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Poésie

Posts Tagged ‘limite’

Mastiquer la solitude (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



Illustration: Odilon Redon
    
Mastiquer la solitude,
ouvrir un autre regard dans le regard,
inscrire un autre point dans le silence,
entrer plus, entrer plus,
rompre la limite.

Peu importe s’il n’y a rien.
Seul importe d’être plus.

Ou mastiquer la solitude,
effacer tout regard dans le regard,
gratter le point du silence,
sortir plus, sortir plus,
rompre la limite.

Peu importe s’il n’y a rien.
Seul importe d’être moins.

L’être plus de l’être moins.

Le plus du moins que le rien.

***

Masticar la soledad,
abrir otra mirada en la mirada,
poner otro punto en el silencio,
entrar más, entrar más,
romper el límite.

No importa si no hay nada.
Sólo importa ser más.

O masticar la soledad,
borrar toda mirada en la mirada,
raspar el punto del silencio,
salir más, salir más,
romper el límite.

No importa si no hay nada.
Solo importa ser menos.

El ser más del ser menos.

El más del menos que la nada.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Même en ouvrant bien les yeux (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019




    
Même en ouvrant bien les yeux,
nous ne voyons le ciel qu’à travers de petits orifice
par où se déverse aussi l’enfer.

Le ciel, par contre, ne se déverse pas.
Il faut attendre le moment juste
et se déverser en lui
quand les petits orifices
ne sont pas obstrués par le flux de l’enfer.

Alors peut se produire l’inespéré,
que le ciel et l’enfer se rejoignent,
s’effacent comme deux saisons provisoires
et que surgisse enfin l’autre en son éclat,
le bouquet fait de toutes les fleurs,
le chemin qui va partout,
l’expression qui sert pour tous les gestes,
le repos qui soutient toutes les quiétudes,
la création sans la limite d’aucun créateur.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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QUOI D’AUTRE CHERCHE LE MOT … (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




    
QUOI D’AUTRE CHERCHE LE MOT …

Quoi d’autre cherche le mot
dans la lie de l’être
sinon l’insondable
qui existe quand-même

ainsi l’eau du fleuve
glisse des mains
mais dans la jarre
elle connaît ses limites
conserve sa forme
et désaltère

ainsi parfois
le poème.

(Germain Droogenbroodt)

 

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Nous n’avons pas la réponse aux questions que pose le silence (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



 

nous n’avons pas la réponse
aux questions que pose le silence
ni d’explication aux rêves
à peine devinons-nous certains signes

que savons-nous du miracle qui nous réunit
puis de ce qui lentement nous sépare
de ce qui se dit à travers nous
lorsque nous tentons d’écrire
de l’objet réel de notre quête
ou de ce qu’est la plus belle chose du monde

nous ne connaissons ni la part non vécue
de nos vies ni ce que nous ne sommes pas
ni même ce que nous sommes vraiment
ou ce que nous aurions pu être

nous ne connaissons ni la raison du soleil
ni le pourquoi du cercle de la terre du ciel
de la ronde des naissances et des morts

ni les autres noms du néant ceux de la lumière
ni même la vraie couleur du temps
ou les limites de l’âme
ou les chiffres liés à la disparition des astres

pas plus que le centième nom du rien

(Amina Saïd)

 
Illustration: Annabelle Delaigue

 

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Les objets sont nos voisins, sans rêve (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



    

Les objets sont nos voisins,
sans rêve, seulement là et proches,
posés très lourds
sur un lit de silence.

Mais le temps est en eux, il mûrit,
va son chemin comme en nous,
sans limite perceptible, il creuse,
sans poids, dans d’invisibles lointains.

En débat avec la nuit, plus
nocturne que toute nuit, il dépose
en eux sa parole de sable

Tandis que, sans mémoire, sans voix, ses marteaux
frappent de grands coups de silence
en nous et contre nous.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tu conjugues la veille à l’éternelle absence (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Illustration: Francine Van Hove
    
Tu conjugues la veille
à l’éternelle absence,
conjonction des figures et des pauses,
ce qui tombe et se relève avec le soir.

Des oiseaux bleus quelquefois
traversent ton regard. Tu retournes
à la table peinte, à tes plumes,
tes ciseaux, tes phrases, tes silences.

Tant de choses inexplicables passent
par le détail des mois et des années.
Tu reviens de partout

Si pâle du sommeil refusé,
cherchant le lieu et la limite
ou la coïncidence.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Délivrons-nous (Tilemachos Chytiris)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Délivrons-nous
dans les limites du cercle
pas d’autres visions
délivrons-nous.

Errants que nous sommes
dans des hôtels sales
mais avec un coeur de fleur.

(Tilemachos Chytiris)

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L’étonnement (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

L’étonnement

Le plus que l’homme puisse atteindre
est l’étonnement,
et si le premier phénomène l’étonne,
qu’il soit satisfait.
Pas davantage ne pourra lui être donné,
et rien de plus il n’aura à chercher.
Là est la limite.

(Goethe)

Illustration

 

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Limites de la terre (Yves Di Manno)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



 

Limites de la terre

ici au nord

la sainte borne
délimitant

les frontières
du domaine

du dieu

(Yves Di Manno)

 

 

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Il n’y a pas de limites pour aimer (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
il n’y a pas de limites pour aimer
et que m’importe de mal étreindre
si je peux tout embrasser.

Il y a des femmes à Gênes
dont j’ai aimé le sourire tout un matin.
Je ne les reverrai plus et, sans doute,
rien n’est plus simple.

Mais les mots ne couvriront pas
la flamme de mon regret.

(Albert Camus)

 

Recueil: L’Envers et l’Endroit
Traduction:
Editions: Folio

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