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Poésie

Posts Tagged ‘entier’

Tu aimerais vivre (Sandra Lillo)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019




Illustration
    
Tu aimerais vivre encore une fois entier
sans conséquences

dans le passage authentique du printemps

Tu prends comme si elle t’étais destinée
la caresse des anges

dans le courant d’air entre les rideaux
au bout des faisceaux du soleil

(Sandra Lillo)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Les bancs des parcs sont vides en mars
Traduction:
Editions: La Centaurée

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Tordue (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



Illustration: Edward Hopper
    
Tordue est la chose dure, douce et chaude, (la fille)
Polie et mouvante, lance l’air qui brûle
Terre entière qui se lève, et me porte
Étendue fraîche, étendue tiède, forme qui devient
nouvelle sous la force –
Voyage immobile, tendre au bas, du sommet aigu
Pierre exquise, pour boire.
Idée d’être proche, désir de briser, soupir pour se fondre
Et ne pas… Soupir, souffle et idée !
Étreinte toute du bien et du mieux, lutte qui se gonfle,
Mélange ; seul, on redevient ; seul, on s’élève
Seul on ne pense plus, seul on veut, seul on est.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’infini microcosme (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



    

L’infini microcosme

Nuit et jour infinis dans une effusion du Temps,
Un seul aperçu au milieu,
Une soirée agréable, un courant d’air,
L’ivresse d’union entre obscurité tamisée et lumière :
Juste à son coeur un jasmin simple et minuscule
Un soupçon de parfum avec une goutte de sourire
A peine accessibles ses toutes petites lèvres
Continue à s’épanouir dans la joie
Avant même sa chute dans la joie.
Au fond de cet aperçu l’Infini tout entier
Devient jasmin en lisière d’une forêt.
L’Infini se manifeste au coeur de l’instant.
Au passage du temps se détache la fleur,
L’Infini rentre en lui-même.

***

Infinity, Miniscule

Infinite day and night in an effusion of Time,
Only one glimpse in its midst,
A lovely evening, a breeze,
The drunkenness of union between soft darkness and light:
Right at its core merely a tiny jasmine,
A shade of perfume with a drop of smile
Hardly approachable its tiny lips
Keeps on blossoming out of its joy
Before it falls even out of its joy.
Entire Infinity within that glimpse
Becomes a jasmine by the side of a forest.
Infinity manifests at the heart of the moment.
With the passing of the moment falls the flower,
Infinity returns within itself.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Un chant se retourne (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



Illustration: Josephine Wall
    
Un chant se retourne
et se verse en dedans.
Il touche le rêve de l’homme,
le labyrinthe fluvial de son sang,
la passion qui le harcèle,
l’île de la pensée,
le centre pèlerin de l’amour,
le pâle coin des absences.

Le chant le parcourt
comme le vol d’un oiseau.
Et subitement ce vol
se convertit en nuée
dans un ciel oublié.

Lorsqu’il surgit à nouveau,
la voix n’est pas celle qui chante.
Les mains chantent aussi,
la peau, l’homme entier,
son visage, son ombre.
Et tout se transmet :
l’infini chante.

***

Un canto se da vuelta
y se vuelca hacia adentro.
Toca el sueño del hombre,
el fluvial laberinto de su sangre,
la pasión que lo acosa,
la isla del pensar,
el centro peregrino del amor,
el pálido rincón de las ausencias.

El canto lo recorre
como el vuelo de un pájaro.
Y de pronto ese vuelo
se convierte en bandada
por un cielo olvidado.

Cuando vuelve a surgir
no es la voz la que canta.
También cantan las manon,
la piel, el hombre entero,
su mirada, su sombra.
Y todo se contagia:
el infinito canta.

(Roberto Juarroz)

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Plus tendre que tendresse (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019



Illustration: Zinaida Serebriakova
    
Plus tendre que tendresse
Est ton visage,
Plus que blanche que blancheur
Semble ta main,
Du monde et ses parages
Tu es si loin,
Toi tout entière
Née de l’inexorable.

Nés de l’inexorable,
Ta tristesse
Et tes doigts de tes mains
Jamais froides,
Et le son calme
De tes paroles
Que rien ne désespère,
Et le lointain
De tes yeux clairs.

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Il y a un langage qui ne parle pas au nom d’un moi (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



Il y a un langage qui ne parle pas au nom d’un moi,
mais au nom d’une vie et dévoile une conscience qui verrait son instant du dehors
— comme si le présent qu’elle vit était l’allégorie de son être entier
et ce qui tourne à sa gloire dans les instants qui vont s’écoulant.

(Joë Bousquet)

Illustration: Carol Carter

 

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Tu vois tes pensées (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



 Illustration
    
Tu vois tes pensées comme
la béance des tournesols
au-dessus des herbes.
Fraîcheur presque visible, le vent

est plein d’ombre. Tu es tout entier
dans cette vague sans profondeur.
Un ciel d’ennui se pose
sur la cime des chênes,

les siècles noueux y font
un bruissement monotone
Comme d’une mer éternelle.

