Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘compact’

Jamais je ne serai libre (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Jamais je ne serai libre
Jamais je ne pourrai exhaler
Le souffle végétal du jonc creux ;
Les formes compactes
Imparties à l’empire
Du monde m’étouffent.

***
lo non saro mai libero,
No mai potro spirare
L’aura vegetale
Del guinco vuoto :
Le forme compatte
Cui è concesso l’impero
Del mondo mi soffocano.

(Tommaso Landolfi)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Il y a bien longtemps que te connaît la terre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2018



Il y a bien longtemps que te connaît la terre :
comme le pain, comme le bois, tu es compacte,
tu es corps, tu es grappe assurée de substance,
tu as poids d’acacia et de légume d’or.

Tu existes, c’est sûr, puisque tes yeux d’essor
éclairent le réel comme fenêtre ouverte,
puisque aussi tu es faite et cuite dans la boue
à Chillan, dans un four de brique stupéfaite.

Les êtres s’épandant comme l’air, l’eau, le froid,
sont vagues, effacés par le contact du temps,
avant que de mourir ils semblent broyés fin.

Nous deux nous tomberons comme pierre au tombeau.
Ainsi par notre amour qui ne fut consumé
avec nous deux vivra, vivra toujours la terre.

***

Desde hace mucho tiempo la tierra te conoce
eres compacta como el pan ola madera,
eres cuerpo, racimo de segura substancia,
tienes peso de acacia, de legumbre dorada.

Sé que existes no sólo porque tus ojos vuelan
y dan luz a las cosas como ventana abierta,
sino porque de barro te hicieron y cocieron
en Chillán, en un horno de adobe estupefacto.

Los seres se derraman como aire o agua o frío
y vagos son, se borran al contacto del tiempo,
corno si antes de muertos fueran desmenuzados.

Tú caerás conmigo como piedra en la tumba
y así por nuestro amor que no fue consumido
continuará viviendo con nosotros la tierra.

(Pablo Neruda)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

BATTRE LA CAMPAGNE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



 

Carry Akroyd

BATTRE LA CAMPAGNE
(extrait)

L’espace doux entre verveines
entre pensées entre reines-
marguerites, entre bourdaines
s’étend à l’abri des tuiles

l’espace cru entre artichauts
entre laitues entre poireaux
entre pois entre haricots
s’étend à l’abri du tilleul

l’espace brut entre orties
entre lichens entre grimmies
entre nostocs entre funaries
s’étend à l’abri des tessons

en ce lieu compact et sûr
se peut mener la vie obscure
le temps est une rature
et l’espace a tout effacé

(Raymond Queneau)

Illustration: Carry Akroyd

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Nous n’avons pas de langage pour les fins (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Nous n’avons pas de langage pour les fins,
pour la chute de l’amour,
pour les labyrinthes compacts de l’agonie,
pour le scandale bâillonné
des enlisements irrévocables.

Comment dire à celui qui nous abandonne
ou que nous abandonnons
qu’ajouter encore une absence à l’absence
c’est noyer tous les noms
et dresser un mur
autour de chaque image ?

Comment faire des signes à qui meurt,
quand tous les gestes se sont figés,
quand les distances se brouillent en un chaos imprévu,
que les proximités s’écroulent comme des oiseaux malades
et que la tige de la douleur
se brise comme la navette
d’un métier disloqué ?

Ou comment se parler tout seul
quand rien, quand personne ne parle plus,
quand les étoiles et les visages sont neutres sécrétions
d’un monde qui a perdu
le souvenir d’être monde ?

Peut-être un langage pour les fins
exige-t-il l’abolition totale des autres langages,
la synthèse imperturbable
de la terre brûlée.

A moins de créer un langage d’interstices,
capable de resserrer les moindres espaces
imbriqués entre le silence et la parole
et les particules inconnues sans désir,
qui seulement là promulguent
l’équivalence ultime
de l’abandon et de la rencontre.

***

No tenemos un lenguaje para los finales,
para la caída del amor,
para los concentrados laberintos de la agonía,
para el amordazado escándalo
de los hundimientos irrevocables.

¿Cómo decirle a quien nos abandona
o a quien abandonamos
que agregar otra ausencia a la ausencia
es ahogar todos los nombres
y levantar un muro
alrededor de cada imagen?

¿Cómo hacer señas a quien muere,
cuando todos los gestos se han secado,
las distancias se confunden en un caos imprevisto,
las proximidades se derrumban como pájaros enfermos
y el tallo del dolor
se quiebra como la lanzadera
de un telar descompuesto?

¿O cómo hablarse cada uno a sí mismo
cuando nada, cuando nadie ya habla,
cuando las estrellas y los rostros son secreciones neutras
de un mundo que ha perdido
su memoria de ser mundo?

Quizá un lenguaje para los finales
exija la total abolición de los otros lenguajes,
la imperturbable síntesis
de las tierras arrasadas.

O tal vez crear un habla de intersticios,
que reúna los mínimos espacios
entreverados entre le silencio y la palabra
y las ignotas partículas sin codicia
que sólo allí promulgan
la equivalencia última
del abandono y el encuentro.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Karen Lamonte

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Glace (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Glace — signifie rien
n’est miracle, s’il faut que soit
ce qui sera — tu es le sens
et la blessure — s’ouvrant hors
de la glace, et le battement à travers
la terre compacte, quand les corbeaux
y viennent marauder. Où que tu marches, le vert
parle en toi, et demeure. Le silence
met face à face l’hiver
et le printemps.

(Paul Auster)

Illustration: Jean François Millet

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Transparents (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2016



Transparents

Transparents compacts
l’arbre mêlé de ciel
le romarin dans l’ombre bleue
ce mont
obscur à force de silence
l’éclat des oliviers
que le matin isole
et les îles tirées là-bas
de la substance de la mer

impossible de passer

seul celui qui dort
tel un mendiant
dehors
au pied des murailles de diamant
voit de toutes parts les portes
s’ouvrir
les failles les défilés les passages
qui mènent
de l’autre côté
où l’on débouche sur les mêmes collines
les mêmes arbres
la même mer

mais d’où vient alors
l’imperceptible différence ?

(Jean Mambrino)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au crépuscule (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016




Au crépuscule
se lève une incarnation de notre impalpable emblavure du monde.

Abolie la distance entre nuage et nous.

L’intimité du sang avec la sève
se tisse à la lueur des meubles.

Notre corps la fleur et le dieu
tout est compact.

(Marie-Claire Bancquart)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Suis-je le vent? (Raphaële George)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2016


Tu voudrais résoudre notre similitude
avec ce qui demeure éternellement compact,
mais tu ne peux pas:
je suis ce qui flotte maintenant autour
et qui est voué à l’imperceptible.
Suis-je le vent?
Suis-je ta sueur?
Nul ne le sait;
et si je me taisais,
tu n’aurais pas d’existence.

(Raphaële George)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la tempête éternité (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2015



dans la tempête éternité du ciel compact
s’enlisant
luttant mais si peu
captée de plus en plus vers
quoi s’effritant noire
une épave éphémère une autre épave
ma demeure de mots la plaine
ou l’absence

(Pierre Dhainaut)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

S’éveiller de soi inconnu (Jamel Eddine Bencheikh)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2015



Au plus juste
Au plus fort
Dépouillé
Là où la douleur s’ouvre
A l’innocence

Tandis que nous quittent les parfums
Floconne l’écriture
Sous les paupières

Alors s’éveiller
De soi inconnu

Compact de solitude?

(Jamel Eddine Bencheikh)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :