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Poésie

Posts Tagged ‘nouer’

PHASE D’ORIENT (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2019



Illustration: Andrew Atroshenko
    
PHASE D’ORIENT

Dans la mollesse mouvante d’un sourire
nous nous sentons noués par un tourbillon
de bourgeons de désir

Le soleil nous vendange

Nous fermons les yeux
pour voir nager sur un lac
des promesses infinies

Nous en revenons marquer la terre
avec ce corps
qui à présent pèse si fort

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Nouez l’instant et la durée (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



 

Julia Perret     le-gouffre

Nouez l’instant et la durée
pour la fuite de tous les temps
jusqu’à l’éternel poème.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Julia Perret  

 

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Si dans quelque vallée allant au soir (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2019



Illustration: Janie Richard
    
Si dans quelque vallée allant au soir enfin
Madame je découvre une source secrète
Ne vous étonnez de la soif du pèlerin
Qui plonge sa figure à la soyeuse fête

Quand dans cette vallée au dam des séraphins
Et des oiseaux musiciens du crépuscule
Un pèlerin s’abreuve au cours d’un ruisseau fin
Sous le buisson bouclé où la nuit ne recule

Alors ne vous fâchez
Madame à ce beau zèle
Si ce voyageur assoiffé de votre eau claire
S’enivre à sa fraîcheur ardente entre vos ailes

Mais la paix lui donnez, le songe avec l’appât
Pour que la nuit vous noue en une heureuse paire
La mort vous jalousant et ne se montrant pas

(Jacques Chessex)

 

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LES FENÊTRES (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2018



    

LES FENÊTRES

1
Il suffit que, sur un balcon
ou dans l’encadrement d’une fenêtre,
une femme hésite…, pour être
celle que nous perdons
en l’ayant vue apparaître.

Et si elle lève les bras tendre vase
pour nouer ses cheveux,
combien notre perte par là
gagne soudain d’emphase
et notre malheur d’éclat!

2
Tu me proposes, fenêtre étrange, d’attendre ;
déjà presque bouge ton rideau beige.
Devrais-je, ô fenêtre, à ton invite me rendre ?
Ou me défendre, fenêtre ? Qui attendrais-je ?

Ne suis-je intact, avec cette vie qui écoute,
avec ce coeur tout plein que la perte complète ?
Avec cette route qui passe devant, et le doute
que tu puisses donner ce trop dont le rêve m’arrête ?

3
N’es-tu pas notre géométrie,
fenêtre, très simple forme
qui sans effort circonscris
notre vie énorme ?

Celle qu’on aime n’est jamais plus belle
que lorsqu’on la voit apparaître
encadrée de toi; c’est, ô fenêtre,
que tu la rends presque éternelle.

Tous les hasards sont abolis. L’être
se tient au milieu de l’amour,
avec ce peu d’espace autour
dont on est maître.

4
Fenêtre, toi, ô mesure d’attente,
tant de fois remplie,
quand une vie se verse et s’impatiente
vers une autre vie.

Toi qui sépares et qui attires,
changeante comme la mer, —
glace, soudain, où notre figure se mire
mêlée à ce qu’on voit à travers;

échantillon d’une liberté compromise
par la présence du sort;
prise par laquelle parmi nous s’égalise
le grand trop du dehors.

5
Comme tu ajoutes à tout,
fenêtre, le sens de nos rites :
Quelqu’un qui ne serait que debout, .
dans ton cadre attend ou médite.

Tel distrait, tel paresseux,
c’est toi qui le mets en page :
il se ressemble un peu,
il devient son image.

Perdu dans un vague ennui,
l’enfant s’y appuie et reste;
il rêve… Ce n’est pas lui,
c’est le temps qui use sa veste.

Et les amantes, les y voit-on,
immobiles et frêles,
percées comme les papillons
pour la beauté de leurs ailes.

6
Du fond de la chambre, du lit, ce n’était que pâleur qui sépare,
la fenêtre stellaire cédant à la fenêtre avare
qui proclame le jour.
Mais la voici qui accourt, qui se penche, qui reste :
après l’abandon de la nuit, cette neuve jeunesse céleste
consent à son tour !

