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Posts Tagged ‘soldat’

Herbes d’été (Matsuo Basho)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2019



    

 

(Matsuo Basho)

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Requiem pour n’importe qui (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



 

Jacqueline Fabbri  soldat mort  52

Requiem pour n’importe qui

Il est mort connue du bois sec.
Ça pouvait être n´importe qui,
Un enfant de l´Andalousie
Ou un frère du soldat Schveik.
Il est mort, la guerre est finie.
On lui fait des funérailles,
Chacun retourne à son travail.
Il est mort et je suis en vie.

Il est mort comme un feu de paille,
ça s´est passé très loin d´ici.
C´est loin l´Afrique et loin l´Asie,
Des mercenaires et ses G.I.
Il est mort de n´avoir su vivre
Quand il fallait vivre à genoux,
Noyé de sang, noyé de boue.
La mort enfin l´a rendu libre.

Il est mort comme du bois sec.
Ça pouvait être n´importe qui,
Le frère de Théodoraki,
Un enfant de Zorba le Grec.
Il est mort, je suis en exil
Et je meurs un peu avec lui,
Chaque fois que tombe la nuit
Sur le soleil du mois d´avril.

Il est mort comme du bois sec.
Ça pouvait être n´importe qui,
Le frère de Théodoraki,
Un enfant de Zorba le Grec.
Il est mort, je suis en exil
Et je meurs un peu avec lui,
Chaque fois que tombe la nuit
Sur le soleil du mois d´avril.

Il est mort, pitié pour ses cendres.
Ce n´est ni l´heure ni l´endroit
Pour demander des comptes à rendre,
Mais les mots viennent malgré moi.

(Georges Moustaki)

Illustration: Jacqueline Fabbri

 

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Hors de moi (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2019



Je tourne autour de moi
moi
maison fermée depuis plusieurs hivers

Qui a muré la porte
et les fenêtres?
J’entends quelqu’un dedans
j’aboie furieusement
je gratte la terre au pied du mur
je m’écorche
un soldat bouge sur les carreaux de la cuisine
un soldat
qui fait la soupe dans son casque
se rase en se regardant dans une vitre aveugle
monte la garde dans un grenier
attend que j’essaie d’entrer pour m’abattre
j’aboie
j’aboie

je mourrai hors de moi.

(Henri Gougaud)

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SOLDATS (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019




    
SOLDATS

On est là comme
sur les arbres
les feuilles
d’automne

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA LETTRE (Marina Tsetaeva)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2019



Illustration: Andrzej Malinowski

    

LA LETTRE

Les lettres — on ne les attend pas
Ainsi. C’est ainsi qu’on attend —
Une lettre. Un lambeau de papier,
Un peu de colle autour.
Et dedans un seul mot. Le bonheur
Et c’est tout —

Le bonheur — on ne l’attend pas
Ainsi. C’est ainsi qu’on attend…
La fin : Ordre aux soldats !
Feu ! Rouge aux yeux.
Trois balles au coeur
Et c’est tout !

Le bonheur ? Non ! Trop vieille,
La beauté dans le vent — partie,
On attend le carré de la cour
Les bouches noires des fusils.

(Le carré d’une lettre
Encre noire et magie)
Pour la mort — jamais vieille
Personne n’est trop vieux !
Le carré d’une lettre…

(Marina Tsetaeva)

 

Recueil: Mon dernier livre 1940
Traduction: Véronique Lossky
Editions: Cerf

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BEAUCOUP DE SOLDATS PASSÈRENT (Armand Bernier)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



BEAUCOUP DE SOLDATS PASSÈRENT

Beaucoup de soldats passèrent.
— De quel pays venaient-ils ?
Beaucoup de soldats passèrent.
— Quelle langue parlaient-ils ?
Je n’en sais plus rien, mon frère,
Car c’était au temps des guerres.
— Lesquels ont été vainqueurs ?
— Les soldats sont morts, mon frère,
Maudis les mauvais bergers.
Les soldats sont morts, mon frère,
Et les morts, me dit mon coeur,
Ne sont plus des étrangers…

(Armand Bernier)

Illustration: Jacqueline Fabbri

 

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LE MARTYRE DE SAINTE EULALIE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2019



 

MARTYRE DE SAINTE EULALIE

 

LE MARTYRE DE SAINTE EULALIE

PANORAMA DE MERIDA

Dans la rue court et bondit
Un cheval à la queue longue
Tandis que jouent où sommeillent
Quelques vieux soldats de Rome.
Une futaie de Minerves
Ouvre mille bras sans feuilles.
De l’eau suspendue redore
Les arêtes de rochers.
Une nuit faite de torses,
D’étoiles au nez cassé,
Attend les fentes de l’aube
Pour s’écrouler toute entière.
De temps à autre résonnent
Des jurons à crête rouge.
Les soupirs de l’enfant sainte
brisent le cristal des coupes.
La roue aiguise ses lames
et ses crochets suraigus.
Le taureau des forges brame
Et Mérida se couronne
De nards presque réveillés
et de mûres sur leurs tiges.

