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LES MYSTÈRES DU TELEGRAPHE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020




    
LES MYSTÈRES DU TELEGRAPHE
À Françoise Gilot

Les enfants après l’école
aux poteaux du télégraphe
doucement l’oreille collent
poursuivant le temps qui passe
avec ses chevaux légers
ses fifres et ses tambours
et son charroi partagé
de bons et de mauvais jours

Ce n’est que le temps qui passe
ne sait pas ce qu’il dit
Il trébuche dans ses traces
Il se perd dans ses soucis
Beaux enfants d’après l’école
il sera bien temps plus tard
de savoir ce qui s’envole
de ces poteaux trop bavards

Ne sachant pas ce qu’ils disent
ne parlant que pour parler
les plaisirs qu’ils nous prédisent
les chagrins qu’ils annonçaient
sont promesses mensongères
Beaux enfants d’après l’école
méfiez-vous des jolis airs
que jouent ces poteaux frivoles

Il n’est qu’un seul coquillage
où l’on entende vraiment
la mer et ses beaux naufrages
la vie ses vrais accidents
C’est le coeur de la dormante
qui battra à vos côtés
dans des nuits si différentes
de celles des écoliers

Vous serez grandes personnes
ne jouant plus à la marelle
répondant au téléphone
n’ayant plus la varicelle
Vous porterez des moustaches
et ne mettrez plus l’oreille
aux poteaux du télégraphe
qui bredouillent leurs merveilles
mais nous laissent en carafe
entre demain et la veille.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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DU COTE DU LENDEMAIN (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020




    
DU COTE DU LENDEMAIN

Avec ta bouche tu me cherches
Comme un aveugle cherche une porte.
Ta raison s’est écroulée sous des mots fous
Et je suis tombé, vaincu,
Sous les murs de ta cité.
Pourquoi cette éclipse du soleil ?
Pourquoi les volcans ont-ils éclaté
Bouillonnant et crachant des flammes ?
Neige-t-il des cendres ou des silences
Dans le tumulte de la nuit partagée ?

Ce sont des cendres et des silences à venir.
C’est ce que disent les chouettes et toi
Par le terrestre tremblement
De tes ailes d’oiseau gigantesque.
Et voilà que tu as peur !
Il n’y a personne.
Un enfant a frappé à la porte,
De l’autre côté,
Du côté du lendemain.

(Mihai Beniuc)

 

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UN JOUR (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



    

UN JOUR

Un jour nous nous appellerons sans nous entendre,
L’un de nous deux ne répondra plus,
L’aile déchirée un oiseau tombera
Et son oeil effrayé cherchera pourquoi
Dans le hallier le chant ne répond plus;
Pour arriver au nid tu bats de l’aile
Et cette aile frappe la terre
Comme une main qui ne peut plus rien,
Et de l’autre tombent de chaudes gouttes de corail.
Tu cours te cacher, mais pourquoi, de qui ?
Et te voilà seul dans ta solitude.
On aurait dit qu’un coeur battait auprès du tien.
Pourquoi plus, maintenant ?
Oh ! si davantage encore nous nous étions aimés,
Alors, peut-être…
Et tout à coup tu t’entends parler seul,
C’est le vide qui te fait place,
C’est le silence qui t’écoute.
Qui a mis ces linceuls noirs sur les miroirs ?
A table tu tarderas
A prendre la cuiller dans ta main
Et la chaise, tu le sais trop,
Restera vide.
Les allées de l’automne seront beaucoup plus longues
Et tu redouteras de les suivre jusqu’au bout
Et tu n’auras plus envie
De revenir à la maison.

(Mihai Beniuc)

 

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NE SUIVEZ PAS LES ÉTOILES DE LA NUIT (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2020



Illustration: Vincent Van Gogh    
    
Dutch, English, Spanish, French, Italian, German, Portuguese, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaysia

VOLG VAN DE NACHT niet de sterren
maar stroomopwaarts de duisternis
die aards en tastbaar is

spaar de aalmoes niet
deel met de nachtnomaden
het brood en de wijn

werp rozen in de dageraad.

GERMAIN DROOGENBROODT
Uit “Tegenlicht – Contraluz”
Uitgeverij POINT 2004

***

Don’t follow the stars of the night
but upstream the darkness,
which is earthly and palpable.