Rien dans le ciel matinal que la tendre amante contemple,
rien que lui-même, ce ciel, immense exemple :
profondeur et hauteur!

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Accolés l’un à l’autre (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
À l’attention de ceux qui se croient unis et de ceux qui ne croient pas pouvoir s’unir.

Accolés l’un à l’autre
soudés par tant de glus
hasardeuses
que figea l’ombre entre leurs chairs
calleuses

des abîmes
ignorés
les séparent

Mais ailleurs
l’un de l’autre si loin
séparés par de telles distances
visibles

un flux les noue
à l’impalpable corps
de l’espace
partagé

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Brin d’acore (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



Illustration: Manda
    
Brin d’acore
Noué à mon pied
Lanières de sandales

***

ayamegusa
ashi ni musuban
waraji no o

(Bashô)

 

Recueil: Haïkus еt Notes de voyage sur le chemin étroit du nord profond
Traduction: Manda
Editions: Synchronique

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Ecoute, tout mon cœur… (Cécile Sauvage)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Ecoute, tout mon cœur se déchaîne et t’appelle,
C’est fini des pâleurs timides et des cris
Qui restent dans la gorge en pleurs des tourterelles.
C’est fini des mots bleus et des gestes fleuris.
C’est fini de t’aimer en nouant des guirlandes
D’avril sur tes cheveux, en me pendant à toi
Comme un panier de joncs où meurent des lavandes
Quand la lune le soir nous conduit dans les bois.

(Cécile Sauvage)

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Ne laisse pas l’indicible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018




    
Ne laisse pas
l’indicible
te nouer la main
retenir ces mots
qui montent
de la nappe
et ont à entrouvrir
le voile sur ce que tu es
ce que tu éprouves

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Il faudrait me serrer si fort — quels bras sauraient ? (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Il faudrait me serrer si fort — quels bras sauraient ?
Debout, et moi debout, face à face, à toi noue-moi.
Non point dans la mort d’amour où nous ne serions ensemble que sursauts et sommeils.
Mais front contre front, poitrine contre poitrine,
— et qui dirait si le calme tumulte cognant dans nos oreilles c’est mon coeur qui frappe ou le tien ? —
les jambes droites contre les jambes, serre moi si fort que l’âme éperdue enfin trouve son repos.
La jointure est telle qu’un instant, ô rempart clos et battant autour de moi,
l’angoisse même je ne la respire plus dans l’air remplacé par ton souffle.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Gennadiy Ulybin

 

 

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Il ne faut pas aller plus loin (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Il ne faut pas aller plus loin
Les bijoux sont pris dans la lyre
Les papillons noirs du délire
Remuent sans y penser la cendre du couchant

A peine revenu des voyages amers
Autour des cœurs jetés au fond des devantures
Sur l’avant-scène des prairies et des pâtures
Comme des coquillages nus devant la mer

A peine remué par l’amour de la vie
Des regards qui se nouent aux miens
Des visages sans nom des souvenirs anciens
Diamants de l’amour qui flottent sur la lie

Pour aller chercher au fond dans la vase
Le secret émouvant du sang de mon malheur
Il faut plonger la main aux racines du cœur
Et mes doigts maladroits brisent les bords du vase

Le sang qui jette sur tes yeux ce lourd rideau
L’émotion inconnue qui fait trembler ta lèvre
Et ce froid trop cruel qui emporte ta fièvre
Froisse dans tous les coins le linon de ta peau

Je t’aime sans jamais t’avoir vue que dans l’ombre
Dans la nuit de mon rêve où seul je peux y voir
Je t’aime et tu n’es pas encore sortie du nombre
Forme mystérieuse qui bouge dans le soir

Car ce que j’aime au fond c’est ce qui passe
Une fois seulement sur ce miroir sans tain
Qui déchire mon cœur et meurt à la surface
Du ciel fermé devant mon désir qui s’éteint

(Pierre Reverdy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Ferraille
Traduction:
Editions: Gallimard

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