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Poésie

Posts Tagged ‘brûler’

Sentiments troublés et sentiments égarés (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2020




    
Sentiments troublés
Et sentiments égarés
Se pressent en moi
À ce dieu foulant les lis
Je brûle d’offrir mes seins

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Maison haute (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2020



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Maison haute — plus petites, d’autres. La nuit
les garde toutes — lampes pareilles. Dans
certaines le soir
met longtemps á brûler

(Pascal Commère)

Illustration: Hall Groat

 

 

 

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Sentir en soi (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



Sentir
en soi la vie
comme un caillou
qui aurait vécu
sur une autre planète,

le sang
comme du sable
qui se déposerait à chaque ronde
dans les tempes
et dans la mémoire,

sentir
en soi la mort
comme une lumière
sans morsure,
comme un feu
où nulle sève ne brûle.

(Gérard Le Gouic)

 

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Et moi je brûlerai pour toi (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2020




Tes frêles épaules rougiront sous les fouets,
Rougiront sous les fouets, brûleront dans le gel.
Tes mains d’enfant soulèveront des fers,
Soulèveront des fers et tresseront des cordes.
Tes tendres pieds iront nus sur du verre,
Iront nus sur du verre dans le sable sanglant.
Et moi je brûlerai pour toi comme un cierge noir,
Comme un cierge noir, et il me sera défendu de prier.

(Ossip Mandelstam)

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La bougie brûle (Anne Tardy)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020




La bougie brûle
depuis une heure.
Combien de flammes?

(Anne Tardy)

 

 

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LE VOYAGEUR SÉDENTAIRE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



Rockwell Kent 10

LE VOYAGEUR SÉDENTAIRE

Le voyageur se dit souvent
Où donc est celle qui m’attend
Le voyageur se dit souvent
Où donc est celle qui m’attend
Est-elle en fête ou en prière
Elle est enfermée au couvent
Où je l’ai mise en mes manières
Le voyageur ne parle guère
Le voyageur ne parle pas

Le voyageur se dit souvent
Que laisserai-je à mes enfants
Le voyageur se dit souvent
Que laisserai-je à mes enfants
L’amour d’aimer le goût de faire
Un oeil tourné vers le dedans
Et la parole de mon père
Le voyageur ne lègue guère
Le voyageur ne lègue pas

Le voyageur se dit aussi
Me faut écrire à mes amis
Le voyageur se dit aussi
Me faut écrire à mes amis
Comment s’écrit le mot : Repère
Je brûle aux flammes de mon cri
Des lettres que je n’envoie guère
Le voyageur n’en écrit guère
Le voyageur n’en écrit pas

(Gilles Vigneault)

Illustration: Rockwell Kent

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TU ME REPROCHES… (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



    

TU ME REPROCHES…

Tu me reproches d’effleurer ta lèvre à peine
Comme un vent caressant les feuilles en chemin
Et d’enfoncer ensuite avidement mes mains
Dans la terre vers les racines qui l’étreignent.

J’aime bien le feuillage au murmure enivrant,
Pourtant c’est la racine que je lui préfère :
Elle, qui n’a pas le baiser de la lumière,
Transmet à l’arbre son frisson en gémissant.

Ce qui se passe en nous, en nos jeux passionnés,
Certes ni toi ni moi nous ne le savons guère;
Mais je comprends que tu voudrais te dominer,
Pour ne pas me céder m’être plus étrangère.
Une force inconnue et qu’on ne peut soumettre
Nous couche tous les deux au sol et nous pénètre.
Notre amour, ce frère jumeau de la folie,
Etait un feu, c’était un immense incendie.
Et, sachant bien qu’il ne pouvait que nous détruire,
Qu’à ce maudit éclatement aucun de nous
Ne saurait échapper, comme dans la forêt
En flammes, sans aucun espoir de se sauver,
Toutes les bêtes vont périr épouvantées,
Hurlant et s’entre-déchirant, luttant à mort,
Cherchant en vain de quel côté prendre la fuite,
Alors que sur les eaux passe un courant de feu —
Nous deux, serrés l’un contre l’autre, restons là,
Ainsi que dans un conte, ne comprenant rien.
Nous avons mis le feu au bois de la sagesse
Et brûlons vifs, dans les flammes, dans la fumée.

(Mihai Beniuc)

 

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La lampe est encerclée (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



La lampe est encerclée par la fureur
des fausses nuits, des soleils partisans
mais elle brûle et brûlant se délivre.
Sa patience exile, ses jardins
secrets n’attirent ni la faulx
ni la louange. Elle maintient
l’ordre invisible de la grâce.
Dans le silence étroit, la main
renoue le signe dénoué,
poursuit le geste, essaie
la juste cime du langage.

