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Poésie

Posts Tagged ‘tempe’

ATTENTE (Rina Chany)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022




Illustration: Véronique Wibaux 
    
ATTENTE

Dans les lointains
dans les silences je
tisse ton image de
nuits
et de mer.

dans les bûchers
dans les courants je
forme ton argile de
fumées
et de vent.

tous les voiliers ont fait naufrage
et il n’y a que tes pas
qui battent
battent
battent

à mes tempes.

(Rina Chany)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Nicolas Lazar
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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LE SENS DE LA MARCHE (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2022



    

LE SENS DE LA MARCHE

Qu’il le veuille ou non
L’horizon m’accompagne
C’est une chimère en chemin
Une rumeur sourde qui secoue les lointains
Une manière de lâchez-tout
De providence accidentelle
À hauteur des yeux et des tempes

Là-bas est un autre
Là-bas est un être de chair et de vent
Que j identifie à merveille
Dans le sens de la marche
Un sortilège de sables mouvants
Une vue de l’esprit dans un mouvement
Qui se conjugue au futur intérieur

Au futur infaillible

(André Velter)

Recueil: Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu es prêt à partir (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2022


fragile

Tu confonds « temple » et « tempes »,
tu es prêt à partir,
partir en reconnaissance.

(Pierre Dhainaut)

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Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit (Taï-Cho-Lun)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022




    
Dans une hôtellerie, le dernier soir d’une année qui s’accomplit

Qui s’intéresse à moi dans cette hôtellerie ?
Avec qui pourrais-je échanger quelques mots ?
Une lampe froide, voilà mon unique compagnie.
Cette nuit même, une année de plus doit s’accomplir,
Et j’ai parcouru mille lieues,
et je ne revois pas encore mon pays.

Seul avec mes soucis,
je passe en revue ma vie entière ;
N’est-il pas risible et attristant tout à la fois
que notre misérable corps ne puisse tenir en place ?

Mon visage est chagrin,
les cheveux de mes tempes grisonnent,
Et demain commence la nouvelle année,
et c’est ainsi que je vais accueillir
le nouveau printemps.

Bien des années déjà se sont écoulées,
sans me laisser le cœur satisfait.
Que faut-il espérer de celle qui commence ?

Parmi les anciens compagnons
de ma jeunesse et de mes loisirs,
Quelques-uns ont atteint ce qu’ils poursuivaient :
mais combien la mort en a-t-elle surpris !

Désormais, je veux que le repos soit le but
vers lequel tous mes désirs se concentrent ;
Je veux renoncer aux fatigues vaines,
pour obtenir du moins la longévité.

La beauté du printemps n’a point d’âge ;
elle est, elle sera toujours la même ;
J’en jouirai dans ma pauvre demeure,
autant qu’un prince dans son palais.

(Taï-Cho-Lun)

 

 

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SOMMEIL ET REPAS (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2021



Illustration: Eugène Carrière
    
SOMMEIL ET REPAS

Le souffle de la nuit est ton drap, la ténèbre se couche contre toi.
Elle t’effleure la cheville et la tempe, te réveille à vie et sommeil,
elle te traque et déniche dans un mot, un désir, une pensée,
elle couche avec chacun d’eux, elle t’appâte et débusque.
Elle te peigne le sel des cils et te le donne à manger, à l’écoute de tes heures,
elle en recueille le sable et te le sert à table.
Et ce que, rose, elle fut, ombre et eau, elle te le verse.

(Paul Celan)

Recueil: Choix de poèmes
Traduction: Jean-Pierre Lefebvre
Editions: Gallimard

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L’OREILLE (Gabrielle Marquet)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2021



Anna Karin 7386

L’OREILLE

L’oreille aux poteaux télégraphiques écorchés
j’entends le ciel frire
Le vent se piège
à ma hanche qui tremble
Ce qui se module à mes genoux
n’a pas le goût de l’archet
nettoyé à ma tempe
ni celui de l’abeille
qui veut s’envoler de ma langue

Le soleil devient os
et la plaine goudron
Par les mots fouettée
je deviens nue
guitare.

