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Poésie

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L’insatisfaction où me laissent mes vers (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2020




    
L’insatisfaction où me laissent mes vers est entière :
ils ne disent jamais seulement ce que j’ai voulu dire.
Ces textes d’une nudité extrême, à mes yeux portent trop de surcharges ;
le pur instant qui nous donne l’Être n’y brille pas de son éclat réel.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Unité des êtres (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2020



Illustration: Josephine Wall    
    
Unité des êtres dans l’Un universellement unifiant.
Ma recherche tout entière se nourrit de cette unique certitude.
J’y retrouve la Foi, l’Espérance et l’ Amour.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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La nuit (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020



    

La nuit

I.

Le ciel d’étain au ciel de cuivre
Succède. La nuit fait un pas.
Les choses de l’ombre vont vivre.
Les arbres se parlent tout bas.

Le vent, soufflant des empyrées,
Fait frissonner dans l’onde où luit
Le drap d’or des claires soirées,
Les sombres moires de la nuit.

Puis la nuit fait un pas encore.
Tout à l’heure, tout écoutait ;
Maintenant nul bruit n’ose éclore ;
Tout s’enfuit, se cache et se tait.

Tout ce qui vit, existe ou pense,
Regarde avec anxiété
S’avancer ce sombre silence
Dans cette sombre immensité.

C’est l’heure où toute créature
Sent distinctement dans les cieux,
Dans la grande étendue obscure
Le grand Être mystérieux !

II.

Dans ses réflexions profondes,
Ce Dieu qui détruit en créant,
Que pense-t-il de tous ces mondes
Qui vont du chaos au néant ?

Est-ce à nous qu’il prête l’oreille ?
Est-ce aux anges ? Est-ce aux démons ?
A quoi songe-t-il, lui qui veille
A l’heure trouble où nous dormons ?

Que de soleils, spectres sublimes,
Que d’astres à l’orbe éclatant,
Que de mondes dans ces abîmes
Dont peut-être il n’est pas content !

Ainsi que des monstres énormes
Dans l’océan illimité,
Que de créations difformes
Roulent dans cette obscurité !

L’univers, où sa sève coule,
Mérite-t-il de le fixer ?
Ne va-t-il pas briser ce moule,
Tout jeter, et recommencer ?

III.

Nul asile que la prière !
Cette heure sombre nous fait voir
La création tout entière
Comme un grand édifice noir !

Quand flottent les ombres glacées,
Quand l’azur s’éclipse à nos yeux,
Ce sont d’effrayantes pensées
Que celles qui viennent des cieux !

Oh ! la nuit muette et livide
Fait vibrer quelque chose en nous !
Pourquoi cherche-t-on dans le vide ?
Pourquoi tombe-t-on à genoux ?

Quelle est cette secrète fibre ?
D’où vient que, sous ce morne effroi,
Le moineau ne se sent plus libre,
Le lion ne se sent plus roi ?

Questions dans l’ombre enfouies !
Au fond du ciel de deuil couvert,
Dans ces profondeurs inouïes
Où l’âme plonge, où l’oeil se perd,

Que se passe-t-il de terrible
Qui fait que l’homme, esprit banni,
A peur de votre calme horrible,
Ô ténèbres de l’infini ?

(Victor Hugo)

 

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ANNÉE-LUMIÈRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020



Illustration
    
ANNÉE-LUMIÈRE

Une étoile dans mes mains grandes ouvertes
Un regard une étincelle une joie
Des millions d’années-lumière et une seconde
Comme si le temps était aboli
et que le monde entier se gonflait de silence

L’inconnu s’illuminait d’un seul coup
et cette lueur annonçait l’aurore
Tout était promis et clair et vrai
Un autre jour une autre nuit et l’aube
et que le monde était à portée de mes mains

Ne pas oublier ces angoisses ces vertiges
en écoutant ce qu’annonçait l’étoile
et en retrouvant ce chemin de feu
qui conduisait vers l’avenir et l’espoir
et vers ce que nul ni moi n’attendait plus

Que les nuages lourds comme le destin
s’étalent et menacent comme des monstres
et que l’horizon soit noir comme l’enfer
L’étoile brille pour moi seul
et tout devient lumière et clarté

Étoile qui me guide vers cet univers
où règnent la vérité et l’absolu

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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L’imagination (Albert Einstein)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2020




    
L’imagination est plus importante que le savoir.
Le savoir est limité alors que l’imagination
englobe le monde entier.

(Albert Einstein)

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J’aime les mots (François David)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020



Illustration
    
J’aime les mots

J’aime les mots
tous les mots
même les mots très courts
des marmots de mots
comme le mot « mot »
je l’aime en entier
et pour chacune de ses lettres
son o
qui donne l’envie de boire
cette lettre en son coeur
comme au creux d’un puits
et l’autre devant
pour lui dire en avance
t’m
ô comme je t’m
et même le « t »
je ne voudrais l’ôter
ce « t » inattendu
inentendu
au bout du mot
au bout du compte
en ce mot comme en cent
autant que finissant
de l’initiale à la finale
j’aime tout du mot « mot

(François David)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Rondeau des moineaux qui prennent leur bain (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020



Illustration
    
Rondeau des moineaux qui prennent leur bain

Pendant qu’elles prennent leur bain
Dans leurs baignoires de poussière
Les dames moineaux font les fières
La poussière ça va au teint

Les messieurs moineaux pour leur plaire
Leur offrent mes miettes de pain
Pendant qu’elles prennent leur bain

Certaines, des aventurières
Viennent picorer dans ma main
Aux pigeons je ne donne rien
Réservant ma tartine entière
Aux moineaux qui prennent leur bain

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Cyprès (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



Illustration: Thierry Marchal
    
Cyprès

Lorsque arrive le vent,
Nous nous donnons entiers.
Au loin, mille papillons
Déchirent l’horizon.
Nous restons immobiles,
Pour être enfin, d’ici,

La sève, l’élan, le chant.

*

Lorsque arrive la pluie,
Nous nous laissons tremper.
Le soleil nous prendra
Par la main ; et d’un jet
Nous tracerons le trait
— combien droit, combien plein —

Du sol reconnaissant.

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Poésie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



Poésie

Par-delà les mots
Elle sécrète la parole

En deçà du verbe
Elle questionne l’univers

Au-delà des murailles
Elle nomme la liberté

En deçà de chaque flot
Elle révèle l’océan

Désertant les conquêtes
Elle promet l’équipée

Elle remue le souffle
Sacre l’humble outil

Elle assemble les fragments
Du visage dispersé

Et désigne le mystère
Qui demeure entier.

(Andrée Chedid)


Illustration: Eloi Flore

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SONS (Jacob Glatstein)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019




    
SONS

La fille blonde à la harpe
Est pourtant un brigand camouflé.
Avec une lame de verre
Elle tranche les têtes bleues des résonances
Et les laisse en l’air palpitantes,
Agonisantes.

Et toi, et moi,
Qui durant des nuits entières
Avons étreint le sanglot de nos corps,
Vois comme elle se rit de nous,
La fille blonde à la harpe
Qui nous joue un chant de dérision
Jusqu’à l’orée du grand jour,
Jusqu’au coeur profond du jour.

(Jacob Glatstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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