Don’t spare the alms —
share bread and wine
with the nomads of the night.

Throw roses at the break of day.

GERMAIN DROOGENBROODT
From “Counterlight”
POINT Editions 2004

***

NO SIGAS DE LA NOCHE las estrellas
sino río arriba la oscuridad
terrestre y palpable

no ahorres la limosna
comparte con los nómadas de la noche
el pan y el vino

arroja rosas en el alba.

GERMAIN DROOGENBROODT

Traducción de Rafael Carcelén en colaboración con el autor
de “el Camino – Contraluz”
Calima Ediciones 2004, Palma de Mallorca &
Editorial POINT 2004, Bélgica-España

***

NE SUIVEZ PAS LES ÉTOILES de la nuit

mais à contre-courant
l’obscurité
terrestre et perceptible

n’épargnez pas l’aumône
partagez avec les nomades de nuit
le pain et le vin

jetez des roses
dans l’aube.

GERMAIN DROOGENBROODT
Traduction de Elisabeth Gerlache
de “Contre-lumière”

***

Non inseguire le stelle notturne
ma controcorrente l’oscurità
terrestre e palpabile

non risparmiare l’elemosina
spartisci con i nomadi della notte
il pane e il vino

getta rose nell’alba.

GERMAIN DROOGENBROODT
Traduzione di Tiziana Orrù
di “Controluce”
Edizione puntoacapo, Novi Ligure, Italia

***

FOLGE DER NACHT, nicht den Sternen
sondern stromaufwärts der Finsternis
die irdisch und greifbar ist

spare an den Almosen nicht
teile mit den Nachtnomaden
das Brot und den Wein

wirf Rosen in die Morgenröte.

GERMAIN DROOGENBROODT
Nachdichtung in Zusammenarbeit mit dem Autor von
Charlotte Karner und Roman Baumgartner
Aus “Gegenlicht ─ Contraluz »

***

NÃO SIGAS AS ESTRELAS da noite
mas rio acima a escuridão
terrestre e palpável
não poupes a esmola

divida-a com os nómades da noite

o pão e o vinho
arroja rosas no amanhecer.

GERMAIN DROOGENBROODT

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

NU TE CĂLĂUZI după stelele nopții
ci după întunecimea din susul râului

terestră și palpabilă
nu cruța ce-i al tău
împarte pâinea și vinul
cu nomazii nopții

întâmpină cu trandafiri revărsatul zorilor.

GERMAIN DROOGENBROODT

Traducere: Daniela Andronache
Din „Counterlight ─ Contralumină”, Ed. Ex Ponto, Constanța 2004

***

Nie podążaj za gwiazdami nocy
ale pod prąd ciemności,
która jest taka realna i namacalna.

Nie skąp jałmużny —
dziel chleb i wino
z nomadami nocy.

Rzucaj róże u progu dnia.

GERMAIN DROOGENBROODT

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
[z:] “Counterlight”[‘Przeciwświatło’]
Wyd. POINT Editions 2004 r.

***

ΜΗΝ ΑΚΟΛΟΥΘΕΙΣ

Μην ακολουθείς τ’ άστρα της νύχτας
σκοτάδι μόνο αντίθετα στο ρεύμα
μα γήινο και χειροπιαστό

δώσε αφειδώς ελεημοσύνη
μοιράσου το ψωμί και το κρασί
με τους νομάδες της νυχτιάς
μες στο ξημέρωμα πέταξε ρόδα.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη//

GERMAIN DROOGENBROODT
Translated in Greek by Manolis Aligizakis
From “Counterlight”
POINT Editions 2004

***

别跟夜晚的星星走
但走向黑暗的上游
黑暗就是人间的和可触的

不要吝啬施舍
与夜晚的游牧人
分享面包和葡萄酒

在天破晓时抛玫瑰。

原 作:西班牙 乔曼·卓根布鲁特

汉 译:中 国 周道模 2020-6-5
GERMAIN DROOGENBROODT

Chinese translation: William Zhou
From “Counterlight”, POINT Editions 2004

***

لا تهتدوا بنجوم الليل وأحرى لكم
أن تمخروا عباب الظلام،
فأنتم أدرى به وهو الأقرب إليكم.
لا تبذروا خبزكم الشهي ـ
ونبيذكم
مع من ترتحلون في الليل.
أنثروا الزهور مع إشراقة النهار.