LE MARTYRE

Voici Flore nue qui monte
De petits escaliers d’eau. .
Le Consul veut un plateau
Pour les deux seins d’Eulalie.
De la gorge de la sainte
Sort un jet de veines vertes.
Son sexe tremble, embrouillé
Comme un oiseau dans les ronces
Sur le sol, déjà sans norme,
Sautent ses deux mains coupées
Pouvant encore se .croiser
Dans une prière ténue,
Ténue mais décapitée.
Et par les trous purpurins
Où naguère étaient ses seins
On voit des ciels tout petits
Ét des ruisseaux de lait blanc.
Mille petits arbres de sang
Opposent leurs troncs humides
Aux mille bistouris du feu.
De jaunes centurions,
Chair grise ayant mal dormi,
Vont au ciel entrechoquant
Leurs armures en argent.
Pendant que vibre confuse
Une passion de crinières
Et d’épées longues et courtes
Le Consul sur son plateau
Tient les seins fumés d’Eulalie.

ENFER ET GLOIRE

La neige ondulée repose.
Éulalie pend à son arbre.
Sa nudité de charbon
Charbonne les airs glacés.
La nuit tendre brille haut.
Eulalie morte dans l’arbre.
Tous les encriers des villes
Versent l’encre doucement.
Noirs mannequins de tailleurs
Vous couvrez la neige au loin.
Vos longues files gémissent
Un silence mutilé.
La neige vient à tomber.
Eulalie blanche dans l’arbre.
Des escadrons de nickel
Joignent à son flanc leurs lances.
On voit luire un ostensoir
Sur un fond de ciels brûlés
Entre des gorges d’eau douce,
Des bouquets de rossignols.
Sautez, vitres de couleurs !
Eulalie blanche sur neiges.
Des anges, des séraphins
Disent : Sainte, sainte, sainte.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Bernardo Martorell

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Quand le bois de nos meubles travaille (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019




Quand le bois de nos meubles travaille
dans un appartement sans rats
sans champignons
aux joints du parquet neuf
. . . . . . . . . . . . . . . . .
on se sent seul alors
ô soldats roux.

(Jean Follain)

 

 

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PLOMB D’AUTOMNE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



La lectrice - 25*39 cm - Encres sur papier - 2001

PLOMB D’AUTOMNE

Une fille phtisique est décédée,
Pâle, un rêveur s’est tué à minuit ;
C’est l’automne et déjà tombe la nuit…
— Que deviens-tu, mon aimée oubliée ?

Dans un jardin public, j’ai entendu
Hurler un fou, d’une voix de crécelle,
Les feuilles se détachent pêle-mêle,
Le vent souffle et tout espoir est perdu.

Dans la ville, de misère couverte,
J’ai rencontré un pope et un soldat…
Sur mes livres je dormirai, forçat
Perdu en quelque province déserte…

Déjà coule, par la terre erronée
Un lourd torrent de révolte et de maux
Lis-tu encor des sujets sociaux…
Ou qu’écris-tu, mon aimée oubliée ?

(George Bacovia)

 Illustration: Tanguy Kan

 

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Le son de sa voix n’est plus dans mon oreille (René Maublanc)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2019



Camille Godet [800x600]

Je n’irai pas au cimetière
Je cherche son souvenir,
Et non son cadavre.

***

C’est dans sa chambre,
Où flotte encore son âme,
Qu’est son vrai tombeau.

***

Le son de sa voix
N’est plus dans mon oreille;
Vais-je oublier – déjà ?

***

Mes amis sont morts.
Je m’en suis fait d’autres.
Pardon…

***

La nature a jeté
Sur les ruines humaines
La pitié de la neige.

***

Soleil de juin.
Le soldat, penché, veut boire
toute l’eau de la borne-fontaine.

(René Maublanc)

Illustration: Camille Godet

 

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