(Gabrielle Marquet)

Illustration: Anna Karin

 

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UN PETIT SOUPIR (Yvan Goll)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2021



 

Un petit soupir
A frôlé ma tempe
Un soupir jeune encore
Venu de loin
Malgré la colère du vent
Malgré le fracas des ferrailles
Perçant l’épaisseur de la terre
Bravant l’inimitable silence de la mort
Il est venu vers moi
Le dernier soupir
D’une rose

(Yvan Goll)

 

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Pourquoi ce vide pourquoi ce manque (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2021



Illustration: Anne-Marie Zilberman
    
pourquoi ce vide
pourquoi ce manque

j’ai faim de ta voix claire
mais si doux soient tes mots
ils ne délivrent pas
ce qu’attendait ma nuit

pourquoi ce vide
pourquoi ce manque

j’ai faim de ton regard
mais quand je le reçois
il ne m’est rien donné
qui pourrait m’assouvir

pourquoi ce vide
pourquoi ce manque

j’ai faim de ton visage
mais quand il s’offre à moi
je tremble de voir le temps
cheminer dans tes rides

*

j’ai faim de tes flancs nus
mais quand je les pétris
la houle ne s’apaise pas
qui déferle à mes tempes

pourquoi ce vide
pourquoi ce manque

j’ai faim de ton secret
mais quand je plonge en toi
c’est un peu plus d’angoisse
qui s’ajoute à la mienne

pourquoi ce vide
pourquoi l’attente

pourquoi ce tourment
qui nous rend étrangers
cette creusante nostalgie
qui nous livre à l’exil
nous laisse déçus amers avides

nous laisse déçus amers

avides

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Déclaration d’identité (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021




    
déclaration d’identité

Non, je n’avalerai pas vos paroles
fantômes vos paraboles
d’inventaire, vos courbes de
Bourse de massacres.

Je choisis les cris
d’oiseaux de mer

le craquement des pierres

tout ce qui brave, hurle, éclate muettement dans le monde.

Le sang aux tempes, le coeur battant, le toc des artères,
c’est aussi ma parole

touchable
sous le doigt.

Au bord du temps
je tâte l’incertain
dans les feuilles des arbres
aux cellules pourtant si proches
de mes propres cellules, closes en cette chair
qui se retire et se rapproche
jusqu’à coller au tissu végétal
pour reconnaître
un rapport très sourd
un micron de complicité

main, feuille, ensemble,
toutes deux nervurées, actives, sève et sang,
nous affirmons, nous attestons la vie.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Je me rappelle fort bien une autre jeune fille (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2020



    

Je me rappelle fort bien une autre jeune fille
[…]
Mais il me paraît si invraisemblable
que j’aie pu être cette petite Resi
et que je serai un jour une vieille femme.
[…]
Comment ces choses-là arrivent-elles ?
Comment le bon Dieu peut-Il faire cela ?
Alors que moi, je reste toujours la même.
Et s’il faut qu’il agisse ainsi, pourquoi me laisse-t-Il le voir en spectatrice,
avec une aussi nette perception ? Pourquoi ne me le cache-t-Il pas ?
Tout cela est mystérieux, si profondément mystérieux
[…]
Je suis d’une humeur où je ressens très fortement
la fragilité de toutes les choses de ce monde.
Je sens jusqu’au fond du coeur, que l’on ne doit rien garder,
que l’on ne peut rien saisir, que tout nous coule entre les doigts,
que tout ce que nous cherchons à prendre se dissout,
que tout s’évanouit comme une vapeur ou un rêve.
[…]
Le temps, c’est une chose étrange.
Tant qu’on se laisse vivre, il ne signifie absolument rien du tout.
Et puis, brusquement,
on n’est plus conscient de rien d’autre.
Il est tout autour de nous. Il est même en nous.
Il ruisselle sur nos visages, il ruisselle sur le miroir,
il coule entre mes tempes.
Et, entre toi et moi,
il coule encore, sans bruit, comme un sablier.
Oh, Quinquin ! Parfois, je l’entends qui coule— irrémédiablement.
Parfois, je me lève, au milieu de la nuit
et j’arrête toutes les pendules, toutes.

(Hugo von Hofmannsthal)

    

Recueil: Le chevalier à la rose
Traduction:
Editions:

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