جيرمان دروغنبروت
ترجمة عن الانجليزية: سارة سليم

من “Counterlight”
POINT Editions 2004

***

के तारों के
पीछे मत जाओ
लेकिन अंधेरे के ऊपर,
जो सांसारिकऔर गूढ़ है।
भिक्षा देना मत छोड़ो-
रोटी और शराब बांटे
रात के खानाबदोशों
के साथ।
दिन की भोर में
गुलाब फेंकते हैं।
जर्मेन ड्रोजेनोब्रोड्ट

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

夜の明るい星々につき従うのではない
暗闇の流れに逆らって歩むのだ

そのほうが土のようにたくましく生きることができる

施しを惜しんではいけない
パンとワインを分かち合うのだ
夜の遊牧民たちとともに
夜明けにバラの花をまくがいい

ジャーマン・ドローゲンブロート(2004)
「Counterlight(逆光)」より
POINT Editions 2004

***

در شب ستاره ها را دنبال نکن
اما بالادست تاریکی
که زمینی و قابل لمس است
خوبی ها را صرفه جویی نکن
نان و شراب را قسمت کن
با خانه به دوشانی از شب
گلهای رز رادر سحرگاه پرتاب کن.
جرمین دروگنبرودت
ترجمه سپیده زمانی

***

Не следвай звездите на нощта,
но тръгни срещу тъмнината,
която е суетна и осезаема.

Не пести милостинята –
споделяй хляб и вино
с номадите на мрака.

Хвърляй рози с началото на деня.

Из „Контрасветлина”
И-во POINT 2004
ПРЕВОД ОТ АНГЛИЙСКИ: ИВАН ХРИСТОВ

***

Eltið ekki stjörnur næturinnar
heldur á móti straumnum
jarðneskt og áþreifanlegt myrkrið.

Sparið ekki ölmusu —
gefið flækingum næturinnar
af brauðinu og víninu.

Varpið rósum í morgunroðann.

GERMAIN DROOGENBROODT

Þór Stefánsson þýddi
Úr “Counterlight”
POINT Editions 2004

***

Ходи не за ночными звездами,
ходи против течения
земной и зримой тьмы.

Не жалей милосердия,
с ночными странниками
дели вино и хлеб,

Разбрасывай розы на рассвете.

ГЕРМАЙН ДРОГЕНБРОДТ

ПЕРЕВОД ДАРЬИ МИШУЕВОЙ
Из: «Подсветка» – “Tegenlicht – Contraluz”
Издательство POINT 2004

***

USAH IKUT BINTANG malam
tapi mudiklah kegelapan
yang lebih duniawi dan ada kewujudan
Usah hulurkan sedekah

sebaliknya agihkanlah makanan dan minuman

kepada nomad malam.

Taburkan bunga mawar pada waktu subuh.
GERMAIN DROOGENBROODT, SEPANYOL
Penterjemah : Dr. Raja Rajeswari Seetha Raman

Sumber: “Counterlight”
POINT Editions 2004

(Germain Droogenbroodt)

Recueil: ITHACA 635
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Je t’aime, ô mon amour ! ô toi qui me ressembles! (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



Je t’aime, ô mon amour ! ô toi qui me ressembles!
Pauvre coeur inquiet qu’aucun bonheur n’emplit,
Missel enluminé qui s’attriste d’un pli,
Forêt d’où sort la plainte éternelle des trembles !

Je t’aime, ô ma beauté, puisque ton sort est tel
Que tu rêves d’amour en sachant que je t’aime,
Toi qui, pareille à moi, te tourmentes toi-même
En sentant fugitif ce qu’on rêve immortel.

Toi pour qui le présent est une source en fuite
Où, parmi l’eau qui souffre, on se mire un moment,
Tu comprends que je pleure, inconsolablement,
Le passé triste et cher comme un pays qu’on quitte.

Je t’aime, ô mon amour ! ô mon ombre ! ô ma soeur !
Il semble – tant notre âme a la même chimère —
Que nous avons jadis aimé la même mère
Et du même baiser partagé la douceur !

