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Posts Tagged ‘arabesque’

DESTINS (Henri Heinemann)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021




DESTINS

Je ne vole pas, j’arabesque
je danse
proclame faunesque la mouche.

Moi je ressemble à Pénélope
dit l’araignée, mais en bien mieux
je file et tisse nuit et jour.

J’ai beau tirer de tous mes membres
j’ai beau me labourer le ventre
je vais, je bute et crapahute
geint le crapaud vitessophobe.

A l’éléphant je fais la nique
nasille le moustique,
je pompe et trompe énormément.

En trois coups de langue le batracien
happe la mouche et le moustique
puis gobe la Pénélope octopode
fait son rot
un bon gros rot de crapaud.

(Henri Heinemann)

Illustration

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LES ARABESQUES DE LA BARCAROLLE (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021



LES ARABESQUES DE LA BARCAROLLE

Faut-il que le piano soit lent
Faut-il que le jour
Tarde à mourir
Pour que le chat s’étire et baille
Pour que tes gestes s’alentissent
Que l’ombre glisse au long des murs
Faut-il que ce moment soit calme
Pour que tes cheveux se dénouent
Que ce livre s’échappe des mains
Et que le soleil s’efface
Faut-il que la paix soit complète
Pour que le temps s’arrête enfin
Que la tristesse soit légère
Que toute peine soit remise
Et que s’éloignent les nuages

(Robert Momeux)

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Une arabesque de soleil (Pierre Günst Horn)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021



Une arabesque de soleil,
Un corps fluet qui étincelle,
L’acrobatie d’une hirondelle,
Petite fille en gymnastique,
Médaille d’or des Olympiques.

(Pierre Günst Horn)

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ÉLÉGIE (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021




ÉLÉGIE

Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Comme une grande bulle de cristal mince
ce soir, est le monde :
il gonfle il gonfle il monte.
Qui d’entre nous
croyait en épier le rythme et le souffle ?

Mieux vaut ne pas bouger.
C’est un bleu d’eau profonde
qui nous enveloppe,
en lui
pullulent formes images arabesques.
Ici pas de lune pour nous :
c’est plus loin qu’elle doit s’arrêter :
les confins du visible en écument.

Fleurs d’ombre
jamais vues, imaginées,
vergers emprisonnés
par deux murs,
parfums entre les doigts des potagers !
Nuit sombre, crées-tu des fantômes ou berces-tu
dans tes bras un monde ?

Ne bouge pas.
Comme une bulle immense,
tout gonfle, tout monte.
Et toute cette fausse réalité
explosera
peut-être.
Nous, nous resterons peut-être.
Nous peut-être.
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.

Tu pleures ?

(Eugenio Montale)

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Gracile et indolente (Brigitte Garel)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



    

Gracile et indolente
Passer rêvant la porte vénérable

Soupirs odorants du jardin
Fraîches caresses de la fontaine
Arabesques moussues d’une statue baroque
Tout est chuchotements
Bruissements
Parfums vanillés
Kaléidoscopes de pâmoisons colorées

Se laisser envahir par la douce saveur de l’instant

(Brigitte Garel)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Elle avait pris ce pli … (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



    

Elle avait pris ce pli …

Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin;
Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère;
Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu’elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c’était un esprit avant d’être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d’hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J’appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu’elle est morte! Hélas! que Dieu m’assiste !
Je n’étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J’étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j’avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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VERS (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



VERS

Une tige porte
la tendre gloire
du bleu
la fumée
du contour.

L’arabesque
se défait
sous nos yeux.

Se refaisant
de ce peu
qu’elle est.

En suspens.

(Jean Mambrino)

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Vergers d’enfance (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
Vergers d’enfance

Nymphes et dryades enlacées
houris et péris sous gaze et perles

Les pétales dans l’herbe
un lézard sur un caillou

Les guêpes mordent
dans la poire

Une collection de noyaux
des arabesques de pelures

Une goutte de résine
au fond de la blessure
d’un cerisier

Le parfum des fraises
un sourire velouté

Murmures des écorces
crépitements en sourdine

Un goût de tendre aveu
sur le bout de la langue

Sous les caresses des brindilles
les bourgeons s’entrouvrent

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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MÉTAMORPHOSE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



MÉTAMORPHOSE

Cette pierre sur la nue,
Dans cet air où tremble et ruse
Une clarté d’outre-mer,
Où se donne et se refuse
Entre l’ombre et la lumière
Un monde errant dans un rêve,
Cette ligne de montagnes
N’est plus au loin qu’une grève,
Une plage au bord du ciel.
En océan de vapeur
Se fond un songe de roche,
Arabesque reposée
De lignes que rien n’achève !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: René Magritte

 

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Encore une fois mon coeur (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Encore une fois mon coeur,
encore une fois le piège de tendre verdure et de chants.
Il n’y a plus, dans le monde, qu’un dépliement mouillé de pluie
où les feuilles sont menues et minutieuses.

Des radeaux d’herbes et de fleurs hésitent et explosent.
Chaque nuit, de ses doigts cachés,
prépare au matin les claires arabesques qui tremblent d’innocence.

Seuls les chênes, non pas noueux ici, mais rigides,
s’obstinent dans leur dépouillement,
refusent encore la parure fée.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Piel-Colombo

 

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