGE (Luca Benassi)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2021



Illustration: John Hacking 
    

Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian, Macedonian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 671 « SIEGE », Luca Benassi, Italy
from “I fasti del grigio”, Edizioni Lepisma
– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

SIEGE

Qu’est-ce donc pour un siège
ce sombre anéantissement de soldats en armes
sous les murs de Troie ?
On parle de vaisseaux en feu
et de ciel aussi noir
que la rivière saturée de sang
après la bataille.
Mais la guerre commence à présent
avec les faces noires
de créatures, vos créatures
qui braquent leurs épées vers notre maison.
Et toi, femme
mesure le bruit
le bruit de la pierre
qui aiguise les lames.

(Luca Benassi)

Traduction Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

BELEGERING

Wat is dit voor belegering,
deze sombere ommanteling van gewapenden
onder de muren van Troje?
Men spreekt over schepen die in brand staan
en de lucht zo zwart
als de met bloed bedekte rivier
na de strijd.
Maar de oorlog begint nu
met de zwarte hoofden
van mensen, jouw mensen
die hun zwaarden naar ons huis richten
En jij, vrouw,
tel het geluid
het geluid van de steen
die de messen scherpt.

Vertaling Germain Droogenbroodt

***

ASEDIO

¿Qué es este asedio,
este lúgubre cinturón de ejércitos
bajo los muros de Troya?
Hablan de los barcos en llamas
y del cielo negro
como el río cubierto de sangre
después de la batalla.
Pero la guerra comienza ahora
con las cabezas negras
de los hombres, los tuyos,
que extienden sus espadas hacia nuestra casa
y tú, mujer
capta el sonido,
el sonido de la piedra
afilando las hojas.

Traducción Rafael Carcelén

***

SIEGE

What is this siege,
this gloomy enclosure of armed men
beneath the walls of Troy?
It tells of ships in flames
and of the black sky
like the river covered in blood
after the battle.
But the war begins now
with the black heads
of the men—yours
who point swords at our house,
and you, woman,
who count the sound,
the sound of the stone
which sharpens the blades.

Translation: Luca Benassi – Stanley Barkan

***

ASSEDIO

Cos’è questo assedio,
questa cinta lugubre d’armati
sotto le mura di Troia?
dicono di navi in fiamme
e del cielo nero
come il fiume coperto di sangue
dopo la battaglia.
Ma la guerra inizia adesso
con le teste nere
degli uomini, i tuoi
che tendono le spade alla nostra casa
e tu, donna
conti il suono
il suono della pietra
che affila le lame.

LUCA BENASSI, Italia

***

BELAGERUNG

Was ist diese Belagerung,
diese düstere Einfriedigung von Gewaffneten
unter den Mauern von Troja?
Man spricht von brennenden Schiffen
und vom Himmel schwarz
wie der von Blut überdeckten Fluss
nach der Schlacht.
Aber der Krieg beginnt jetzt
mit den schwarzen Köpfen
der Menschen, deine,
die ihre Schwerter nach unserem Haus strecken
und du, Frau
zählst den Klang
den Klang des Steins
der die Klingen schärft.

Übersetzung Germain Droogenbroodt – Wolfgang Klinck

***

ASSÉDIO

Que coisa é este assédio
este círculo lúgubre de armados
sob o muro de Troia?
dizem de navios em chama
e do céu escuro
como o rio coberto de sangue
depois da batalha.
Mas a guerra inicia agora
com as cabeças negras dos homens, teus
que apontam espadas afrontando a casa
e tu, mulher
relata o som,
o som da pedra
que afia as lâminas.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

ASSEDIU

Chi è st’assediu,
sta cinta scurusa d’armati
sutta li mura di Troia?
Parranu di navi ca brucianu
E di celu niuru
Comu lu ciumi allurdatu di sangu
Doppu la battagghia.
Ma la guerra cumincia ora
Cu li testi niuri
Di l’omini, ca sunnu i to,
ca puntanu li spati contru la nostra casa
e tu, donna, cunti lu scrusciu
lu scrusciu di la petra
chi ammula li lami.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