Je t’aime, ô mon amour, parce que l’un et l’autre
L’infini nous sépare ainsi qu’un noir témoin,
Puisque, même enlacés, nous nous sentons si loin
Sans jamais pouvoir faire un seul coeur qui soit nôtre !

Car nous sommes pareils à des miroirs jumeaux
Où tout se mire et luit d’identique manière,
Mais l’ombre de la nuit absorbe la lumière
Et nous nous sentons loin dans l’exil des trumeaux.

O coeur semblable au mien — coeur profond qui m’évoques
Un ciel d’automne, un ciel maladif et changeant
Où fleurit, parmi les nuages voyageant,
Toute une floraison d’étoiles équivoques !

(Georges Rodenbach)

Illustration: Lauri Blank

 

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CONJUGAISON D’AMOUR … POUR UN ENFANT (Jacqueline Commard)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2020



CONJUGAISON D’AMOUR … POUR UN ENFANT

Un vent d’Amour a conjugué
Au « présent » le verbe s’aimer
Et c’est ainsi qu’en doux murmures
La vie engendra le « futur ».

Le « passé », « simple ou composé »
De rêve et de réalité
Se voit subitement refait
Par un désir « plus-que-parfait » …

Au « présent » du « conditionnel »
L’espérance prendra des ailes
Criant son bonheur à tout prix
D’un « verbe » haut ! Avec des si …

Si l’on peut ceci … ou cela …
Si l’enfant est beau comme un Roi …
S’il a la grâce de sa mère …
La force tranquille de son père …

Mais, le « futur » n’en a que faire
Il dort … tout au creux de sa mère
Ne demandant que de l’Amour
A partager jour après jour.

Il pourra bientôt « conjuguer »
A tous les « temps » le « verbe » aimer
Et celui d’ « être » à part entière
Au milieu de cet Univers !

Le « passé » a fermé ses portes
C’est le vent d’Amour qui l’emporte
Il se tient fier, droit comme un if
Le Bonheur est « impératif » ! …

(Jacqueline Commard)

 Illustration: Jean Louis Jabalé

 

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JOURS QUI VIENDRONT (Pinelopi Ntountoulaki)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2020




    
JOURS QUI VIENDRONT

En un temps où les routes sont désertes
où les personnes qui sortent portent un masque chirurgical
vous verrez peut-être un héron tremper ses pattes dans le lac.
Merles, pigeons sauvages et moineaux volent en tous sens,
ils chantent,
ils partagent leur joie avec chaque âme.
Le gel fait place au soleil,
l’incertitude se mue en attente.
Et une pensée germe en vous: « C’est vrai,
nous sommes à l’aube de jours meilleurs ! »

***

EΟΙ ΜΕΡΕΣ ΠΟΥ ΕΡΧΟΝΤΑΙ

Τον καιρό που οι δρόμοι είναι άδειοι
και όσοι βγαίνουν έξω από το σπίτι
φορούν μάσκα χειρουργείου
μπορεί να τύχει να δεις ένα ερωδιό να βουτά τα πόδια του στη λίμνη.
Κοτσίφια, αγριοπερίστερα, σπουργίτια πετούν γύρω
τραγουδούν
μοιράζονται το τραγούδι τους με κάθε ψυχή.
Η παγωνιά παραχωρεί θέση στον ήλιο
η αβεβαιότητα μετουσιώνεται σε προσδοκία.
Τότε αρχίζεις να σκέφτεσαι: « Αληθινά,θα έρθουν καλύτερες μέρες! »

***

DAGEN DIE ZULLEN KOMEN

In een tijd waar de wegen leeg zijn
en mensen die naar buiten komen chirurgische maskers dragen
zie je misschien een reiger die zijn poten in het meer dompelt.
Merels, wilde duiven en mussen vliegen in het rond,
ze zingen,
ze delen hun vreugde met iedere ziel.
De vorst maakt plaats voor de zon,
onzekerheid verandert in verwachting.
En je begint dan te denken: « Het is waar,
betere dagen zijn op komst!”

***

***

DÍAS POR VENIR

En un tiempo con carreteras vacías
y gente saliendo con mascarilla quirúrgica
quizás veas una garza mojando sus pies en el lago.
Mirlos, palomas y gorriones vuelan alrededor
cantan
compartiendo su alegría con nosotros.
La helada da paso al sol,
la incertidumbre se vuelve expectativa.
Piensas entonces: « ¡Es verdad
que vendrán días mejores! ».

