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Comme un jardin à l’abandon (Aurélia Lassaque)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration: Céline Decubber
    
Comme un jardin à l’abandon

Comme un jardin à l’abandon
Ta peau
Comme un jardin à l’abandon
Avec beaucoup de fleurs dedans.

Tu dis — J’aime tes longs cheveux —

Dans le creux de ta main
La clé d’une maison inconnue;
Celle de tes ancêtres.

Tu dis que les volets ont perdu leur couleur,
Comme les vieilles tortues qui encombrent la mer.
Tu as dénudé tes yeux
Sur mon épaule.

À l’heure de la prière,
Nous avons dessiné des oiseaux
Avec l’ombre de nos mains.

Tu me parlais d’arbres
Qui ouvrent leurs feuilles
Au clair de lune.

Et je ne t’écoutais pas.
Je ne voyais déjà plus tes mains
Qui ouvriraient
Bientôt loin de moi
Les volets ternes d’une maison
Au bord d’une rivière
Dont tu ne m’as jamais donné le nom.

(Aurélia Lassaque)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Mon amour (Paul McCartney)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017




    
Mon amour

Et quand je m’éloigne
Je sais que mon cœur peut rester avec mon amour
c’est entendu
C’est entre les mains de mon amour
Et mon amour le fait bien

Wo-wo-wo-wo-wo-wo
Mon amour le fait bien

Et quand les placards sont vides
Je trouve toujours quelque chose avec mon amour
C’est entendu
C’est partout (omniprésent) avec mon amour
Et mon amour le fait bien

Wo-wo-wo-wo wo-wo-wo-wo
Mon amour le fait bien

J’aime oh wo…. mon amour
Seul mon amour détiens les autres clés pour moi
Oh mon amour Oh mon amour
Seul mon amour le fait bien pour moi

Wo-wo-wo-wo wo-wo-wo-wo
Mon amour le fait bien

Ne me demandez pas pourquoi
Je ne dis jamais au revoir à mon amour
C’est entendu
C’est partout avec mon amour
Et mon amour le fait bien

Wo-wo-wo-wo wo-wo-wo-wo
Mon amour le fait bien

Oh mon amour Oh mon amour
Seul mon amour le fait bien pour moi
Wo…

***

My love

And when i go away
I know my heart can stay with my love
it’s understood
It’s in the hands of my love
and my love does it good

Wo-wo-wo-wo-wo-wo
my love does it good

It’s understood
it’s everywhere with my love
And my love does it good

Wo-wo-wo-wo wo-wo-wo-wo
My love does it good

I love oh wo……my love
Only my love holds the other key to me
Oh….my love oh…my love
Only my love does it good to me

Wo-wo-wo-wo wo-wo-wo-wo
My love does it good

Don’t ever ask me why
i never say goodbye to my love
It’s understood
it’s everywhere with my love
And my love does it good

Wo-wo-wo-wo wo-wo-wo-wo
My love does it good

Oh… my love oh…my love
Only my love does it good to me
Wo…

(Paul McCartney)

 

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Ta bouche (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2017




    
Ta bouche est une prison
sans verrous et sans clés;
les prisonniers sont des perles
et les portes de corail.

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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BONNE OREILLE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2017



BONNE OREILLE

J’entends mourir des enfants au fond d’un sac.
J’entends miauler ton chat, mère Michel.
J’entends le vent du sabre,
j’entends la souris grignoter ta robe, tante Valentine,
j’entends la rouille germer sur la clé des songes.
Jacques, j’entends pâlir ta signature sur tes lettres d’amour.
Et j’entends, Marie, j’entends ton plus beau cil tomber à la rigole, partir à la dérive.

Tant d’oreille, c’est fatigant.

(Norge)


Illustration: Laurence Cleyet-Merle

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Laver son cœur (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2017



Laver son cœur
le faire sécher
le repasser
le suspendre sur un cintre
Ne pas le replacer tout de suite
dans sa cage
Attendre
la clé charnelle de la vision
l’impossible retour
le dénouement de l’éternité

(Abdellatif Laâbi)


Illustration

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San Francisco (Maxime Le Forestier)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2017




    
San Francisco

C’est une maison bleue
Adossée à la colline
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clé
On se retrouve ensemble
Après des années de route
Et l’on vient s’asseoir autour du repas
Tout le monde est là, à cinq heures du soir
San Francisco s’embrume
San Francisco s’allume
San Francisco, où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez moi