(Jean Joubert)

Illustration

 

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Noir dans le noir (Clara Janès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2020



Illustration: Hugues Crépin
    
Noir dans le noir
et dans le noir, du noir
que sillonne l’éclair.
La mer s’ouvre
et le blanc bondit
jusqu’au récif
d’où les rêves brûlent de
se fracasser.

Traduction en Français: Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

***

Negro en el negro
y en el negro, negro
cruzado por el rayo.
Y se abre el mar
y salta la blancura
hasta el cantil
desde el que los sueños
querían despeñarse.

Espagnol (original) Clara Janès

***

Zwart in het zwart
en in het zwart, zwart
door de bliksem doorkruist.
De zee opent zich
en het wit springt
tot aan de klip
van waar de dromen
zich te pletter willen storten.

Traduction en Néerlandais: Germain Droogenbroodt

***

Schwarz in Schwarz
und im Schwarzen, schwarz
vom Blitz durchkreuzt.
Und das Meer öffnet sich
und das Weiß springt
bis zur Klippe
von der sich die Träume
stürzen wollen

Traduction en Allemand: Wolfgang Klinck

***


Traduction en Persan: Sepideh Zamani

***

Μαύρο μες στο μαύρο
και στο μαύρο το μαύρο
που φώτισε η αστραπή
κι η θάλασσα αφήνοντας τη λευκότη
απλώνεται
μέχρι πάνω στο λόφο
απ’ όπου όνειρα
θέλουν να ξαπεταχτούν
από μόνα τους.

Traduction en Grec: Manolis Aligizakis

***


Traduction en Indi: Jyotirmaya Thakur

***

Nero su nero
e nel nero, nero
attraversato dai fulmini.
E il mare si apre
getta il bianco
sugli scogli
dai quali i sogni
vogliono cadere in pezzi.

Traduction en Italien: Luca Benassi

***


Traduction en Japonais: Naoshi Koriyama

***

Niuru ntô niuru
E lu niuru , niuru
Spacctu d’un raggiu
E si apri lu mari
Sauta la biancura
Finu a li scogghi
finu a quannu li sonnura
si tuffanu a la lavanca.

Traduction en Sicilien: Gaetano Cipolla

***

O escuro no escuro
no escuro, escuro
atravessado pelo raio.
E o mar se abre
até o penhasco
desde que os sonhos
queiram precipitar-se.

Traduction en Portugais: José Eduardo Degrazia

***


Traduction en Russe: Rahim Karim

***

Negru din negru
și-n negru, alt negru
despicat de fulger.
Se desface marea
izbind spuma albă
de coasta falezei
de care visurile
ar vrea să se desprindă.

Traduction en Roumain: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

Black in the black
and in the black, black
crossed by lightning.
And the sea opens up
and skips the whiteness
up to the cliff
from which dreams
want to throw hurl themselves.

Traduction en Anglais: Stanley Barkan

***

Siyahın içinde siyah
Ve siyahın içinde, siyah
Yıldırım çarpılmış
Ve deniz açılır
Ve beyazı atar
Resiflere kadar
Hangi rüyalardan
Kendilerini parçalamak isterler

Traduction en Turc: Serpil Devrim

***


Traduction en Arabe: Sarah Silt

***

黑色中的黑色
而黑色之中,黑色
被闪电划过。
而大海敞开
接着把白色抛起
甩给礁石
梦想要在这
礁石上撞开自己。

Traduction en Chinois: William Zhou

***

Czarno w czerni
i w czerni czerń
przecięta przez nagły rozbłysk.
I rozpościera się morze
i rozrzuca biel
aż po urwisko
z którego marzenia
usiłowały się roztrzaskać.

Traduction en Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka /

***

(Clara Janès)

Recueil: ITHACA 633Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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QUAND SUZANNE JONES EST VÊTUE DE ROUGE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

robe rouge

QUAND SUZANNE JONES EST VÊTUE DE ROUGE

Quand Suzanne Jones est vêtue de rouge,
Sa face est comme une camée antique,
Brunie par les siècles,
Viens Jésus, avec un appel de trompettes!

Quand Suzanne Jones est vêtue de rouge,
C’est une reine qui revient
D’une nuit d’Egypte depuis longtemps défunte.
Sonnez Jésus les trompettes!

Et la beauté de Suzanne Jones vêtue de rouge
Brûle au fond de mon coeur une flamme d’amour
Vive comme une douleur.

Douces trompettes d’argent,
O Jésus!

***

WHEN SUSANNA JONES WEARS RED

When Susanna Jones wears red
Herface is like an ancient cameo
Turned brown by the ages.

Come with a blast of trumpets,
Jesus!

When Susanna Jones wears red
A queen from some time-dead Egyptian night
Walks once again.

Blow trumpets, Jesus!

And the beauty of Susanna Jones in red
Burns in my heart a love-fire sharp like pain.

Sweet silver trumpets,
Jesus!

(Langston Hughes)

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