***

GELECEK GÜNLER

Yolların boş olduğu bir zamanda
ve dışarı çıkan insanlar ameliyat maskesi takar
Ayaklarını gölün içine sokan bir balıkçıl görebilirsiniz
Etrafında karatavuk, yabani güvercinler, serçeler uçar
Şarkı söylerler
Paylaşırlar sevinçlerini her ruhla
Don yerini Güneş’e verir
Bilinmezlik beklentiye dönüşür
Sonra düşünmeye başlarsın “Doğru ki, güzel günler gelecek”

***

DAYS TO COME

At a time when roads are empty
and people getting out wear a surgical mask
you may see a heron dipping his feet into the lake.
Blackbirds, wild pigeons, sparrows fly around
they sing
share their joy with every soul.
The frost gives way to the sun
uncertainty transforms into expectation.
Then you start thinking: »It’s true that better days shall come!

***

GIORNI A VENIRE

Un tempo, quando le strade erano deserte
e la gente usciva indossando mascherine
potevi vedere un airone con le zampe immerse nel lago.
Merli, colombi selvatici, passeri volano intorno
e cantano
per condividere la loro gioia con ogni anima.
Il gelo lascia il passo al sole
l’incertezza si trasforma in speranza.
Allora incominci a pensare:
 » veramente arrivano giorni migliori! »

***

DAGAR Í VÆNDUM

Á tímum þegar göturnar eru auðar
og fólk fer út með skurðstofugrímur
sérðu kannski hegra dýfa fæti í tjörnina.
Svartþrestir, villtar dúfur og spörvar fjúga um
syngjandi
segja hverri sál frá gleði sinni.
Frostið víkur fyrir sólinni
óvissa breytist í von.
Þá ferð þú að hugsa: „Það er satt að bráðum kemur betri tíð! »

***

***

***

JORNA C’HANNU A VENIRI

Di Pinelopi Ntountoulaki
A lu tempu quannu li strati su diserti
E la genti ca nesci si metti na maschira
Si pò vidiri quacchi airuni cu li pedí nta un lagu.
Corvi, picciuni sarvaggi, passunu ntall’aria
Cantanu
Spartennusi la gioia cu lu munnu.
Lu gielu duna postu a lu suli
Ii dubbii diventanu spiranzi
Poi ti veni di pinzari:
“È veru ca megghiu jorna hannu a rrivari”.

***

KOMMENDE TAGE

Zu einer Zeit, in der die Straßen leer sind
und Menschen, die ausgehen, eine chirurgische Maske
tragen,
siehst du vielleicht einen Reiher, der seine Füße in den See
taucht.
Amseln, wilde Tauben und Spatzen fliegen herum
sie singen,
sie teilen ihre Freude mit jeder Seele.
Der Frost weicht der Sonne,
Unsicherheit verwandelt sich in Erwartung.
Dann fängt man an zu denken: « Es ist wahr,
es kommen bessere Tage!

***

OS DIAS QUE VIRÃO

Num tempo em que as estradas estão vazias
e quem sai usa máscara cirúrgica
pode ser que vejas uma garça submergindo seus pés no lago.
Sabiás, pombas selvagens, pardais voam em volta e
cantam
compartilham sua alegria com cada alma.
A geada dá passagem ao sol,
a incerteza transforma-se em expectativa.
Começas, então, a pensar: “É verdade
que dias melhores virão!”

***

ZILE CARE VOR VENI

La vremea străzilor pustii,
cu trecători purtând măști medicale,
poate-ai să vezi un stârc trecându-și tălpile
prin apa vreunui lac și porumbei, mierle sau vrăbiuțe
ciripind în văzduh,
semănând voioșie în orișicare suflet.
Bruma va face-atunci loc soarelui
iar îndoiala, preschimbată în nădejde,
îți va îngădui un gând: „E cert, vin zilele mai bune.“

***

***

***

***

将来的日子

在道路空旷的时候
出门的人都戴着口罩
你也许看到一只鹭丝把脚伸进湖水。
黑鹂,野鸽,麻雀到处飞
他们唱歌
与每个灵魂分享它们的快乐。
霜冻让位给太阳
不确定性转化为期望。
你就开始想: “好点的日子真的会来! ”

***

DNI, KTÓRE NADEJDĄ

W czasie, gdy ulice są puste
a ludzie wychodząc z domu zakładają chirurgiczne maski
może się zdarzyć, że zobaczysz czaplę
zanurzającą nogi w jeziorze.
Wokół latają kosy, dzikie gołębie, wróble,
śpiewają,
dzielą się swoją radością z każdą duszą.
Mróz ustępuje miejsca słońcu,
niepewność zmienia się w oczekiwanie.
Wtedy zaczynasz myśleć: « To prawda, że nadejdą lepsze dni!