Nageant dans le brouillard
Enlacés, roulant dans l’herbe
On écoutera Tom à la guitare
Phil à la kena, jusqu’à la nuit noire
Un autre arrivera
Pour nous dire des nouvelles
D’un qui reviendra dans un an ou deux

Puisqu’il est heureux, on s’endormira
San Francisco se lève San Francisco se lève
San Francisco ! où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi

C’est une maison bleue
Accrochée à ma mémoire
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clef
Peuplée de cheveux longs
De grands lits et de musique
Peuplée de lumière, et peuplée de fous
Elle sera dernière à rester debout
Si San Francisco s’effondre
Si San Francisco s’effondre
San Francisco ! Où êtes vous
Liza et Luc, Sylvia, attendez-moi

(Maxime Le Forestier)

 

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Pénètre sourdement dans le royaume des mots (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017




    

Pénètre sourdement dans le royaume des mots.
Là se trouvent les poèmes en attente d’être écrits.
Ils sont figés, mais il n’y a pas de désespoir,
il y a calme et fraîcheur sur leur surface intacte.

Les voici seuls et muets, à l’état de dictionnaire.
Vis avec tes poèmes, avant de les écrire.
Reste patient, s’ils sont obscurs. Calme, s’ils te provoquent
Attends que chacun se réalise et se consume
avec son pouvoir de parler
et son pouvoir de taire.

Ne force pas le poème à se déprendre des limbes.
Ne ramasse pas par terre le poème qui s’est égaré.
N’adule pas le poème. Accepte-le
tout comme il acceptera sa forme définitive et concentrée dans l’espace.
Approche et contemple les mots.

Chacun d’eux a mille faces secrètes sous sa face neutre
et te demande, sans égard pour la réponse,
pauvre ou terrible, que tu lui feras :
as-tu apporté la clé?

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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JOSÉ (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2017



    

JOSÉ

Et maintenant, José ?
La fête est finie,
la lumière aussi,
la foule est partie,
la nuit a fraîchi,
et maintenant, José?
et maintenant, et toi?
toi qui es sans nom,
qui te moques d’autrui,
qui fais de la poésie,
qui aimes, qui te récries?
et maintenant, José ?

Sans femme te voici,
sans mots te voici,
sans tendresse aussi,
tu ne peux plus boire,
ne peux plus fumer,
cracher ne peux plus,
la nuit a fraîchi,
le jour n’est pas là,
le tram n’est pas là,
le rire non plus,
non plus l’utopie
et tout a fini
et tout s’est enfui
et tout a moisi,
et maintenant, José?

Et maintenant, José ?
Ta douce parole,
ton instant de fièvre,
ta faim et ton jeûne,
ta bibliothèque,
ton gisement d’or,
ta veste en viscose,
ton incohérence,
ta haine — et maintenant?

Tenant en main la clé
tu veux ouvrir la porte,
il n’y a pas de porte ;
tu veux mourir en mer,
mais la mer a séché;
partir pour le Minas,
le Minas n’est plus, las.
José, et maintenant?

Si tu t’écriais,
si tu gémissais,
si tu nous jouais
la valse viennoise,
si tu sommeillais,
si tu te lassais,
et si tu mourais…
Mais tu ne meurs pas,
José, tu es coriace !

Tout seul dans le noir
en ours mal léché,
sans théogonie,
sans la paroi nue
où te reposer,
sans monture noire
qui fuie au galop,
tu marches, José!
José, vers où?

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Tu deviens plus lucide (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2017



Tu deviens plus lucide de ce que tu es
À l’écoute de la nature
tu lis la poésie de la vie à la vie qui lit
la poésie de l’homme
la terre est un corps
la montagne un aïeul
le fleuve une veine la forêt musique
les étoiles sortent pour danser
les oiseaux pour applaudir et chanter
les ombres portent les clés de la lumière

(Adonis)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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CELEBRATION (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



 

CELEBRATION

Maintenant si jamais je te vois c’est toujours
comme une clé vivante. tes seins tes reins ta bouche

ce beau butin de nuits de portes et de joies.
comme une clé toute simple. un chiffre. une musique.

et le cours des choses va. on s’en étonne. les gens
qui songent à leur maison leur jardin leur enfance

les morts impersonnelles de petits fleuves des riens
des moments chaleureux des voyages et des actes

parfaitement accomplis. mais toi quand je te vois
verticale et brillante comme un astre de mai,

réelle : je deviens terre et vent je suis ta nuit
avec ses arbres et ses mots en mouvement

ce battement de voyelles parmi les tournesols
tes mains tes yeux ton jour comme une poignée d’oiseaux.

(Lionel Ray)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

 

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