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Poésie

Posts Tagged ‘limite’

Le Chant de triomphe de Trishancou (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2020



Trishancou 
    
Le Chant de triomphe de Trishancou

Je ne mourrai pas.
Bien que ce corps, quand l’esprit sera las
de son étroite demeure, doive nourrir les flammes,
ma maison brûlera, moi pas.

Abandonnant cette gaine
je découvrirai un vaste espace éthéré.
À la tombe avide échappera mon esprit,
trompant l’étreinte de la mort.

La Nuit retiendra
le soleil en ses profondeurs glacées ; le Temps aussi devra cesser ;
les astres qui peinent auront leur délivrance.
Je ne cesse pas, moi, je demeure.

Avant que les premières graines
fussent semées sur terre, j’étais déjà vieux,
et quand se refroidiront des planètes point encore nées
mon histoire se poursuivra.

Je suis la lumière
au coeur des étoiles, la force léonine et la joie des matins ;
je suis l’homme et la jeune fille et le petit garçon,
protéen, infini.

Je suis l’arbre
qui se dresse, solitaire, sur le bleu sans limite ;
je suis la rosée qui pleut en silence
et la mer illimitée.

Je tiens le ciel entre mes mains
et soutiens la terre exubérante.
À ma naissance j’étais l’éternel Penseur
et le demeurerai après ma mort.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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L’imagination (Albert Einstein)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2020




    
L’imagination est plus importante que le savoir.
Le savoir est limité alors que l’imagination
englobe le monde entier.

(Albert Einstein)

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Tu n’en sauras pas plus (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020




Ca n’existe pas puisque c’est là,
hors de toute image,
sans ces limites qui te font dire:
je vois le bol, la table.
Pourtant c’est à travers ces limites
que soudain te touche quelque chose.
Ca bouge sans bouger.
Comme un air qui ne passerait pas,
un fil entre ton corps et les choses.
Tu n’en sauras pas plus,
tu le sais.

(Jacques Ancet)

Illustration: ArbreaPhotos

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Comme avec une paille (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Anna Akhmatova
    
Comme avec une paille tu bois mon âme,
Elle a un goût d’amertume et d’ivresse,
Mais tu sais que sans limites est mon calme
Et je ne prierai pas pour que le supplice cesse.

Dis-moi quand tu en auras fini, peu importe
Que mon âme ne doive plus exister ;
j’irai plus loin, là où mes pas me portent,
Pour voir seulement les enfants jouer.

Le groseillier en grappes se répand,
Le briquetier ne fait qu’aller et venir…
J’oublie – es-tu mon frère ou mon amant,
Et je ne veux plus même m’en souvenir.

Le corps épuisé repose un instant
Dans ce monde hostile et pourtant si clair,
Et les passants songent confusément :
Vrai, son veuvage ne date que d’hier.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Limites (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2019



Illustration: Niko Guido
    
Limites

Que tu allumes des lumières
et de grands feux
aux lueurs sans fin
et qui portent loin.

Que tu jettes dans le voile de fumée
les langues des torches,
que tu essaimes des yeux et du coeur
ce que tu possèdes.

Ce ne sera toujours que tentative,
chemin tâtonnant,
rien que ton image
que tu tiens de la lumière.

***

Schranken

Zündest du Lichter an
und große Feuer
mit weiten Scheinen
ohne Ende.

Wirfst du im schleiernden Rauch
züngelnde Fackeln,
streust du aus Augen und Herz,
was du besitzt.

Immer nur ist es Versuch,
tastender Weg,
immer dein Bild nur,
das du vom Lichte trägst.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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En forêt (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



En forêt

La mousse pousse autour du tronc
Qui retrouve sa légèreté
Au retour de la pluie
Qui psalmodie à ras du sol
Où tombent des lambeaux d’écorce
Il flotte des oripeaux de brume
Au-dessus de la mare
Où croupissent des astres

Dans la forêt où s’agenouillent des chemins de paix
Et se chevauchent des sentiers d’automne
Je déserte au plus clair du matin
Je m’expatrie vers des limites jamais atteintes
Jusqu’aux confins de la vie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Je t’écrirai lorsque tu seras morte (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo -  (45)

Je t’écrirai lorsque tu seras morte,
Ma douce vie — ô dame sans oubli,
le dirai bouche et lèvres, je t’apporte
Des mots sans suite et des phrases de cris.
le signerai le tout du nom d’un autre

[…]

Ici la fleur, ici l’oiseau, la flamme,
Ici le rien qui ne veut pas finir.
Dans le désert, ici la voix de l’âme,
Ici la fleur, ici la fleur, ici…
Parmi la mort, un tout dernier miracle
Le chant de vie et des mots inconnus
Qu’un homme entend dans un silence d’arbre,
Ici la clef du langage perdu.
J’attends le prince aux limites du monde
Car l’invisible a dérobé mon nom.

(Robert Sabatier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Les limites du malheur (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



Les limites du malheur

Mes yeux soudain horriblement
Ne voient pas plus loin que moi
Je fais des gestes dans le vide
Je suis comme un aveugle-né
De son unique nuit témoin

La vie soudain horriblement
N’est plus à la mesure du temps
Mon désert contredit l’espace
Désert pourri désert livide
De ma morte que j’envie

J’ai dans mon corps vivant les ruines de l’amour
Ma morte dans sa robe au col taché de sang.

(Paul Eluard)

 

 

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Sans limites (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Ce qui
En toi se tait

Croit que ton corps
Est sans limites.

(Guillevic)

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NOSTALGIE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



Illustration
    
NOSTALGIE

Quand la nuit
est au point de finir
au temps que le printemps est proche
et que rarement
quelqu’un passe

Sur Paris se condense
une obscure couleur
de larme

Au coin
d’un pont
je contemple
le silence sans limite
d’une fille
ténue

Nos deux
maladies
se confondent

Et comme emportés
on demeure

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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