Les heures s’usent
et tombent
d’un monde à l’autre.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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ISIS ERRANTE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration: Susan Seddon Boulet
    
ISIS ERRANTE

Cela aussi est une expérience de l’âme,
Le monde démembré qui jadis fut le dieu tout entier,
Dont les fragments brisés gisent à présent, morts.
Cette disparition de la réalité elle-même est réelle.

Recueillant sous mon manteau noir les vestiges de la vie
Qui stagnent, déchus, parmi les gens et les lieux,
Je scrute le double désert de ma solitude,
Le monde extérieur mort, et l’esprit stérile.

Jadis Il fut présent, sacré, dans la maison du monde,
Portant le jour comme un vêtement, sa beauté visible
Dans l’homme et le blé lorsqu’Il descendait la rivière fertile.
Il comblait d’amour l’espace de ma nuit.

Je trace le contour de sa main qui disparaît sur un nuage,
Et cela, son sang, coule de la blessure d’un soldat qui meurt.
Dans les champs fracassés son corps est épars, ses membres gisent

Écartelés comme une carlingue naufragée dans le sable.
Son crâne est une cathédrale morte, et les rayons de sa couronne
Brillent dans du fer-blanc et du verre cassé.
Ses yeux bleus se reflètent des lacs dans le ruisseau,
Et sa force est la pierre désolée des cités abattues.

Oh, dans les débris de vaisselle de mes rêves,
Me tournant vers les tessons des jours passés,
Découvrirai-je son visage aimé profané?
Les fonds inexplorés du sommeil sont-ils sa tombe?

Après la fin dangereuse estompée de la nuit
Dans les caveaux de la peur ses os reposent-ils,
Et le dédale du cauchemar mène-t-il vers la puissance qui est là cachée?
Les eaux infernales menaçantes recouvrent-elles le roi ichtien?

Je rassemble les fragments divins dans le mandala
Dont le centre est la puissance créatrice perdue,
Le soleil, le cœur de Dieu, le lotus, l’électron
Qui fait palpiter monde après monde, rayon après rayon
Pour que celui qui vivait au commencement renaisse au dernier jour.

***

ISIS WANDERER

This too is an experience of the soul
The dismembered world that once was the whole god
Whose broken fragments now lie dead.
This passing of reality itself is real.

Gathering under my black cloak the remnants of lift
That lie dishonoured among people and places
I search the twofold desert of my solitude,
The outward perished world, and the barren mind.

Once he was present, numinous, in the bouse of the world,
Wearing day like a garment, bis beauty manifest
In corn and man as he journeyed down the fertile river.
With love he filled my distances of night.

I trace the contour of bis hand fading upon a cloud,
And this bis blond flows from a dying soldier’s wound.
In broken fields bis body is scattered and bis limbs lie
Spreadeagled like wrecked fuselage in the sand.

His skull is a dead cathedral, and bis crown’s rays
Glitter from worthless tins and broken glass.
His blue eyes are reflected from pools in the gutter,
And his strength is the desolate stone of fallen cities.

Oh in the kitchen-midden of my dreams
Turning over the postherds of post days
Shall I uncover his loved desecrated face?
Are the unfathomed depths of sleep his grave?

Beyond the looming dangerous end of night
Beneath the vaults of fear do his bons lie,
And does the mate of nightmare lead to the power within?
Do menacing nether waters cover the fish king?

I piece the divine fragments into the mandala
Wjhose centre is the lost creative power,
The sun, the heart of God, the lotus, the electron
That pulses world upon world, reg upon ray
That he who lived on the first me rire on the hast day.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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LE GRAND VIDE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



LE GRAND VIDE

Un pas de plus et l’orage allait lui mordre les doigts.
il le fit, ce pas, il en fit deux.
il entra même tout entier dans la gueule du tonnerre.
Un grand vide. Pas brûlé, pas foudroyé.
Non, mais un grand vide.
Un grand vide charmeur qu’il ne voulut plus jamais quitter.

(Norge)

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SVETLA (Jean-Baptiste Para)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




Illustration: Jeanie Tomanek
    
SVETLA

Des journées entières
je donne mon coeur au silence
et si je ferme les yeux je vois
un cyprès blanc auprès d’une source
une aire de sable où marchent les paons
un mouchoir mouillé de salive
la silhouette des saints
sur le fond d’or de l’icône
et ton visage qui se découpe
dans la lumière de ton nom.

Les yeux ouverts
tout a gardé
sa forme intacte.

(Jean-Baptiste Para)

 

Recueil: La faim des ombres
Traduction:
Editions: Obsidiane

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