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IL ÉTAIT LA FOI (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018




IL ÉTAIT LA FOI

Reposant sur le rien
Bâtie sur le néant
Aucun signe au loin
Ni terre sous mes pieds
Sur laquelle s’appuyer
Rien de visible, rien de tangible
Juste une petite voix
Le murmure du silence
Un chemin très étroit
Et si peu fréquenté
Une simple intuition
Qui devient certitude
Juste une graine minuscule
Un grain de sénevé
Fécondé par l’amour
Patient, persévérant,
Qui se transforme en arbre
Tout petit, qui grandit,
Jusqu’à être infini
Des racines bien plantées
Dans le roc, un rocher
Une ferme assurance
Une force immense
Qui déplace des montagnes
Fait fleurir le désert
Sépare les flots
Et calme la tempête
Il était la foi!

(Martine Hadjedj)

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Pour chaque jour (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration
    
Pour chaque jour

Pour chaque jour une enfance de mots.
La longue phrase est celle d’une vie.
Si l’écriture est un monde en gésine,
elle est la voix du jour ressuscité.

Rêver d’Icare abrège notre chute
et la prolonge en cet autre dessein
de cheminer entre la terre et l’ombre
pour y semer des graines de pensée.

A tant cueillir des étoiles tragiques,
à tant mener cet étrange combat,
nous déroulons l’écharpe de lumière
pour la poser sur notre ultime jour.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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L’ADIEU (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



petale-de-rose--

L’ADIEU

L’oiseau yüan et l’oiseau yang
nagent côte à côte sur le fleuve Kin
dont les eaux coulent paisiblement vers le nord.
Quand l’oiseau yüan s’arrête à l’ombre d’un arbre de la rive,
sa compagne s’arrête parmi les roseaux en fleurs.
Tous deux préféreraient la mort ou la captivité plutôt que la fuite,
si, pour fuir, ils devaient se séparer.

Adieu, seigneur de ma vie!
Aucune fleuve ne peut revenir à sa source,
aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l’a laissé tomber.
Malgré la croyance générale, les plantes ne sont pas insensibles.
Qu’advient-il à celles dont la nature est de s’attacher ?
L’une vit et meurt à l’endroit même
où le vent laissa tomber la graine
qui lui donna le jour ;
l’autre périt dès qu’on l’arrache de l’abri qu’elle avait choisi.
La nature est clémente pour la fleur,
et l’homme est cruel pour la femme qui l’aime.

Adieu, seigneur de ma vie !
Aucun fleuve ne peut revenir à sa source,
aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l’a laissé tomber.

En souvenir de moi, gardez ces trois hirondelles de jade.
Elles brillaient dans ma chevelure, le jour de notre mariage.
Essuyez-les, chaque soir, avec votre manche de soie.
Et ne roulez jamais la natte sur laquelle vous m’avez caressée…
Laissez les araignées y tendre leurs fils.
Permettez-moi de vous demander
de conserver toujours le bloc d’ambre
sur lequel je posais ma tête, pour dormir.
Les rêves qu’il vous donnera vous rappelleront notre passé.

Adieu, seigneur de ma vie !
Aucun fleuve ne peut revenir à sa source,
aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l’a laissé tomber.

J’ai oublié, dans votre coffre sculpté, mon petit manteau de plumes.
Ne le mettez jamais sur d’autres épaules que les vôtres.
Quant à mon miroir, mon miroir d’argent
où mon cœur se réfléchissait comme un visage au fond d’un puits,
tendez-le souvent à votre nouvelle épouse,
et qu’il vous aide à connaître son cœur.
Adieu, seigneur de ma vie !

Aucun fleuve ne peut revenir à sa source,
aucune rose ne peut revenir sur le rosier qui l’a laissé tomber.

(Li Taï Po)

 

 

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Tu m’as donné (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



    

Tu m’as donné trois heures de ta vie
trois oiseaux de l’immense volière
qui sont morts au bout de mes doigts
qui ont brillé sans revivre
et qui étendent sur mon coeur
leur cendre étouffante et âcre.

Les horloges nous regardaient
leurs gestes de semeurs
cherchaient les fleurs de l’air
et les graines de l’avenir
mais c’est dans le vide et pour le vide
qu’elles dessinaient nos destins
et dans leurs mains
brillait seulement l’épée qui sépare et qui blesse.