(Pinelopi Ntountoulaki)

 

Recueil: ITHACA 632
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Persan Sepideh Zamani / Espagnol Rafael Carcelén / Turc Serpil Devrim / Anglais Stanley Barkan / Italien Luca Benassi / Islandais Thor Stefánsson / Hébreu Dorit Wiseman / Japonais Naoshi Koriyama / Sicilien Gaetano Cipolla / Allemand Wolfgang Klinck / Portugais José Eduardo Degrazia / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Russe Daria Mishueva / Arabe Sarah Silt / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Poème envoyé à Zuo après son retour à la montagne (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



    

Poème envoyé à Zuo après son retour à la montagne

Sous la rosée blanche, les millets sont mûrs
L’ancienne promesse fut de les partager
D’ores et déjà fauchés et moulus fin
Pourquoi tarde-t-on à me les envoyer

Si leur goût ne vaut pas les chrysanthèmes d’or
Leur parfum s’accorde avec le bouillon de mauves
Nourriture qu’aimait jadis le vieil homme
Tiens, à y penser, l’eau me monte à la bouche !

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Invitation (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020



    

Invitation

Le vent et l’orage cinglant autour de moi,
je monte là-haut sur la montagne et la lande.
Qui veut me rejoindre ? Qui veut gravir les cimes avec moi ?
Traverser les torrents, tailler son chemin dans la neige ?

Ce n’est pas dans le cercle étriqué des cités
que j’habite, à l’étroit entre vos portes et vos murs ;
au-dessus de moi Dieu est bleu dans le ciel,
contre moi le vent et la tourmente se rebellent.

Ici dans mes domaines je joue avec la solitude,
de l’infortune je me suis fait une amie.
Qui veut vivre vaste ? Qui veut vivre libre ?
Qu’il grimpe ici sur les sommets battus par les vents.

Je suis le seigneur de la tempête et de la montagne,
je suis l’Esprit de liberté et de fierté.
Fort doit-il être et allié du danger,
qui partage mon royaume et marche à mes côtés

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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La pauvre fille (Alexandre Soumet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
La pauvre fille

« Oh! pourquoi n’ai-je pas de mère?
Pourquoi ne suis-je pas semblable au jeune oiseau
Dont le nid se balance aux branches de l’ormeau?
Rien ne m’appartient sur la terre;
Je n’eus pas même de berceau,
Et je suis un enfant trouvé sur une pierre
Devant l’église du hameau.

Loin de mes parents exilée,
De leurs embrassements j’ignore la douceur,
Et les enfants de la vallée
Ne m’appellent jamais leur soeur!
Je ne partage pas les jeux de la Veillée;
Jamais sous son toit de feuillée
Le joyeux laboureur ne m’invite à m’asseoir;
Et de loin je vois sa famille,
Autour du sarment qui pétille,
Chercher sur ses genoux les caresses du soir.

Vers la chapelle hospitalière
En pleurant j’adresse mes pas,
La seule demeure ici-bas
Où je ne sois point étrangère,
La seule devant moi qui ne se ferme pas!

Souvent je contemple la pierre
Où commencèrent mes douleurs;
J’y cherche la trace des pleurs
Qu’en n’y laissant peut-être y répandit ma mère.
Souvent aussi mes pas errants
Parcourent des tombeaux l’asile solitaire,
Mais pour moi les tombeaux sont tous indifférents.
La pauvre fille est sans parents
Au milieu des cercueils ainsi que sur la terre.
J’ai pleuré quatorze printemps
Loin des bras qui m’ont repoussée
Reviens, ma mère, je t’attends
Sur la pierre où tu m’as laissée! »

(Alexandre Soumet)

 

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