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Poésie

Posts Tagged ‘clé’

PEINE DE MORT (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



PEINE DE MORT

Je suis prêt à vous suivre
C’est encore une chance de vivre
Un moyen comme il faut pour mourir
Et l’idée d’être un homme
Me donne envie de rire

Regarde-moi
Je ne veux que tes yeux pour me photographier
Tes cils sont plus secrets que les fils barbelés

Je pars sans haine et sans défense

Oh sont les clés de mon enfance
Le dernier carré de ciel bleu
Et ceux qui partageaient leur coeur
Pour me donner la préférence.

(René Guy Cadou)

Illustration: Benoit Colsenet

 

 

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Le coeur s’est refermé (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



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Le coeur s’est refermé
Les mains se sont éteintes
Sous le toit défleuri
La misère qui tinte
Mais les oiseaux sauvés
La dernière clé d’or allumée sur la porte
Et les chiens d’aube qui rapportent
Quelques lambeaux d’été
Des plumes de lumière
Les cloches réveillées au fond de la rivière
Tout le ciel de côté

Chacun reprend courage
Et la route est partie sous l’aile de l’orage
L’homme sur sa chanson
Que le plus clair de nous éclaire ton visage

(René Guy Cadou)

 Illustration

 

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Chambre de la douleur (René-Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017


Chambre de la douleur

La porte est bien fermée
Une goutte de sang reste encor sur la clé

Tu n’es plus là mon père
Tu n’es pas revenu de ce côté-ci de la terre
Depuis quatre ans
Et dans la chambre je t’attends
Pour remailler les filets bleus de la lumière

La première année j’eus bien froid
Bien du mal à porter la croix
Et j’usai mes belles mains blanches
A raboter mes propres planches
Déjà prêt à partir sans toi

Puis ce fut le printemps la pâque
Je te trouvai au fond de chaque
Sillon de chaque grain de blé
Et dans la fleur ouverte aux flaques
Impitoyables de l’été

Jamais plus les oiseaux n’entreront dans la chambre
Ni le feu
Ni l’épaule admirable du soir
Et l’amour sera fait d’autres mains
D’autres lampes

O mon père
Afin que nous puissions nous voir.

(René-Guy Cadou)

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5 QUAI HOCHE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2017



 

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5 QUAI HOCHE

La nuit
La ville morte
Et la clé sur la porte
Les malles closes
Derrière ce mur tant de choses
Qu’on n’emporte pas
Tout ce qui perce encore le plafond
La trace chaude de mon front
Sur la vitre mouvante
Les douze coups de l’épouvante
Entre le ciel et moi
Et la lune qui règle la marée des toits

Un pas de plus
Et je tombe entre tes mains
Ma tête roule sur ton épaule
Tout seul
Je n’aurais pas retrouvé mon chemin.

(René Guy Cadou)

Illustration

 

 

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DERRIERE LA PORTE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



DERRIERE LA PORTE

Sur la clé la main tremble
ll y a cet ancien portrait qui me ressemble
Ce mur
La table vide
La vitre oû le soleil sèche un bouquet de rides
Une flamme légère
Les nuits blanches gravées sur les taies de poussière

Au loin des tuiles rouges
Les plis du vent défaits
Le monde entier qui bouge
Et le coeur du matin qui n’a pas de secrets

Bel homme
On se voit mal
Relève un peu la tête
Je baigne dans tes yeux
Mieux que dans l’eau du jour.

(René Guy Cadou)

 

 

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Attente (Federico García Lorca)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Attente

L’univers
est en attente de quelque chose
qui encore n’a pas éclos.
La flore infinie
des étoiles
et les faunes de l’âme
retiennent leur souffle
et regardent vers un point
qui est loin
attendant la clé
du mystère,
point qu’attaque la mort
avec un marteau fantastique.
Car si le point lointain
venait à s’effacer du ciel
il y aurait une catastrophe
d’étoiles
un énorme amas
d’étoiles
couronnées de fantastiques
squelettes.

***

Espera

El universo
está en espera de algo
que aún no se ha abierto.
La floresta infinita
de los luceros
y las faunas del alma
contienen el aliento
y miran hacia un punto
que está lejos
esperando la clave
del misterio,
punto que ataca la muerte
con un martillo feérico.
Mas si el punto lejano
se borrara del cielo
habría una catástrofe
de luceros,
un enorme montón
de luceros
coronados por feéricos
esqueletos.

(Federico García Lorca)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Grenier d’étoiles
Traduction: Danièle Faugeras
Editions: Erès

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Deuxième retouche à l’intérieur (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2017



Illustration: Josette Mercier
    
deuxième retouche à l’intérieur

Jamais le même
pareil au nuage qui vit sur les maisons
je ne connais que la porte du ciel
où le songe fait sonner de longues clés
qui n’ouvrent rien

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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Retouche la rupture (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2017




    
retouche la rupture

Le jour s’en allait à reculons et nous nous retournions vers la ville dans les foins,
coffre à bijoux attaqué par la rouille.
La clé de notre chambre d’hôtel pendait pour d’autres et ma tête devint notre alcôve.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Les dessous du ciel
Editions: Gallimard

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Cette belle (Anonyme VIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



 

Utamaro

Passé Awa
(Qui rappelle l’oiseau plongeur)
Habite Tamana à Sue
(Évocateur des arcs de catalpa),
Cette belle aux seins
Largement écartés,
Cette fille
A la taille de guêpe.
Son visage
Rayonne
Comme une fleur
Elle se tient souriante
Les hommes qui passent sur la route
(Droite comme une lance)
Ne vont pas plus avant
Sur le chemin qu’ils devaient suivre.
Sans y être invités
Ils se tiennent devant sa porte.
Les maîtres
Des maisons alignées dans le voisinage
Oubliant déjà
Leurs propres femmes
Sans en être priés
Lui donnent la clé de leurs trésors.
Tous sans exception
Sont envoûtés.
Alors la belle se penche
vers eux, engageante,
Et commence le jeu folâtre.

(Anonyme VIIIème siècle)

Illustration: Utamaro

 

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Mon corps s’est dispersé dans son corps (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



Illustration: Albena Vatcheva
    
Ne dis pas : la clé de ma maison était voix de ses pas
Ne dis pas que ma maison était son écho
Dis : j’ai appris à éclairer mon éternité
Sur les terrasses de son nom
Dis : mon corps s’est dispersé dans son corps

(Adonis)

 

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