ASEDIU

Ce este acest asediu,
această încercuire lugubră de oștiri
sub zidurile Troiei?
E vorba despre nave în flăcări,
despre cerul înnegurat
carâulacoperit de sânge
în urma bătăliei.
Însă războiul începe acum
cu creștetele negre debărbați,ai tăi,
care își întind spre casa noastră spada
și tu, femeie,
numeri sunetul,
sunetul pietrei
ce ascute tăișurile.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

OBLĘŻENIE

Coto za oblężenie,
Ten ponury pierścień uzbrojonych mężczyzn
wokół murów Troi?
Opowiadają o płonących okrętach
i oniebie czarnym
jak rzeka pokryta krwią
po bitwie.
Ale wojna zaczyna się od zaraz,
czarnymi głowami
mężczyzn —tychtwoich,
którzy wyciągają mieczew naszym domu,
a ty, kobieto,
zliczaszteodgłosy,
brzmieniekamienia
który ostrzy brzeszczoty mieczy.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień
Translation into Polish by Mirosław Grudzień

***

ΠΟΛΙΟΡΚΙΑ

Προς τί αυτή η πολιορκία
σκυθρωπών ανθρώπων
κάτω απ’ τα τείχη της Τροίας;
Μαρτυρεί τα φλογισμένα καράβια
και το μαύρο ουρανό
σαν το γεμάτο αίμα ποτάμι
μετά τη μάχη.
Μα ο πόλεμος τώρα ξεκινά
με τα μαύρα κεφάλια ανθρώπων
σαν το δικό σου
που σκοπεύεις το σπίτι με το σπαθί σου
κι εσύ γυναίκα
που μελετάς τον ήχο
της πέτρας που ακονίζει
τις λεπίδες

ΜετάφρασηΜανώληΑλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

围 攻

这包围,
特洛伊城墙下武士的
这无望的围场是什么?
它讲述战船着火
以及战役后
黑色天空像满身鲜血的
河流的故事。
但是战争现在开始了
带着男人的
黑脑筋——你的
他们用剑指着我们的房子,
和你,女人,
你数着声音,
使刀刃锋利的
石头的声音。

原作:意大利 卢卡·贝纳西
英译:卢卡·贝纳西—斯坦利·巴坎
Translation into Chinese by William Zhou

***

حِصار

يا لِهَذا الحِصار.
ذلكَ الطَّوقُ الكَئيبُ للجُنود
تحتَ أسوارِ طَرَوادة؟
يَحكي عن سُفنٍ أُضْرِمتْ فيهَا النِّيران
وسَماءٌ تَلبَّدتْ بالدُّخان
كنهرٍ غطَّتْهُ الدِّمَاء
بعدَ معاركٍ وقتال.
لكن طُبولَ الحربِ تقرعُ الآن
ورجالٌ برؤوسٍ سود
شاهِرينَ سُيوفَهم على منازِلنا
وأنتُنَّ، أيَّتُها النسوة،
ستسمعن أصواتا،
أصواتُ الحِجارة
التِّي تشحذُ نصلَ السُّيوف.

Translation into Arab by Sarah Slim

***

घेराबंदी

यह क्या है घेराबंदी,
सशस्त्र पुरुषों के इस उदास बाड़े
ट्रॉय की दीवारों के नीचे?
यह लपटों में जहाजों के बारे में बताता है
और काले आकाश की
जैसे नदी खून में समा गई
लड़ाई के बाद l
लेकिन युद्ध अब शुरू होता है
ब्लैक हेड्स के साथ
पुरुषों की – तुम्हारा
जो हमारे घर पर तलवारें चलाते हैं,
और तुम, महिला,
कौन ध्वनि की गिनती कर रही हैं ,
पत्थर की आवाज
जो ब्लेड को तेज करता है।

लुका बेनासी, इटालिया l

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

包囲網

この包囲網は何だ
トロイの壁の下で
武装した男たちが暗く取り囲んで
それは炎に包まれた船
そして黒い空を語っている
戦いの後に
地で覆われた河のように

ところが戦争はいま始まる
男たちの黒い頭の群れ
それは剣を私たちの家に向ける
あなたの頭でもある
そして刃を磨く石の音を数える
お前たち女もそうなのだ

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

محاصره

این محاصره چیست،
این حصار غمانگیز از مردان مسلح
زیر دیوارهای تروا؟
برایمان از کشتیهای شعلهوردر آتش میگوید
و از آسمان سیاه
مانند رودخانهیی پوشیده از خون
بعد از نبرد.
اما جنگ حالا شروع شده
با مردانی کله سیاه
و شمشرهایی که نوکشان به سمت خانههای ماست،
و تو، زن،
که صدا را میشماری
صدای سنگ

