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Posts Tagged ‘sphère’

MOUVEMENT DU CŒUR (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2019



Ingeborg Bachmann

    
MOUVEMENT DU CŒUR

Après des jours gris

Être libre une heure seulement !
Libre, loin !
Comme des chants nocturnes dans les sphères célestes.
Et voler très haut au-dessus des jours,
voilà ce que je voudrais
et chercher l’oubli […]
au-dessus des eaux sombres
glaner des roses blanches,
donner à mon âme des ailes
et, oh Dieu, ne plus rien savoir
de l’amertume des longues nuits
où les yeux s’ouvrent grand d’étonnement
devant la détresse sans nom.
Des larmes sur mes joues
témoignent des nuits de démence,
du bel espoir délirant,
du souhait de briser les chaînes
et de m’abreuver de lumière […]
Voir la lumière une heure seulement !
Être libre une heure seulement !

***

BEWEGUNG DES HERZENS

Nach grauen Tagen

Eine einzige Stunde frei sein!
Frei, fern!
Wie Nachtlieder in den Sphdren.
Und hoch fliegen über den Tagen
m6chte ich
und das Vergessen suchen […]
über das dunkle Wasser gehen
nach weißen Rosen,
meiner Seele Flügel geben
und, oh Gott, nichts wissen mehr
von der Bitterkeit langer Nächte,
in denen die Augen groß werden
vor namenloser Not.
Tränen liegen auf meinen Wangen
aus den Nächten des Irrsinns,
des Wahnes schöner Hoffnung,
dem Wunsch, Ketten zu brechen
und Licht zu trinken […]
Eine einzige Stunde Licht schauen!
Eine einzige Stunde frei sein!

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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PRIÈRE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019




    
PRIÈRE

Lorsque je me lèverai
du tourbillon de la promiscuité
en une sphère limpide émerveillée

Lorsque ma pesanteur me sera devenue légère

Accorde-moi Seigneur le naufrage
au premier cri de cette jeune journée.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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BARDO (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019




    
BARDO
(Métamorphose des 5 poisons)

Je garde l’énergie d’une colère sans haine,
j’affronte l’ignorance sans cérémonie,
je repousse l’émotion jalouse sans complaisance,
j’accède à l’intensité du désir sans plus d’attachement,
je sais l’orgueil nocif mais tiens au sursaut de l’être
à l’aplomb de lui-même.

(Vairocana)
Ce n’est déjà plus l’heure
de survivre à blanc
au centre des illusions ou des cieux,
la roue a pris le temps de vitesse
et distancé les dieux,
elle rejoint la sphère pareille
à la conscience pure, sans limites et sans âge.

(Aksobhya)
J’ai confié ma colère
à la lumière bleue
qui se lève à l’est,
ô sagesse, ô miroir,
comme un baiser à bouche close
chante un autre ciel
libre de nos enfers.

(André Velter)

 

Recueil: Le Haut-Pays suivi de La traversée du Tsangpo
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les cloches et les larmes (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



 

Cloche

Les cloches et les larmes

Sur la terre où sonne l’heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.

L’orgue sous le sombre arceau,
Le pauvre offrant sa neuvaine,
Le prisonnier dans sa chaîne
Et l’enfant dans son berceau ;

Sur la terre où sonne l’heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.

La cloche pleure le jour
Qui va mourir sur l’église,
Et cette pleureuse assise
Qu’a-t-elle à pleurer ?… L’amour.

Sur la terre où sonne l’heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.

Priant les anges cachés
D’assoupir ses nuits funestes,
Voyez, aux sphères célestes,
Ses longs regards attachés,

Sur la terre où sonne l’heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.

Et le ciel a répondu :
« Terre, ô terre, attendez l’heure !
J’ai dit à tout ce qui pleure,
Que tout lui sera rendu. »

Sonnez, cloches ruisselantes !
Ruisselez, larmes brûlantes !
Cloches qui pleurez le jour !
Beaux yeux qui pleurez l’amour !

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

 

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Sky (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019




    
Sky

Il se cache dans sa lumière.
Je suis enfermé dans
une sphère d’illumination.

Je ne sais rien au-delà de ce qui est clair.
Cette transparence me borne,
et toute vue fait un voile.

Tout ce qui se peut voir
jusqu’à l’infini parallèle

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES (Jan Skacel)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2019




    
UN DIMANCHE DE FIN DE VACANCES

Des choses merveilleuses se passent dans le ciel
et dans le jardin
les petites filles jouent à la poupée
Un garçon saute à la corde
La corde de chanvre détoure une sphère
l’enfant est complètement dedans

Derrière la clôture le vent annonce l’automne
Le sifflement du chanvre
tranche l’air et grésille
comme le silence au-dessus du cimetière des insectes

(Jan Skacel)

 

Recueil: Millet Ancien
Traduction: Yves Bergeret & Jiri Pelan
Editions: Atelier la Feugraie

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CHANT DE L’EXPOSITION (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019




CHANT DE L’EXPOSITION

VIENS, Muse, quitte la Grèce et l’Ionie,
Je t’en prie fais une croix sur ces comptes démesurément surpayés,
Cette histoire de Troie et du courroux d’Achille, les vagabondages d’Enée et d’Ulysse,
Suspends l’écriteau « Changement de domicile » et « A louer »
sur les rochers de ton Parnasse neigeux,
Fais de même à Jérusalem, place l’écriteau tout en haut de
la porte de Jaffa et sur le mont Moriah,
De même sur les murs des châteaux allemands, français,espagnols, et dans les musées d’Italie,
Car sache qu’une sphère meilleure, plus neuve, plus active
t’attend, qu’un domaine vaste, inexploré te réclame.

