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NOCTURNE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration
    
NOCTURNE

le vent plus sûr de nous que nous ne sommes
s’empara du trône de minuit

déjà l’écume avait franchi d’attendre
ébouriffés ses cheveux jubilaient

sachant souffrir le cri des grands lointains
même un brin d’herbe avait sa tâche

entre nous deux s’éboulaient tous les mots
si vif est le silence des yeux clairs qui nous lavent

tu rêvais de marcher sur les eaux
elles s’étaient portées garantes

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane
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Où sont nos mains (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Arnold Böcklin
    
où sont nos mains quand plus rien ne se prend
où sont nos voix quand plus rien ne se dit
où bat le coeur quand plus rien ne se perd
est-ce dans l’île au loin si vive
vers quoi la barque du sommeil nous porte

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Clausule (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration: Heinrich Vogeler

    

Clausule

Je ferme la fenêtre
sur Mélusine
reine de l’autre rive

Je sais qu’elle continue
de vivre et de bâtir
prés des sources d’eau vive

Je sais qu’elle a perdu
le désir de mourir
perdu sur un chemin

C’était au crépuscule
quatre troubadours
s’en venant au château

Lui ont joué un air
embaumant la violette
et elle l’a trouvé beau

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Bacchus (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration: William Bouguereau
    
Bacchus

Le sélian et le vieux-magon
le saint-augustin et le mornag
me font sortir de mes gonds
Vive le son vive la vague
Emportez bouchons et bougons

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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SAINTE VERONIQUE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



Illustration: El Greco
    
SAINTE VERONIQUE

Jésus Marie qu’est-ce qui m’arrive ?
Disait la femme plus morte que vive

La balayeuse de wagons
Dans un couloir du Paris-Lyon

Plus de vingt ans sur le métier
Mis et remis mon tablier

Pour découvrir chose pareille
A retourner tête et planète

C’est pas normal ça constitue
Un défaut d’organisation de plus

Cependant elle considère
Dans le petit matin sévère

Les journaux gras les coques d’oeuf
Sa modeste pension de veuve

Quoi ! Appeler gens et police
Et voir mon nom sur des registres

Mieux vaut cacher au fond du coeur
Le visage du Voyageur !

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Le Crapaud (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2017




    
Le Crapaud

Un chant dans une nuit sans air…
— La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.
… Un chant; comme un écho, tout vif
Enterré, là, sous le massif…
– Ça se tait: Viens, c’est là, dans l’ombre…

[…]

… Il chante. — Horreur!! — Horreur pourquoi?
Vois-tu pas son oeil de lumière…
Non: il s’en va, froid, sous sa pierre.
Bonsoir — ce crapaud-là c’est moi.

(Tristan Corbière)

 

Recueil: Les Amours jaunes
Traduction:
Editions:

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Intolérable jour (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2017



Illustration
    
Intolérable jour.
Changer le sang contre de l’eau.

Les moissons crient le long des routes
où la poussière taille ses aveuglants manteaux,
chair répandue,
pavots vifs des chars.

Le soleil envolé
tire l’eau de nos puits
et les ruisseaux se taisent sous les joncs fascinés.

Le désir est déjà dans la proie convoitée
que la sueur habille
souffle dans les coeurs noirs et le sang plus épais
son espoir d’étincelle.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Le Pion (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017




    
Le Pion

Devant une partie d’échecs, souvent,
je suis des yeux la progression d’un Pion
qui pas à pas chemine vers l’avant
et touche enfin à la ligne du fond.
Il marche vers son but de si bon coeur
qu’on peut penser que l’attendent là-bas
on ne sait quels plaisirs et récompenses.
En route il doit subir plus d’une épreuve.
Des fous lui jettent leurs lances de biais ;
il est frappé par des tours qui avancent
en ligne droite ; et de vifs cavaliers
à l’intérieur de leurs carrés s’efforcent
de l’amener à tomber par la ruse ;
tandis que çà et là, menace oblique,
un pion se place en travers de sa route,
envoyé là par le camp ennemi.

Mais il échappe aux dangers qui l’assaillent
et touche enfin à la ligne du fond.

Toucher au but, quel triomphe pour lui,
sur cette ligne ultime, et si terrible !

Car c’est ici que le Pion va mourir
et ses efforts n’ont servi à rien d’autre.
C’est pour la reine, qui va nous sauver,
qui grâce à lui va sortir de la tombe,
qu’il descendra dans l’Hadès des échecs.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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Lorsque j’aimais (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 

Illustration: Marc Chagall
    
Lorsque j’aimais

Lorsque j’aimais, je n’ai guère —
amis, voilà bien longtemps —
vécu sur la même terre
que ses autres habitants.

Un emportement lyrique
m’apportait, quoique trompeur,
une volupté unique,
un vif et ardent bonheur.

Toute chose il me montrait
sous le plus riant des jours,
donnant des airs de palais
au petit nid de l’amour.

Sa robe de pauvre allure
au vieux calicot déteint,
me semblait, je vous le jure,
faite de soie, de satin.

Deux bracelets de pauvresse
ornaient ses poignets ; pour moi
c’étaient bijoux de princesse,
qui ravivaient mon émoi.

Elle avait souvent la tête
couronnée de fleurs des champs ;
quel somptueux bouquet de fête
fut pour moi plus alléchant ?

Le sol était doux naguère,
quand près d’elle je marchais ;
soit il n’y avait point d’ornières,
soit la terre les cachait.

Aussi, moins touché je reste
par les rhéteurs, les savants,
que par le moindre des gestes
qu’elle m’adressait, avant.

Lorsque j’aimais, je n’ai guère —
amis, voilà bien longtemps —
vécu sur la même terre
que ses autres habitants.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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M’en allant par la bruyère (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



marie noel 01

M’en allant par la bruyère
– Buisson rouge, buisson blanc –
Pour cueillir la fleur dernière
Qui pousse au milieu du vent.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

Passant vers la clématite
– Le rouge-gorge est dedans –
J’ai rencontré la nourrice
Qui mène au bois ses enfants.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

Les trois plus beaux vont derrière,
Les trois plus gais vont devant,
Mais la petite dernière
Traîne le pied marchant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

Passant par le champ de trèfle
– Ses frères sont loin du champ –
Elle baisse un peu la tête,
Elle s’arrête en pleurant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Viens-t’en, ma petite rose,
Ma mie, avec moi viens-t’en.
Nous rattraperons les autres
À travers les pays grands.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Donne-moi ta main sauvage
Qui tient une fleur au vent;
Donne-moi ton doux visage
Et ton joli cœur battant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Donne-moi ton cœur qui tremble
Avec son chagrin dedans;
Nous le porterons ensemble
Sous mon grand manteau flottant.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« Et j’endormirai ta peine
Le long des bois en chantant.
Ta peine d’aujourd’hui même
Et celles des autres temps.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

« La plus vive, la plus folle
Qui sort du monde au printemps
Et celle qui vient d’automne
Pour faire mourir les champs.
Buisson rouge, buisson jaune, buissons au loin buissonnant.

(Marie Noël)

Découvert ici: https://lilousoleil.wordpress.com

Poème pour Le cahier des poésies d’Asphodèle

 

 

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