که تیغه شمشیرها را تیز میکند.
لوسیا بناسی، ایتالیا

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ОБСАДА

Каква е тази обсада,
това застрашително струпване на армия
под стените на Троя?
Тя предвещава за кораби в пламъци
и за червено небе
като реката покрита с кръв
след битката.
Но войната започва сега
с черните глави
на войниците – твоите,
които издигат мечове срещу нашата къща
и ти, жено,
която броиш звуците,
звуците на камъка,
който точи остриетата.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

UMSÁTUR

Um hvað sitja þeir,
vopnuðu mennirnir sem umkringja
múra Tróju?
Sagt er frá logandi skipum
og svörtum himni
og blóðugri ánni
eftir orrustuna.
En stríðið byrjar núna
með svörtum höfðum
mannanna — ykkar
sem beinið sverðum að húsinu okkar,
og þér, kona,
sem telur hljóðið,
hljóð steinsins
sem brýnir sverðin.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Luca Benassi og Stanleys Barkan
Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

Осада

Чтоэто за осада,
темные плащисолдат
под стенами Трои?
Все говорят о сожженных кораблях,
ивоздухчёрен,
словнорека, полная крови,
после битвы.
Но вот сейчас начнут войну
черныеголовы
людей, твоих людей,
поднявших меч на нас.
Иты, госпожа,
считайзвуки,
звукикамня,
о который точат нож.

Translation into Russian by Daria Mishueva

***

PAGKUBKOB

Ano itong pagkubkob na ito,
ang malungkot na pagkabihag sa mga de armas na mga tao
sa likod ng dingding ng Troy?
Tinutukoy nito ang nasusunog na mga barko
at ang madilim na kalangitan
tulad ng ilog na nabalot ng dugo
pagkatapos ng digmaan.
Subalit ang digmaan ay nagpasimula na ngayon
sa mga itim na ulo ng tao- kayo
na nagsipagtutok ng mga espada sa aming bahay,
at ikaw, babae,
na nagbilang ng tunog,
tunog ng mga bato
na nagpatalas ng mga talim.

Translation in Filipino-Eden Soriano Trinidad

***

מצור / Luca Benassi, איטליה

מַהוּהַמָּצוֹרהַזֶּה,
הַכִּתּוּר הַקּוֹדֵר שֶׁל אֲנָשִׁים חֲמוּשִׁים
מִתַּחַתלְחוֹמוֹתטְרוֹיָה?
פֵּרוּשׁ הַדָּבָרשֶׁיֵּשׁסְפִינוֹתבְּלֶהָבוֹת
וְשָׁמַיִםשְׁחוֹרִים
כְּמוֹהַנָּהָרהַמְּכֻסָּהבְּדָם
לְאַחַרהַקְּרָב.
אֲבָלהַמִּלְחָמָהמַתְחִילָהעַכְשָׁו
עִםהָרָאשִׁיםהַשְּׁחוֹרִים
שֶׁלהַגְּבָרִים–שֶׁלָּכֶם,
שֶׁמַּפְנִיםחֲנִיתוֹתאֶלבָּתֵּינוּ,
וְאַתְּ,אִשָּׁה,
שֶׁמּוֹנָהאֶתהַצְּלִיל,
צְלִילהָאֶבֶן
שֶׁמַּשְׁחִיזָהאֶתהַלֶּהָבִים.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

முற்றுகை
இது என்ன முற்றுகை
ட்ராயின் சுவர்களுக்குக் கீழே
ஆயுதம் ஏந்திய மனிதனின் இருள் படிந்த அடைப்பிற்குள்?
எரியும் கப்பல்கள்
கருத்த மேகங்கள்
போருக்குப்பின்
இரத்தம் நிறம்பிய ஆறாக.
இப்பொழுதுதான் போர் துவங்குகிறது
உங்களைப்போன்ற
கருப்புத்தலை மனிதர்களோடு
எங்கள் வீடுகளை நோக்கி வாளைக் காட்டுகிறீர்கள்
நீங்களும் , பெண்களும்
ஒலிகளை எண்ணிக்கொண்டிருக்கிறீர்கள
வ்ாளினைத் தீட்டிக் கூறாக்கும்
கற்களின் ஒலியை!
ஆக்கம்

