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Poésie

Posts Tagged ‘obscur’

Le feu obscur (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



Le feu obscur
l’oeil noir de la flamme
brille en chaque point
du temps
où s’origine l’âme des pierres
la braise des corps mortels

le feu obscur
passe et demeure
passe en sa pointe
entraîne l’écorce et la chair et les feuilles
jusqu’aux regards
jusqu’au minuit de la lumière

mais sans perdre
ses racines

celui qui trouve ses racines
trouvera la clairière

(Jean Mambrino)

Illustration: Josette Mercier

 

 

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ATYS A CYBÈLE (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



Helena Paroucheva Cybele 0

ATYS A CYBÈLE

La chair encore endormie,
Je pars au petit jour sombre,
Sans pouvoir sortir de l’ombre
Que ton corps fait sur ma vie.

Je m’étends, quand midi luit,
Au feu de ta chair perdue.
Il n’est pas jusqu’à la nuit
Que ton corps n’ait épandue.

Sous l’herbe, l’argile est dure.
Ta rosée ou ma sueur
Donnent au soir son odeur
De terre et de chair obscure.

(François Mauriac)

Illustration: Helena Paroucheva

 

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RETOUR (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2019



Illustration: Karen Lamonte
    
RETOUR

Les choses brodent l’ample monotonie des absences
Cette heure est une coquille pâle
L’obscur azur des profondeurs s’est fracturé
Cette heure est un manteau de sécheresse

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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VŒUX POUR MON PROPRE ANNIVERSAIRE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



Giuseppe Ungaretti
    
VŒUX POUR MON PROPRE ANNIVERSAIRE

Le soleil s’en va doucement.
De la journée un ciel trop clair
Se détache.
Il ramifie la solitude

Comme du fond de la distance
Une inflexion de voix.
Offensée si pourtant flatteuse
Cette heure est d’un art étrange

N’est-ce pas le premier signe
D’automne déjà libéré?
Avec aucun autre mystère

Il court en effet se dorer
Le beau temps qui retire
Le don de folie.

Et pourtant, pourtant je crierai :
Jeunesse rapide des sens
Qui me tiens obscur à moi-même
A l’Éternel consentant les images,

Ne me laisse pas encore, reste, souffrance!

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Souvenirs et songes mûrissent l’avenir (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2019



Souvenirs et songes mûrissent l’avenir.
Même éveillés, nous portons dans notre conscience
des points de magie sous une aile de secret : les songes.

C’est la mémoire, personnelle ou tribale, qui s’est délivrée d’elle-même
et ressurgit au-delà du temps et de l’espace.
Ces lointains de paradis perdu, tout acte d’amour les rapproche et les recrée.

La poésie consiste à convertir la mémoire en songes
et à porter d’heureuses clartés sur le chemin de l’obscur.

(Giuseppe Ungaretti)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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NOSTALGIE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



Illustration
    
NOSTALGIE

Quand la nuit
est au point de finir
au temps que le printemps est proche
et que rarement
quelqu’un passe

Sur Paris se condense
une obscure couleur
de larme

Au coin
d’un pont
je contemple
le silence sans limite
d’une fille
ténue

Nos deux
maladies
se confondent

Et comme emportés
on demeure

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les oiseaux libres (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



 

Les oiseaux libres
ne souffrent pas qu’on les regarde.
Demeurons obscurs,
renonçons à nous,
près d’eux.

(René Char)

 

 

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L’intensité est silencieuse (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



L’intensité est silencieuse.
Son image ne l’est pas.

(J’aime qui m’éblouit
puis accentue l’obscur
à l’intérieur de moi.)

(René Char)
Illustration: ArbreaPhotos

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LES HÉRAUTS NOIRS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



 


Illustration: ArbreaPhotos
    
LES HÉRAUTS NOIRS

Il est des coups dans la vie, si rudes… Je ne sais!
Des coups comme de la haine de Dieu; comme si avec eux,
le ressac de toutes les souffrances
s’enlisait dans l’âme… Je ne sais!

Ils sont rares; mais ils sont… Ils ouvrent des saignées obscures
dans le visage le plus farouche et dans le flanc le plus fort.
Ils sont peut-être les poulains de barbares attilas;
ou bien les hérauts noirs que nous envoie la Mort.

Ils sont les chutes profondes des Christs de l’âme,
d’une foi adorable que le Destin blasphème.
Ces coups sanglants sont les crépitations
d’un pain que nous laissons brûler à la porte du four.

Et l’homme… Le pauvre… Le pauvre! Il tourne les yeux, comme
quand nous appelle une tape sur l’épaule ;
il tourne ses yeux fous, et tout le vécu
s’enlise, telle une flaque de faute, dans le regard.

Il est des coups dans la vie, si rudes… Je ne sais!

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Une ligne de sable (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019



Une ligne de sable, un renflement de dune,
Une frange d’écume et de varech : la mer…
Le doux trait des sourcils sur ta paupière brune
Et l’obscure forêt au bord du front désert :
Ton visage éclairé du feu de deux prunelles,
Étoiles de ma nuit dont les flammes jumelles
Quand tu dors vont brûler sur un autre univers,
Atys, je confonds tout dans un unique songe :
Enfant qui me dévaste, océan qui me ronge.

(François Mauriac)

Illustration: Frédéric Bazille

 

 

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