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Posts Tagged ‘obscur’

LE CHANT DE LA SOURCE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021



Illustration
    
LE CHANT DE LA SOURCE

Si quelque chose nous protège et nous oublie dans
la dispersion des oiseaux et la gravité des voix,
c’est peut-être que nous avons nos racines dans la montagne
et que nous traversons l’épaisseur avec les muscles de l’air.

La lumière cherche un nid en nos mains
et l’eau parle de la clarté de l’ombre.

Entre le désordre et le bleu se dressent des formes
au rythme de la transparence et d’un sang de silex.

Certaines perdent leur éclat auprès d’une naissance
ou d’une matière ailée. Et le regard retourne à la
source obscure sous l’arbre du chant.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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La lumière a un visage (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2021




    
La lumière a un visage
mais elle n’a pas d’entrailles.
L’obscur a des entrailles,
pas de visage.

(Adonis)

 

Recueil: Mémoire du vent
Traduction: André Velter
Editions: Gallimard

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CELUI QUI ÉCRIT (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2021




    
CELUI QUI ÉCRIT

Celui qui écrit veut mourir, veut renaître
dans un bateau ivre au calme abandon.
Celui qui écrit veut dormir dans des bras matinaux
et dans la bouche des choses être une larme animale
ou le sourire de l’arbre. Celui qui écrit
veut être terre sur la terre, solitude
adorée, resplendissante, odeur de mort
et rumeur du soleil, la soif du serpent,
le souffle sur le mur, les pierres sans chemin,
le midi obscur tombant sur les yeux.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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TU ES VENUE

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2021



 

Alexander Deineka   00 [1280x768]

TU es venue, et tu semblais un amusement.

Mais tu as pris par la main mes trente ans
Qui hésitaient à s’acheminer
Vers les mornes paysages parsemés de chagrins
Et les époques de l’incertaine aventure.
Tu les conduis de même qu’un enfant
Qu’on veut empêcher d’avoir peur
En descendant l’escalier obscur.

A présent, grâce à toi, j’ai oublié
Les embûches lointaines.
La vie est un été perpétuel,
Une montre arrêtée à midi.
Et si je regarde autour de moi,
Les jours sont de légères et immobiles plumes
A fleur du temps.

Doux passe-temps, goûter ta voix qui jamais ne lasse
Ainsi que l’eau, ainsi que le pain!
Je suis comblé de cadeaux plus frais et plus gais
Que l’ouverture matinale des persiennes.
Je ne connais plus ni rides, ni chagrins,

Depuis que tu as pris par la main mes trente ans.

(Lionello Fiumi)

Illustration: Alexander Deineka

 

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UN MONDE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021



Illustration
    
UN MONDE

C’est un songe ou peut-être seulement une pause
dans la pénombre. Cette masse obscure
qu’elle roule dans les eaux sont des étoiles.
Entre arômes et couleurs, un bateau de calcaire
poursuit son voyage immobile dans un jardin.
Je vois la blancheur parmi les astres et les branches.
On dirait que l’être respire ébloui
et que tout croît sous un souffle silencieux.
Aucun sens, mais les signes s’épousent,
et l’éclat et la rumeur configurent un monde.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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LA PAROLE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021




    
LA PAROLE

La parole est une statue immergée, un léopard
qui frémit en des taillis obscurs, une anémone
dans une chevelure. Parfois c’est une étoile qui
projette son ombre sur un torse.
La voici errante dans la clameur de la nuit,
aveugle et nue, mais vibrante de désir
comme un magnolia mouillé. Rapide est la bouche
qui effleure juste les rayons d’une autre lumière. Je
touche ses fines chevilles, ses cheveux ardents et je
vois une eau limpide dans la nacre d’une coquille.
Et c’est toujours un corps aimant et fugace
qui chante dans une mer musicale le sang des voyelles.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Tu m’appartiens, obscur amour (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



 

Dipak Kundu (27) [1280x768] [1280x768]

Tu m’appartiens, obscur amour.
Il n’est pas d’aiguillon plus fort
Que cette satiété. Et la lumière
Promise par l’arbre céleste
Ne peut nous forger d’autre sérénité
Si autour de nous c’est déjà le soir.
Tu couves une nouvelle floraison
Et le ciel est suspect
De cette angoisse qui croît en ton sein.

***

Mi appartieni oscuro amore.
Non c’è stimolo più forte
Di questa sazietà. Né la luce
Promessa dall’albero celeste
Pue)fingerci altra calma
Se a not intorno è già sera.
Tu covi nuova fioritura
E il cielo è sospetto
Di quest’ansia che ti cresce in petto.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Dipak Kundu

 

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Eloge du bleu (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2021



Eloge du bleu

Les grandes ailes
Qui traversent la mer
Portent ton oiseau noir
Jusqu’à l’obscur
Etincelant

(Henry Bauchau)

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Virgule (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2021



Dans la phrase obscure du temps
virgule

(Henry Bauchau)

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LE CALME DU PARC (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2021



Illustration: Rémi Coudrain  
    

LE CALME DU PARC

Dans le parc automnal se dresse
une femme nommée Amour
— bronze obscur et frémissant
dont la peau brune parle de la
chair — qui est esprit.

L’artiste-créateur
l’aimait
en secret
et n’aimait qu’elle, rien qu’elle!

Les arbres se balancent,
le vent parle d’art —
et les gens parlent
comme le vent, comme le vent.

Chaque jour, un homme qui ignore tout de l’art
s’assied sur le banc.
Les yeux rivés au sol, il écoute dans le bronze
chanter des veines gorgées de sang.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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