Translation into Tamil by nvsubbaraman

***

DORPÊÇ

Çî ye ev dorpêça,
ev çepera tarî ji çekdaran
li ber dîwarê Troya?
Li ser keşitya sotîndar tê axaftin
û esmanê reş
çawa rubar bi xwînê hatibû têwerdan
piştî şergehê.
Lê ceng niha bi
seriyên reş destpêdike
yên mirovan, yên te
ewên şwîrên xwe berv mala me dirêjdikin
û tu, jinê
dengê cengê dijmêrî
awaza hesanê
twîjkirina peykanan.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

অবরোধ

কি এইঅবরোধ,
এইঅন্ধকারাচ্ছন্নসশস্ত্রযোদ্ধাদেরএইলড়াই
ট্রয়েরদেয়ালএরনিচে?
এযেবলশিখাময়নৌবহরেরকথা
আরতমসাচ্ছন্নআকাশেরকথা
ঠিকযেমননদীটিরক্তেপরিপূর্ণ
যুদ্ধেরপরে ।
কিন্তুএখনযেযুদ্ধেরসময়
সঙ্গেনিয়েকৃষ্ণময়মস্তকগুলো
আপনাদেরই – পুরুষদের
যারাকরেতলোয়ারতাআমাদেরগৃহে,
এবংআপনাদের, মহিলাদের,
যারাআওয়াজগণনাকরে,
পাথরেরশব্দ
যেপাথরশাণ দেয়অস্ত্রেরফলকগুলিকে ।
লুকাবেনাসি, ইতালি

Bangla Translation: – তাবাসসুমতাহমিনাশাগুফতাহুসেন
Translation into Bangla by Shagufta Tabassum Tahmina

***

LÉIGEAR

Cad chuige an léigearseo,
An campa míleatagrána
faoibhallaínaTraí?
Eachtraíonnséloingdhóite
An spéirdubh le toit
An abhainndearg le fuil
i ndiaidh an chatha.
Ach tosaíonn an fíorchoimhlintanois
idircloigeannachacantalacha
nabhfear—do chuidse
a dhíoraíonn a gclaimhtearárdtithe,
agustusa, a bhean,
a chloiseann an fhuaim,
fuaimnacloichefaobhair
a géaraíonn an lann.

Aistriúchán Gaeilge, Rua Breathnach
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

Опсада

Каква је ово опсада,
суморна ограда наоружаних људи
испод зидина Троје?
Проповеда о бродовима у пламену,
црном небу,
реци којом плива крв
после боја.
Али рат почињу сада
црне главе
мушкараца-твојих
са мачевима упереним на нашу кућу,
а ти, жено
бројиш звуке,
звуке камена
који оштре сабље.

Са енглеског превела С.Пиксиадес
Translation into Serbian by S Piksiades

***

ОПСАДА

Каква ли е оваа опсада,
ова мрачно опколување на вооружени мажи
под ѕидовите на Троја?
Тоа зборува за бродови во пламен
и за црно небо
како реката во крв
по битка.
Но војната започнува сега
со црните глави
на мажите—твоите
кои со мечеви посочуваат на твојата куќа,
и со тебе, жено,
која го броиш звукот,
звукот на каменот
што ги остри сечилата.

Translation from English in Macedonian: Daniela Andonovska-Trajkovska

***

Պաշարում

Ի՞նչ է այս պաշարումը՝
զինվածմարդկանցմռայլպարիսպը
Տրոյայիպատերիտակ:
Այն պատմում է այրվող նավերի
և սև երկնքի մասին,
ինչպես մարտից հետո
գետն է ներկվում արյունով:
Բայց պատերազմը
նոր է սկսվում միայն՝
տղամարդկանց սև գլուխներով,
որ ուղղում են թրերը դեպի տունը մեր
և դու՝ կի՛ն,
հաշվում ես ձայնը՝
ձայնը քարի,
որ սրում է շեղբըթրերի:

Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

(Luca Benassi)

 

Recueil: Ithaca 671
Editions: POINT
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CHANT D’UN FANTASSIN (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



 

Illustration: Erich Heckel
    
CHANT D’UN FANTASSIN
À André Bacqué

Je voudrais être un vieillard
Que j’ai vu sur une route ;
Assis par terre au soleil
Il cassait des cailloux blancs
Entre ses jambes ouvertes.
On ne lui demandait rien
Que son travail solitaire.
Quand midi flambait les blés,
Il mangeait son pain à l’ombre.

