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Poésie

Posts Tagged ‘obscur’

Ors (Kristel Saint-Cyr)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Ors

Lumière
Parmi les tiges
Luit si douce
Une feuille
Luit
Tel un pétale de soleil
Corolle
D’un souvenir
Car si près
L’éclat des ors d’automne
Si près
Parmi si austères
Et nues
Les mélancolies de l’hiver
Ainsi la joie de Lui
Si près
Parmi l’obscur de nos replis
Les déserts de nos solitudes

(Kristel Saint-Cyr)

 

 

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NOCTURNE EST LA MER SOUS L’ÉTINCELLEMENT (Lorand Gaspar)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2022



NOCTURNE EST LA MER SOUS L’ÉTINCELLEMENT

Tant d’obscure parole dissoute dans la lumière –
Graniteuse présence, si sombre son creusement
Dans les cavernes de l’oeil!

(Lorand Gaspar)

Illustration: Tina Palmer

 

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Nous avons choisi sciemment la part obscure (Pierre-Alain Tâche)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



Nous avons choisi sciemment la part obscure
les transhumances du silence
et le tendre chardon des bouches

Notre parole écharpe l’ineffable
ébauche des jardins où fondent des sorbiers
capture des oiseaux si prompts
que notre joie vacille
et se rompt

Qui sèchera cette marée étale
cette féconde usure

(Pierre-Alain Tâche)

 

 

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La Sieste (José Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022




La Sieste

Pas un seul bruit d’insecte ou d’abeille en maraude,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d’émeraude.

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil
Qui s’allonge et se croise à travers l’ombre chaude.

Vers la gaze de feu que trament les rayons,
Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu’enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,
Et dans les mailles d’or de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, j’emprisonne mes rêves.

(José Maria de Hérédia)

Illustration

 

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Une mer obscure (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2022



Une mer obscure
Entoure dans son cercle
Les îles où se réfugient
Toutes les âmes en peine

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration

 

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À PRÉSENT tu n’as plus, mon coeur, ce vol (José Àngel Valente)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022




À PRÉSENT tu n’as plus, mon coeur, ce vol
qui t’emportait vers les plus hautes cimes.

Tu bats, rampant, parmi les feuilles sèches
du jaune automne.

Et jusqu’à quand dans ta secrète larve ?

Renaîtras-tu dans le matin
pour respirer le froid de l’air
où il y a un oiseau ?
L’entends-tu ?

Il chante tout en haut, sur les cimes
comme toi, comme alors.

Tu n’es qu’un battement réfugié dans l’obscur.

À cet oiseau que tu as été tu dédies ce chant.

***

AHORA no tienes, corazôn, el vuelo
que te llevaba a las màs altas cumbres.

Lates, reptante, entre las hojas secas
del amarillo otono.

Y hasta cuàndo en la secreta larva de ti ?

Volveràs a nacer en la maniana,
a respirar la frialdad del aire
donde hay un pàjaro ?
Lo oyes ?

Canta arriba, en las cimas,
como tù, como entonces.

Tù eres solo latir cobijado en lo oscuro.

Al pàjaro que fuiste dedicas este canto.

(José Àngel Valente)

 

 

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Je suis assis seul (Hanshan)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022




    
Je suis assis seul, souvent perturbé,
Mes sentiments en proie sans cesse à l’anxiété.
Des nuages ont ceinturé la pente des montagnes,
A l’entrée des vallées, le vent gronde et rugit…
Des singes dans les arbres en font frémir les branches,
Des oiseaux dans la forêt font entendre leur chant.
Les saisons sont pressantes, mes cheveux blancs s’envolent,
Mes années épuisées, je suis vieux, sans espoir.

***

Seul je suis allongé sous les monts étagés,
Les nuages vaporeux pendant le jour persistent.
Quand je suis au tréfonds de ma cellule obscure,
Dans mon coeur se taisent les cris et clameurs.
Je pars en rêve errer dans des palais dorés,
Puis mon âme revient, franchit le pont de pierre.
J’ai enfin écarté tout ce qui m’assaillait
Et je laisse ma gourde clabauder contre un arbre.

(Hanshan)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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La poésie ça sert à voir plus loin (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2022




    
La poésie ça sert à voir plus loin,
plus profond dans l’obscur.
A marcher tête haute dans l’inconnu.
A apprivoiser la nuit qui est en soi
et, quand on a apprivoisé la nuit,
on n’a plus peur des faux maximonstres.

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Aïe un poète
Traduction:
Editions: Seuil

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SANS PORTES NI FENÊTRES (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2022



 

SANS PORTES NI FENÊTRES

Sans portes ni fenêtres je veux vivre franc
Du besoin d’air pur et de lumière,
Plus clairvoyant de ne rien voir et plus vivant
De ne sortir qu’au profond de moi-même.

J’ai maçonné les trous dans l’épaisseur des murs.
Ah! comme respirer en moi me fortifie,
Je sens mille portes s’ouvrir
Mille fenêtres éclairer ma vie.

Chaque idée est un oeil fixé sur l’éternel,
Je suis l’araignée rouge aux yeux nocturnes,
L’obscur est mon domaine, et mon ciel
Brille de toutes les étoiles que j’allume.

(Franz Hellens)

Illustration: Odilon Redon

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QUIA HORTULANUS ESSET (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2022



Illustration: Salvadore Dali    
    
QUIA HORTULANUS ESSET

Je suis l’ouvrier du silence,
L’au-delà des gestes humains,
L’obole qui contrebalance
L’or des Césars entre vos mains.

Je suis l’innocence de l’aube
Et l’oeuf fragile au fond du nid;
Les replis usés de ma robe
Ont la largeur de l’infini.

Je suis plus vendu qu’un esclave,
Et, plus qu’un pauvre, abandonné;
Je suis l’eau céleste qui lave
Le sang que pour vous j’ai donné.

Les lys et les agneaux, mes frères,
Sont comme moi sans défenseur;
Je revêts tous ceux qui pleurèrent
D’une cuirasse de douceur.

Peu m’importe que l’on me nie :
Je suis l’obscur et l’insulté
Semant sa sueur d’agonie
Aux sillons du futur été.

Je suis la neige qui prépare
La lente éclosion des fleurs;
Deux bras ouverts, vivante barre,
Diamètre de vos douleurs.

La rose à mes côtés relève
Son visage innocent et beau;
Le bois mort s’humecte de sève;
Et la Madeleine au tombeau,

Moite encor des larmes versées,
Reconnaît, dieu qui sanglota,
Le jardinier aux mains percées
Sous l’arbre noir du Golgotha.

(Marguerite Yourcenar)

 

Recueil: Les charités d’Alcippe
Traduction:
Editions: Gallimard

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