Battaient nos coeurs avec leurs coeurs
ensemble pour la seule fois
pour la seule fois
nos quatre lèvres muettes d’un même baiser.

Voici que l’air est vide de toi
à mon entour et peut-être à jamais :
Combien de temps encore ton image
demeurera la seule paupière de mes yeux ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Je suis en larmes (Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017



    
Je suis en larmes.
Où sont mes pleurs
quand, de mes yeux,
le fleuve roule ?

Pourront-ils semer dans ton cœur
que l’amour emporte leurs graines ?

(Hafiz)

 

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Peu à peu je me suis perdu de vue (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2017



Peu à peu
Je me suis perdu de vue
Je me faisais honte
Avec mon coeur à nu
Et ces graines sous les paupières
Ces pas toujours en arrière

Quelque part dans un champ clos
Mon corps pend aux fils de fer
Avec tout le ciel sur le dos.

(René Guy Cadou)

 

 

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Jamais l’amour ne fut plus loin (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Paul Delvaux
    
Jamais l’amour ne fut plus loin
les femmes cachent leur sexe de leurs mains sanglantes
et leur visage blanc n’est plus le soleil
ni même la dernière étoile errante.

La nuit est pleine comme le cour d’un fruit sans graine
et tourne une couronne noire trop grande pour mon front
les femmes ne se couchent plus pour la joie
les femmes ne tendent plus de pièges
les femmes ne vêtent plus leurs entrailles
ne voilent plus leurs lèvres du cri de leur désir
les femmes sont en silence.

Où sont les bien-aimées de ma jeune journée
les enfants du matin, les filles transparentes
les fileuses d’amour sous leur quenouille blonde
la saison neuve durcit son poing sur mon écorce
voici l’été et le bateau croulant dans un soir de galère
vieilles amies de ma chair, restez dans le passé
qui vous garde si belle.

Qu’êtes-vous devenues, embarquées avec moi dans les plis de la mort ?
que la voile noire nous tienne serrés
je ne vois plus qu’elle et votre odeur n’a plus de trouble
je découvre sous l’eau qui troue votre visage
et fait jouer le ciel sous vos cils de combat
l’effigie même de notre reine.

Votre fard coule de chair, votre tunique est décousue de sang
vos os sont nus que le plaisir a nettoyés
comme un chacal aux dents précises
vous êtes nues, hottes d’ivoire, berceaux d’entrailles
doux autrefois de mon amour.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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La neige charge l’herbe fine (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017




    
La neige charge l’herbe fine.
Elle tombe en tournoyant comme les graines de l’érable,
comme une seule ample et silencieuse graine blanche sur le village.
Ou la lune mince au-dessus des ramilles noires.

(Philippe Jaccottet)

 

Recueil: La semaison
Editions: Gallimard

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L’espoir (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’espoir

Je ne dis pas : Il est trop tard,
Nous avons laissé se mourir la terre,
Elle ne portera plus
Les fruits de la lumière
Et ses graines de vie.
Je dis : Le ciel demeure
Ouvert au soleil, aux étoiles,
Tous les arbres n’ont pas péri,
Les feux brûlent aussi de joie.

Je ne dis pas : Il fait si noir
Que les hommes ne peuvent plus voir
Le visage de ceux qu’ils aiment,
Ils ont oublié le silence
Mais ne savent plus se parler.
Je dis : Chaque aube tient promesse,
Elle te rend ce que la nuit
Avait effacé pour toujours,
Les fleurs, l’espoir, le goût du vent
Sur les plages bleues du matin.

Je ne dis pas : Les sources sont taries.
Je dis que rien jamais n’est perdu,
C’est à toi de creuser plus profond
Pour que l’eau pure à nouveau jaillisse.

(Pierre Gabriel)

 

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La graine (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
La graine

Semez la graine le grain doré prodiguera ses racines
non pas sur le rocher et la route pavée
récoltez-le mûr dans la poussière brune
protégez-le de la chaleur ou du givre
le grain vit à l’intérieur de sa coque.

Quel infini secret ! la graine minuscule
enfouie sous la poussière n’attend qu’un signe
celui du printemps d’un rayon de lumière du soleil du jour.

(Hannah Senesh)

 

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