*

Je connais, dans un ravin
Obstrué par les feuillages,
Une carrière ignorée
Où nul sentier ne conduit.
La lumière y est furtive
Et aussi la douce pluie ;
Et un seul oiseau parfois
Interroge le silence.
C’est une blessure ancienne,
Étroite, courbe et profonde
Oubliée même du ciel ;
Sous la viorne et sous la ronce
J’y voudrais vivre blotti.

*

Je voudrais être l’aveugle
Sous le porche de l’église :
Dans sa nuit sonore il chante !
Il accueille tout entier
Le temps qui circule en lui
Comme un air pur sous des voûtes.
Car il est l’heureuse épave
Tirée hors du morne fleuve
Qui ne peut plus la rouler
Dans sa haine et dans sa fange.

*
Je voudrais avoir été
Le premier soldat tombé
Le premier jour de la guerre.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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RELÈVE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
RELÈVE

À notre place
On a posé
Des soldats frais
Pour amorcer
La mort d’en face.
Il a fallu toute la nuit pour s’évader.
Toute la nuit et ses ténèbres
Pour traverser, suant, glacé,
Le bois martyr et son bourbier
Cinglé d’obus.
Toute la nuit à se tapir,
À s’élancer éperdument,
Chacun choisissant le moment,
Selon ses nerfs et son instinct
Et son étoile.
Mais passé le dernier barrage,
Mais hors du jeu, sur la route solide,
Mais aussitôt le ralliement
Aux lueurs des pipes premières,
Dites, les copains, les heureux gagnants,
Quelle joie titubante et volubile !
Ce fut la joie des naufragés
Paumes et genoux sur la berge
Riant d’un douloureux bonheur
En recouvrant tout le trésor ;
Tout le trésor fait du vaste monde
Et de la mémoire insondable
Et de la soif qu’on peut éteindre
Et même du mal aux épaules
Qu’on sent depuis qu’on est sauvé.
Et l’avenir ! Ah ! l’avenir,
Il sourit maintenant dans l’aube :
Un avenir de deux longues semaines
À Neuvilly dans une étable…

*

Ah ! les pommiers qui sont en fleurs !
Je mettrai des fleurs dans mes lettres.
J’irai lire au milieu d’un pré.
J’irai laver à la rivière.
Celui qui marche devant moi
Siffle un air que son voisin chante ;
Un air qui est loin de la guerre :
Je le murmure et le savoure.
Et pourtant ! les tués d’hier !
Mais l’homme qui a trébuché
Entre les jambes de la Mort
Puis qui se relève et respire
Ne peut que rire ou sangloter :
Il n’a pas d’âme pour le deuil.
La lumière est trop enivrante
Pour le vivant de ce matin ;
Il est faible et tout au miracle
D’aller sans hâte sur la route.
Et s’il rêve, c’est au délice
D’ôter ses souliers pour dormir,
À Neuvilly, dans une étable.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉLÉGIE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration
    
ÉLÉGIE

Dans une bête coupure
Que je m’étais faite au pouce
Mon cœur battait lourdement.
La pluie violente noyait
L’herbe trop longue et malade
Que mes pas enfouissaient.
J’allais, soldat grelottant,
Plutôt gibier que chasseur,
À travers une oseraie
Où je me tordais les pieds.
Mais, laissant mon corps à la peine.
Oubliant mon triste harnais,
Je m’étais enfoncé bien loin
Dans le plus riche de mes rêves
Et je me prenais à sourire.
Je n’étais pas si malheureux
Que ce soir où, devant ma table,
Je me complais à retrouver
L’eau qui débordait mes souliers,
L’osier qui cinglait mon visage
Et ces battements dans mon pouce.

(Charles Vildrac)

https://www.franceculture.fr/emissions/jacques-bonnaffe-lit-la-poesie/charles-vildrac-soldat-poete-le-chant-du-desespere-24

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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