(Walt Whitman)

 

 

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N’aies d’autres dieux devant moi (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Nicolas Poussin veau d'or p

Les murs ne tombent pas
[37]

N’aies d’autres dieux devant moi ;
pas sur la mer

nous ne supplierons Triton ou Dauphin,
pas sur la terre

nous n’élèverons de visage ravi ni de mains jointes
devant le laurier ou le chêne,

pas dans le ciel
nous n’invoquerons séparément

Orion ou Sirius
ou les admirateurs de l’Ourse,

pas dans les hautes sphères de l’air
d’Algorab, Regulus ou Deneb

nous ne demanderons
de l’aide — ou alors, le ferons-nous ?

***

Thou shalt have none other gods but me;
not on the sea

shall we entreat Triton or Dolphin,
not on the land

shall we lift rapt face and clasp hands
before laurel or oak-tree,

not in the sky
shall we invoke separately

Orion or Sirius
or the followers of the Bear,

not in the higher air
of Algorab, Regulus or Deneb

shall we cry
for help—or shall we?

(Hilda Doolittle)

 Illustration: Nicolas Poussin

 

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LE SPECTRE INVISIBLE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration: Marc Chagall
    
LE SPECTRE INVISIBLE

Que j’apprenne, si je l’ose, l’ordre du vent,
Du feu, de la tempête, et de la mer.
Que j’apprenne si je l’ose dans quel mode de l’être
Tombe la feuille de l’arbre.

Partout
Il y a des brèches dans l’air,
Des tombes ouvertes pour nous recevoir,

Après la septième couleur
Et avant la première
C’est l’obscurité.

Au-delà du son, le silence
Qu’entendent les chauves-souris
Et le poisson des profondeurs qui perçoit le pouls des vagues,

Au-delà des sens, les sphères qui tournent, ces fileuses,
Atomes et étoiles
Qui tissent nos vies.

Les amants cherchent un refuge
Dans l’abîme
D’où ils s’élancent,

Car dans les profondeurs de l’amour nous sondons
Le vide
Derrière la vie mortelle,

Et à travers notre sommeil
Se meuvent des puissances cachées
Étranges comme des nébuleuses,
Les rêves qui ne sont pas les nôtres.

***

THE INVISIBLE SPECTRUM

Learn, if I dare, the order of the wind,
Fire, tempest and the sea.
Learn if I dare into what mode of being
The leaf falls from the tree.

Everywhere
There are bolet in the air,
Graves open to receive us,

After the seventh colour
And before the first
Lies darkness.

Beyond sound, silence
Audible to bats
And deep-sea fish that feel the throb of waves,

Beyond senne, the spinning spheres,
Atoms and stars
That weave our dives

Loyers seek sanctuary
In the abyss
From which they fly,

For in love’s depths we sound
The void
Beyond mortality

And through our sleep
Move latent powers
Strange as nebulae,
Dreams not ours.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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LA SPHÈRE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018



Illustration
    
LA SPHÈRE

Ô la fin heureuse, la fin heureuse
Que la fugue a promise, à quoi l’amour a cru,
Cette étoile parfaite, transfiguration fulgurante,

Où s’est-elle évanouie, à présent que la musique s’est éteinte,
La certitude de l’être, la floraison du coeur,
Nous-mêmes, enfin parfaits, confirmés en ce que nous sommes?

Le monde, le monde changeant reste immobile pendant que les amants s’étreignent,
Puis se remet en mouvement — quelle était notre joie éphémère,
L’extase de la danse, la vision, et la rose?

Il n’y a pas de fin, pas d’achèvement — gestes de la danse, p„tales de fleurs,
Phrases musicales, rayons de soleil, les heures
Se succèdent, et la parfaite sphère
Fait tourner dans nos coeurs le passé, le futur, le proche et le lointain,
Notre âme unique, atome, et univers.

***

THE SPHERE

O the happy ending, the happy ending
That the fugue promised, that love believed in,
That perfect star, that bright transfiguration,

Where has it vanished, now that the music is over,
The certainty of being, the heart in flower,
Ourselves, perfect at last, affirmed as what we are?

The world, the changing world stands still while loyers kirs,
And then moves on — what was our fugitive bliss,
The dancer’s ecstasy, the vision, and the rose?

There is no end, no ending — steps of a dance, petals of flowers,
Phrases of music, rays of the sun, the hours
Succeed each other, and the perfect sphere
Turns in our hearts the part and future, near and far,
Our single soul, atom, and universe.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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