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Poésie

Posts Tagged ‘extraordinaire’

Le cactus (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020


cactus

Cru
mais pudique,incontestablement vert,
il dure sur le guéridon désert.
Sentinelle des immobilités,
extraordinaire à force d’être toujours pareil,
il préside au silence.
Il est la seule plante
à ne pas prendre de pose,
il attend,
discrètement nécessaire,précieusement infécond,
évident et profond,
dressant ses épines de tous les côtés du réel
comme pour n’être touché par aucune apparence.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Rivière de mes yeux (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2020



Rivière de mes yeux

Ô mes yeux ce matin grands comme des rivières
Ô l’onde de mes yeux prêts à tout refléter
Et cette fraîcheur sous mes paupières
Extraordinaire
Tout alentour des images que je vois

Comme un ruisseau rafraîchit l’île
Et comme l’onde fluente entoure
La baigneuse ensoleillée

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Howard Schatz

 

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La mort n’est qu’une toute petite chose glacée (Alain Grandbois)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020



DEMAIN SEULEMENT

Car la mort
N’est qu’une toute petite chose glacée
Qui n’a aucune sorte d’importance
Je lui tendrai demain
Mais demain seulement
Demain
Mes mains pleines
D’une extraordinaire douceur.

(Alain Grandbois)


Illustration: Les Mains de Rodin

Poète découvert chez Lara ici

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L’art de ne pas être vu (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2020


29_chat-cache-sous-une-couverture

Le chat a toutes sortes de cachettes:
les normales, les spéciales,
les très extraordinaires
et les totalement secrètes.
Il est versé dans la science
de la disparition
et sait s’approcher à un poil
de l’invisible.
Jour après jour il m’initie
au plaisir d’être caché.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Je cherche partout la goutte (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



Je cherche partout la goutte
Qui fera déborder le vase
Pour faire tant de dégâts
Cette goutte
Doit être extraordinaire

(Pierre Albert-Birot)

Illustration: Corrie White

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Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église.
Ce qu’ils voyaient était extraordinaire.

Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale,
il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers
avec des tourbillons d’étincelles,
une grande flamme désordonnée et furieuse
dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée.

Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise,
deux gouttières en gueules de monstres vomissaient sans relâche cette pluie ardente
qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure.

À mesure qu’ils approchaient du sol,
les deux jets de plomb liquide s’élargissaient en gerbes,
comme l’eau qui jaillit des mille trous de l’arrosoir.
Au-dessus de la flamme,
les énormes tours, de chacune desquelles on voyait deux faces crues et tranchées,
l’une toute noire, l’autre toute rouge,
semblaient plus grandes encore de toute l’immensité de l’ombre qu’elles projetaient jusque dans le ciel.

Leurs innombrables sculptures de diables et de dragons prenaient un aspect lugubre.
La clarté inquiète de la flamme les faisait remuer à l’œil.
Il y avait des guivres qui avaient l’air de rire,
des gargouilles qu’on croyait entendre japper,
des salamandres qui soufflaient dans le feu,
des tarasques qui éternuaient dans la fumée.
Et parmi ces monstres ainsi réveillés de leur sommeil de pierre
par cette flamme, par ce bruit,
il y en avait un qui marchait et qu’on voyait de temps en temps
passer sur le front ardent du bûcher
comme une chauve-souris devant une chandelle.
(Victor Hugo)

 

Recueil: Notre-Dame de Paris
Traduction:
Editions:

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C’est dans la musique seule (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



 

Chelin Sanjuan 1c48d6

C’est dans la musique seule que se manifeste ce phénomène extraordinaire :
que la loi, qui en tout autre domaine ordonne,
se trouve ici suppliante, disponible, infiniment dépendante de nous.
Derrière cet écran de sons, le Tout s’approche,
— nous sommes d’un côté, et, de l’autre, —
séparé de nous par rien qu’un peu d’air mouvant, animé par nous, —
vibre l’inclinaison de l’étoile.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Chelin Sanjuan

 

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Je suis dans le train (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



Illustration: Mathurin Méheut
    
Je suis dans le train, on traverse les Vosges.
De l’homme assis en face de moi
se dégage un parfum extraordinaire.
Je n’ai jamais rien senti d’aussi bon.
J’engage la conversation
et je lui demande ce qu’il fait.
« Je suis bûcheron. »
Ce parfum, c’était les arbres.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Un peuple de promeneurs histoires tziganes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Et quand ma mémoire lasse (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



Et quand ma mémoire lasse
Comme ces trams d’après minuit
Ne s’arrêtera plus qu’aux stations principales,
Je ne t’oublierai pas.

Je me rappellerai
Le soir tranquille, infini de tes yeux,
Le sanglot étouffé, tombé sur mon épaule
Comme une neige impossible à chasser.

Il fallut bien se séparer
Et je me suis éloigné de toi.
Rien d’extraordinaire,
Seulement, quelque nuit,
Les doigts de quelqu’un se mêleront à tes cheveux,
Mes doigts lointains, qui auront des kilomètres de long.

(Ismaïl Kadaré)

Illustration: Fanny Verne

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Et l’illumination ? (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



Illustration: Fra Angelico

    

Et l’illumination ? L’un des sens de ce mot
Outre le sens commun d’éclairement,
D’enluminure, et autres, est celui-ci :

Instant extraordinaire où l’esprit flamboie
Dans une pure joie, avant la mort —
Le bon larron en nous écoutant la promesse !

Voyez-le donc à la droite du Christ, du promontoire
Scrutant l’espace vide, le corps si disloqué qu’il semble
Qu’on ne pourra le translater dans la béatitude

Qu’appellent, à la frange lunaire de son front,
Sur la face obscure de son cerveau les cratères des clous :
Ce soir tu seras avec moi à la droite du Père.

***

And lightening? One meaning of that
Beyond the usual sense of alleviation,
Illumination, and so on, is this:

A phenomenal instant when the spirit flares
With pure exhilaration before death —
The good thief in us harking to the promise!

So paint him on Christ’s right hand, on a promontory
Scanning empty space, so body-racked he seems
Untranslatable into the bliss

Ached for at the moon-rim of his forehead,
By nail-craters on the dark side of his brain:
This day thou shalt be with Me in Paradise.

(Seamus Heaney)

 

Recueil: La lucarne
Traduction: Patrick Hersant
Editions: Gallimard

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